LA MALADIE ça n’existe pas

Nous observons tous qu’une mutation fondamentale est en train de se produire dans le domaine médical. De plus en plus de médecins s’ouvrent à des démarches alternatives, voire pour certains quittent la médecine officielle. Et c’est uniquement la puissance financière et politique inimaginable de l’industrie pharmaceutique qui maintient en place le vieux modèle médical matérialiste (un modèle aussi horriblement cher pour nos porte-monnaie !) et qui ralentit une évolution heureusement inévitable. 

Auto-culpabilisation et pressions extérieures si fréquentes dans notre culture n’auraient pas l’impact qu’elles ont si les personnes concernées avaient une solide image d’elles-mêmes. si les gens avaient une solide image et une bonne estime d’eux-mêmes. Et ils n’ont souvent qu’une image vacillante que parce qu’ils ont remis l’autorité sur leur vie (que personne ne peut vivre à leur place !) à une personne ou une institution extérieure à eux-mêmes, à commencer par ce Juge intérieur si impitoyable que tant de gens portent en eux.

Alors je voudrais partager avec vous un des textes de PIERRE qui a aidé d’innombrables personnes à travers les années à congédier leur juge intérieur une fois pour toutes. Copiez-le, mettez-le sur votre table de chevet, collez-le sur la porte de votre frigo et surtout vivez-le !

Nous avons cheminé ensemble pendant de nombreuses années. Il est temps maintenant que j’affirme mon autonomie et que j’assume la responsabilité de mes choix à moi. Dans le passé, tu as pensé bon de me dire, voire de chercher à m’imposer, ta vision de ce que tu pensais bon pour moi. Cette relation de co-dépendance n’a plus sa raison d’être. Je choisis de m’assumer entièrement moi-même, d’assumer mes choix, et de conduire moi-même ma voiture psychique. Tout en reconnaissant que tu étais, toi, à ton plus haut niveau de conscience, je te demande de descendre sans tarder de ma voiture, car nous ne pouvons la conduire à deux. Je te remercie de ce que tu as cru bon de faire et te bénis sincèrement sur ton chemin qui n’est plus le mien. Je continuerai mon chemin en écoutant mon guide intérieur qui m’aime sans conditions et qui m’accepte  et m’approuve exactement comme je suis.

LES « RAPPELS » ET LES RITES DU SOIR

La plupart d’entre nous vivons des rythmes de vie où il y a peu d’occasions de souffler et où le mental mène le bal du matin au soir à un rythme souvent endiablé et ininterrompu. Un rappel est un moment de pause intérieure que vous faites 2,3, 4 voire 5 fois dans la journée pour vous remémorer une vérité importante qui vous tient très à cœur et que vous voulez intégrer totalement à votre vie, comme par exemple « C’est la Source qui me ceint de force et qui rend ma voie parfaite » ou « Je suis amour et amour seulement et je réponds à toute situation quelle qu’elle soit avec la force tranquille et l’inspiration de l’amour. »

Il est indispensable que ce soit une affirmation que vous ressentez comme vraie dans le cœur, non le mental. Et vous restez un instant avec cette vérité, vous la laissez vous pénétrer doucement. Ceci est particulièrement important pour celles et ceux qui sont  sur un chemin spirituel. 

Le soir, il est très utile et précieux d’avoir sur sa table de chevet un cahier où vous inscrivez les choses les plus positives qui se sont manifestées dans votre journée, depuis le chant particulièrement gai d’un oiseau où le beau sourire d’une caissière à un événement plus important. Je reviendrai d’ailleurs bientôt sur le thème de la gratitude, tellement cette dernière est l’anti-dépresseur par excellence.

Un deuxième petit rituel très précieux est celui de pardon inconditionnel. Passez en revue votre journée et efforcez-vous de pardonner à toute personne qui, consciemment ou inconsciemment, a pu vous faire du mal ou à qui vous en voulez (et ceci peut inclure bien sûr des politiciens ou des groupes ethniques). Pardonnez à la vie ou l’univers  toute chose que vous n’avez pas su accueillir comme un cadeau. Et surtout, surtout, pardonnez-vous vous même pour tout manquement à vos objectifs, vos idéaux ou toute autre chose que vous pouvez vous reprocher. 

Finalement, si cela correspond à votre vision des choses, terminez en affirmant votre nature spirituelle et divine totalement aimante, innocente et bonne.

Si vraiment vous pratiquez ces petits rituels du matin et du soir avec une grande régularité,  je vous assure que cela fera une différence significative dans votre vie.

La médecine est dans le meilleur des cas un grand art, et heureusement qu’il y a bien des praticiens qui se rangent dans cette catégorie. Mais hélas dans encore trop de cas …  Il est scientifiquement impossible de dire qu’une maladie est incurable. Le maximum qu’une médecine intègre peut dire est que la médecine n’a pas encore découvert de remède à ce mal.

Mais avec l’arrivée d’internet – qui est en train de changer la face du monde – on découvre les innombrables formes de thérapie alternative – parfois étonnamment efficaces. Un livre parmi sans doute des centaines dans ce domaine est Artisans de leur guérison, du Dr. Christian Tal Schaller, un des pères de la médecine holistique en Europe et un des meilleurs connaisseurs des médecines alternatives dans le monde francophone. L’ouvrage raconte 17 cas de guérison vraiment étonnants par la médecine holistique.

Un des prophètes de cette nouvelle médecine de demain – le mot n’est pas excessif – Dr Joe Dispenza, a publié récemment un livre étonnant, Le placebo, c’est vous, où il décrit une des nouvelles approches de cette médecine qui nous responsabilise pour notre propre santé.

NB : Pour continuer cette réflexion sur être branché à sa Source, rendez-vous ce samedi à mon stage Vivre ma spiritualité au quotidien à Collex par Genève.

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Le Docteur menteur

Que ce soit dans la littérature scientifique ou dans les nombreux ouvrages sur la communication, la relation médecin-malade et l’éthique médicale, la très grande majorité des situations de mensonge évoquées concernait les maladies graves, les pronostics sombres ou les situations de fin de vie. Peu de travaux se sont intéressés à ce qui pourrait être qualifié de « petits mensonges du quotidien ». Nos hypothèses reposent sur l’existence d’un grand nombre de mensonges qui ne se situent pas uniquement dans le cadre de ces situations lourdes. Des mensonges en apparence anodins pour faire plaisir, réconforter, ne pas inquiéter, améliorer une observance ou encore gagner du temps. Autant de mensonges pouvant être faits dans l’intérêt du malade comme du médecin.

Taire ce qu’on « devrait dire » pour reprendre la définition du Larousse, ne pas dire alors que la vérité « pourrait être attendue » implique évidemment une notion de subjectivité. D’une part, tout le monde n’a pas forcément la même opinion de « ce qui doit être dit » dans une situation donnée, et d’autre part, il est impossible de deviner avec certitude ce que l’interlocuteur attend et considère comme ce qui doit lui être dit. Il nous parait cependant indispensable de ne pas amputer à ce travail l’étude du mensonge par omission. Ainsi, nous considérerons délibérément que toute omission de vérité est un mensonge, à partir du moment où une vérité pourrait supposément être attendue.

Les différents codes de morale La morale est un ensemble de valeurs, de règles et de grands principes qui permettent de différencier le bien du mal et de fournir à la société des règles du bien-vivre ensemble. « Mentir, c’est mal. C’est un péché, une déviance, un désordre, un délit. Qu’elle soit morale, philosophique, religieuse ou civique, aucune règle ne tolère le mensonge. (…)

Le mensonge est un des attributs du royaume du mal. (…) Il est du côté du diable. Bref, homme bon, homme sage, homme vertueux, tu ne mentiras pas ! Ici commence pourtant la difficulté. » (9) Les positions éthiques s’appuient bien souvent elles-mêmes sur des positions philosophiques, qui sont controversées. Pour Emmanuel Kant , la vérité est un devoir absolu et inconditionné, un « commandement sacré de la raison (…) qui n’admet pas de condition et qu’aucun inconvénient ne saurait restreindre ».

Aucune société ne peut exister si la moindre exception est admise. Le mensonge est immoral quel qu’en soient les motifs et les circonstances. Pour Benjamin Constant  qui s’y oppose, il existe un droit de mentir par humanité ; dire la vérité n’est qu’un devoir envers « ceux qui ont droit à la vérité ». Les codes de morale religieuse, notamment pour les grandes religions issues du monothéisme biblique, condamnent fermement le mensonge, d’une manière rigoureuse et absolue.

Pour Saint Augustin  en 395 ap. J.-C., l’enjeu fondamental est l’amour, de Dieu et du prochain. « La bouche qui ment tue l’âme. »4 Il ne faut pas corrompre l’âme par un mensonge, même pour « maintenir un corps vivant ».  Les règles de la morale sociale, pour Koyré, « qui s’exprime dans nos mœurs et qui gouverne, (…) sont bien plus lâches encore que celles de la morale philosophique. Ces règles, généralement parlant, condamnent le mensonge. Tout le monde sait qu’il est « laid » de mentir. Mais cette condamnation est loin d’être absolue.

 L’interdiction est loin d’être totale. Il y a des cas ou le mensonge est toléré, permis, et même recommandé ». Le mensonge peut être toléré tant qu’il ne nuit pas au bon fonctionnement des relations sociales, tant qu’il ne fait de mal à personne, tant qu’il s’exerce en dehors du groupe. On reconnait volontiers la bienveillance de certains mensonges par omission.

Le mensonge peut aussi être une arme. Dans la morale sociale, il est permis de mentir à l’adversaire, de tromper l’ennemi. Les mensonges de la publicité, du commerce et de la politique sont connus de tous. Ils sont montrés du doigt, mais peuvent être socialement acceptés.

 Durandin suggère même que c’est la société elle-même qui indirectement amène le mensonge. Mentir, c’est réintroduire un rapport de force, contourner des lois et des règles que l’homme supporte difficilement. « Plus il y a de limites et de règlements, plus il y a d’occasions de mentir. » Il souligne que les règles sociales engendrent inévitablement une certaine hypocrisie acceptée de tous. On ne se permet guère de dire à quelqu’un qu’on le trouve laid. Ceci n’est pas un comportement inné, mais acquis par l’éducation et la vie en société. C’est la politesse, le savoir-vivre.

Concluons en citant Koyré: « Le mensonge reste donc toléré et admis, mais justement… il n’est que toléré et admis. »

SOURCE ! https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-01900749/document

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La médecine s’adressant aux pauvres

L’hygiène est la science qui enseigne le secret de nous préserver des maladies qui nous menacent ; c’est la conservation de la santé et la prolongation de la vie ; c’est donc aussi la prolongation du bonheur, puisque sans la santé, l’existence est pénible, la vie à charge. La santé qui est le plus précieux des biens est aussi le plus gaspillé des trésors.

L’art de conserver la santé consiste dans l’application des règles hygiéniques, et si chacun voulait utiliser nos conseils, il réussirait à maintenir ou à ramener facilement dans leur état normal les rouages de cette machine compliquée que nous appelons le corps et le soustrairait à bien des maladies que l’ignorance seule laisse souvent développer en nous au préjudice de notre santé de notre repos, de notre bourse et souvent même de notre vie.

On dit couramment qu’il vaut mieux prévenir le mal qu’avoir à le soigner et qu’il est plus agréable de payer son boulanger que son médecin.  Les propos sont parfaitement juste et peuvent se traduire en la formule suivante ; faites de l’hygiène pour prévenir les maladies, c’est à dire soignez vous avant d’être maladie. Or, se soigner ne veut pas dire avaler des drogues ; se soigner, c’est prendre soin de sa personne, et parmi les plus indispensables, la propreté tient le premier rang. Pour être propre, il ne suffit pas de se débarbouiller la figure et les mains tous les matins dans une petite cuvette qui contient la valeur d’un verre à ligueur d’eau ; la propreté, c’est quelque chose de plus compliqué.

Tous les matins, dans une large cuvette, bien profonde, bien remplie d’eau, vous puisez largement à l’aide d’une serviette, d’une serviette-éponge ou d’une éponge, le liquide nécessaire à vous débarbouiller à fond le visage, le cou et les épaules – n’épargnez pas le savon, puis rincez à grande eau. Après, c’est le tour des mains, des avant-bras et des bras.

Frottez, frottez toujours, c’est la santé du corps. Toutes les semaines, prenez un grand bain tiède toujours à grand renfort de savon ; ce qui ne vous empêchera pas de vous ablutionner dans votre tub tous les matins, si vous aimez l’eau froide, ou de prendre un bon bain de pieds.

Quand vous en avez fini avec la peau, nettoyez-vous les dents avec une brosse et un demi-verre d’eau bouillie dans laquelle vous ajouterez quelques gouttes d’un élixir antiseptique quelconque. Répétez cette opération après chaque repas, et vous vous en trouverez bien.

Est-ce tout ? Non. Faites vous les ongles ; lavez-vous les mains plusieurs fois par jour ; changez de linge pour la nuit ; changez souvent le linge qui touche directement vote corps. Voilà le minimum des soins de propreté que doit prendre toute personne ayant la prétention d’être propre.

Rédigé au début du XXè siècle par le docteur Beauvillard, Le Médecin des pauvres a connu plus de 40 éditions et un succès phénoménal.

Le tirage annuel du titre était de 500000 exemplaires. Il n’avait plus été réédité depuis es années 1940. Cet ouvrage propose une nouvelle édition augmentée et mise à jour, avec plus de 500 conseils et recettes pour éloigner le médecin et se soigner de manière naturelle !

A la fois manuel d’herboristerie répertoriant les plantes médicinales les plus utilisées et leur vertus, précis de médecine présentant l s maladies les plus communes et leurs remèdes naturels, cet ouvrage rend hommage aux recettes de nos aïeux et aux connaissances pratiques de ces derniers….

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Une médecine empirique avec Francesca

Chacune détient un rôle, des savoirs particuliers, de la femme enceinte qui prépare sa tisane rafraîchissante à la mère de famille qui fait bouillir la tizan tanbav, de la tisaneuse sollicitée afin de préparer un sirop contre la toux, parce que le médicament du docteur ne suffit pas, au dévinèr ou au traitèr qui sera consulté si, malheureusement, les symptômes persistent.

Un tel système pourrait sembler figé. Mais il n’en est rien. Diverses modifications et réinterprétations existent, liées aux transmissions culturelles et conséquences des apports exogènes. L’utilisation des plantes évolue, selon leur fréquence dans la nature 134 et leur efficacité observable. Ainsi, à Rodrigues, certainement influencées par l’excellent travail d’information fourni par la Mauritian Wildlife Foundation, plusieurs jeunes femmes nous ont dit ne plus utiliser certains végétaux, par exemple le café marron, végétal qu’elles remplacent, pour les recettes de tisanes, par un composant plus facile à trouver dans la nature et aux effets équivalents.

De nouvelles plantes sont « testées » par les tisaneurs.

 Noélla, tisaneuse et détentrice d’un don, ramasse en forêt et teste de nouvelles simples à partir des réactions des « mouches à miel » [abeilles] : si celles-ci se détournent d’une plante, c’est qu’elle est toxique, qu’il ne faut pas la ramasser ; si, au contraire, elles s’en approchent, c’est que le végétal est comestible. Il ne faut pas négliger non plus l’influence des modes, telles qu’elles sont notamment véhiculées par les médias, en particulier la télévision.

La mode de l’utilisation de l’aloès 137 dans les crèmes de beauté et dans les préparations pharmaceutiques a eu diverses répercussions dans la population : à Rodrigues, il y a parfois confusion entre le terme scientifique Aloe vera et le végétal correspondant au terme vernaculaire aloès 138. D’autres personnes, plus averties, font d’elles-mêmes une correspondance entre l’aloès de la pharmacie et le mazambron 139. On a signalé à Maurice de nombreux vols de pieds d’aloès dans les jardins, les végétaux dérobés étant revendus à la sauvette aux abords du marché de Port-Louis

De la maladie à traiter à la demande de grâce adressée à une divinité en cas de problème grave, la religion est omniprésente dans les données recueillies sur les trois îles des Mascareignes. Liée à l’interprétation de chaque événement, bénéfique ou maléfique, elle s’avère inséparable de l’ensemble des savoirs féminins, même lorsque ceux-ci semblent ne concerner que le rapport au corps, aux plantes ou à la préparation de tisanes.Chaque composante des conduites familiales et thérapeutiques peut en effet être associée à une autre qui voit se rejoindre les religions en présence.

L’hypothèse d’un système médical autonome issu des connaissances des anciens et commun aux îles est renforcée par l’existence de nombreuses « maladies-que-le-docteur-ne-connaît-pas » (ainsi que les nomment fréquemment diverses interlocutrices), nommées en anthropologie culture-bound syndrome (Yap, 1967)

Le terme tanbav 143 est généralement défini comme une maladie du petit enfant, inconnue des médecins, qui se caractérise par des problèmes intestinaux et digestifs (notamment des coliques) et de peau. Ce terme est absent de la nomenclature des pathologies biomédicales. Dans leur Dictionnaire malgache-français, Abinal et Malzac le définissent, sans plus de précisions, comme « une maladie des petits enfants, qu’on suppose venir de la mère » (en raison de l’étymologie du terme vavy, la femme, l’épouse) 144, le même terme désignant également le remède contre cette maladie – Mampisotro tambavy ny ankizy (faire boire le tambavy aux enfants) (1993 : 657). Il y a deux siècles, tambavy désignait à Madagascar, et de manière générique, les diarrhées vertes du nouveau-né 145. De nos jours, outre la maladie infantile tambavy, il désigne l’ensemble des remèdes et des tisanes vendues dans un but thérapeutique.

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Une médecine villageoise influencée par la médecine ayurvédique

Les savoirs villageois qu’avaient apportés avec elles aux Mascareignes les femmes originaires de petits villages du sud de l’Inde étaient hérités d’une forme populaire de la médecine ayurvédique, qui est la médecine savante de l’Inde. Celle-ci est en fait peu éloignée de la médecine européenne des humeurs puisqu’elle comprend « trois humeurs : la bile, le flegme et le vent ou pneuma, entre lesquelles l’équilibre définit la santé » (Zimmermann, 1989 : 17).

Cet auteur précise que les maladies typiques de la côte de Malabar sont « la fièvre paludéenne et toute la rhumatologie, que les médecins ayurvédiques rangent sous la rubrique des maladies “dues au vent” », assez proches de l’ensemble des affections regroupées sous le terme générique de fréchèr (fraîcheur) à Rodrigues – ce qui, comme on le verra plus loin, ne signifie nullement que la nosologie populaire 66 en usage sur cette île soit directement liée à la médecine d’origine indienne. « Aux rhumatismes qui dominent dans cette région indienne de très fortes moussons, répondent les remèdes composés à base de cocktails d’épices. » (ibid., p. 15).

De ces savoirs originaires de l’Inde, les femmes des Mascareignes ont conservé de nombreux usages, dont celui de l’eau de riz contre la diarrhée, des épices, tel le safran 67, comme antiseptique ou dans les préparations contre la grippe ou la toux, des clous de girofle pour les maux de dents.

CULTURE DU BULBE DE SAFRAN

Lorsqu’on plante des bulbes de safran pour la première fois, il faut choisir une portion de terre vierge, sur laquelle aucun tubercule ou bulbes de safran n’a été planté auparavant, si possible (si non, au moins pas dans les dix dernières années). Avant de planter, il est conseillé de labourer le sol de 20 à 50 centimètres en profondeur pour que le sol où l’on va planter soit bien aéré, et d’incorporer du fertilisant naturel pendant le procédé. Le type de sol que l’on trouve en Espagne nécessite particulièrement cette préparation avant la plantation. Pour la culture du safran, il est idéal de planter les bulbes sur des lits surélevés pour faciliter l’irrigation et le drainage. L’irrigation doit être minimale une fois que des feuilles commencent à pousser sur les bulbes.

La plantation se fait en août et en septembre (mars/avril dans l’hémisphère sud), soit à la main, soit à la machine, et la récolte à la fin du mois d’octobre et mi-novembre, approximativement huit semaines après la plantation. Le safran crocus est une plante qui adore le soleil, elle préférera donc être plantée dans des champs secs et ouverts plutôt qu’à l’ombre.

En général, on plante les bulbes entre 7 et 15 centimètres de profondeur dans le sol. Plus ils sont plantés en profondeur, moins les bulbes vont se multiplier, la récolte sera moins importante, mais la qualité des fleurs produites sera meilleure.

Respectez le « système de rangées » lorsque vous plantez des bulbes. Chaque rangée est idéalement situé à 15-20 centimètres de distance de l’autre. Creusez la première rangée et la remplir avec bulbes de safran. Lorsque vous creusez la deuxième rangée, utilisez la terre que vous retirez, pour recouvrir les bulbes plantés dans la rangée précédente, et ainsi de suite. Maintenez les rangées surélevées pour le drainage et la ventilation. Formez un lit de terre et laissez suffisamment d’espace pour faire une allée sur laquelle on peut marcher entre chaque lit, de manière à ce qu’il soit facile d’accéder aux champs de crocus quand vous devrez vous occuper du désherbage, de l’arrosage, et plus tard, de la récolte.

Le rapport avec la médecine ayurvédique

L’Ayurdeva repose sur l’harmonie entre le corps et l’esprit, cette pratique offre de nombreux bienfaits comme la réduction du stress, l’élimination des toxines, l’amélioration de la circulation… Si les soins sont souvent des techniques de massages bien précises, l’Ayurveda propose aussi de réadapter son mode de vie afin d’être en meilleur harmonie et en meilleure santé.

L’Ayurveda est avant tout un système de médecine holistique et préventive.

Son rôle est d’apporter des connaissances et des pratiques ciblées de sorte que le corps et l’esprit puissent être en harmonie et en pleine forme.

L’Ayurveda nous enseigne que pour être en bonne santé nous avons besoin d’un bon fonctionnement corporel, mais que nous devons combiner la santé physique avec la santé mentale et émotionnelle. Ceci implique de comprendre le mode de vie qui nous convient le mieux en adaptant notre alimentation, notre sommeil, nos communications, nos interactions et bien plus encore.

L’Ayurveda est une des médecines traditionnelles reconnues et répertoriées par l’OMS comme étant un système de santé naturel, traditionnel et intégratif.

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Guérisseuses et tisaneuses

Il est malaisé d’effectuer de façon nette la différence entre guérisseuse et tisaneuse.

Il semble que celle-ci réside dans le mode d’apprentissage de sa fonction par l’individu : les savoirs des tisaneuses sont transmis par le biais de canaux inter- ou transgénérationnels, par des pairs, des membres de la famille ou des proches. Il n’en va pas de même pour les guérisseuses. Celles-ci, qui sont souvent en même temps tisaneuses, déclarent avoir reçu leurs connaissances sous la forme d’un don, dont l’origine est fréquemment attribuée à un ancêtre (le don est alors transmis de génération à génération) ou à une divinité, que celle-ci soit chrétienne (la Vierge Marie, saint Michel, saint Expédit, sainte Rita) ou hindoue (Mariamen 56, Petiaye 57). Un don généralement vécu comme une charge, contraignant la personne qui en est dépositaire à soigner ses semblables et qui concerne la plupart du temps des affections comme les brûlures ou les dartres.

Des constantes se retrouvent aussi dans la manifestation et la découverte du don. Celui-ci survient d’ordinaire à la suite de prières destinées à demander la guérison, la future guérisseuse faisant le serment de rendre la grâce qui lui serait faite.

Les tisaneuses et les guérisseuses qui préparent les remèdes sont sollicitées par la population, hors du « circuit » classique de la médecine occidentale moderne, soit en amont, le recours au docteur étant envisagé quand le remède traditionnel s’avère inopérant, soit en aval quand le « docteur ne peut rien ». Les médecins ne sont pas tenus au courant des démarches des familles, en raison, disent les interlocutrices, de leur méconnaissance de certaines « maladies créoles » et de la peur du jugement qu’ils seraient susceptibles de porter.

À La Réunion, de nombreux tisaneurs (dont une majorité de femmes) sont présents tous les jours sur tous les marchés de l’île, ainsi qu’à certains emplacements connus de tous, comme au pied de l’horloge à eau de Bois-Court dans les Hauts du Tampon ou encore chez certains bazardiers.

 Les végétaux sont vendus soit bruts, sous forme de morceaux d’écorce ou de paquets de feuilles, soit déjà conditionnés et au poids. Il est à noter que, depuis quelques années, divers pharmaciens également herboristes ajoutent une caution scientifique à l’utilisation des végétaux en intégrant à leur rayon de parapharmacie un certain nombre de préparations traditionnelles. À Maurice, même si, de fait, ce sont souvent les femmes qui sélectionnent les végétaux, des tisaneurs hommes sont présents sur les marchés de Port-Louis et de Rose-Hill

Les préparations qu’ils vendent sont des compositions de plantes prêtes à utiliser et déjà dosées, la vente s’accompagnant de conseils thérapeutiques et de préparation. À Rodrigues, certains végétaux d’usage courant, comme la menthe 59, le petit basilic 60 ou l’ayapana 61, sont vendus sur le marché de Port-Mathurin. Cependant, il ne semble pas y avoir de tisaneur sur cette île, au sens qu’a ce terme à La Réunion ou à Maurice. Le mot de tisaneur (tisanèr), quand il est employé à Rodrigues, paraît devoir être assimilé à celui de remédyèr et désigner la catégorie ultime en termes de technicité, celle qui qualifie à la fois les tradipraticiens et les leveurs de sorts.

 La préparation de tisanes complexes est alors associée à un ensemble thérapeutique composé de remèdes à base de végétaux, de prières (catholiques essentiellement) et de passes 62. Il est à noter que, dans la société rodriguaise, fortement patriarcale, des femmes exercent cette fonction en raison de leurs savoirs liés aux plantes.Il est donc nécessaire de distinguer plusieurs catégories de détentrices de savoirs. À La Réunion, Annick exerce la fonction de guérisseuse 63. Atteinte il y a plusieurs années d’un cancer avec métastases, elle était condamnée par les médecins. Son mari partit au cimetière implorer ses propres parents, qui, de leur vivant, étaient guérisseurs, afin qu’ils rendent la santé à son épouse, en jurant de faire construire une chapelle si sa femme guérissait. Annick parle d’un rêve qu’elle a eu :

J’étais sortie de l’hôpital pour le week-end et on était partis au cimetière prendre des plantes sur la tombe de son papa. Le soir, un autre rêve, très fort, vint alors que j’avais l’impression de m’être juste endormie : je sentais quelqu’un en train de faire des passes sur mon ventre. Une femme. Pas des mains d’homme, des mains de femme. Et je me suis mise à penser à sa maman. Parce que sa maman, elle avait un don, elle faisait des passes, des passes de dartres. Je sentais une chaleur dans mon ventre, c’était incroyable. J’étais en train de dormir mais, pour moi, c’est comme si j’étais réveillée. Alors, j’ai fait deux rêves comme ça, mais ça n’a jamais été aussi fort. À partir de ce rêve-là, j’ai bu un peu de tisane, j’ai pris mon bain. Et puis, le lundi, je suis rentrée à l’hôpital et là, plus rien, comme si je n’avais rien eu. Le docteur m’a demandé ce qui s’était passé, où les taches, qui étaient, trois jours avant, visibles sur la radio, étaient passées. Il ne comprenait pas… Alors, je suis rentrée à la maison et la chapelle a été montée tout de suite. […] J’ai fait des contrôles, mais les années ont passé et je n’ai vraiment plus rien. Et pendant la maladie, j’ai aussi fait des neuvaines 64. J’ai été aidée par les docteurs, mais quelque chose qui était bien plus fort encore m’a aidée… Ce que j’ai vécu, je ne peux pas le raconter à tout le monde, je ne le raconte pas, sinon vous savez comment sont les gens..

Depuis cet épisode de guérison, Annick assiste son mari, Gilbert, devenu lui aussi guérisseur (il est, lors des cérémonies, possédé par l’esprit de son père défunt). Dans ce cas précis, c’est la mère de Gilbert, belle-mère d’Annick, qui semble, en étant intervenue pour accélérer sa guérison, lui avoir transmis un don de guérison.

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Les savoirs des matrones

Dès les débuts du peuplement des trois îles, la médecine savante occidentale, ce qu’on appelle aujourd’hui la biomédecine ou médecine occidentale moderne, est présente, et son rapport avec les matrones, accoucheuses traditionnelles et concurrentes potentielles, est conflictuel. L’historien Jean Barassin note la présence de sages-femmes (diplômées et reconnues officiellement) à Saint-Denis de La Réunion au début du XVIIIe siècle.

Professionnelles de la santé diplômées, donc représentantes de la médecine savante occidentale, elles sont inscrites par un prêtre espagnol dans un registre paroissial rédigé en latin, où leur nom figure assorti de la mention « obstetrix probata » (Barassin, 1989 : 141). Les méthodes anticonceptionnelles d’alors étant souvent faillibles et les représentations de la vie sensiblement différentes de ce qu’elles sont aujourd’hui, les sages-femmes, dont la mission était influencée, à la fois, par l’Église et les réalités sociales du temps, avaient surtout pour rôle d’empêcher les avortements et les infanticides.

Outre les femmes elles-mêmes, suspectées de mettre fin à leur grossesse, ce sont à cette époque les matrones qui sont montrées du doigt et jugées responsables. D’autant plus qu’elles appartiennent le plus souvent à la catégorie des esclaves, et que le fait d’être en mesure de mettre les enfants au monde leur donne un statut et un pouvoir qui dérangent parfois les propriétaires des plantations. En effet, lors des accouchements de leurs compagnes, ceux-ci se retrouvent en situation de demande face à une femme qu’ils considèrent habituellement comme inférieure. Le 20 janvier 1715, à la suite de dénonciations, une ordonnance est promulguée à La Réunion qui enjoint aux « filles, veuves et femmes dont le mary serait absent » de déclarer leur grossesse. Dans le cas où celle-ci ne débouche pas sur une naissance et que « leur fruit ait disparu », les femmes, tant libres qu’esclaves, « seraient punies de mort ».

Bien que les diverses accusations n’aient eu aucune suite, tant dans les journaux de l’époque qu’auprès des médecins, les matrones étaient déjà, dans bien des cas, les coupables idéales.

Malgré ces attaques, du début du XVIIIe siècle à la fin des années 60, les matrones ont été bien souvent le seul et unique recours des parturientes. Aimée, Jacinthe et Lucie, trois anciennes matrones réunionnaises, racontent leur vécu des années 50

On choisissait diverses positions pour l’accouchement. La femme pouvait être couchée sur le dos dans son lit ou, comme le rapporte Jacinthe, sur un petit lit bas spécialement fabriqué pour la circonstance. Mais d’autres positions étaient souvent employées et les matrones expliquent qu’il était essentiel que les femmes mettent leur enfant au monde de la manière la plus confortable possible pour elles. Le choix d’une position n’était pas définitif, les matrones aidaient les femmes à en changer, parfois plusieurs fois avant l’expulsion de l’enfant. Ainsi, l’accouchement pouvait s’effectuer en position horizontale ou semi-horizontale, dans le lit, la femme se maintenant en position semi-horizontale grâce à des courroies passées sous le lit. Ou encore sur le côté, seule ; debout en appui contre le mur, en position horizontale soutenue par son mari ; assise sur un petit tabouret ou un petit banc, la femme étant alors soutenue – souvent par son mari ; à quatre pattes ou accroupie

Aimée ajoute que quand dans certains cas, pendant l’accouchement, les femmes avaient « mal aux reins », elle leur massait le bas du dos. Les accoucheuses traditionnelles semblent, pour la plupart, avoir possédé de réelles compétences obstétricales et les témoignages tendent à montrer que ces compétences étaient déterminantes pour la réputation d’une personne : une femme que la rumeur publique désignait comme incapable n’exerçait que peu de temps, par manque de sollicitations.

Les descriptions faites par les matrones réunionnaises et rodriguaises ou les dayi mauriciennes attestent d’un véritable suivi, prénatal (palpation, examen, toucher, massages, administration de tisanes, conseils prophylactiques) et postnatal (suivi des suites de couches, bains cicatrisants, soins au nouveau-né), en même temps que d’une grande disponibilité et d’une profonde conscience professionnelle. De plus, leurs récits d’accouchements mettent en évidence diverses techniques obstétricales particulièrement délicates, révélant de leur part un niveau de technicité élevé, comme les manœuvres destinées à faire rentrer le bébé dans le corps de sa mère en cas de mauvaise présentation ou à le retourner in utero pour le placer en bonne position. Dans la terminologie de la biomédecine, ces deux techniques sont respectivement nommées version par manœuvre externe et version par manœuvre interne.

Déjà décrite par Soranos d’Éphèse au IIe siècle de notre ère, « réinventée » durant la Renaissance par Ambroise Paré, la version par manœuvre interne fut fréquemment employée en obstétrique jusqu’au XXe siècle, avant que ses indications soient restreintes à des cas très spécifiques. En Europe, elle est toujours enseignée et pratiquée, notamment quand une césarienne s’avère impossible (Quereux, 1993 : 542).

Envisagée quand un enfant se présente en position transverse, comme dans le témoignage d’Aimée rapporté plus haut, elle requiert, ainsi que le précise Christian Quereux (1993 : 548), une grande maîtrise de l’art des accouchements en raison du risque élevé de décès de l’enfant. Cette technique faisait partie, racontent les anciennes matrones, des actes difficiles auxquels la novice qui accompagnait l’accoucheuse n’avait accès qu’après un long apprentissage, qui était fait d’observations multiples puis d’interventions dont la difficulté allait croissant, jusqu’à ce que la nouvelle fam-saj devienne autonome.

Une autre technique complexe était utilisée, disent les femmes interrogées, essentiellement quand, lors de l’examen, elles décelaient une mauvaise présentation de l’enfant, en particulier par le siège. À une époque où les césariennes étaient rares, exclusivement pratiquées dans les cas désespérés, il fallait agir sur le fœtus afin de l’amener à se retourner et à se placer correctement dans le bassin de sa mère. Afin de ne pas occasionner de souffrance fœtale, les gestes employés devaient être extrêmement doux et lents, comme le racontait Aimée.

Cette manœuvre, elle aussi connue de la médecine occidentale, toujours enseignée et pratiquée, est nommée version par manœuvre externe (Chabert, 1993 : 406). Vulgarisée en Europe par le célèbre médecin Auguste Pinard à la fin du XIXe siècle, elle fut « redécouverte » et améliorée par Frans Veldman au cours de la seconde moitié du siècle suivant dans le cadre de l’haptonomie. Enfin, les massages dont parlent Aimée à La Réunion, Raj à l’île Maurice et Catherine, sage-femme traditionnelle à Rodrigues, sont toujours couramment pratiqués par les sages-femmes durant la phase de travail qui précède la naissance :

Les massages des « reins » (plus précisément des vertèbres lombaires) de la parturiente sont entre autres nécessaires en cas de positionnement à droite du dos du fœtus dans le corps de la mère, quand un tel positionnement se présente, durant la rotation du bébé qui s’effectue pendant le travail. En effet, les vives douleurs que la pression effectuée par le fœtus provoque sur les lombaires de la mère sont susceptibles d’être soulagées par des massages…

EXTRAIT SOURCE INITIALE https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000191797

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« Sorcière », « sainte », « illuminée »

 Ces termes désignent des femmes en lien avec un surnaturel diabolique ou divin, des représentations du féminin en relation directe avec la justice de l’Église. Mais à l’inverse du titre de Sainte que seuls Rome et le pape peuvent accorder, les deux autres termes relèvent d’une décision de la justice inquisitoriale espagnole du Siècle d’Or et renvoient à la nature d’un délit synonyme d’hérésie.

S’interroger sur les pouvoirs féminins soulève la question du danger que représente le sexe « faible ». Pour l’Église, la Femme a toujours posé le dilemme chair-esprit sur le chemin de la perfection spirituelle : chemin que chrétiens vertueux et censeurs se sont évertués à encadrer. Or, héritières de cette tradition créatrice de repères sociaux, les valeurs attribuées à la Femme dans les discours religieux, juridiques et sociaux reflètent un paradoxe. Elle peut être vénérée pour sa virginité, pour son don à la famille et à Dieu, tout en pouvant être soupçonnée d’être le double du diable lorsque celui-ci se manifeste. Être défini comme ambivalent, sa vie, ses actes, son quotidien deviennent instinctivement craints et suspects. Rien d’étonnant, alors, que certaines femmes en « faute », religieuses vertueuses de grande piété ou simples ignorantes égarées dans la foi aient pu avoir ceci en commun : les soupçons que leurs actes ont éveillés à un moment donné.

L’étude des femmes vénérées de leur vivant, « saintes vivantes », ainsi que la construction de leur identité est également un des thèmes qu’explore l’historienne Isabelle Poutrin dans son ouvrage capital sur l’approche de la sainteté féminine à l’époque moderne à partir des écrits de femmes mystiques espagnoles . Par une approche historique fondée sur un vaste corpus de textes, elle se penche sur la fonction de ces écrits dans l’élaboration d’une réputation de sainteté.

Lorsqu’on évoque encore aujourd’hui la figure de la sainte, les premiers éléments qui viennent à l’esprit dépeignent l’image d’une entité exceptionnelle par son dévouement à Dieu et aux autres, sa patience, sa générosité, son sacrifice. Celle-là même que le Malleus Maleficarum au XVe siècle opposait à la perversion de la sorcière. Cependant, la Sainte est avant tout une religieuse dont la vie de souffrance et d’abnégation pour servir Dieu est reconnue par ses pairs comme exceptionnelle après sa mort, comme ce fut le cas avec la Sainte d’Avila. Mais avant cela, le premier pas sur ce chemin était celui du choix d’une vie vouée à Dieu. Car la Sainte est cette contemplative qui consent à se consacrer à la Foi et à mener une vie « parfaite » dans l’imitation des modèles vertueux que propose l’Église. À partir du Haut Moyen Âge se développe un modèle féminin de perfection qui inspire de nombreuses religieuses autour de la foi mystique.

La pauvreté féminine cause de tromperie

Cependant, avant même que l’influence qu’elles pouvaient exercer sur autrui soit perçue comme une menace religieuse, certaines femmes plus que d’autres représentaient un danger d’autant plus réel que les conditions de vie dans lesquelles elles se trouvaient pouvaient être à la source du désordre.

Plus précisément, dans sa définition de la pauvreté, l’historien Michel Mollat, instigateur des recherches sur la pauvreté au Moyen Âge, mettait en évidence la diversité de sens et de formes qu’embrasse la notion de « pauvres » : Le pauvre est celui qui, de façon permanente ou temporaire, se trouve dans une situation de faiblesse, de dépendance, d’humiliation, caractérisée par la privation des moyens, variables selon les époques et les sociétés, de puissance et de considération sociale : argent, relations, influence, pouvoir, science, qualification technique, honorabilité de la naissance, vigueur physique, capacité intellectuelle, liberté et dignité personnelles. Vivant au jour le jour il n’a aucune chance de se relever sans l’aide d’autrui. Une telle définition peut inclure tous les frustrés, tous les laissés pour compte, tous les asociaux, tous les marginaux ; elle n’est spécifique d’aucune époque, d’aucune région, d’aucun milieu. Elle n’exclut pas non plus ceux qui, par idéal ascétique ou mystique, ont voulu se détacher du monde ou qui, par dévouement, ont choisi de vivre pauvres parmi les pauvres .

Le thème de la sorcière est certainement un des sujets qui fit couler beaucoup d’encre entre 1570 et 1650. Ennemie tapie au cœur de la communauté, c’est pour repérer sa présence que bon nombre de traités se sont évertués à la définir, malgré un monde religieux espagnol où primait davantage le scepticisme.

La sorcellerie : une activité féminine La magie a toujours entretenu un lien trouble avec la religion, dès les premiers temps du Christianisme1 . Au Moyen Âge, la magie et la science se croisaient sans que la limite précise entre les deux fût très claire. En effet, s’interrogeant sur l’incidence qu’a pu avoir la culture magique pendant le Moyen Âge, Ernesto García Fernández explique que « la ideología y la creencia condicionaban el concepto de ciencia. La ciencia era identificada con conocimientos socialmente aceptados como buenos » . La religion intercédait quelquefois en proposant une lecture théologique des connaissances que ce domaine pouvait amener. En revanche, les apports ou les connaissances que la magie était susceptible de pouvoir apporter étaient beaucoup plus controversés. Car cette dernière entraînait derrière elle tout un cortège de superstitions, de sortilèges, d’hechicerías et autres genres d’arts venant aussi bien des élites que du peuple. Et même si l’usage de telles pratiques devait certainement être relativement commun, il n’en reste pas moins que pour ceux qui prenaient en charge l’éducation des fidèles elles étaient inconcevables . Ainsi, dès le IXe siècle, la magie savante tend à apparaître aux yeux du magistère comme l’œuvre de malefici ou de sorciers populaires .

Il y a des femmes méchantes qui, retournant à Satan et séduites par les illusions et les fantômes des démons, croient et avouent ouvertement qu’aux heures de la nuit elles chevauchent certains animaux, en compagnie de Diane, la déesse des païens, avec une multitude innombrable de femmes […] .

Toutefois, c’est lorsque la sorcellerie devient une forme d’hérésie décrétée par la bulle du pape Jean XXII en 1326, et devant être poursuivie et punie comme telle, que plusieurs pays se lancent dans la recherche des femmes sorcières. Car l’hérésie, doublée d’une peur viscérale de la présence du diable et du péché, hante les plus fervents défenseurs de l’orthodoxie.

EXTRAITS de La sorcière, la sainte et l’illuminée : les pouvoirs féminins en Espagne à travers les procès (1529-1655) Anny Canovas

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Les Sorcières comme guérisseuses

La Sorcières est accusée non seulement de meurtre et d’empoisonnement, de crimes sexuels set de conspiration, mais aussi d’aider et de soigner. Comme l’exprime un éminent chasseur de sorcières anglais : « Il faut toujours se souvenir que par sorcière nous entendons non seulement celles qui tuent et tourmentent mais aussi tous les devins, les enchanteurs, les prestidigitateurs, tous les sorciers, communément appelés, homme ou femme-« sages »….

Comptons aussi toutes les bonnes sorcières qui ne font pas de mal mais le bien, qui n’abiment ni détruisent, mais sauvent et délivrent .. il vaudrait mille fois mieux pour la Terre que toutes les Sorcières, et particulièrement les Sorcières bienveillantes, meurent »…..

Les sorcières-soignantes étaient souvent les seuls « médecins » généralistes d’une population qui n’avait ni docteur ni hôpitaux, et qui souffrait cruellement de la pauvreté et de la maladie. L’association entre saucière et sage-femme était particulièrement forte : « personne ne cause plus de tort à l’Eglise catholique que le sages-femmes » écrivaient les chasseurs de sorcières Kramer et Sprenger….

La femme sage, ou sorcière, avait une foule de remèdes éprouvés par des années d’emploi. Beaucoup de remèdes à base de plantes développés par les sorcières ont encore leur place dans la pharmacologie moderne. Elles avaient des remèdes contre la douleur, pour faciliter la digestion, des agents anti-inflammatoires ; elles utilisaient l’ergot contre les douleurs de l’enfantement, à une époque où l’église soutenait que ces douleurs du travail étaient le juste châtiment du Seigneur pour le péché orignal d’Eve. Des dérivés de l’ergot sont les principaux médicaments utilisés aujourd’hui pour hâter le travail dans l’accouchement et aider à la remise sur pied après l‘enfantement.

D’ailleurs, LA BELLADONE -encore employée aujourd’hui comme antispasmodique- était utilisée par les sorcières pour arrêter les contractions utérines lorsqu’une fausse couche menaçait. La digitale, médicament toujours important pour le traitement des maladies de cœur, aurait été découverte par une sorcière anglaise…

Les méthodes des Sorcières-médecins étaient une menace aussi grande pour l’Eglise catholique, que leurs résultats, car la sorcière était empiriste ; elle se fiait plsu à ses sens qu’à la foi ou la doctrine, elle croyait à l’essai et à l’erreur, à la cause et à l’effet. Son attitude n’était pas religieuse et passive, mais de recherche active. Elle faisait confiance à sa capacité à trouver les moyens de faire face à la maladie, à la grossesse et à la naissance ou par des remèdes ou par des sortilèges. En bref, sa magie était la science de l’époque.

L’ascension de la profession médicale européenne

Tandis que les sorcières exerçaient dans le peuple, les classes dirigeantes cultivaient leur propre race de soignants laïques, les médecins de formation universitaire. Au siècle précédant les chasses aux sorcières – le 13ème siècle- la médecine européenne s’établit fermement comme science laïque et comme profession. La profession médicale sera activement engagée dans l’élimination des femmes soignantes bien avant que commencent les chasses aux sorcières.

L’extermination des femmes soignantes

L’établissement de la médecine comme profession demandant des études universitaires, permit aisément d’écarter légalement les femmes de la pratique. A quelques exceptions près, les universités étaient fermées aux femme (même aux femmes de classes supérieurs qui pouvaient se le permettre), et des lois furent établies pour interdire la pratique à tous ceux qui ne sortiraient pas de l’université.

Etat après état, de nouvelles lois rigoureuses, règlementant l’exercice de la médecine consacrèrent le monopole des médecins. Tout ce qui restait à faire était de se débarrasser des derniers bastions de l’ancienne médecine : les sages-femmes.

En 1910 environ 50 % des enfants étaient mis au monde par des sages-femmes, la plupart étant des Noires ou des immigrantes appartenant à la classe ouvrière.

La seule occupation restant aux femmes dans le domaine de la santé, était celle d’infirmière. Le métier d‘infirmière n’avait pas toujours existé comme occupation rémunérée – il devait être inventé. Au début du 19è siècle, une « infirmière » était simplement une femme qui, à l’occasion, donnait des soins à quelqu’un : un enfant malade ou un parent âgé. Il y avait des hôpitaux et ils employaient des infirmières … mais les hôpitaux de l’époque servaient surtout d’asile aux pauvres en train de mourir, ne recevant que des soins symboliques.

La persécution des sorcières culmine aux xvie et xviie siècles et coïncide avec la Renaissance, c’est-à-dire le début de l’époque moderne qui est caractérisé par l’humanisme et les débuts de l’imprimerie. Les sorcières étant des boucs émissaires, dans le sens de la théorie de René Girard, les chasses aux sorcières correspondent aux périodes de guerre (guerres de religion, guerre de Trente Ans) et les malheurs du temps (famines, épidémies etc.). Les grands penseurs humanistes ne s’élevèrent pas contre ce mouvement, à l’exception de Heinrich Cornelius Agrippa von Nettesheim qui fut attaqué pour soutien à la sorcellerie.

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PERVENCHES ET GENTIANE QUI GUERISSENT

Un collier de pervenche guérissait les maladies des yeux L’équivalent symptomatologique chez les bovins est la fièvre aphteuse qui provoque des aphtes, notamment dans la bouche. Des colliers étaient mis pour prévenir cette maladie en incorporant dans un sachet soit du chêne en Haute-Bretagne et dans la Beauce, soit du frêne, de l’œnanthe ou de l’ail en Basse-Normandie. Le choix d’un collier se fait donc par la proximité du mal à soigner ou à prévenir : les dents, les affections de la bouche (aphte, croup) et tout ce qui touche aux vers dont le discours populaire fait toujours craindre une méningite.

La bouche, les dents et le cerveau concernent bien toute cette partie au-dessus du cou ; il faut également ajouter les yeux. Les chevaux et les vaches souffrant de maladies oculaires pouvaient être guéris par des colliers de pervenche dans le Limousin, ou de chélidoine en Poitou et Basse-Normandie.

Beaucoup d’enfants ont été traités par ces colliers de végétaux. Il n’était pas rare non plus d’en mettre au cou des adultes ; mais les maladies citées sont dans ce cas différentes : neuf brins de gentiane permettent de guérir la fièvre dans le Périgord, les oignons de colchique calment les sueurs nocturnes en Ille-et-Vilaine. Chez les femmes, le collier peut toucher les seins et on pourrait comprendre cette affinité à faire couper le lait. Pourtant les colliers sont aussi cités chez les animaux avec cette même fonction et, dans ce cas, on ne peut plus évoquer la proximité de la mamelle. Le sevrage de l’enfant (donc l’arrêt de la lactation) chez l’homme intervient au moment où les dents font irruption dans sa bouche. Le collier est donc suspendu dans ce cas lors de cette période de sevrage, aussi bien chez l’enfant (pour les maux de dents et leurs conséquences), que chez la mère (qui subit la douleur des seins gorgés de lait).

Quoi qu’il en soit, les colliers de persil et de bouchons de liège sont cités dans beaucoup de régions de France pour couper le lait des femmes, des chiennes ou des chattes. Dans le Tarn, on retrouve aussi des colliers de rue suspendus au cou des chiennes et des chattes. Le sortilège concerne aussi bien les hommes que les bêtes. Un collier contenant des plantes est utile pour les prévenir et pour vaincre le sort. Il ne s’agit plus d’une seule maladie et le rituel devient plus complexe, plus riche également en données symboliques pour vaincre ce mal invisible. En Saintonge, un bouquet de feuilles de noyer suspendu au cou des brebis au matin de la Saint-Jean permettait de prévenir les maléfices. Finalement, les colliers sont couramment employés dans des moments critiques : le sevrage, la sortie des dents, les sortilèges.

EXTRAIT du livre : L’herbier des paysans, des guérisseurs et des sorciers

A l’époque moderne, les affaires de sorcellerie révèlent de nombreux éléments qui concernent l’alimentation et les croyances contemporaines. Les procès de sorcellerie font état d’ingrédients pour des préparations alimentaires, à usage thérapeutique ou non. Une des questions soulevées par ces sources judiciaires est de savoir si ces femmes accusées de sorcellerie avaient réellement un pouvoir de vie ou de mort sur les villageois, si leurs concoctions, parfois présentées comme des remèdes, pouvaient effectivement guérir ou au contraire rendre malade, voire tuer. Les éléments utilisés dans la cuisine des sorcières sont d’origine végétale, animale, minérale et parfois même humaine. L’aspect symbolique de la nourriture et la dimension magique apportée par les sorcières sont largement admis par tous les villageois. De plus, les sorcières sont parfois accusées de nuire directement en détruisant les récoltes à l’aide de leur chaudron maléfique. Le manque de nourriture et la famine sont présentés comme des circonstances atténuantes à leur acceptation du pacte avec le diable. D’autre part, les interdits alimentaires pendant le sabbat et l’abondance au banquet diabolique dévoilent les tabous et les rêves des sorcières et des démonologistes. Le sabbat est censé atteindre son paroxysme avec le cannibalisme des convives mangeant, notamment, des enfants non baptisés. Les nombreuses croyances liées à la cuisine des sorcières sont le reflet des mentalités de la communauté villageoise, les accusées de sorcellerie inclues, et, plus largement, des élites de l’époque.

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