Témoignage d’un chasseur repenti

« A un moment, j’ai senti que tous ces massacres, ça suffisait ».

Propos recueillis par Christine Kristof-Lardet

Bernard, un ami rencontré par hasard au détour d’un bar en Bretagne, m’a confié un jour qu’il s’était converti à la non-chasse. Sans être radical, son parcours m’a touchée et témoigne d’une prise de conscience progressive de la valeur de la vie et de la nécessité de devenir moins prédateur du monde.

Il a troqué son fusil contre un appareil photo. Voici le récit de sa transition et pour les accompagner, des clichés empruntés à la faune sauvage pour notre plus grande joie.

chasse

Qu’est-ce qui a suscité votre prise de conscience face à la chasse ?

J’ai toujours vécu dans le monde de la chasse et j’ai tout le temps pensé que je serai chasseur. Je ne voyais aucune raison de ne pas l’être ; mon père l’était, mes oncles l’étaient, et j’allais avec eux.

C’était culturellement normal. Vers l’âge de trente ans, j’ai passé tous les permis. J’ai pris le fusil déclaré et je suis allé à mon ouverture de chasse. J’ai alors tué mon premier faisan. Au moment où je l’ai tué, une pensée m’a effleurée : « il serait quand mieux à voler ». J’ai tout de même continué, même si j’étais plus attiré par le casse-croûte de la chasse que par la chasse elle-même. J’étais modeste en prise.

 Quand j’avais eu mon gibier, je rentrais et je ne cherchais pas à en avoir un deuxième. Je me faisais aussi une obligation de manger tout ce que je tuais. Une fois j’ai tiré une poule d’eau, c’est ‘’dégueulasse’’, mais je l’ai quand même mangée. J’ai arrêté assez vite de tirer le lapin, parce que je n’aime pas manger du lapin. J’en restais donc au traditionnel faisan et canard. Mais à nouveau, à chaque fois qu’il y en avait un qui tombait, la petite phrase revenait : « il serait quand même mieux à voler ».

Il y a un moment critique où tu es en contact avec le gibier ; tu tires, il tombe… Jusque-là, ça va. Mais ensuite, il faut le ramasser. Il est encore chaud, tu le mets dans la gibecière, et ça, ça ne me plaisait pas trop. Ensuite, il faut encore le plumer. Ce n’est pas génial non plus. La petite phrase est revenue de plus en plus et, il y a quatre ans, je me suis dit que ce serait ma dernière saison de chasse. A partir de là, je suis quand même allé à la chasse, mais je ne tirai plus.

Même si c’était ‘’tirable’’, je ne tirais plus. J’avais à la fois le fusil et un appareil photo en bandoulière. Je me suis mis à faire des photos animalières. Depuis trois ans, je dégaine mon appareil photo, mais plus mon fusil. Je continue d’aller au casse-croûte de la chasse, mais je ne participe plus aux tirs.

Qu’est-ce qui s’est passé à l’intérieur de vous au moment où vous avez arrêté de tirer ?

A un moment, j’ai éprouvé le regret d’avoir chassé. Je pense que dans l’âme, je ne suis pas chasseur. J’ai versé une larme et j’ai bu un coup de rouge à la santé de tous les défunts. J’ai continué à pêcher, mais au lieu de laisser le poisson crever dans le seau, je le tuais tout de suite et même maintenant, cela m’est pénible. Normalement, c’est simple, tu remontes le poisson, tu le décroches et tu le mets derrière sans le regarder… Et puis, il y a les remarques du style : « les poissons ne souffrent pas ».

Mais qui es-tu pour dire que le poisson ne souffre pas ?

Il n’y a que le poisson qui peut dire s’il souffre ou pas. Dans la même ligne, j’ai aussi arrêté de cuire des crabes. Je ne me suis pas livré à un travail d’introspection, mais j’ai senti qu’à un moment donné, tous ces massacres, ça suffisait.

Qu’est-ce qui fait que, pourtant, vous avez continué encore un certain temps ?

C’est la force de l’habitude. C’est une force anesthésiante. J’ai une amie qui a commencé à travailler dans les abattoirs de volaille. Les trois premiers jours, elle vomissait… et puis, la force de l’habitude l’a anesthésiée. Maintenant, clac, clac, clac,…quand elle le raconte, c’est horrible ; ils saisissent les volailles, ils les coincent par les pattes et…bref, c’est la force de l’habitude qui peut empêcher d’avoir des sentiments humains et qui peut nous faire faire les choses jusqu’au bout, mêmes terribles.

chasse

Quelle est la force qui pourrait aller à l’encontre de cette force anesthésiante ?

 Là, on rentre un peu dans la mystique. Comme culturellement, je ne suis pas porté vers la transcendance, je n’arrive pas à mettre les mots dessus. Dans la vie on essaye, autant que faire se peut, d’aller toujours sur le chemin de l’honnêteté, de la cohérence, de la grandeur. Et on essaye toujours de monter les barreaux des échelles. J’ai monté un barreau de l’échelle et cela ne souffre pas de retour en arrière. La prise de conscience exclut tout retour en arrière.

Vous tuez le poisson de suite pour qu’il ne souffre pas ? C’est cela ?

Oui, mais ce n’est pas par compassion que je tue le poisson… Il faut être cohérent. Tuer le poisson pour qu’il ne souffre pas, quelque part c’est une connerie. Beaucoup de gens bottent en touche en disant qu’un poisson, ça ne souffre pas. Mais encore une fois, on n’en sait rien. Le fait de ne plus tuer d’animaux ouvre aux sentiments que peuvent avoir les animaux. On ne les voit plus comme des êtres à manger, ou des objets, mais comme des individus.

 Et comment voyez-vous la suite ?

La suite concerne forcément l’alimentation. Pourquoi si je ne veux pas tuer de bestioles, je délèguerais à d’autres le fait de les tuer. Là, c’est de la pure logique. On se veut carnivore ; moi je mange encore de la viande, même si je diminue. Et je cherche des excuses quand je mange de la viande. J’aime bien le poulet, mais je préfère manger une poule qui a vécu librement qu’une poule qui a vécu en batterie. On est en pleine contradiction, quand je dis que je préfère manger une poule qui a vécue, quand on se donne de bonnes raisons. Même si je mangeais la viande que je chassais, je n’étais pas en accord avec moi-même. Il n’y a pas de raison de tuer des bestioles. Si c’était une question de vie ou de mort, oui, mais autrement, non !

Qu’est-ce qui vous retient de passer la barre au-dessus ?

J’accepte le fait d’être faillible. Il faut accepter sa faiblesse. Je ne veux pas entrer dans un raisonnement du type « c’est meilleur pour la santé ». C’est vrai, mais ce n’est pas pour ça que je le fais. Ce qui m’intéresse, c’est de lutter contre l’insensibilité produite par la force de l’habitude. Depuis quelques années, je gagne étape par étape ; il n’y a pas de raison que je ne franchisse pas un barreau de plus de l’échelle.

chasse

Comment on réagit tes amis chasseurs ?

 Dans mon cercle de chasse il y a beaucoup de gens qui rentrent et qui sortent. La chasse à courre est une aberration ; la chasse au sanglier aussi, mais je ne pourrai pas devenir militant anti-chasse. Je ne chasse pas. Point ! Les autres font ce qu’ils veulent. Mais au niveau de la cohérence personnelle, je ne me vois pas devenir militant anti chasse. Le militantisme ne fait pas partie de mes valeurs et ayant été chasseur je ne vois pas pourquoi je militerai anti-chasse. Cela me rappelle un épisode de ma jeunesse.

J’avais un prof de philo, un père jésuite, qui était né juif. Il refusait de faire le cours de théologie sur les juifs, et je le comprends. «Courbe la tête fier Sicambre, adore ce que tu as brulé et brûle de ce que tu as adoré » est une phrase prononcée par l’évêque Remi lors de la conversion de Clovis. Je ne veux pas faire comme lui.

Cet article est issu du magazine PRESENCE : revuepresence-leblog.com

 

Quand l’animal montre le chemin à l’homme

 

 Quels mécanismes permettent aux animaux sauvages qui subissent des agressions au quotidien, en particulier les proies, de conserver leur équilibre psychique, alors que nombre d’êtres humains confrontés à un événement qui les submerge basculent ou glissent vers un état pathologique de souffrance psychique ou même physique ?

Comprendre ces phénomènes et les utiliser en thérapie est d’une importance primordiale dans un monde où chacun d’entre nous peut subir des violences extraordinaires, telles que des prises d’otage ou des attentats, mais aussi des événements du quotidien qui, bien qu’apparaissant plus bénins, sont potentiellement traumatogènes et peuvent gravement porter atteinte à la qualité de notre vie.

animalPeter A. Levine, docteur en sciences médicales et biologiques, affirme après plus de quarante ans d’études sur le sujet et de travaux auprès de patients, que la clé de la connaissance des symptômes traumatiques de l’être humain se trouve dans sa physiologie et non dans  sa biographie.

Ainsi, plutôt que de revivre le traumatisme et de l’extérioriser par une catharsis qui risque de submerger les mécanismes de régulation de l’organisme ou de créer de faux souvenirs, il faut, à l’image de l’impala, « s’ébrouer » en déclenchant un processus physique réparateur. Levine a donc mis au point la méthode Somatic Experien-cing  et propose des pratiques concrètes et spécifiques pour la guérison du « syndrome psychotraumatique ».

Il est possible d’être traumatisé par des événements apparemment plus ou moins bénins (hospitalisation, trahison, rupture et ainsi de suite) si l’expérience douloureuse n’a pas pu être métabolisée et trouver ainsi sa place dans l’histoire de notre existence. Quelle que soit son origine (événement unique, répété, intentionnel ou non, perpétré par un individu ou non), la particularité du traumatisme est de submerger la capacité de compréhension, d’action et de contrôle émotionnel des victimes et de les placer dans un sentiment d’impuissance totale. En effet, à moins de bénéficier d’une aide médico-psychologique précoce, de facteurs et contextes protecteurs, certaines personnes exposées à un événement difficile, et notamment celles ayant subi une commotion psychique, risqueront de développer un syndrome psycho-traumatique, connu aussi sous l’expression d’état de stress post-traumatique (ESPT).

Ajoutons que plus le traumatisme atteint un sujet précocement, comme c’est le cas de Loïc  dans notre exemple, plus les conséquences risquent d’invalider son équilibre psychologique, en particulier la construction de sa personnalité, et ce de façon irrémédiable. Les symptômes pathologiques peuvent apparaître dans les jours qui suivent l’expérience à pouvoir traumatogène, mais il arrive qu’ils restent latents pendant des mois voire des années et se trouvent soudainement levés lors d’un contact fortuit avec une circonstance faisant écho à l’événement d’origine : lieu, personne, date, etc.

Esprit loup

Quand l’esprit est violé, tout se fige 

Sur un plan physiologique, les violentes émotions provoquées par le traumatisme débordent complètement les capacités de gestion et d’intégration naturelles du cerveau et du psychisme des sujets, car, bien que les humains possèdent des mécanismes régulateurs pratiquement identiques à ceux des animaux, ceux-ci sont souvent ignorés par l’esprit rationnel qui induit une inhibition néocorticale. Les éléments de l’effraction composés de sensations, de pensées, d’émotions, sont stockés brutalement de manière désorganisée au décours d’un violent orage neuro-hormonal et demeurent alors dissociés des autres représentations mentales ou  souvenirs.

Comme l’expérience des victimes ne peut s’intégrer dans le cadre de leurs expériences antérieures, elles se trouvent dans une totale incompréhension de ce qui leur survient. Selon Peter A. Levine, la réponse biologique réflexe du traumatisme déclenché dans le corps est un processus d’information physique (réaction inflammatoire ou réaction émotionnelle douloureuse) non traité par le système nerveux, l’information reste figée en mémoire et nuit ainsi à la santé physique et psychologique. Il peut se produire de surcroît un phénomène cumulatif car le figement se développe en intensité avec le temps, induisant de nouveaux symptômes si rien n’est fait pour y remédier. Malgré tout, le syndrome psycho-traumatique n’est pas incurable, c’est un mal-être qui peut être guéri grâce à nos ressources naturelles.

Pour Levine, le monde animal est une source de compréhension des mécanismes en jeu. Lorsqu’un oiseau heurte une vitre et qu’il s’évanouit, quand il revient à lui il s’ébroue, se réoriente et, s’il n’est pas blessé, s’envole sans conséquences. Par contre, si nous le prenons par ignorance dans notre main et interrompons ce processus, il s’évanouira de nouveau et viendrions-nous à persister qu’il en mourrait de frayeur.

Bien que les êtres humains succombent rare mentaux conséquences d’un traumatisme, ils subissent les effets néfastes de l’énergie qui a été emprisonnée faute d’un processus naturel mené à son terme et qui aurait pu la libérer, car bien souvent ils ont perdu leurs ressources instinctives face au danger. La Somatic Experiencing consiste à nous aider à procéder comme l’oiseau ou l’impala, c’est-à-dire à déclencher la sortie du figement. Fort heureusement elle est encore réalisable des années voire des décennies après l’événement. Dans son programme, Levine invite la personne traumatisée à suivre le fil conducteur du « felt-sense », c’est-à-dire à expérimenter ses sensations corporelles, qui tel un fil d’Ariane la conduisent vers ses ressources physiologiques profondes. C’est en apprenant à les utiliser consciemment qu’elle peut rétablir les bases de son autorégulation et revenir à un état de bien-être, ou d’intégralité.

Le processus mis au point par Levine permet de réintégrer à sa personne les parties psychiques dissociées, ensuivant le fl d’Ariane des sensations physiques.

Le processus mis au point par Levine permet de réintégrer à sa personne les parties psychiques dissociées, en suivant le fil d’Ariane des sensations physiques.

Le chamane rappelle l’âme qui s’est séparée du corps

La Somatic Experiencing se rapproche du chamanisme par l’accent mis sur la nécessité d’une réintégration des parties psychiques qui ont été séparées de notre personne lors du traumatisme, et par la sortie du figement. Cette méthode se distingue néanmoins de la méthode chamanique, où le chamane est maître de la situation, par le fait que la victime déclenche elle-même le processus de guérison. En effet, chacun peut retrouver sa plénitude par un travail personnel, avec l’aide éventuelle et parfois indispensable de ses proches ou d’un thérapeute. Alors que nos sociétés modernes semblent redécouvrir le traumatisme et ses conséquences, c’est un phénomène reconnu depuis longtemps dans les sociétés chamaniques. Il y est considéré comme un problème ne concernant pas  seulement la victime et sa cellule familiale mais toute la communauté.

Pour Levine, le monde animal est une source de compréhension des mécanismes en jeu. Lorsqu’un oiseau heurte une vitre et qu’ils’évanouit, quand il revient à lui il s’ébroue,se réoriente et, s’il n’est pas blessé, s’envole sans conséquences. Par contre, si nous le prenons par ignorance dans notre main et interrompons ce processus, il s’évanouira

Bien que la façon de traiter le traumatisme varie grandement selon les groupes ethniques, l’idée commune est que l’âme s’est séparée du corps ou qu’il en manque d’importantes parts. Le chamane, qui est considéré comme le seul à pouvoir faire revenir l’âme, utilise diverses substances médicinales et procède à une cérémonie, le succès de la thérapie se manifeste quand le patient est secoué de tremblements, de manière identique à ce qui se produit lorsque les animaux sidérés qui ont pu se relever et s’échapper libèrent l’énergie figée par un ébrouement. Une forte cohésion sociale et le support de la communauté, qui la plupart du temps participe à la cérémonie chamanique, sont d’une grande importance dans la réussite de la guérison. Par extension, dans nos sociétés modernes, le soutien par son entourage du patient traumatisé est primordial car il a été démontré qu’une personne est d’autant plus vulnérable à un événement traumatogène qu’elle est isolée et privée d’aide psychologique ou affective.

traumatisme

Prérequis au traitement

Lorsqu’un diagnostic clair est posé, car la prise en compte d’un état de stress post-traumatique ne doit pas exclure la possibilité d’une autre pathologie simultanée, il est alors nécessaire que le patient induise un fort désir de réintégrer les parties de sa personne qui se sont trouvées dissociées. Il devra aussi être averti au préalable que les souvenirs qui pourront lui revenir ne sont pas forcément exacts dans les faits mais correspondent plutôt à ce qu’il a retenu en termes d’impressions. Enfin, il devra savoir qu’il doit procéder en douceur pour ne pas être submergé par l’intensité de ses réactions. Il pourra alors commencer le travail personnel en douze phases proposé par Levine et regroupées en quatre étapes :

  • retrouver des ressources fondamentales perdues ou endommagées par le traumatisme ;
  •  découvrir ses qualités ;
  •  libérer l’énergie bloquée ;
  •  revenir à l’équilibre.

Comme les frontières corporelles d’une personne traumatisée sont endommagées, la Somatic Experiencing invite dans un premier temps à les reconstituer par le truchement de stimulations de la peau et des muscles, puis par la visualisation de l’espace vital. Le traumatisme est aussi la cause d’un état dissociatif plus ou moins grave et de la perte de certaines des ressources, c’est-à-dire de tout ce qui, personnel ou dans l’environnement, procure un sentiment de bien-être et de sécurité : amis, sports, talents, qualités personnelles par exemple. La méthode donne donc des exercices permettant le rétablissement de la relation au sol et au centre de gravité du corps, puis une réflexion sur les ressources préservées ou sur celles qu’il est possible d’acquérir. Dans cette première étape le traumatisé passe d’un sentiment de nudité, de vulnérabilité et de dissociation à une réintégration de son espace corporel et de ses ressources.

Spiritualité et traumatisme

 Dans le contexte d’une démarche spirituelle, ce travail d’intégration peut sembler en opposition aux religions qui mettent l’accent sur la nécessité de se libérer de l’ego, car une interprétation qui a existé de tout temps consiste à vouloir l’annihiler artificiellement en cherchant à se déconnecter du corps, des sensations ou des pensées par une attitude mentale ou par diverses techniques de méditation. Cette démarche est toutefois une erreur fondamentale qui induit de sérieux troubles psychiques, elle conduit à un état dissociatif, est la cause de fragilité au traumatisme et peut même aboutir à une perte d’estime de soi, ou à l’inverse, par réaction, à une inflation de l’ego.

 Intégrer le corps et l’esprit

 Maintes voies spirituelles préconisent au contraire une parfaite application de l’attention au corps, aux sensations, à l’esprit et aux pensées. En effet, une grande présence permet d’avoir une intégration complète de notre corps et de notre esprit, de les pacifier, et en voyant les choses telles qu’elles sont dans une profonde clarté, de gagner la maîtrise et la liberté. La Somatic Experiencing, comme d’autres thérapies intégrant la dimension corporelle, permet donc de restaurer une nature profonde de l’humanité et, de là, de guérir d’un syndrome psycho-traumatique. Elle peut aussi constituer un travail de renforcement de la force de résilience nécessaire à une voie spirituelle saine et solide.

ECRIT par Azou Minihy https:// Nexus-69-Psychologie-Traumatisme-quand-l-animal-montre-le-chemin-a-l-homme-par-Azou-Minihy-juillet-2010

 

 

Petites leçons d’animalité

 

 

Quel est donc le rapport entre l’humain et l’animal ?

Un tel rapport est une évidence mais parfois pas tout à fait consensuelle. Un véritable combat entre les deux entités a créé un abîme, où l’un domine l’autre en excluant toute possibilité d’équilibre. Dans cette relation de non-équilibre, on craint l’animal et lui fait subir la pire des choses. On projette sur lui tout le négatif de l’être humain: baleines «assassines», chiens «sauvages», etc. L’animal est alors considéré irrationnel et impulsif. En revanche, on songe à un état idéal où l’humain établirait une «alliance» avec l’animal. Par conséquent, les êtres humains deviendraient des animaux dans une «symbiose» parfaite, selon Deleuze et Guattari dans leur chapitre consacré au devenir-animal

(Mille plateaux, ).

plateauxDe l’Antiquité jusqu’à la Modernité, l’imaginaire collectif nous a donné de nombreux exemples de cette alliance, en nourrissant notre univers onirique et réel de centaures, de minotaures, de sirènes, de sphinx, d’hommes-jaguars, de loups-garous, d’hommes-chauves-souris, d’hommes-singes, etc. L’art, la littérature et plus tard le cinéma rendent compte de cela.

Cependant, avec le triomphe de la raison, cette alliance est remise en question. Dès lors, la communication entre l’humain et l’animal semble être brisée. Du fait de ce dialogue brisé, l’homme et l’animal essaient de rétablir ce qui a été perdu. On connaît l’un des derniers dialogues «impossibles» entre le philosophe Derrida et son chat (L’animal que donc je suis,.

Néanmoins, est-il possible d’établir un dialogue avec celui qui semble ne rien dire puisque dépourvu de pensée et par conséquent de voix ? Joseph Beuys nous a déjà montré, dans sa célèbre performance I Like America and America Likes Me , que cela était possible, car il considérait que nous avions beaucoup en commun avec la bête.

À l’époque, Nietzsche annonçait notre excès d’humanité avec son fameux titre Humain, trop humain. Cet excès, à l’inverse de la raison, semble ouvrir une porte vers la déraison et, par conséquent, l’animalité. Il remet en question notre idée d’humanité et ouvre une réflexion vers un autre horizon possible. C’est d’ailleurs la thèse développée par Nietzsche dans L’origine de la tragédie où l’animal, rapproché de l’esprit dionysiaque, dialogue de manière étroite avec l’esprit apollinien. De même, dans son ouvrage Ainsi parlait Zarathoustra se trouve un lien étroit entre le surhumain et l’animal: «Je vous enseigne le Surhumain. L’homme n’existe que pour être dépassé.

Qu’avez-vous fait pour le dépasser ?

Jusqu’à présent tous les êtres ont créé quelque chose qui les dépasse, et vous voudriez être le reflux de cette grande marée et retourner à la bête plutôt que de dépasser l’homme?  Le singe, qu’est-il pour l’homme?

Dérision ou honte douloureuse. Tel sera l’homme pour le Surhumain: dérision ou honte douloureuse. Vous avez fait le chemin qui va du ver à l’homme, et vous avez encore beaucoup du ver en vous. Jadis vous avez été singes, et même à présent l’homme est plus singe qu’aucun singe.»

En effet, comme l’annonce Nietzsche, le surhumain est «le sens de la terre». Cela ne veut pas dire qu’il serait une sorte d’être humain sublime, qui déborde toute matérialité vers un idéalisme et qui se situe au coeur même d’un humanisme qui le transforme en un être inhumain cette idée a par exemple nourri l’imaginaire nazi ; au contraire, le surhumain serait ce dépassement de l’humain vers un véritable retour à la terre. Or, on le sait, il n’y a plus de terre si ce n’est qu’en présence animale.

Et c’est précisément ce prophète qui annonce ce qui semblait inimaginable et impensable jusqu’à présent: l’homme est un pont entre l’animal et le surhomme. Il est une alliance parfaite qui se trouve brisée par un excès d’humanisme empêchant tout dialogue. Or, l’abîme consiste en une métaphore de l’incompréhension entre un extrême et l’autre : «L’homme est une corde tendue entre la bête et le Surhumain une corde au-dessus d’un abîme […]. Danger de franchir l’abîme danger d’être saisi d’effroi et de s’arrêter court! La grandeur de l’Homme, c’est qu’il est un pont et non un terme; ce que l’on peut aimer chez l’Homme, c’est qu’il est transition et perdition.» Dès lors, l’animalité  semble reprendre la place qu’elle avait perdue face à l’histoire. Avec la crise de l’humanitas, l’animalité devient une option parmi d’autres. Le devenir animal serait alors une stratégie de survie dans nos sociétés capitalistes.

préhistoireDepuis la préhistoire, l’histoire de l’art est traversée par de multiples références aux animaux. Les premiers « artistes » essaieront d’attirer les bisons, les cerfs, les mammouths et autres proies dans un rituel symbolique afin de les attraper avant la chasse. Les représentations préhispaniques en Amérique latine montrent des figures animales se confondant harmonieusement avec l’humain, comme le serpent à plumes au Mexique ou encore les figures chamaniques faisant naître l’homme-jaguar en Colombie.

Dans la Grèce antique, les représentations d’animaux comme celles de la porte des Lions en Crète, les figures  fabuleuses (Minotaure, Pegasus, sirènes, centaures, Chiron) ou les animaux mythologiques magnifiquement  représentés dans les sculptures, dessins et peintures nous donnent une idée juste de ce temps où il existait un lien essentiel et solide entre l’humain et l’animal.

En Extrême-Orient, les signes du dragon, le célèbre lion ailé de la tombe de Xiao Jing, les portes des temples persans ou encore les caractères du zodiac chinois trouvent également leur équivalence en Occident. L’Égypte ancienne est peuplée de figures colossales de démiurges, de sphinx et de dieux à tête de chien ainsi que d’oiseaux comme Râ, la divinité solaire à tête de faucon.

C’est pendant l’Empire romain que l’animalité se confronte à l’humanité_: les représentations de batailles, de combats et de chasses organisées par l’empereur montrent une grande variété d’animaux importés d’Afrique pour les fêtes sanglantes et le divertissement du peuple dans le Colisée, où les gladiateurs et les esclaves affrontaient des panthères, des éléphants et des lions. De même, dans la tradition catholique, la représentation du poisson, de la colombe et de l’agneau, symboles du christianisme, font office de sacrifices, et celle de l’homme-chèvre ou de l’homme-bouc représente le mal et incarne la figure du diable dans l’imaginaire chrétien. Ces images traverseront le Moyen-Âge.

Avec son triptyque Le jardin des délices, Jérôme Bosch montre de manière magistrale cette histoire de l’animalité.

tryptique

Dans le tableau de gauche, l’homme et la femme habitent en parfaite harmonie au sein d’un paradis où les humains sont loin des animaux, chacun à sa place. Lorsqu’un animal humanisé (le serpent-démon) offre à Ève le fruit de l’arbre de la sagesse, ils sont alors chassés du Paradis. Dans le tableau central, l’artiste démontre que les animaux et les humains commencent à se mélanger dans une sorte d’orgie pour finir dans le troisième tableau (l’Enfer) avec la  domination de l’animal sur l’humain où les animaux humanisés dévorent les corps humains. Leçon magistrale de l’histoire de la peinture servant le propos.

En Inde et en Afrique, différentes traces de ce dialogue sont également repérables. Ganesh, le dieu à tête d’éléphant, démontre aussi cette symbiose fondamentale. Bref, la liste serait longue, et tous ces exemples révèlent la grande route parcourue par les animaux dans l’histoire de l’image et l’imaginaire collectif de l’humanité.

animalité

L’art contemporain dénote aussi ce rapport très ancien, de Matthew Barney à Renata Schussheim, en passant par Joseph Beuys et Oleg Kulik. Ce dernier, complètement nu, se transforme en chien et sort dans la rue en aboyant sur  tous les passants. Dans sa performance Reservoir Dog, l’artiste devient un animal, réarmant cette idée faisant écho à la pensée de Nietzsche : «The animal thinks, therefore it exists.» Finalement, pensons aux oeuvres d’artistes contemporains telles que les sculptures en ballons gonflés à l’hélium de Je Koons (Rabit,, et Balloon Dog Rouge,  ou encore le monde animal (scorpion, lièvre, etc.) de l’artiste mexicaine Toledo.

L’art contemporain semble par ailleurs insister sur le fait qu’il ne s’agisse pas seulement d’accepter l’animal, mais aussi de prendre conscience de notre condition animale. Ce point de vue tend à le positionner sur le plan d’une certaine similitude, ressemblance. Comme l’énonce Deleuze et Guattari, le devenir-animal est une transformation radicale: ce n’est pas l’animal qui devient humain ; c’est l’être humain qui est animalisé, ou plutôt c’est lui qui prend conscience de son animalité en tant que condition nécessaire à l’équilibre existentielle.

NOTES

_ Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, Flammarion, coll._«_Mille & une pages_», _ Ibid., Source :

Nexus 51 – Amour Clef Orgasme.pdf https://fr.scribd.com/document/49993925/Nexus-51-Amour-Clef-Orgasme

 

La parole animale ne sort pas d’un film de Walt Disney

 

Avec la communication animale, s’instaure une relation d’aide, mais aussi de partenariat, de coopération totalement nouvelle. Il s’agit de trouver le « tuning », la fréquence d’une intériorité qui n’est pas, comme la nôtre, saturée de discours mental, mais constituée de sensations, de sentiments et d’émotions… souvent douloureuses.

On savait que les animaux pouvaient ressentir envers nous une puissante empathie. Dans Ces animaux qui nous guérissent (2009), le vétérinaire Philippe de Wailly témoigne de ce que l’Américain Marty Goldstein a appelé « l’effet miroir » ou « de résonance » qui explique comment certains animaux développent des malades ou des troubles identiques à ceux de leurs maîtres.

L’empathie des bêtes est si forte qu’elles absorbent notre énergie comme des éponges, affirme Goldstein. Cette faculté est même cultivée en France dans des fermes de soins ouvertes aux patients souffrant de troubles psychiques et de handicaps.

Les messages traduits par les communicateurs témoignent largement de cette empathie, mais y ajoutent une dimension inattendue : le sentiment de responsabilité. L’animal se sent souvent investi d’une mission, au sein d’une famille, par exemple. Telle chienne considère être le ciment indispensable au sein d’une famille éclatée, tel chat se considère comme le protecteur de sa maîtresse… Même constat du côté des animaux sauvage s, pour lesquels la notion de mission s’élargit.

Anna Evans raconte avec émotion dans Rencontre avec le monde animal,  les messages recueillis en Afrique auprès des éléphants par exemple, qui se considèrent comme des anges gardiens de la planète, des protecteurs de la paix. La communicatrice Francine Guimond a recueilli les messages de dizaines d’animaux sauvages au zoo de Tampa, en Floride. Selon elle, le tigre blanc déclare vouloir « inspirer la dignité », le sanglier, hypersensible, se dit « là pour attendrir le cœur des hommes », l’hippopotame se prétend « accumulateur d’amour »….

Difficile bien sûr, de ne pas percevoir derrière ces « témoignages » un anthropomorphisme bien intentionné. On est loin des « données vérifiables revendiquées par Laila del Monte. Mais la récurrence de ce type de messages à travers le monde laisse rêveur. Seraient-ils l’expression de cet « esprit global » dont parle Manex Ibar ?

Il arrive aussi que des animaux expriment leur indifférence, voire leur hostilité à notre égard. Ainsi cette chatte citée par Anna Evans qui vit recluse dans un placard, non pas, comme le croit sa maîtresse, parce qu’elle a peur, mais parce qu’elle n’a aucune raison d’en sortir : « Je ne crois pas à l’amour des humains […] je ne veux pas entrer dans le cadre de ce qu’on attend de moi (dit la chatte de compagnie) ».

Souffrance animale

La réalité de la souffrance animale n’est plus à prouver.

De nombreux scientifiques, comme en France Boris Cyrulnik (si les lions pouvaient parler, Essai sur la condition animal,  1998), l’ont brillamment mise en évidence.  « J’ai pourtant été formé à l’idée que les animaux comme les enfants ne souffraient pas, se souvient-il. Lorsque j’ai passé mon année préparatoire à la médecine, nous devions disséquer les animaux vivants et lorsque ces derniers criaient et se débattaient, nos professeurs nous assuraient qu’ils ne souffraient pas, cherchant à nous convaincre qu’un vélo qui grince ne souffre pas« .  (voir : https://prendresoindenosenfantsquantiques.wordpress.com/2018/10/17/les-bebes-ont-ils-vraiment-mal/ )

On sait désormais que l’animal partage avec l’homme certains éléments de conscience, notamment une représentation mentale de ce qu’il fait et de ce qu’il a l’intention de faire […] Si cette conscience embryonnaire détermine l’aptitude à la souffrance, alors l’animal dispose de tous les éléments pour en faire l’expérience. Un animal souffre lorsqu’il n’arrive pas à exprimer le répertoire de son comportement naturel. Cette définition remet en cause tout le système de l’élevage industriel qui impose aux animaux des conditions de vie inadaptées à leur biologie… (Les Emotions, éd.POUF, 2002).

La communication animale confirme cette certitude, acquise par les scientifiques au gré d’observations et d’expérimentations autrement plus « invasives » : chaque animal dispose d’une conscience de son existence, et même de sa condition. Dans leurs messages, certains sont révoltés, beaucoup sont résignés, certains accusent, dénoncent, protestent, d’autres pardonnent, acceptent…

Amour des animaux

Beaucoup sont envahis de terreur et submergés par un sentiment d’impuissance.

Outres les souffrances physiques faites aux animaux, nombreux parmi eux ressentent de la confusion, de l’anxiété et de la peur, associées au fait de ne pas toujours comprendre ce qu’on attend d’eux. Le sentiment de ne pas être compris est aussi très fréquent. Une inquiétude chronique vis-à-vis de l’état émotionnel d’un cavalier par exemple, (que va-t-il se passer pour moi s’il/elle est de mauvaise humeur ?) est relatée dans de nombreux cas. Une tension anxieuse est ressentie, souvent résultant du désir intense de faire plaisir. Enfin, de nombreux cas de tristesse animale sont liés à la perte d’un animal voisin (mère ou poulain lors des sevrages, copain d’écurie ou de champ)…

On n’ose imaginer les messages qui nous parviendraient du fond des abattoirs ou des fermes industrielles…. Le traumatisme et la détresse des jeunes vaches que l’on mène à la traite le lendemain de la naissance de leur veau, alors que ce dernier est abandonné à sa solitude dans une cellule étroite…

Si elle apporte de l’eau au moulin des défenseurs des animaux et particulièrement à celui des militants antispécistes qui se battent pour l’égalité de tous les êtres sensibles, la communication animale constitue sans doute pour la majorité une atteinte à la sacrosainte suprématie humaine. Elle nous met surtout en face de l’une de nos plus cruelles contradictions. Comment continuer à chosifier des êtres aussi sensibles que nous à travers cette gigantesque barbarie que sont l’élevage industriel et toutes les autres formes d’exploitation ? La  question est d’actualité à l’heure où le best-seller de l’Américain Jonathan Safran Foer, Faut-il manger les animaux ?, commence à émouvoir le public français.

Il y a peu de temps encore, le corps médical niait la douleur des bébés au point de les opérer sans anesthésie générale. « Les médecins ont toujours su que les enfants avaient mal, mais ils ont longtemps refusé de l’admettre ». Tout aussi insoutenable, le sort réservé aux animaux procède du même déni ».

Les communicateurs vont-ils nous aider à en sortir ?

Inconscience devant la souffrance animale

 

Avec la communication animale, s’instaure une relation d’aide, mais aussi de partenariat, de coopération totalement nouvelle. Il s’agit de trouver le « tuning » ; la fréquence d’une intériorité qui n’est pas, comme la nôtre, saturée de discours mental, mais constituée de sensations, de sentiments et d’émotions… souvent douloureuses.

oracle-des-Licornes3On savait que les animaux pouvaient ressentir envers nous une puissante empathie. L’empathie des bêtes est si forte qu’elles absorbent notre énergie comme des éponges. Cette faculté est même cultivée en France dans des fermes de soins ouvertes aux patients souffrant de troubles psychiques et de handicap.

Les messages traduits par les  communicateurs témoignent largement de cette empathie, mais y ajoutent une dimension inattendue : le sentiment de responsabilité. L’animal se sent souvent investi d’une mission, au sein d’une famille, par exemple. Telle chienne considère être le ciment indispensable au sien d’une famille éclatée, tel chat se considère comme le protecteur de sa maîtresse… même constat du côté des animaux sauvages, pour lesquels la notion de mission s’élargit. Dans divers témoignages, on peut retenir par exemple que l’éléphant  qui se considère comme faisant partie des anges gardiens de la planète, les protecteurs de la paix. Le tigre blanc qui déclare vouloir « inspirer la dignité », le sanglier, hypersensible, qui se dit « là pour attendrir le cœur des hommes », l’hippopotame se prétendre « accumulateur d’amour »….

Difficile bien sûr de ne pas percevoir derrières ces témoignages un anthropomorphisme bien intentionné. On est loin des « données vérifiables » revendiquées par Laila del Monte. Mais la récurrence de ce type de messages à travers le monde laisse rêveur. Seraient-ils l’expression de cet « esprit global » dont parle Manex Ibar ?

Il arrive aussi que des animaux expriment leur indifférence, voir leur hostilité à notre égard. Ainsi cette chatte citée par Anna Evans qui vit recluse dans un placard, non pas, comme le croit sa maîtresse, parce qu’elle a peur, mais parce qu’elle n’a aucune raison d’en sortir ; « Je ne crois pas à l’amour des humains […] je ne veux pas entrer dans le cadre de ce qu’on attend de moi (dit la chatte de compagnie) ».

L’animal-machine de Descartes est-il bien mort et enterré ??

Théoriquement, la réalité de la souffrance animale n’est plus à prouver. De nombreux scientifiques comme en France Boris Cyrulnik, l’ont brillamment mise en évidence. « J’ai pourtant été formé à l’idée que les animaux comme les enfants ne souffraient pas, se souvient-il. Lorsque j’ai passé mon année préparatoire à la médecine, nous devions disséquer des animaux vivants et lorsque ces derniers criaient et se débattaient, nos professeurs nous assuraient qu’ils ne souffraient pas, cherchant à nous convaincre qu’un vélo qui grince ne souffre pas…

animaux enfants

On sait désormais que l’animal partage avec l’homme certains éléments de conscience, notamment une représentation mentale de ce qu’il fait et de ce qu’il a l’intention de faire […] Si cette conscience embryonnaire détermine l’aptitude à la souffrance, alors l’animal dispose de tous les éléments pour en faire l’expérience. Un animal souffre lorsqu’il n’arrive pas à exprimer le répertoire de son comportement naturel. Cette définition remet en cause tout le système de l’élevage industriel qui impose aux animaux des conditions de vie inadaptées à leur biologie (Les Emotions, éd. PUF, 2002).

Ca communication animale confirme cette certitude, acquise par les scientifiques au gré d’observations et d’expérimentations autrement plus « invasives » ; chaque animal dispose d’une conscience de son existence, et même de sa condition. Dans leurs massages, certains sont révoltés, beaucoup sont résignés, certains accusent, dénoncent, protestent, d’autres pardonnent, acceptent. Beaucoup sont envahis de terreur et submergés par un sentiment d’impuissance.

De nombreux animaux ressentent de la confusion, de l’anxiété et de la peur, associées au fait de ne pas toujours comprendre ce qu’on attend d’eux. Le sentiment de ne pas être compris est aussi très fréquent. Une inquiétude chronique vis-à-vis de l’état émotionnel du cavalier est relatée dans de nombreux cas. Une tension anxieuse est ressentie souvent, résultant du désir intense de faire plaisir. Enfin, de nombreux cas de tristesse liés à la perte d’un animal sont rapportés (mère ou poulain lors de sevrages, copain d’écurie ou de champ)

On n’ose imaginer les messages qui nous parviendraient du fond des abattoirs ou des fermes industrielles… dans son livre Emotions animales (éditions du Chêne), Karine Lou Matignon cite à ce sujet les travaux de  San Waery, professeur à l’université de Colombie-Britannique qui a mis en lumière : « Le traumatisme et la détresse des jeunes vaches que l’on mène à la traite le lendemain de la naissance de leur veau, alors que ce dernier est abandonné à sa solitude dans une cellule étroite… »

Si elle apporte de l’eau au moulin des défenseurs des animaux et particulièrement à celui des militants antispécistes qui se battent pour l’égalité de tous les êtres sensibles, la communication animale constitue sans doute pour la majorité une atteinte à la sacrosainte suprématie humaine. Elle nous met surtout en face de l’une de nos plus cruelles contradictions. Comment continuer à chosifier des êtres aussi sensibles que nous a travers cette gigantesque barbarie que sont l’élevage industriel et toutes les autres formes d’exploitation ? La question est d’actualité à l’heure où le best-seller de l’Américain Jonathan Safran foer, Faut-il manger les animaux ? commence à émouvoir le public français.

Il y a peu de temps encore, le corps médical niait la douleur des bébés au point de les opérer sans anesthésie générale,. Selon Annie Gauvain-Piquard et Michel Meignier (La Douleur de l’enfant, 1994), « les médecins ont toujours su que les enfants avaient mal, amis ils ont longtemps refusé de l’admettre ».

Tout aussi insoutenable, le sort réservé aux animaux procède du même déni. Les communicateurs vont-ils nous aider à en sortir ?

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site de Francesca :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

D’une histoire humaine à une histoire animale

 

L’histoire des relations entre les hommes et les animaux a été lentement constituée au xxe siècle, en priorité par des amateurs (au bon sens du terme) venus à ce sujet pour des raisons professionnelles ou d’intérêt personnel: des vétérinaires, des zootechniciens, des agronomes, des zoologues, des marins, des militaires, des chasseurs, des aficionados, etc., ont écrit sur les histoires de l’élevage, de la pêche, de la chasse, de la corrida, de la zoologie, de telles ou telles espèces, etc. Les historiens professionnels, d’abord rares et isolés, ont constitué ce chantier historique dans les années 1970-1980 sous l’impulsion des travaux du médiéviste Robert Delort, parallèlement à l’intérêt croissant des littéraires, des ethnologues puis des sociologues et des politologues pour le sujet « animal».

elevage

Qu’ils soient amateurs ou professionnels, les historiens se sont surtout penchés sur le versant humain des relations entre les hommes et les animaux, parce que les sources sont d’origine humaine, qu’elles parlent surtout des hommes, et parce que l’histoire nous semble ne concerner qu’eux. Les travaux se sont donc intéressés aux manières humaines d’utiliser les animaux, de les traiter, de les considérer, aux conceptions philosophiques, religieuses, scientifiques de l’animalité, aux représentations et aux imaginaires, aux peurs ou aux attirances de telle ou telle époque, de tel ou tel groupe social.

Cette focalisation sur un versant permet de dire beaucoup sur les hommes mais pas grand-chose sur les animaux réels, et bien qu’elle soit indispensable pour comprendre leur condition, en grande partie formatée par les hommes, elle ne suffit pas pour établir cette condition, si l’on veut bien s’intéresser à elle, ce que notre société tend de plus en plus à faire. La focalisation a aussi l’énorme inconvénient d’appauvrir le thème pourtant dialectique des hommes et des animaux, de le réduire en un domaine à pôle unique (les hommes) et à sens unique (des hommes vers/sur les animaux), en oubliant ou en écartant une bonne part de sa réalité et de sa complexité, en négligeant les influences des animaux sur les hommes.

Il est donc temps de s’intéresser au versant animal de cette histoire, de voir comment les animaux enrôlés et emportés dans les événements et les phénomènes historiques les ont vécus, comment ils ont subi, ressenti, réagi, agi. Il est ainsi possible d’écrire l’histoire des vaches emportées dans la révolution de l’élevage, des chiens enrôlés pour la compagnie, des bêtes engagées dans les guerres, des chevaux réquisitionnés pour la révolution industrielle. Il est aussi possible d’écrire des biographies animales, celles de la girafe de 1827, du chien Kiki au fort de Vaux, de la cosmonaute Laïka, du taureau Islero, etc.

 Pour cela, l’historien a besoin des sciences dites naturelles, physiologie, médecine vétérinaire, éthologie, de manière à comprendre et interpréter les indications qu’il trouve dans les sources, et qui montrent que les hommes savent voir les attitudes animales lorsqu’ils veulent bien les regarder. Les bêtes «parlent» à ceux qui les «écoutent». Or qui les «écoutent» en ressortent changés, car les influences des animaux sur les hommes sont nombreuses, rendent riches, complexes et passionnantes les relations entre les hommes et les animaux.

Le droit animalier et son évolution passent par la question essentielle du statut juridique de l’animal. Si l’évolution sociétale des relations entre l’homme et l’animal suggère un renforcement de la protection juridique de l’animal, celle-ci est soumise à la mise en cohérence des différents textes nationaux qui lui sont appliqués. Cette complexité se confronte par ailleurs à l’influence croissante du droit européen en ce domaine.

L’état du droit peut ainsi apparaître comme présentant une certaine rigidité par rapport à l’évolution sociale. Le droit français distingue deux statuts juridiques pour l’animal: «Respropria » pour les animaux domestiques dont la proximité avec l’homme induit une protection plus forte et «Resnullius » pour les animaux sauvages. Les premières évolutions du droit français animalier ont été marquées par l’adoption de lois renforçant progressivement la protection des animaux vis-à-vis des mauvais traitements ; la loi du 10 juillet 1976 est fondamentale dans cette évolution car elle donne la première définition de l’animal qualifié d’« être sensible ».

LION

 La réforme de 1994 du code pénal place les infractions à l’encontre des animaux en dehors des atteintes faites aux biens. Cependant, malgré un avant-projet de réforme du code civil, le législateur n’a pas, pour l’instant, modifié les statuts juridiques de bien (Respropria) ou de chose (Resnullius) qui définissent l’animal. Ce sujet est d’ailleurs compliqué par la dispersion des textes entre quatre codes : civil, pénal, rural, environnement. Les modifications du droit européen influeront sur la sortie du statu quo actuel. Les évolutions juridiques devront également intégrer des approches aussi diverses que les avancées scientifiques ou les pratiques sociales. 

Recherche et proximité génétique homme-animal 

Si les souris et d’autres rongeurs comme les rats et les hamsters, composent plus de 90 % des animaux utilisés dans la recherche biomédicale, du fait principalement de leur petite taille et de leur coût d’entretien modique, aujourd’hui d’autres espèces sont utilisées (chiens, chats, lapins, mouton, porcs, poissons, etc.). La contribution des animaux d’élevage, bien que quantitativement modeste, a permis des avancées majeures en immunologie, biologie du développement et en endocrinologie. Ils sont plus que jamais indispensables à l’émergence et au renforcement d’approches pluridisciplinaires au cœur des défis de la biologie humaine et de la recherche biomédicale.

Les animaux d’élevage, comme les êtres humains, constituent des populations organisées en familles et présentant une grande variabilité phénotypique. La connaissance de leurs cartes génétiques autorise l’analyse des associations génotype-phénotype. Ils trouvent alors une place cruciale dans les recherches en immunologie, cardiologie, oncologie et sur le développement embryonnaire et fœtal en lien avec l’environnement maternel sur la prévalence de pathologies postnatales et adultes. Le développement de la biologie intégrative et l’obtention d’animaux génétiquement modifiés ouvrent de nouvelles perspectives, notamment en matière de greffe tissulaire, avec des données validées chez la souris, par exemple, avant des études cliniques chez l’homme. Des modèles informatiques et des études tissulaires cellulaires sont utilisés en plus de la recherche animale pour découvrir de nouvelles approches.

elevage1

C’est par cette complexité des domaines, que sont abordés, aujourd’hui chez l’homme, le diabète, l’obésité, la maladie d’Alzheimer, la fibrose kystique ou la dystrophie musculaire. Un regard particulier sera porté sur cette nouvelle place de l’animal qui nous permet à la fois de viser une amélioration de la santé humaine et animale.

SOURCE : Corinne Cotinot, directrice de l’UMR INRA/École nationale vétérinaire d’Alfort (ENVA) – Biologie du développement et Reproduction, Jouy-en-Josas

 

Rencontre avec le monde animal et l’Esprit

 

Anna Evans raconte….

A mes yeux, cette approche est un tremplin pour changer radicalement notre rapport aux autres formes de vie. A condition qu’on ne l’enferme pas dans une exploitation mercantile ou dogmatique. Collectivement, nous pouvons apprendre énormément des espèces qui nous sont antérieur. Mon outils, la Communication Intuitive, permet de les aborder sous un angle nouveau, complémentaire des approches plus matérialistes. J’ai rassemblé récemment dans un film, différents témoignages d’animaux à propos de la mort, qui peuvent nous faire évoluer vers une acceptation de cette réalité inévitable et qui nous fait peur.

communication animaleMon approche requiert une focalisation et une détente en même temps et ne correspond ni à une rêverie, ni à une confiance aveugle en des idées qui jaillissent à la conscience sans repère. Je dois d’abord clarifier mon intention, et présenter à l’animal un objectif précis. Par exemple, si un chat urine hors de sa caisse, je peux choisir de lui demander des raisons de son comportement. La seconde étape consiste à augmenter l’acuité de mes perceptions, car mon corps interagit « animalement » avec le félin. C’est à ce moment qu’intervient l’échange d’informations. Ensuite, il me reste à analyse le moyen d’utiliser cette information pour enfin observer les réponses comportementales de l’animal et vérifier la corrélation entre l’échange subtil et la situation concrète. Se relier à son animalité est nécessaire, mais il ne faut pas oublier de réinvestir nos aptitudes humaines si on veut que cet effort soit utile à l’animal. Des connaissances complémentaires comme l’éthologie peuvent être utiles pour valoriser l’information. La neutralité, un intellect actif et ouvert, ainsi qu’une observation attentive sont indispensables à la fiabilité du processus. C’est dans leur mise en œuvre que réside le secret d’une bonne communication.

A la question que vous ont appris les vaches, Anna Evans répond :

Au sujet de la souffrance que peuvent vivre les vaches, l’une d’elles m’a un jour expliqué que si les hommes sont des prédateurs pour les vaches, c’est parce qu’ils n’ont pas conscience de leur âme profonde. Selon elle, pour changer cela, la meilleure manière serait de nous relier à la nature et aux éléments. Cette vache m’a également précisé qu’elle était consciente et qu’elle acceptait le fait de nous nourrir, mais qu’elle aurait aimé en retour plus de reconnaissance et de respect pour le don de son corps… Je lui ai alors demandé si ses congénère s n’étaient pas révoltées d’être abattues pour être mangées. Elle m’a alors confié ceci : « Nous le pourrions et parfois certaines d’entre nous agissent avec violence dans l’espoir d’attirer l’attention sur nos conditions de vie. Le sort des animaux domestiques n’est pas toujours le plus enviable : beaucoup portent leur vie comme un fardeau. Regarde tous ces événements avec les yeux du cœur et avec ton intelligence, pas avec tes émotions. Qu’il s’agisse de vache de combat, de cheveux de course ou de chiens chouchoutés à l’extrême, c’est l’être humain qui doit être remis en question ».

Force est de constater que la communication animale donne accès à des informations inaccessibles par le biais de l’examen médial classique. Aussi pertinent soit-il, le communicateur n’a pas vocation à se substituer au vétérinaire. Pas question pour lui de poser un diagnostic. « la communication psychique permet de comprendre l’animal en direct, de se faire comprendre par lui, il s’agit d’une activité complémentaire à une thérapie ou à un diagnostic. Ressentir qu’un cheval souffre de l’estomac ne permet pas de savoir s’il a une indigestion ou un ulcère. Un examen médical doit être fait à l’animal.

Afin d’éviter toute dérive, la communication avec un animal doit être tangible et vérifiable et les données doivent être soigneusement recoupées. Mais si l’examen médical permet de valider les informations relatives à un problème physique, comment vérifier les données recueillies auprès d’un animal caractériel, d’un cheval qui refus de s’entraîner ou de s’alimenter, ou même d’un animal décédé ??

AMOUR

Une séance type de communication animale 

Préparation

Le communicateur se plonge dans un état d’esprit came et ouvert (certains parlent d’ondes alpha), à l’aide de la méditation ou de toute autre technique de relaxation.

Prise de contact

Si la communication s’établit en présence de l’animal, l’idéal est de rester proche de lui, à une distance où il se sente à l’aise. Si la relation se fait via une photo, le mieux est de la poser près du regard, de fermer les yeux et de se représenter l’animal en images (l’âge, sexe, nom, race, couleurs, qualités, etc). Il faut se sentir connecté à lui. Il est important de lui demander s’il souhaite communiquer avant de poser des questions. En cas de refus, ne pas hésiter à ajourner la rencontre.

Transmission du message

Le message transmis peut associer pensées, images, sensations et émotion. Il s’agit de proposer à l’animal une « forme-pensée » qui traduire en images l’objectif visé. Dans le cas d’un déménagement par exemple, on lui demandera s’il est d’accord, on se concentrera sur la demeure actuelle en la visualisant. Dans le cas d’un conflit entre animaux, on enverra un message d’entente gratifiante à laquelle l’animal pourra avoir envie d’adhérer. Dans le cas d’un trouble physique, on invite l’animal à montrer là où il a mal, ce qu’il ressent, depuis quand, comment la douleur est apparue, etc.

Réception de message

Le communicateur observe ses ressentis, pensées et perceptions, sans laisser le mental interférer. La réponse peut être fulgurante et se manifester comme un flash ou bien prendre plus de temps et se former tout doucement, parfois même quelques heures après la communication. L’échange d’informations peut nécessiter plusieurs rencontres et s’enrichir avec le temps.

Validation

C’est le « debriefing ». Les informations reçues sont retranscrites en mots et transmises au maître de l’animal qui évalue leur pertinence et, dans les jours qui suivent, observe les changements de comportement.

Source : https://fr.calameo.com/read/004684699142025f50048

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site de Francesca :  https://medecinehistorique.wordpress.com/