Et si la médecine était pavée de bonnes intentions

« L’enfer est pavé de bonnes intentions », dit le proverbe. Dans la sphère intime plus qu’ailleurs, cet adage est malheureusement dramatiquement vérifié. Car, en principe, notre entourage (notre conjoint(e), nos frères et sœurs, nos enfants, nos parents, nos amis proches) devrait jouer un rôle de soutien lorsque nous traversons l’épreuve de la maladie. Pourtant, il n’est pas rare que celui-ci devienne une entrave, pire une force d’opposition, ou carrément l’origine de notre échec et de notre mort dans nos efforts. Voyons cela de plus près…

Comme nous l’a démontré le Professeur Henri Laborit, tout animal assure sa vie et sa survie au travers de quatre grandes stratégies : l’activation de l’action, la fuite, la lutte et l’inhibition de l’action. Plus précisément, quelle que soit l’espèce animale, l’ordre dans lequel les stratégies sont mises en œuvre est toujours le même. Tout d’abord, en absence de danger, l’animal met en œuvre des ACTIONS visant à satisfaire ses désirs et ses besoins. Son but : préserver son homéostasie. Si un danger apparaît, la stratégie de FUITE est activée pour assurer le même but de préservation. Si cette fuite est impossible ou inefficace, la stratégie de LUTTE est alors choisie, toujours dans l’espoir de revenir à une situation d’équilibre. Cet ensemble de stratégies (action, fuite et lutte) constitue ce que Laborit appelle le système activateur de l’action, dont le leitmotiv est « rechercher le plaisir et l’équilibre ».

Ce n’est que quand l’action se révèle inefficace, et la fuite et la lutte impossibles, qu’un autre mécanisme se met en place. Laborit le nomme le système inhibiteur de l’action, dont le leitmotiv est plutôt « éviter la douleur ». Dans ce cas de figure, la soumission et l’acceptation du statu quo demeurent bien souvent la dernière alternative pour assurer sa survie. Ce système découle d’une longue évolution adaptative où il apparaissait que tout mouvement ne pouvait qu’aggraver la situation.

Dans ce cas, l’INHIBITION DE L’ACTION représente le meilleur choix, mais à une seule condition : qu’elle dure le moins longtemps possible. Car si la vie se fonde sur l’homéostasie, l’homéostasie nécessite un équilibrage permanent, qui a lui-même besoin de mouvement pour se maintenir… Si l’immobilité se prolonge, l’équilibre est perdu, l’homéostasie compromise et la vie mise en danger. Nous le savons tous : retenir sa respiration quelques secondes peut être très utile pour ne pas se faire repérer par un agresseur potentiel ; retenir sa respiration plusieurs minutes devient nécessairement mortel.

La leçon qu’on peut retirer de ces observations du monde animal, c’est que notre physiologie est tout à fait capable d’encaisser des stress intenses, à condition que ce soit sur une période de temps extrêmement courte. Qu’il s’agisse de fuite, de lutte ou d’inhibition, ces stratégies ne sont mises en œuvre que pendant quelques minutes, rarement plus. Après cela, soit l’animal meurt, soit il survit. Mais dans ce dernier cas, il est absolument vital que le sur-stress accumulé soit évacué pour retrouver son équilibre homéostatique. Sans cela, la non-évacuation du stress risque de créer des dommages physiologiques importants.

C’est probablement la raison pour laquelle très peu d’animaux sauvages en liberté tombent malades.

D’autre part, comme nous avons appris à nous « maîtriser », nous sommes incapables de libérer le sur-stress qui a été mobilisé pour faire face à une situation difficile. Quelle que soit la stratégie utilisée (fuite, lutte ou inhibition), nous sommes incapables de pleurer, de trembler, d’exprimer notre colère, de nous laisser traverser par des spasmes libératoires… Ce qui entraîne à long terme, encore une fois, un déséquilibre de tout notre système nerveux… Le mois prochain, je reprendrai tous les exemples présentés dans les numéros précédents pour démontrer que notre éducation est bien à la source de beaucoup de nos maux !

Article Extrait du  magazine Néo-Santé écrit par JEAN JACQUES CREVECOEUR

(1) Les lecteurs le désirant pourront approfondir cette hypothèse en visionnant le DVD « Prenez soin de vous, n’attendez pas que les autres le fassent » ou en lisant le livre portant le même titre.
(2) Lire le  livre édifiant : « Le drame de l’enfant doué », aux éditions PUF

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

2 commentaires sur « Et si la médecine était pavée de bonnes intentions »

  1. c’est bien du livre d’Alice Miller dont il est question à la fin de l’article?
    pour ma part, plusieurs des livres d’Alice Miller m’ont été très utiles ainsi qu’à ma famille car oui l’éducation est pour une grande part dans nos déséquilibres, surtout si l’on ‘croit’ tout ce qui nous est dit….(« le corps ne ment jamais », d’Alice Miller est l’un de mes préférés)
    et à propos de ‘croyance’, connais-tu le film de Lelouch, « homme-femme, mode d’emploi » qui est repassé à la TV hier soir?
    merci pour ce billet et d’avance merci pour l’article récapitulatif

    Aimé par 1 personne

    1. Hello malyloup je te remercie pour ton commentaire… Oui tout à fait d’accord avec toi sur les livres d’Alice qui m’ont beaucoup aidée moi aussi dans mon cheminement personnel. Bisous, à bientot ! Namasté !

      Aimé par 1 personne

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