Pour pratiquer la dissection : on faisait Commerce de cadavres  

Encadrée et facilitée au XIXe siècle, notamment par la mise en place d’amphithéâtres publics où exerçaient les professeurs d’anatomie, la dissection, offrant aux hommes de science l’opportunité de parfaire leur connaissance du corps humain et leur maîtrise de l’art chirurgical, fut autrefois d’un abord repoussant et difficile, les étudiants en médecine n’hésitant pas à aller détrousser les roues, échafauds et autres fourches patibulaires pour se fournir en cadavres frais

Le plus grand anatomiste de la Renaissance, André Vésale (1514-1564), médecin brabançon, raconte non sans terreur toutes les peines qu’il se donna pour aller la nuit, au milieu du cimetière des Innocents, arracher son premier cadavre à la fosse fraîchement remuée, comment aussi il allait aux fourches patibulaires de Montfaucon, disputer aux corbeaux les pendus qui s’agitaient au-dessus de sa tête.

Il fut le créateur de cette grande science de l’anatomie. Une légende, très vivace et cependant semble-t-il sans fondement, affirme qu’après avoir échappé à tous les dangers de la science nouvelle, André Vésale fut condamné à mort par l’inquisition de Philippe II d’Espagne, également prince souverain Pays-Bas, parce qu’un jour, comme il disséquait devant ses élèves, le cœur de l’homme disséqué avait, disait-on, bondi sous le scalpel de l’opérateur. Colportée par un auteur qui avait servi Charles-Quint, le père de Philippe II, cette calomnie montre toutefois combien à l’époque on regardait comme une souillure d’approcher un cadavre et considérait comme une impiété digne du dernier supplice la dissection d’une créature faite à l’image de Dieu.

VASALE

André Vésale. Portrait publié en 1543

Si la ville de Paris abandonna bientôt au scalpel le corps de ses suppliciés, c’étaient de pauvres ressources, et à peine un malheureux sujet venait-il d’être pendu qu’une bataille de chirurgiens et de médecins se livrait autour de son cadavre pour savoir à qui ce dernier resterait.

Plusieurs histoires funèbres sont racontées à ce propos. Le 1er février de l’an 1630, un arrêt défend aux étudiants d’enlever par force les cadavres des suppliciés, et ce, « considérant que, depuis longtemps, les étudiants en médecine et en chirurgie se livrent à des voies de fait et à des violences, et même à des meurtres, pour avoir les corps des suppliciés. » Nonobstant cet arrêt, en 1637 et 1641, c’était toujours l’épée et le pistolet à la main qu’ils allaient détrousser les roues, échafauds et fourches patibulaires de la place de Grève et autres lieux.

Ce cadavre, ainsi enlevé, servait tout le temps que peut servir un lambeau en putréfaction ; on attendait, pour le remplacer, qu’un autre criminel eût été pendu ou roué vif. Ainsi se firent çà et là, et par hasard, toutes les études anatomiques jusqu’au XIXe siècle, qui parvint enfin à détruire le préjugé du cadavre, comme il en a détruit tant d’autres, mais pourtant avec beaucoup plus de peines et d’efforts.

médecine

Une dissection pratiquée au milieu du XVIe siècle. Gravure extraite
de De re anatomica par Realdo Columbus (1559)

On arrêta donc tacitement dans les hôpitaux, que la science avait le droit de se servir de tous les cadavres de l’hôpital. On n’osa pas encore établir un amphithéâtre public ; chaque étudiant emportait chez lui son cadavre ou sa part de cadavre ; ce qui restait de ces cadavres était jeté à la voirie. En 1705, Pelletan était encore obligé de brûler ces tristes débris dans un poêle de fonte. Enfin, le grand anatomiste Pierre-Joseph Desault (1738-1795) établit le premier amphithéâtre près de la place Maubert. De cet amphithéâtre sont sortis Pelletan, Antoine Dubois (1756-1837), qui s’illustra dans le perfectionnement du forceps ; Claude-François Lallemand (1790-1854) pionnier dans l’étude des maladies cérébrales ; Alexis Boyer (1757-1833), qui très tôt fréquenta les salles d’anatomie et de dissection, et fut le chirurgien consultant des rois Louis XVIII, Charles X et Louis-Philippe ; et plus tard Bichat (1771-1802), rénovateur de l’anatomie pathologique.

A l’exemple de Desault, chaque professeur d’anatomie eut bientôt son amphithéâtre particulier. L’amphithéâtre s’établissait dans les plus pauvres maisons et dans les plus obscures ; les cadavres venaient, non plus des hôpitaux, mais des cimetières ; on les pêchait dans la fosse commune : tantôt on traitait de gré à gré avec le fossoyeur, d’autres fois on avait recours à la ruse. Le savant et vénérable professeur Dubois, dans sa jeunesse quand il allait au cimetière, attirait autour de ces funèbres enceintes toutes les filles publiques du quartier, avec ordre d’ameuter toute la foule des passants par leurs joyeux propos ; et pendant que ces dames, à force de scandale, attiraient l’attention des voisins, lui, Dubois, dans la vaste fosse, choisissait ses cadavres ; il en remplissait un fiacre et se faisait reconduire à sa maison en compagnie de cinq ou six cadavres.

De temps a autre une épaisse fumée s’élevait de ces amphithéâtres, portant avec elle une odeur nauséabonde : c’étaient les cadavres qu’on brûlait. En ces temps-là, dit Lallemand, on aurait pu tuer autant de personnes qu’on eût voulu, les disséquer et les brûler ensuite, sans que la police eût songé à en prendre le moindre souci. « C’est ce qui est arrivé peut-être plus d’une fois », ajoute-t-il.

médecine

Une dissection pratiquée au début du XVIIe siècle. Gravure extraite
de Anthropographia et osteologia par Jean Riolan (1626)

Ce ne fut guère qu’en 1803 que la police songea à mettre un peu d’ordre dans ces hécatombes scientifiques. Mais pourtant que de peines donna cette réforme ! En vain on établit des amphithéâtres publics dans les hôpitaux, les amphithéâtres particuliers résistèrent de toute leur force à l’action de la police. La dissection se cachait dans les murs les plus obscurs, dans les maisons qui tombaient en ruines ; les cadavres s’apportaient en plein jour et se déposaient à la porte, comme si c’eût été une provision de bois pour l’hiver. Du haut des fenêtres, on jetait dans la cour les plus horribles débris ; les murs étaient chargés de pus et de sang. Les valets de ces amphithéâtres, dit un rapport de police, ne respectaient pas plus les vivants que les morts. Les cadavres restaient quelquefois trois semaines sur les tables où on les plaçait.

Ceci dura jusqu’en 1813 ; mais alors la patience publique, poussée à bout, fit entendre des réclamations énergiques. Aucune maison particulière ne voulut plus souffrir ce terrible voisinage. On dénonça de toutes parts ces maisons aux escaliers impraticables, ces cours sans puits, ces puits sans cordes, ces mansardes infectes où l’étudiant couchait à côté du cadavre, ces garçons d’amphithéâtre qui vendaient de la graisse humaine. En effet, une société en commandite s’était formée pour l’exploitation de cette graisse. Elle était employée, non fondue, à graisser les roues des charrettes. Des charlatans en faisaient des remèdes contre les douleurs. On en vendait une grande quantité aux fabricants de perles fausses. On en trouva deux mille livres chez un seul garçon de l’École de Médecine ; il y en avait un autre qui en avait rempli deux fontaines de grès. Il fallut une charrette à deux chevaux et six hommes de peine pour transporter toute cette masse de graisse humaine à la voirie de Montfaucon, où probablement elle fut mangée par les rats.

En même temps la police faisait des recherches chez ceux qui avaient acheté de celte graisse humaine, et elle l’enlevait sans pitié. Les fabricants dépouillés réclamèrent, ou tout au moins demandèrent à l’autorité le moyen de distinguer la graisse d’homme de la graisse de chien, par exemple. On leur répondit que les graisses d’homme, de cheval et d’âne ne pouvaient être distinguées entre elles, parce qu’elles ont toutes une couleur jaune, une concrescibilité très faible, une très grande fétidité, et qu’elles se précipitent en globules. Ce qui était parfaitement raisonné.

médecine

Amphithéâtre de dissection de l’enseignement libre à l’ancienne Ecole pratique, au XIXe siècle

Aussi les cadavres furent-ils bientôt aussi rares qu’ils étaient communs auparavant. Les cimetières avaient disparu de l’enceinte de Paris. On allait chercher les cadavres à Bicêtre, au dépôt de mendicité de Saint-Denis, partout où l’on pouvait. Un jour, les garçons du chirurgien Jean-Nicolas Marjolin (1780-1850) — qui publia en 1815 un Manuel d’anatomie posant les bases des dissections du corps humain —revenaient de Bicêtre les hottes pleines de cadavres. Chemin faisant, ils s’arrêtèrent à la porte d’un cabaret, et ils déposèrent leur fardeau à la porte. Jugez de leur surprise, quand au sortir du cabaret ils ne trouvèrent plus leurs hottes si précieusement chargées ! Jugez aussi de l’étonnement des voleurs !

Bientôt, on en arriva aux amphithéâtres réglés de la Pitié, de la Faculté de Médecine, de Bicêtre, de la Salpêtrière, de Saint-Louis, de Beaujon, de Saint-Antoine, de la Charité, des Enfants et de la Maternité. Au milieu du XIXe siècle, la Faculté de l’École de Médecine disséquait par an trente mille cadavres, la Pitié en consommait quatorze cents.

Article d’après La « Revue de Paris », paru en 1836

Publicités

La conception de François BROUSSAIS

 

 La découverte de l’auscultation et ses conséquences seront étudiées… mais il est bon auparavant de montrer comment les grandes maladies que nous connaissons aujourd’hui sont peu à peu, à l’aide de l’examen clinique et des autopsies, sorties du chaos pour prendre une figure reconnaissable et permettre un diagnostic au lit même du malade.

Cette œuvre indispensable de classification, analogue à celle accomplie pour le règne végétal par Linné, Jussieu et Lamark, va se réaliser pour la plus grande part pendant la première moitié du XIXè siècle. Elle constitue pour la médecine de cette époque son plus beau titre de gloire.

OBSERVATION

Laennec observant des enfants

Un dernier obstacle devait toutefois être franchi : il fallait que tous les médecins reconnussent la légitimité du but ainsi poursuivi. Or la notion même de spécificité rencontrait encore bien des adversaires. On a vu cette querelle se dérouler tout au long des XVIIè et XVIIIè siècles. D’une façon générale, les esprits scientifiques, les expérimentateurs, comme Syndenham par exemple, défendaient la spécificité morbide, la notion de maladies réellement indépendantes les unes des autres et dépendant chacune d’une cause différente qui restait à découvrir ; c’étaient les esprits de l’avenir. Au contraire les esprits attachés aux doctrines plus ou moins philosophiques du passé, les animistes notamment, ne voyaient comme cause aux diverses maladies que la réaction de l’être ou du principe vital.

Il est remarquable qu’au tournant décisif de l’histoire de la médecine auquel on est parvenu, les deux faces de ce Janus Bifrons, la face d’ombre et la face de lumière, aient été représentées par deux hommes dont l’un était un génie et l’autre une intelligence exceptionnellement brillante, Laennec et Broussais. Leur controverse, à ce point de séparation du passé et de l’avenir, prend ainsi une valeur exemplaire.

BROUSSAISBroussais était aussi un Breton, né à Saint Malo en 1772 et de près de dix ans l’ainé de Laennec. Esprit aventureux et passionné il fut, dès la fin de ses études médicales, emporté dans l’atmosphère de guerre et de gloire qui régnait alors sur la France. D’abord marin, puis soldat, il servit dix ans comme médecin dans les armées de la République et de l’Empire et rentra à Paris pour devenir en 1814 professeur au Val de Grâce ; il devait, après la Révolution de 1830, être nommé professeur au Collège de France et mourir en 1836.

Ses principales publications : l’Histoire des phlegmasies chroniques et l’Examen de la doctrine médicale généralement adoptée et des systèmes modernes de nosologie. Ouvrages parus en 1808 et en 1816 antérieurement au Traité de l’auscultation médiate de Laennec, dont la première édition est de 1819.

Sa faiblesse fut d’être un esprit à systèmes, comme on en rencontre tout le long de l’histoire de la médecine, surtout aux époques où l’observation et l’expérimentation faisaient encore figure de parentes pauvres. La conception de Broussais est en apparence grandiose car elle cherche à ramener à l’unité la masse changeante des faits morbides. Pour lui toute maladie est un trouble de l’irritabilité, propriété essentielle des êtres vivants. Sous l’influence des causes les plus diverses, d’origine externe ou interne, il peut y avoir défaut ou excès d’irritabilité, et ces deux notions suffisent à expliquer toute la médecine. Broussais prolonge ici une école anglaise du XVIIIè siècle qui, avec Cullen (1710-1790) et surtout Brown (1735-1788), ramenait toute la pathologie aux troubles asthénique sous théniques de l’irritabilité.

Brown a exposé cette conception dans toute sa rigueur :

« J’ai ramené, dit-il, la médecine à la plus parfaite simplicité. J’ai montré que la maladie ne consiste ni dans les altérations des humeurs, ni dans un changement de forme des molécules organiques, ni dans une mauvaise distribution du sang, etc. le médecin ne doit avoir égard qu’à l’aberration qu’éprouve l’incitation, afin de la ramener à son état normal ».

Partant de telles prémisses, Broussais professe le plus grand dédain pour les médecins qui s’efforcent patiemment de classer les maladies à l’aide de leurs symptôme set de leurs lésions ; il se gausse des affections définies comme des entités ou des essences ; il faut, disait-il dés-essentialiser et dés-ontologiser la médecine. Il n’a pas vu l’immense intérêt des nouveaux procédés d’exploration, la percussion et l’auscultation, ni l’importance des autopsies systématiques, et il n’a que mépris pour les ouvreurs de cadavres et les lésions qu’ils décrivent. Son opinion s’exprime de façon très claire dans les phrases suivantes, tirées de l’Examen des doctrines médicale.

« Les altérations pathologiques considérées en elles-mêmes… sont des faits de pure curiosité et ne sont d’aucune utilité pour celui qui les étudie… parce que l’inflammation est la cause de ces altérations… ou qu’elles ont une autre cause quelconque… et qu’on ne doit s’occuper que de pathologie physiologique »:

Ces quelques phrases précisent bien la position de Broussais et ce qui fait à la fois sa faiblesse et son mérite. Son mérite est d’être un des précurseurs de la physiologie pathologique, par l’intérêt qu’il a apporté au mécanisme des maladies. On lui doit la première véritable étude des réactions inflammatoires, destinée à jouer un tel rôle en pathologie.

1932_Broussais

Mais sa faiblesse a été de tout vouloir expliquer par l’inflammation et de confondre le « comment » avec le « pourquoi » des maladies. Ignorant les faits qui eussent détruit l’unité de son système, il n’a pas vu que la classification des malades est nécessaire pour en découvrir les causes et, qu’à ton tour, la découverte de celles-ci conditionne l’application d’un traitement efficace. Ainsi, Broussais est revenu aux pires erreurs thérapeutiques de l’Antiquité et du Moyen Age. Car pour lui, de même que la maladie est UNE, le traitement, lui aussi est UN et ne doit se proposer que pour la lutte contre l’inflammation…. Pour lui, les seules armes thérapeutiques seront donc la saignée, les sangsues et la diète.

A l’époque, on a dit avec exagération que Brossais avait « saigné la France à blanc » ! 

SOURCE / https://medecinehistorique.wordpress.com/

Louis PASTEUR et le vaccin rabique

Louis Pasteur est né en 1822 dans la maison familiale de Dole, troisième enfant de Jean-Joseph Pasteur et de Jeanne-Étienne Roqui. Il est baptisé dans la Collégiale Notre-Dame de Dole le 15 janvier 1823. Son père, après avoir été sergent dans l’armée napoléonienne, reprit la profession familiale de tanneur. En 1827 la famille quitte Dole pour Marnoz lieu de la maison familiale des Roqui, pour finalement s’installer en 1830 à Arbois (maison de Louis Pasteur à Arbois), localité plus propice à l’activité de tannage. Le jeune Pasteur suit à Arbois les cours d’enseignement mutuel puis entre au collège de la ville. C’est à cette époque qu’il se fait connaître pour ses talents de peintre ; il a d’ailleurs fait de nombreux portraits de membres de sa famille et des habitants de la petite ville.

PASTEURÀ l’École normale, Pasteur étudie la chimie et la physique, ainsi que la cristallographie. Il devient agrégé-préparateur de chimie, dans le laboratoire d’Antoine-Jérôme Balard, et soutient en 1847 à la faculté des sciences de Paris ses thèses pour le doctorat en sciences. Ses travaux sur la chiralité moléculaire lui vaudront la médaille Rumford en 1856.

Il est professeur à Dijon puis à Strasbourg de 1848 à 1853. Le 19 janvier 1849, il est nommé professeur suppléant à la faculté des sciences de Strasbourg ; il occupe également la suppléance de la chaire de chimie à l’école de pharmacie de cette même ville, du 4 juin 1849 au 17 janvier 1851. Marie Laurent, fille du recteur de l’université, épousée en 1849, sera pour le reste de sa vie une collaboratrice efficace et attentionnée, prenant des notes ou rédigeant des lettres sous sa dictée.

En 1853 il est fait chevalier de la légion d’honneur.  En février 1854, pour avoir le temps de mener à bien des travaux qui puissent lui valoir le titre de correspondant de l’Institut, il se fait octroyer un congé rémunéré de trois mois à l’aide d’un certificat médical de complaisance. Il fait prolonger le congé jusqu’au 1er août, date du début des examens. « Je dis au Ministre que j’irai faire les examens, afin de ne pas augmenter les embarras du service. C’est aussi pour ne pas laisser à un autre une somme de 6 ou 700 francs. »

Il est ensuite en 1854 nommé professeur de chimie et doyen de la faculté des sciences de Lille nouvellement créée. C’est à cette occasion qu’il prononce la phrase souvent citée : « Dans les champs de l’observation, le hasard ne favorise que les esprits préparés ». Pasteur, qui s’intéressait à la fermentation depuis 1849, est stimulé dans ces travaux par les demandes des brasseurs lillois concernant la conservation de la bière. Après Frédéric Kuhlmann et Charles Delezenne, Pasteur est ainsi un des premiers en France à établir des relations fructueuses entre l’enseignement supérieur et l’industrie chimique. Les travaux qu’il réalise à Lille entre 1854 et 1857 conduisent à la présentation de son Mémoire sur la fermentation appelée lactique dans le cadre de la Société des sciences, de l’agriculture et des arts de Lille le 8 août 1857.

PASTEUR 1857En 1857, il est nommé administrateur chargé de la direction des études à l’École normale supérieure. De 1861 à 1862, Pasteur publie ses travaux réfutant la théorie de la génération spontanée. L’Académie des sciences lui décerne le prix Jecker pour ses recherches sur les fermentations. En 1862, il est élu à l’Académie des sciences, dans la section de minéralogie, en remplacement de Henri Hureau de Senarmont.

Il étudie sur les maladies du vin, à savoir la pasteurisation, en 1863, sur la fabrication du vinaigre.

En 1883, Pasteur étendit avec succès sa méthode vaccinale à l’érysipèle du porc. Il restait à en faire l’application à une maladie humaine et, pour cette suprême épreuve, Pasteur fit choix de la rage qu’il avait commencé à étudier en 1880. Prendre cette décision, c’était se préparer de nombreuses difficultés. On ignorait tout, en effet, de l’agent de la rage et il était impossible de servir, comme dans les expériences précédentes, de cultures atténuées. D’autre part, tous les individus mordus ne contractaient pas la rage et les contradicteurs de mauvaise foi pouvaient prétendre que, même sans la vaccination, ils seraient restés indemnes. Par contre le choix de la rage comportait un grand avantage. En médecine humaine il est très difficile de savoir si un sujet est réellement immunisé puisqu’il est impossible de lui inoculer ensuite la maladie, comme on le fait chez l’animal pour voir ce qui se passera. Il faut un très grand nombre de cas et de très nombreuses années pour savoir, par la méthode statistique, ce que vaut une thérapeutique uniquement préventive. De tels délais à un moment où i fallait imposer à l’opinion une méthode entièrement nouvelle, étaient évidemment intolérables.

La vaccination anti-rabique offrait ceci de particulier qu’elle n’était pas purement préventive puisqu’elle s’adressait à des sujets déjà mordus et par conséquent sous la puissance du virus. On pouvait même se demander si une vaccination était possible, car l’opinion générale était qu’un vaccin devait se montrer inefficace contre une maladie contractée. Mais la rage présente, à ce point de vue, une particularité à peu près unique, c’est la longueur de son incubation qui est en moyenne de trente à quarante jours ; on pouvait donc penser que, dans les premiers jours de cette incubation, il était encore possible, par la vaccination, de modifier l’organisme assez profondément pour arrêter le développement du virus, et si paradoxal que cela pût paraître, on pourrait ainsi vacciner préventivement contre une affection déjà contractée et qu’on savait mortelle dans un très grand nombre de cas…. Pasteur passa quelques années à créer ses techniques et à les expérimenter sur l’animal. Il employait comme matière vaccinale des moelles de lapins à qui on avait inoculé la rage et il atténuait la virulence de ces moelles par un séjour prolongé dans un air sec et stérile ; il arrivait ainsi, après plusieurs injections à rendre des chiens réfractaires à la rage.

En octobre 1887, Pasteur eut une nouvelle attaque qui marqua la fin de son activité créatrice. Mais jusqu’à sa mort, survenue le 28 septembre 1895, il resta le témoin lucide des recherches qui allaient aboutir à créer une nouvelle thérapeutique, la sérothérapie. Pour guéri rune maladie déjà déclarée, le sérum d’animaux préalablement immunisés contre le microbe de cette maladie. Dans la vaccination c’est l’organisme du vacciné lui-même qui fabrique les anticorps. Dans la sérothérapie, l’organisme du patient est inactif ; il utilise simplement les anticorps d’un animal immunisé.

vaccination

La vaccination antirabique et la sérothérapie antidiphtérique marquent le début d’un mouvement de recherches auxquelles on doit de nouvelles et bien belles réalisations.

SOURCE / https://medecinehistorique.wordpress.com/

 

Mort du littérateur et médecin Gui Patin 

 

Gui Patin, plus célèbre comme littérateur que comme médecin, naquit le 31 août 1620 (mort 30 août 1672)  , dans les environs de Beauvais. Il vint très jeune à Paris, où il étudia la médecine, et où il se livrait en même temps à la correction d’épreuves typographiques, pour subvenir à ses besoins. Riolan, homme si distingué par son savoir et si exemplaire par sa fidélité au malheur, l’aida généreusement dans ses études, et l’eut pour successeur dans la chaire qu’il occupait au Collège de France.

gui patin

Les leçons de Patin attirèrent un concours prodigieux d’auditeurs, qui venaient admirer sa brillante élocution latine. Ce médecin s’est principalement distingué par son admiration exclusive pour les anciens, l’acharnement avec lequel il déprécia toutes les découvertes modernes, et la haine aveugle qu’il portait aux partisans de l’antimoine et des autres médicaments proposés par les chimistes. Ses lettres ont eu un succès prodigieux, et on les lit encore avec plaisir.

« Ce recueil, dit Voltaire, a été lu avec avidité, parce qu’il contient de nouvelles anecdotes, que tout le monde aime, et des satires, que l’on aime davantage. Il sert à faire voir combien les auteurs contemporains, qui écrivent principalement les nouvelles du jour, sont des guides infidèles pour l’histoire. Ces nouvelles se trouvent souvent fausses ou défigurées par la malignité. D’ailleurs, cette multitude de petits faits n’est guère précieuse qu’aux petits esprits. »

Comme médecin, Patin fit beaucoup de vacarme par ses vives polémiques en faveur des anciens contre les partisans des découvertes modernes, mais aussi en faveur de la Faculté de Paris contre l’Université de Montpellier ; on accourait pourtant en foule à ses leçons publiques, surtout pour ses bons mots et ses traits satiriques. Vigneul Marville a dit (mais Patin ne l’a jamais lui-même confirmé) que quand ils le recevaient à dîner, de grands seigneurs (comme Guillaume de Lamoignon, premier président du Parlement de Paris) plaçaient un louis d’or sous son assiette, en reconnaissance du plaisir que leur causait sa verve sarcastique. Elle se retrouve entière dans ses Lettres, qu’il ne destinait pas à la publicité (« Mais dites-moi tout de bon, n’avez-vous point de honte de garder ces misérables paperasses ? Je vous conseille, et me croirez si me voulez obliger,) d’en faire un beau sacrifice à Vulcain, cela ne mérite ni d’être gardé, ni d’être montré), et qui font encore aujourd’hui vivre son nom.

Guy Patin fut un épistolier prolixe et parfois redoutable. Sa correspondance, commencée en 1630 et poursuivie jusqu’à sa mort, est double : française (plus d’un millier de lettres principalement écrites à deux médecins de Lyon, André Falconet et Charles Spon, à un médecin de Troyes, Claude Belin, et à un autre de Beaune, Jean-Baptiste de Salins) et latine (quelque 450 lettres écrites à plus de 60 savants d’Europe). Il y conte par le menu quantité de choses sur la médecine et les autres sciences, la religion, la politique, l’Histoire ou les faits divers de son époque. Sa bibliomanie (mot dont Vigneul-Marville lui attribue la paternité) y est omniprésente : obsédé par le rêve humaniste d’avoir lu tous les livres imprimés, il possédait l’une des plus riches bibliothèques privées de Paris. Saillies et bons mots abondent dans ses lettres, avec des hardiesses de toutes sortes, une malveillance visible, beaucoup de passion, de la crudité et quelquefois de la grossièreté. Son style libre, plaisant, léger et humoristique l’a fait considérer comme un libertin érudit (mais sans la moindre incursion apparente dans le libertinage des mœurs). Lues avec tout le recul critique nécessaire, ces lettres sont une ressource de choix pour les historiens de la médecine et du premier XVIIe siècle.

Patin

Sous bien des égards, Guy Patin est à considérer comme un esprit du XVIe siècle égaré dans le XVIIe siècle. Pour la religion, il était catholique, mais avec une profonde aversion pour Rome, son pape, ses moines et ses jésuites ; ce qui créait en lui une forte attirance pour le jansénisme et même le calvinisme. Il faut cependant se garder de vouloir pénétrer l’âme et les sentiments d’un homme dont une insigne particularité était d’être caméléon : il écrivait ce qu’il savait plaire à son correspondant, en se gardant soigneusement de le froisser en quelque façon. Joint à ses sarcasmes, ce trait ne rend guère le personnage attachant, mais ce qu’il raconte dans ses lettres est presque toujours intéressant, curieux ou plaisant.

« Gui Patin, dit Vigneul-Marville, était satirique depuis la tête jusqu’aux pieds… Son chapeau, son collet, son manteau, son pourpoint, ses chausses, ses bottines, tout cela faisait nargue à la mode et le procès a la vanité. Il avait dans le visage l’air de Cicéron, et dans l’esprit le caractère de Rabelais.

Or, suivant la remarque de Bayle, ses lettres, écrites pour l’intimité, montrent l’homme tout entier et au naturel. Familières, sans prétention, souvent enjouées, elles ont le laisser-aller d’une conversation et l’agrément d’une confidence. Les incorrections n’y manquent pas, et la phrase française y est fréquemment coupée par des passages en latin, langue que l’auteur affectionnait et écrivait avec élégance.

Vingt ans après la mort de Guy Patin, on publia ses Lettres choisies, depuis 1645 jusqu’en 1672 (Cologne, 1692, 3 vol. in-12). On imprima ensuite un Nouveau recueil de Lettres choisies (1695, 2 vol. in-12 ; puis Nouvelles lettres de feu M. Gui Patin, tirées du cabinet de Charles Spon (1718, 2 vol. in-12). Réveillé-Parise en a donné une nouvelle édition, comprenant tous les recueils précédents Paris. 1846, 3 vol. in-8°). En mars 2015, la Bibliothèque interuniversitaire de Santé a mis en ligne une édition électronique complète et commentée de la Correspondance française de Guy Patin par Loïc Capron, professeur de médecine de l’Université Paris-Descartes ; une édition des lettres latines est en cours de rédaction. Treize Lettres latines de Guy Patin ont été insérées dans les Clarorum virorum epistolæ (1702, in-8°). Hormis ses thèses, dont plusieurs eurent un grand retentissement dans toute l’Europe, Guy Patin a signé peu de livres, mais mis la main à l’édition de plusieurs ouvrages médicaux rédigés par des auteurs qu’il admirait : Jean Riolan, bien sûr, mais aussi Daniel Sennert ou Caspar Hofmann. Bayle a publié un Patiniana (1703 , in-12) et Laurent Bordelon l’Esprit de Guy Patin

SOURCE / https://medecinehistorique.wordpress.com/

La vision de Van HELMONT Jean-Baptiste

 

 Jean-Baptiste van Helmont croyait fermement en l’alchimie ; il avait certains penchants mystiques et croyait à la pierre philosophale. Il respecta l’enseignement de William Harvey et celui de Galilée. Observateur minutieux et expérimentateur précis, ses apports furent finalement importants dans les domaines de la chimie et de la physiologie. Il découvrit l’existence des gaz vers 1610.

HELMONT

Van HELMONT Né à Bruxelles (Belgique) en 1579, d’origine noble, Jean-Baptiste Van Helmont décrocha son diplôme de philosophie à l’âge de 17 ans à l’Université du duché de Brabant (devenue l’Université catholique de Louvain). Il se tourna vers l’astronomie, l’algèbre, la géométrie euclidienne. Il suivit par ailleurs au collège des jésuites de Louvain les cours du professeur Martín Antonio Delrío (1551-1608), qui publia un traité sur la magie, le Disquisitionem magicarum.

À la suite d’une vision, il réalisa qu’il avait emprunté une mauvaise voie. Il lut les mystiques rhénans : Thomas a Kempis et Jean Tauler. En même temps, il étudia la médecine par les herbes de Matthioli, de Dioscoride, puis la médecine galénique, inspirée d’Hippocrate et d’Avicenne. En 1599, il obtint son diplôme de docteur en médecine mais il lisait Paracelse, et se mit à pratiquer une médecine « iatrochimique » toute opposée dans ses principes au galénisme de la Faculté. Il exerça dans toute l’Europe : Suisse et Italie (1599-1605), France et Angleterre (1602-1605). Il épousa Margarita van Ranst en 1609, dont il eut quatre filles puis un fils, François-Mercure. De 1609 à 1619 il se consacra à la méditation et à la recherche, surtout en pyrotechnie : il s’appelait lui-même Philosophus per ignem (philosophe par le feu).

À la suite d’une nouvelle expérience spirituelle, il se crut adeptus naturae, initié aux secrets de la nature. En 1618, il appela son fils « François-Mercure », car il pensait avoir obtenu de l’or à partir du mercure, grâce à une transmutation alchimique.

En 1617, J.-B. Van Helmont publia De magnetica vulnerum curatione, ce qui ouvrit une controverse avec Rudolf Goclenius le Jeune (1572-1621) et Jean Roberti. Goclenius (1608), en paracelsien, croit à la guérison magnétique des blessures : tout corps vivant possède un magnétisme animal propre, une force qui peut être utilisée, notamment à des fins thérapeutiques, par exemple l’onguent armaire (armarium) permet de soigner par l’arme qui a occasionné une blessure. Le jésuite Jean Roberti (1617) le réfute et l’accuse de superstition. J.-B. Van Helmont critique les deux et les jésuites en général. Il est mis en examen par l’Inquisition en 1634, jusqu’en 1636. Interrogé sur la kabbale, il répondit qu’il savait que les rabbins employaient cet art pour l’intelligence des mystères de leur foi, mais que les chrétiens n’en avaient pas besoin : les écrits de Reuchlin et Ricius lui avaient appris que ce n’était que fables et vaines tortures de l’esprit.

Jean-Baptiste Van Helmont mourut à Bruxelles en 1644.

VAN HELMONT

Chef de file des iatro-chimistes, il unit, comme Paracelse, un esprit génial à une imagination désordonnée et souvent fumeuse.  C’est un non-conformiste, toujours plus ou moins en lutte avec les écoles officielles. Il mène une vie errante à travers toute l’Europe, pratiquant la chimie et l’alchimie,  la fois pour elles-mêmes et dans leurs applications au traitement des maladies.  L’œuvre chimique de Van Helmont est importante.  Il a étudié le gaz, notamment l’acide carbonique et pressenti le mécanisme de la combustion.

En physiologie il a décrit la présence dans l‘estomac d’un acide et d’un ferment. C’est un précurseur de la chimie biologique moderne, puisqu’il a fait des analyses du sang et des urines, démontrant dans celui-là la présence de sel, dans celles-ci la présence de sel et d’ammoniaque.  Il a contribué à ruiner la vieille théorie d’Hippocrate et de Galien en montrant que l’air, la terre, l’eau et le feu sont des substances complexes et non pas des éléments. Mais les éléments qu’il leur a substitué, suivant en cela la doctrine des alchimistes, s’ils ont certes une existence plus réelle, ne représentent pourtant qu’une grande erreur physiologique ; pour Van Helmont, en effet, il n’y a que trois éléments fondamentaux qui sont : le sel, le soufre et le mercure, noms qui ne sont d’ailleurs pas pris dans leur acception actuelle. 

Toute cette partie de l’œuvre de Van Helmont mérite notre admiration ; il a, d’une façon plus précise que Paracelse, compris l’importance de la chimie pour le fonctionnement normal et pathologique de l’organisme humain, ouvrant ainsi une voie dont nous savons combien elle devait être féconde. 

Quelques préparations médicinales, obtenues en .opérant sur les fossiles, les animaux et les végétaux, lui parurent renfermer les vertus suffisantes pour composer sa panacée. Ces succès rendirent à Van Helmont son ancienne passion pour la médecine : mais c’était une médecine nouvelle et toute de sa création ; il s’intitula Medicus per ignem, faisant allusion par-là à la source d’où sortaient ses remèdes. Van Helmont s’étant alors marié avec une demoiselle noble, se retira dans la petite ville de Vilvorde, à deux lieues de Bruxelles. Là, renfermé dans son laboratoire, il s’occupa de ses travaux chimiques jusqu’à la fin de ses jours, se vantant d’avoir trouvé le moyen de prolonger la vie et la santé ; écrivant des théories extravagantes sur l’organisation intellectuelle et physique du genre humain, sur les causes et le traitement de nos maladies.

Van Helmont ne connaissait point les principes élémentaires de la chimie, science alors encore au berceau : il ignorait même l’art de manipuler ; en sorte que son noviciat dans ses expériences fut long et qu’il y courut souvent risque de perdre la vie, au milieu des explosions, des expansions gazeuses qui s’opèrent inopinément pour l’ignorant qui, procédant au hasard, ne les saurait prévoir. Ce chimiste finit cependant par devenir un habile manipulateur, et découvrir l’huile de soufre per campanum, le laudanum de Paracelse, l’esprit de corne de cerf, celui de sang humain, le sel volatil huileux, et beaucoup d’autres préparations chimiques, qui, selon lui, devaient remplacer les remèdes galéniques.

Ce fut l’époque où il prit à tâche de renverser les doctrines admises par les écoles. Plusieurs des critiques de Van Helmont étaient sans doute fondées ; mais ce qu’il proposait à son tour était moins raisonnable encore. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer les rêveries de Van Helmont sur le duumvirat et l’archée, deux puissances qui, à l’en croire, se partagent le corps humain.

En dépit de tout ceci, il vit mourir ses quatre enfants et sa femme, sans pouvoir les sauver : lui-même, il périt à soixante-sept ans, martyr de sa doctrine ; atteint d’une violente pleurésie, il avait refusé obstinément de se faire saigner. Van Helmont était un homme d’honneur, et de bonne foi : sa fin le prouve. Il ne voulut jamais accepter les offres brillantes des empereurs Rodolphe II, Mathias et Ferdinand II, qui firent tous leurs efforts pour l’attirer à Vienne.

SOURCE / https://medecinehistorique.wordpress.com/

ALIMENTATION : Médecine du 3ème millénaire

La médecine du 3ème millénaire je ne sais pas, mais ce que je sais c’est que la médecine la plus ancienne, celle d’Hippocrate, le père la médecine qui disait aux malades « que l’aliment soit ton seul remède » et qui demandait aux médecins de le guérir sans nuire, est celle qui me semble être la plus juste.

Médecine

Pour moi le péché originel c’est la cuisson des aliments puisqu’à partir du moment où l’homme les a cuits, il a détruit leur énergie.

Cette énergie qu’il a dû remplacer en tuant les animaux pour avoir la leur.
Etant donné que nous n’avons pas le système digestif des carnivores, nous n’avons pas pu éliminer l’acide urique produit par toute digestion carnée, et à partir de là, nous sommes devenus colériques, violents, et avons créé toutes nos maladies douloureuses. En même temps, nous avons remplacé les fruits des arbres de notre bonne vieille terre – sucres rapides – par les sucres lents. Ces derniers ne pouvant être totalement et complètement digérés par le foie, nous ont laissé des viscosités et des mucosités qui, en envahissant la lymphe, ont été à l’origine de toutes nos peurs, timidité et de nos maladies pénibles, gênantes et non douloureuses.

C’est ainsi qu’avec ces deux éléments empoisonnés, acide urique et viscosités, nous avons créé toutes nos maladies, nos conflits et toutes les guerres du monde.

  • Vous préconisez donc un retour à une alimentation crue, vivante…

Bien sûr ! Posez-vous la question : si vous êtes dans la nature sans outil, sans arme, sans briquet, allez-vous attraper un lapin et mordre dedans ?
Non ! Vous allez cueillir !
L’homme était cueilleur, ensuite il est devenu cueilleur chasseur, pourquoi ? En France les seigneurs dominaient, ils mangeaient viande et alcool, et le peuple exploitable à merci était nourri de bouillies de farines et de légumes et ces colles en faisaient des êtres corvéables. De plus, quand on a beaucoup de céréales on a besoin d’excitant, avec le riz il faut le thé, avec les pâtes il faut le café, avec les frites il faut la bière… c’est un cercle vicieux.

On ne peut pas faire de la vie avec le cadavre, sauf si l’on est charognard ou carnivore. Les gorilles et les chimpanzés ont le même système digestif que nous. Ils ne se nourrissent que de cueillette.

  • En quoi cette façon de s’alimenter va-t-elle changer notre façon de penser ?

Pour penser, pour aimer, il faut des cellules.
Notre corps est composé de milliards de cellules qui ont toutes un appareil digestif, un appareil reproducteur et un cerveau.
Lorsque l’on regarde les cellules cérébrales on voit qu’elles ont des antennes. Ces antennes captent tout ce qui est émis sur la longueur d’onde qu’elles peuvent atteindre. Seulement, plus les cellules sont asphyxiées, carencées, empoisonnées, moins elles captent ces fréquences élevées.

Alors il est certain qu’en fonction de cela, pour penser, pour capter et pour être heureux il faut que nos cellules soient correctement oxygénées, correctement nourries et qu’elles baignent dans un milieu au moins propre à défaut d’être pur. 
A partir de là on reçoit, on est informé par l’intelligence universelle.

On sait ce que l’on a à faire, et on est heureux de le faire !
Moi je n’ai jamais travaillé, car j’ai toujours fait ce que j’aimais !
Et ça devrait être le cas pour tout le monde, à condition d’être relié, et l’alimentation en est la base. Les animaux sauvages qui ont toujours mangé ce qui leur était destiné, sont toujours restés reliés. Nous avons remplacé cette guidance cosmique, universelle par l’intellect. Or l’intellect il faut le mettre au service de cette guidance et non pas l’inverse.

  • Votre façon de manger est aussi votre façon de vivre votre spiritualité…

Absolument ! La spiritualité c’est d’être relié à l’intelligence universelle, comme les animaux sauvages le sont.
Pour moi la spiritualité c’est tout simple, c’est un état naturel, c’est vivre comme la nature a prévu que l’on vive !
Si on ne donnait que de l’herbe et du foin aux vaches, ces pauvres bêtes n’auraient jamais été malades !

  • Quel conseil donner à quelqu’un qui souhaite retrouver son alimentation originelle ?

Je ne donne pas de conseils car chacun fait ce qu’il peut… il est certain que devant un aliment végétal et cru, le corps sait exactement ce dont il a besoin.
On n’aime pas par hasard n’importe quel fruit, on l’aime par besoin.
En revanche devant un aliment transformé et cuisiné, on aime exactement ce qui nous détruit.

C’est une loi de base. Avec ça chacun fait ce qu’il peut, mais je conseillerais de commencer par le matin : mangez des fruits, ceux que vous aimez le plus.
Vous serez étonné de voir qu’après les fruits, vous avez de l’énergie et vous êtes rassasié.

Le café du matin, avouez que c’est quand même curieux d’avoir besoin d’un coup de booste après une nuit de repos ! Le café est un excitant qui va épuiser le corps et conduire à la dépression. Tous les suicidaires sont de grands consommateurs de café et les meurtriers des consommateurs d’alcool.

  • Quel changement apporter aux centres de soins, les hôpitaux… ?

Il y a beaucoup à faire ! Pour aller dans le sens du concret, nous sommes en train de créer une école de pratique de santé au Maroc avec un médecin suisse et d’autres médecins. Ce médecin suisse a acheté il y a sept ans 23 hectares de désert.
Il a mis en eau, a planté 2000 arbres fruitiers. Il est en train de construire pour que chacun puisse aller apprendre la santé. Ce sera ouvert à tous, il y aura aussi une école pour les professionnels, non pas de médecine, non pas de naturopathie mais de santé.
Car lorsque l’on refait la santé, les maladies disparaissent.
C’est peut-être moins rentable, mais c’est tellement plus heureux.

  • Comment définiriez-vous la médecine de demain ?

La médecine de demain c’est à chacun de nous de la faire, on ne peut pas changer les autres, que se changer soi-même.
Si chacun comprend qu’en mangeant ce que la nature a prévu pour notre système digestif notre psychologie et notre vie émotionnelle et créative va changer, obligatoirement on a un point de départ.

  • Avez-vous constaté que l’on pouvait tout guérir ?

Oui, toutes les maladies sont guérissables, toutes ! Mais tous les malades ne le sont pas. Pour gai-rire, il faut pouvoir faire tout le changement nécessaire, ce n’est pas évident, plus on est intoxiqué, moins c’est facile, et la plupart du temps les malades ont été beaucoup médicalisés.

Médecine

Et quand on médicalise un malade, c’est pour que son corps ne soit plus « malade » c’est-à-dire pour qu’il n’élimine plus.
Or tout ce qu’il n’a pas éliminé, il l’a gardé, donc il est encore plus empoisonné.
Dans ce cas, si l’on fait sortir les toxines alors que le corps n’a plus de système de défense pour les évacuer, on provoque sa mort.

Alors ça c’est très subtil, mais toutes les maladies sont guérissables, ensuite cela dépendra du système de défense du corps.

Lorsque les résidus passent dans les humeurs en trop grand nombre, ils pénètrent les cellules : soit ils déprogramment le cerveau et font un cancer, soit ils le sclérosent, soit ils le déconnectent. Voici ce qui se passe en étant nourri et soigné comme on l’est actuellement. On marche à l’envers, plus personne n’est heureux, plus personne ne va bien, plus personne ne chante, les hôpitaux sont pleins, il y a la guerre, c’est ça la vie ?? Nous devons nous reconnecter à l’intelligence universelle comme un animal sauvage ; retrouvons cet instinct,  cette guidance !

OEuvrons l’un par l’autre et l’un pour l’autre au service de l’ensemble.
La vie peut être aussi magique que désastreuse. La pensée crée et pour penser positivement et attirer des choses positives il faut être bien. Si on est plein de colère, de timidité ou de peur on ne peut pas aller bien.

  • Que pensez-vous du jeûne ?

Les religions ont établi le jeûne pour guider les fidèles vers une bonne santé. Lorsque l’on jeûne, notre corps peut organiser 50% de son énergie pour rétablir son équilibre et se  nettoyer.  On sait très bien pour l’avoir observé que le jeûne nous rend plus créatif et plus heureux.

Le jeûne sert à cela. Or à l’heure actuelle, le jeûne ne nous permet plus d’évacuer totalement les résidus car on a été trop vaccinés, médicalisés et on a éteint notre système de défense.

Aujourd’hui le corps ne sait plus expulser les résidus qui sont en profondeur, il n’a pas l’énergie nécessaire. C’est pourquoi après 30 années de naturopathie au jeûne, j’ai vu qu’il manquait quelque chose, faire jeûner les gens c’était la plupart du temps les épuiser et ne pas les reminéraliser.

Voilà pourquoi j’ai redécouvert les purges qui permettent de libérer l’organisme au plus vite.  Les purges douces vont donner de l’énergie au corps pour qu’il puisse se nettoyer….

  • Que peut-on espérer en retrouvant une alimentation vivante ?

Réapprendre à manger naturellement, c’est aussi apprendre à se régler et à se soigner naturellement. Ceux qui ont des kilos en trop les perdent les autres les retrouvent…
Une année j’ai suivi 20 chômeurs. A la suite de ces changements, ils avaient tous retrouvé une situation supérieure à celle qu’ils avaient perdue. Ils avaient retrouvé la confiance. Tout est possible !

De nos jours on se rend compte que le progrès ne nous apporte pas ce que l’on cherchait. On peut avoir de l’argent mais on ne peut pas se payer le bonheur, on peut s’offrir des vacances mais on ne peut pas acheter le repos… Attention, je suis bien contente d’avoir un frigo et une voiture, je ne discrédite pas tout cela, mais il faut utiliser ces progrès pour le bien des êtres.

On a fait de nos vies un enfer, or on a tout, on a l’eau, le soleil, la pluie, le paradis doit aussi être sur la terre !
On a tout, à condition que l’on devienne cueilleur.
Bien sûr il y a une transition, on ne peut pas y arriver du jour au lendemain, mais il faut en prendre conscience et oeuvrer peu à peu.

Médecine

  • Irène, pourriez-vous nous parler des extracteurs de jus qui rencontrent en ce moment un engouement incroyable ?

Bien sûr…. Comme on a tous mangé pas mal de viande, on est déminéralisé. On sait que les minéraux sont dans les légumes, or on ne va pas manger trois fois des crudités, ça serait trop, voire impossible.

En revanche, si l’on mange des crudités et que l’on boit un grand verre de jus de légumes on va doubler l’apport en minéraux. Concernant les fruits je trouve cela dommage de faire des jus, je préfère nettement manger le fruit avec la chair et la pulpe. Pour les légumes et leurs minéraux, oui l’extracteur est très intéressant…

  • Un mot pour conclure ?

Plein de gens avant moi ont parlé d’alimentation vivante et il suffit d’expérimenter pour se rendre compte. Alors essayez !
Testez, faites votre expérience et tirez-en vos conclusions…
Un monde de paix existe, il est là, sous nos yeux et l’alimentation vivante en est la base, la fondation.

  • Irène merci de nous recevoir chez vous. Vous qui oeuvrez depuis 60 ans en tant que naturopathe, pourriez-vous nous donner votre point de vue sur ce que pourrait être la médecine du 3ème millénaire ?

irène

Pour en savoir plus sur Irène GROSJEAN et son travail :
www.santenaturopathie.com

 Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

HALLER : Albrecht von Haller

Né à Berne en 1708, Haller (Albrecht von Haller) fit des études de médecine d’abord à Tübingen, puis à Leyde (Hollande) auprès de Herman Boerhaave, le plus éminent professeur de médecine de son époque. Après avoir obtenu son doctorat, il entreprit un voyage en Angleterre, approfondit ses connaissances en anatomie et en chirurgie à Paris et suivi les cours de mathématiques donnés par Jean Bernoulli à Bâle. Il exerça ensuite la médecine à Berne de 1729 à 1736 et publia ses premiers cahiers d’anatomie et de botanique. Cependant, il se fit remarquer par ses poèmes rassemblés sous le titre Versuch Schweizerischer Gedichten (1732). Ce petit recueil qui comprenait un poème d’amour profondément lyrique (Doris) ouvrait une voie nouvelle dans la description de l’homme et de la nature (Les Alpes) et devint le modèle d’une poésie didactique et philosophique (Über Vernunft, Aberglauben und Unglauben) pour la génération suivante. Haller était d’ailleurs le poète de langue allemande le plus lu dans les années 1730 à 1740.

haller

Albrecht von Haller

 Haller, fut un des derniers – le dernier peut-être – des grands savants aux connaissances universelles, sur le type des hommes de la Renaissance. Enfant prodigue, parlant dit-on, à douze ans le latin, le grec, l’hébreu et plusieurs langues étrangères, ce n’est pas seulement un médecin, un physiologiste et un anatomiste (étudiant à Paris il dut s’enfuir pour avoir disséqué en cachette dans sa chambre) ; il fut aussi géologue et botaniste ; c’est un ancêtre du tourisme à pied à travers les Alpes et on lui doit une des premières flores de la Suisse. Il était également poète et son poème sur les Alpes peut se lire encore aujourd’hui. Si la vie pastorale y est décrite avec des couleurs idylliques qui font un peu sourire, la forme est vigoureuse et il est pittoresque d’y trouver une condamnation du vin. Comme la vigne ne pousse pas dans les alpages on n’y peut boire que l’eau pure des sources ; mais, dit Haller aux bergers :

« Ne vous en plaignez pas, vous gagnez à la perte

Vous perdez un poison et non pas un nectar

La nature aux beaux dons défend le vin aux bêtes

L’homme en boit et par lui retourne à l’animal ».

 Enfin, Haller n’est pas seulement un remarquable expérimentateur, c’est aussi un esprit ouvert aux idées générales et à la philosophie de la science. Il a notamment fait précéder la traduction allemande des œuvres de Buffon d’une dissertation sur « le bon usage de l’hypothèse » qui est un modèle de pensée juste, à une époque où l’esprit dogmatique disputait encore le pas à l’esprit expérimental, à une époque où Buffon lui-même n’usait pas toujours très scientifiquement des hypothèses. Grimm reproche en effet à ce dernier « l’engouement qu’il montre pour ses systèmes », systèmes qui l’ont conduit entre autre à nier que le cerveau soit le siège du sentiment et de la sensibilité, pour situer ce siège – ce qui paraît extravagant – dans le diaphragme, rétrogradant ainsi sur Hippocrate lui-même. On ne peut que partager la sévérité de Grimm lorsqu’on lit dans les premières pages du livre consacré aux animaux carnassiers l’extraordinaire et rétrograde conception que Buffon se faisait du cerveau, considéré comme une masse gélatineuse dépourvue de toute organisation et servant uniquement à fournir une nourriture aux nerfs.

L’importance de Haller pour l’histoire de la médecine est avant tout à chercher dans le rôle qu’il a joué en anatomie. Par la préparation d’environ quatre cents cadavres il a réussi à décrire le réseau artériel du corps humain. Il consacra d’autres études à la circulation sanguine et au développement de l’embryon (formation du cœur et des os, apparition de malformations). De nombreux essais sur des animaux lui permirent d’attribuer la sensibilité aux nerfs et l’irritabilité aux muscles, ce qui constituait une avancée majeur dans un domaine très controversé à l’époque. Par son approche systématique et ses hypothèses, il a établi la physiologie comme une science et est considéré comme le père de la physiologie moderne.

sur-la-terre-dans-le-ciel

Dans son ouvrage monumental Elementa physiologiae corporis humani (1757-1766), qui a connu des rééditions jusque dans le XXe siècle, Haller donne une vue d’ensemble critique du savoir anatomique et physiologique de son époque. Pour Fortuné Barthélemy de Félice, 2nd Comte di Panzutti, et l’Institut d’Yverdon et le Supplément de l’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert, Haller a rédigé environ 200 entrées concernant l’anatomie et la physiologie. Haller a également établi quatre Bibliothecae (1771-1788), répertoires critiques de toute la littérature médicale, depuis ses origines.