Avoir des os solides, une question de vie ou de mort

Attention, on ne minimise pas les dangers de l’ostéoporose. Quand on est jeune, une fracture est généralement un « mauvais moment à passer ». Mais passé un certain âge, c’est une mésaventure qui peut… tuer !

Ce sont les statistiques qui le disent : si vous avez le malheur de vous fracturer la hanche après 65 ans, vous avez deux fois plus de risques de mourir prématurément ! Et je ne vous parle pas des conséquences sur votre qualité de vie : hospitalisation, handicap, dépendance, etc. Evidemment, votre risque de fracture ne dépend pas uniquement de la solidité de vos os. Si vous avez un bon équilibre, des muscles bien entretenus et une vue perçante, vous avez beaucoup moins de chances de faire une mauvaise chute… et donc de vous casser quelque chose. Mais il est clair que vous mettez toutes les chances de votre côté si vos os sont suffisamment solides pour résister à une chute malchanceuse. Malheureusement, ce n’est pas en suivant les recommandations officielles que vous renforcerez vos os… Bien au contraire !

medecine santé

Contre l’ostéoporose, boire du lait ne sert à rien

Contrairement à ce qu’on vous a répété pendant des décennies, boire du lait en quantité est inutile pour la santé de vos os. Les chercheurs sans conflit d’intérêt avec l’industrie du lait le disent depuis des années. En 2010, l’un des nutritionnistes les plus reconnus au monde, le Pr Walter Willet, patron de l’Ecole de santé publique de Harvard, résumait ainsi ses recherches : « Nous n’avons trouvé aucune relation entre la qualité de l’os chez la personne âgée et la consommation de laitages. L’ostéoporose devient un problème de plus en plus préoccupant avec le vieillissement de la population, mais quoi que dise l’industrie laitière, boire du lait n’est pas la solution. » 

Les études parues depuis n’ont fait que confirmer cette analyse. En 2015, le prestigieux British Medical Journal a publié une large revue d’études, dont la conclusion clôt définitivement le débat   : « La prise de calcium alimentaire n’est pas associée à un risque de fracture moins élevé, et il n’existe pas d’essai clinique prouvant qu’augmenter le calcium alimentaire prévient les fractures »

Je prends bien soin de citer les chercheurs, car je sais bien que beaucoup d’entre vous, chers lecteurs, auront du mal à me croire. Car l’idée que le lait est bon pour les os est incrustée dans nos cerveaux depuis notre plus tendre enfance. Et ce n’est pas les grands médias qui vous sortiront cette idée de la tête : ils sont trop dépendants des pressions de l’industrie laitière (avez-vous remarqué le nombre de pubs pour les produits laitiers à la télévision ?).

La vérité scientifique ne fait vraiment pas les affaires des industriels. Car non seulement le lait ne « sert à rien », mais il pourrait même être nocif pour la santé de vos os !

C’est ce que suggère une autre étude publiée dans le British Medical Journal [4] : après avoir suivi plusieurs dizaines de milliers de Suédois pendant des années, des chercheurs ont découvert que les femmes qui consomment trois verres de lait par jour (ou plus) ont un risque de fracture de la hanche « de 60 % plus élevé » que celles qui se limitent à un verre par jour maximum !

Encore plus impressionnant : les grandes buveuses de lait ont aussi un risque de décès « de 90 % plus élevé ».

C’est un paradoxe en apparence… mais vous allez voir que cela n’a rien de mystérieux.

Vous n’avez pas besoin de tout ce calcium !

La réalité est simple : oui, vos os ont besoin de calcium, mais non, ils n’en n’ont pas besoin d’une quantité démesurée. En fait, vous n’avez même pas besoin de produits laitiers pour ingérer la quantité journalière de calcium dont vos os ont besoin. C’est une bonne nouvelle pour les milliards d’Asiatiques et d’Africains qui ne tolèrent pas le lactose : ils ne sont pas condamnés à finir avec des os de verre !

Notez d’ailleurs que les Japonais ont nettement moins d’ostéoporose que les Européens, alors qu’ils ne consomment pas une goutte de lait ! Car on oublie souvent que certains légumes sont extrêmement riches en calcium. C’est notamment le cas de toutes les variétés de choux, la palme revenant au chou chinois, qui en contient davantage que le lait  . On trouve aussi des bonnes doses de calcium dans les sardines ou les eaux minérales. A l’inverse, consommer trop de calcium peut être dangereux pour votre santé, et même vous conduire à l’infarctus.

La raison est simple : votre calcium peut venir renforcer vos os (ce qui est une bonne chose !), mais il peut aussi venir se déposer… sur vos artères ! Dans ce cas, vos artères deviennent plus « rigides » et plus vulnérables au risque de caillot… et d’infarctus. Voilà pourquoi des chercheurs d’Ecosse et de Nouvelle Zélande ont découvert que ceux qui prennent régulièrement un complément alimentaire de calcium ont presque deux fois plus de chances d’avoir une attaque cardiaque que ceux qui n’en prennent pas.

niveaux conscience

Retenez donc trois choses :

  • Vous n’avez pas besoin de lait pour protéger vos os – vous pouvez trouver suffisamment de calcium dans votre alimentation ;
  • Consommer trop de lait pourrait même être contre-productif pour vos os, (vraisemblablement par son effet acidifiant et pro-inflammatoire) ;
  • Et en dehors de carence avérée en calcium (très rare), il est dangereux pour le coeur d’augmenter sa dose quotidienne de calcium, surtout si vous en prenez sous forme de complément alimentaire.

Malheureusement, le Ministère de la Santé continue de soutenir les fameux « trois produits laitiers par jour » et la supplémentation de calcium.

Et ce n’est que le début de la scandaleuse désinformation médicale sur l’ostéoporose.

A savoir avant de passer cet examen médical

Quand on vous prescrit une « mesure de densité osseuse », ce qu’on se garde bien de vous dire, c’est que cet examen est spectaculairement peu fiable. Une chose devrait toutefois vous mettre la puce à l’oreille : si vous êtes amené à faire le test une deuxième fois, votre thérapeute vous demandera de le faire impérativement sur le même appareil que la première fois.

Pourquoi ? Parce que vous pouvez obtenir des résultats très différents selon l’appareil que vous utilisez ! Pas très « scientifique », n’est-ce pas ?

Autre problème de taille : cet examen est incapable de déceler si vous avez des os larges ou des os fins. Pourtant, comme vous pouvez l’imaginez, plus vos os sont larges, moins vous avez de risques de fractures.

Encore plus grave : cette mesure ne dit rien de la flexibilité de vos os. C’est bien d’avoir des os « denses » et donc bien rigides, mais pour absorber un choc et éviter la fracture, il faut également qu’ils soient malléables (essayez donc de casser un roseau !)  . Or cela, l’examen ne vous le dit pas.

Au total, la Haute Autorité de Santé elle-même reconnaît que ce test échoue à repérer la moitié (!) des patients ayant de l’ostéoporose. Ne comptez donc pas sur cet examen pour vous prédire avec précision votre risque de fracture ! Certes, tout cela ne serait pas très grave si ce test n’était qu’une indication, un petit signal d’alerte vous encourageant à mieux prendre soin de vos os. Mais la réalité est que c’est un critère « diagnostic » qui conduit le médecin à vous déclarer comme « malade » et à vous prescrire des médicaments… effrayants !

alimentation

Des médicaments qui augmentent votre risque de certaines fractures !!!

Les médicaments anti-ostéoporose sont l’exemple le plus caricatural de l’incroyable arrogance de la « médecine » moderne – et de la cupidité sans limite des laboratoires pharmaceutiques. Car ils viennent perturber de façon grossière un processus naturel et complexe, le « remodelage osseux », ce processus qui permet à vos os de se régénérer.

Comme un chantier en travaux, vos os se renouvellent en permanence : vous avez des ouvriers spécialisés qui s’occupent de détruire les parties du bâtiment qui partent en ruine et de retirer les gravats (vos cellules « ostéoclastes ») et puis vous avez d’autres ouvriers chargés de la construction des murs neufs (vos cellules « ostéoblastes »). C’est un processus naturel bien huilé dans lequel les « destructeurs » et « constructeurs » fonctionnent dans une belle harmonie pour améliorer la santé de vos os. Et ils travaillent si bien qu’ils renouvellent entièrement votre squelette tous les 10 ans !

Malheureusement, à mesure que vous vieillissez, les pertes osseuses l’emportent sur le renouvellement – les ostéoclastes deviennent plus actifs que les ostéoblastes. Vous pouvez ralentir ce processus avec une bonne hygiène de vie, mais vous ne pouvez pas l’empêcher totalement. Et empêcher les ostéoclastes de faire leur travail n’est pas une bonne idée, car vous ne pouvez pas construire du neuf sans détruire l’ancien au préalable… ou alors vous déséquilibrez gravement votre ouvrage. De fait, les ostéoclastes (destructeurs) sont utiles, car ils empêchent l’os trop vieux et usé de s’accumuler dans votre squelette.

Mais l’industrie pharmaceutique ne s’embarrasse pas de ce genre de subtilité. Lorsqu’elle a découvert par hasard une molécule ralentissant l’action de ces ostéoclastes, elle s’est dit que l’occasion était trop belle pour créer un médicament contre l’ostéoporose ! Pour obtenir le feu vert des autorités, il lui suffisait de montrer que ces médicaments (les « bisphosphonates ») réduisaient modestement le risque de fracture à court terme.

C’est effectivement le cas. Mais l’effet est plus que limité : d’après une toute récente étude du British Medical Journal, publiée en 2015, il faudrait traiter 175 femmes ayant une fragilité osseuse pendant 3 ans pour éviter une seule fracture de la hanche !   Et le problème est que ces médicaments ne se contentent pas d’être inefficaces. Comme toujours lorsqu’on interfère de façon aussi brutale avec un processus complexe et naturel, les effets indésirables finissent par apparaître. Et le plus ironique d’entre eux est que ces médicaments finissent par rendre les os plus fragiles, en empêchant la destruction (et donc le renouvellement) des parties les plus abîmées et les plus usées.

Au départ, ces médicaments rendent vos os plus denses, plus rigides… mais ils finissent par nuire à leur qualité, et probablement à leur souplesse, indispensable pour absorber les chocs.   Résultat : une étude publiée en 2012 dans Archives of Internal Medicine (JAMA) a découvert que ceux qui prenaient ces médicaments avaient plus de risques d’être victimes de « fractures fémorales atypiques ». Plus ces médicaments étaient pris sur longue durée, plus le risque était élevé, même si le nombre total de ces fractures restait limité.

Ce serait déjà une bonne raison de se méfier de ces médicaments. Mais si l’on ajoute à cela leurs autres effets indésirables, il est clair qu’il faut les fuir ! Et je ne vous parle pas des troubles intestinaux que ces médicaments provoquent chez la plupart des patients (nausées, brûlures d’estomac, indigestion, etc.), ni des cas de nécrose de la mâchoire, rares mais horriblement douloureux. Et tout ça pour quoi ?

Pour des effets au mieux modestes (et au pire totalement inexistants à long terme) sur votre risque de fracture. C’est un gâchis insensé ! Car ces traitements « officiels » ont en plus le grave défaut d’éclipser les stratégies les plus efficaces pour avoir des os en bonne santé, 100 % naturelles et 100 % sans effet secondaire !

J’y reviendrai, mais sachez déjà que les deux meilleurs « médicaments » pour avoir des os solides sont… l’activité physique et le soleil !

Bonne santé !

SOURCE : Xavier Bazin

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RALENTIR, ÉCOUTER et OBSERVER pour cultiver sa santé

 

Pour semer et cultiver la santé, il est important d’être à l’écoute de tout ce que nous sommes. La présence à soi est le noyau central de notre bien-être. .

Se connecter à soi

Le matin au lever, prenez le temps d’entrer en contact avec tout ce que vous êtes. Soyez conscient de votre respiration et ressentez les vibrations de votre corps. De vos orteils à vos cheveux, vos cellules accomplissent leurs fonctions métaboliques. Des milliards de cellules sont en action! Chacune des cellules joue son rôle tout en étant consciente de la synergie qui anime le tout. Seule elle ne serait rien. Associée au tout, elle contribue à la création de la vie. Accueillez les pensées qui émergent de votre esprit. Des images de vos journées passées refont surface. Le souvenir de vos vacances au bord de la mer. Vous revoyez le visage émerveillé et joyeux de votre enfant. Vos insécurités et vos peurs viennent également s’immiscer dans le décor et vous amènent maintenant loin dans le passé et vous projettent rapidement dans le futur. Observez les images et prenez simplement le temps de ressentir les émotions qui émanent du flux de vos pensées. Peut-être vous sentez-vous triste ; peut-être vous sentez-vous seul ; peut-être vous sentez-vous fragile et vulnérable; peut-être vous sentez-vous vide; peut-être avez-vous peur de la maladie; peut-être avez-vous peur de mourir…

Quelles que soient vos émotions, prenez le temps de les observer, de les accueillir et de les ressentir.  Simplement et entièrement. N’ayez pas peur de ressentir vos peurs! Permettez-vous de les ressentir pour les découvrir et ainsi dévoiler les messages qui les accompagnent. Vous vous sentez triste ? Qu’est-ce que la tristesse ? N’est-ce pas l’absence de la joie ? En réalité, vous aspirez à la joie. Vous vous sentez vide parce que vous vous sentez triste, mais on ne peut se « remplir » de joie.

source 2

La joie est en vous !

Vous devez la dévoiler pour être en mesure de l’exprimer. Comment? Posez-vous simplement la question suivante:

« À quel moment et dans quelles circonstances je ressens la joie? »

  • En présence de votre famille ou de vos amis;
  • En jouant avec des enfants;
  • En dansant ou en écoutant de la musique;
  • Lors de vos ballades dans la nature
  • Lors de vos voyages ;
  • En faisant du vélo ou du yoga
  • En jardinant
  • En construisant votre maison ;
  • Dans le cadre de vos activités professionnelles ;
  • En apportant de l’aide autour de vous ;

Ou peut-être est-ce simplement en ressentant la vie qui vous anime..

Se connecter à notre joie intérieure

Il est également possible que vous ayez l’impression de n’avoir jamais ressenti de la joie. Dans ces cas-là, permettez-vous de créer dans votre silence intérieur les circonstances qui vous permettent d’être en contact avec votre joie. La joie est un sentiment qui habite tous les êtres. Oui, j’ai bien dit: « tous les êtres » ! Mais tous les êtres ne sont pas capables d’exprimer leur joie. Pourquoi? Peut-être ont-ils oublié que la joie est essentielle à leur bien-être; peut-être ont-ils appris à la taire  ou peut-être est-elle ensevelie sous leur tristesse, leur colère ou leur culpabilité.  Permettez-vous dans votre silence intérieur d’enrayer les barrières qui vous séparent de la joie. Permettez-vous de créer des images qui donneront naissance à la joie. Ayez une vision illimitée! Soyez créatif ! Laissez-vous bercer et permettez-vous de ressentir la joie.

À votre réveil, vous entrez en contact avec tout ce que vous êtes. Vous ressentez votre présence et la vie qui vous anime. Vous vous éveillez à votre essentiel. Vous vivez le rendez-vous le plus important de votre journée. Comment peut-on aborder notre présent sans être à l’écoute de ce qui nous anime profondément ? Comment peut-on créer une vie à l’image de nos rêves sans même les connaître ?

Si la joie est essentielle à votre essentiel, alors choisissez de lui consacrer un espace dans votre journée en intégrant une ou plusieurs des circonstances qui vous permettent de la ressentir : marche, danse, musique, cuisine, lecture, cinéma, yoga, méditation, jardinage, etc..

Souvenez-vous que le chemin qui mène à la joie se doit d’être joyeux; si l’amour est essentiel à votre bien-être, sachez que le chemin qui y mène est orné d’amour. Vous ne pouvez créer l’amour dans votre vie tout en rejetant ou en haïssant une partie de ce que vous êtes. Selon vous, comment sera alors le chemin qui mène à la santé? À mon sens, il sera parsemé de vie. Quelle est l’expression la plus vibrante de la vie? N’est-ce pas la joie et l’amour de soi.  Est-il alors juste de penser que la première étape pour être en santé est de vous remémorer votre essentiel ? Être à l’écoute de tout ce que vous êtes! Être à l’écoute des émotions et des sentiments qui émanent de votre être; être à l’écoute des sensations qui animent votre corps ; être à l’écoute des signaux qui vous permettent de reconnaître vos besoins réels. Le besoin de manger et de vous hydrater. Le besoin de vous reposer et de bouger. Le besoin de vous exprimer et de partager. Le besoin d’inspirer et d’expirer. Le besoin de vous ressourcer. Le besoin d’aimer et de vous sentir aimé. Le besoin de créer et de vous aimer!

Nos besoins sont des messagers.

Ils nous permettent d’être en contact avec tout ce que nous sommes. Ils nous permettent de découvrir nos forces et nos manques. Ils nous permettent d’accueillir notre essence.

IMANE

IMANE LAHLOU, N.D., Ph.D – THÉRAPEUTE en santé globale – AUTEURE et CONFÉRENCIÈRE – .Pour en savoir plus sur elle

Pour lire son article : VIVRE HEUREUX ET EN SANTÉ

Un si joli visage qui disparaît

Catherine est atteinte de la maladie de Rendu-Osler, maladie héréditaire appelée angiomatose hémorragique familiale, rare, mais non exceptionnelle.

Elle se caractérise par l’existence de dilatations situées à la jonction artério-veineuse et disséminées sous la peau, sur les muqueuses et différents organes. Dans la plupart des cas, les premiers signes en sont les saignements de nez, appelés épistaxis, dus à une vasodilatation d’une zone particulière de la muqueuse nasale. S’y associent des télangiectasies, petites taches rouges sur la peau, et parfois des localisations au niveau du foie, des poumons, du cerveau, de la rate. C’est une maladie génétique à dominante autosomique, le gène atteint est porté par l’une des 22 paires de chromosomes communs à l’homme et à la femme ; elle est transmise par n’importe lequel des deux parents à un enfant quel que soit son sexe. C’est pourquoi on retrouve autant d’hommes que de femmes atteints. A chaque naissance, si l’un des deux conjoints est malade et l’autre indemne, la probabilité que l’enfant soit normal et ne transmette pas la maladie est de 50 % et que l’enfant soit malade, idem.

Maladies chez francesca

Si les deux parents sont atteints, ce qui est exceptionnel, le risque est encore plus élevé pour les enfants d’être atteints. C’est une affection évolutive qui, après une période de latence, se confirme et s’aggrave. On distingue trois périodes dans l’évolution de cette maladie :

  • Une période de latence allant jusqu’à la puberté. On retrouve exceptionnellement la notion d’épistaxis (saignements de nez) dans l’enfance.
  • Une période hémorragique pure, période dans laquelle se trouvait Catherine. Ce sont essentiellement des saignements de nez, qui démarrent de façon modérée et s’aggravent petit à petit.

Ils peuvent alors durer de quelques minutes à une demi-heure, se produire de trois à quatre fois par an ou tous les jours, voire plusieurs fois par jour, et leur abondance va de quelques gouttes  à 500 ml. Les facteurs déclenchant sont : choc, effort de blocage des voies respiratoires, mouchage, infection ORL, variation de température, exposition au soleil, hypertension artérielle.

Le diagnostic est difficile à ce moment, car il n’y a pas d’autres signes, les signes sur la peau ne sont pas encore apparus et les examens sont normaux, comme dans le cas de Catherine. Les médecins ne se sentent pas trop concernés et ont tendance à minimiser le problème. Les saignements de nez répétés vont progressivement perturber la vie des gens atteints. Ils peuvent provoquer en plus une fatigue et une dépression. Il n’est pas rare de voir des personnes obligées de s’arrêter de travailler. C’est une maladie qui peut empoissonner l’existence. Il faut se surveiller sans arrêt. Les traitements sont uniquement locaux, du coton aux mèches imbibées de produits antihémorragiques et aux cautérisations locales et répétées, entraînant parfois une brûlure de la cloison nécessitant alors des plasties.

Dans les cas graves, des ligatures vasculaires, la cure-thérapie, l’emboisassions, le laser peuvent être employés. – La troisième période peut commencer à se faire jour vers 20 ou 30 ans, voire plus tard, ou ne jamais exister. C’est la période où les télangiectasies apparaissent sur la peau et les muqueuses ; taches rubis s’effaçant quand on appui dessus. Leur nombre de 10 à 100. Elles siègent électivement au pourtour des lèvres, sur les joues, nez, front, menton, paupières, pulpe digitale et autour des ongles. Cette maladie, comme l’ont démontré de nombreux travaux et thèses effectués depuis des années en collaboration avec des équipes de démographes, d’historiens, de généticiens et de médecins, présente une particularité géographique ; un pourcentage important de malades peut être regroupé dans un cercle de vingt-cinq kilomètres de rayon dont le centre se situe à mi-chemin des villes de Saint-Claude et d’Oyonnax, dans le haut Jura ; ce qui explique que Catherine, originaire du lieu, ait présenté cette maladie.

On trouve d’autres foyers géographiques en Meurthe et Moselle, dans les Deux-Sèvres et dans la région Rhône Alpes. Bien entendu, en fonction des migrations de la population, des familles peuvent être touchées dans tous les coins du pays. De nombreux travaux et recherches sont encore en cours afin de progresser dans le traitement de cette maladie.

chez francesca

Derrière chaque patient nouvellement diagnostiqué, il y a habituellement une famille, et en moyenne trois à quatre sujets malades à prendre en charge. Le médecin généraliste est à même de faire diffuser, par le proposant, l’information sur cette prise en charge et d’orienter les demandes familiales vers les centres de compétence expérimentés, les moins éloignés du domicile. Ce souci d’information figure sur des courriers que les patients peuvent eux-mêmes diffuser au sein de leur famille. La possibilité d’identifier le défaut génétique mutationnel responsable de la maladie, dans plus de 88 % des cas actuellement, permet de décider des patients non convaincus du diagnostic à une surveillance active. Enfin, certains ont un risque de seulement 50 %, du fait de l’hérédité de la maladie et peuvent bénéficier d’un dépistage présymptomatique afin de savoir si la prévention des complications viscérales doit être appliquée. Enfin, l’âge de dépistage doit respecter les précisions du législateur données dans le décret de 2000 et l’arrêté de 2001 concernant les mineurs : il faut envisager avec les parents le bénéfice immédiat de la prise en charge de l’enfant avant d’effectuer une telle recherche. Chaque mesure de dépistage doit être pratiquée par une équipe déclarée auprès du ministère de la santé ayant fait part du projet thérapeutique qui est proposé derrière chacun de ces dépistages présymptomatiques.

Conclusion : Le pronostic de la maladie, nettement amélioré par les mesures de détection, dépend de l’intensité des épistaxis et des éventuelles manifestations viscérales dont la morbidité est forte ; la mortalité n’est encore pas mesurée.

Par Francesca du blog https://medecinehistorique.wordpress.com/

Les différentes techniques de la médecine énergétique

 

Si la description de l’homme énergétique repose sur des notions communes, les points de vue divergent selon les écoles, sur la constitution énergétique de l’être humain, sur la cause des maladies et par conséquent sur les techniques à employer.

TECHNIQUES ENERGETIQUES

Nous vous présentons les principales approches, que ce soit les médecines traditionnelles, comme la médecine chinoise, l’ayurvéda, mais aussi les magnétiseurs ainsi que d’autres techniques arrivées plus récemment. Toutes reposent sur le fait de capter de manière abondante les différentes énergies afin de les distribuer ensuite aux personnes soignées, en reprenant plus ou moins certains des principes des médecines anciennes.

La Médecine Traditionnelle Chinoise

La médecine traditionnelle chinoise (MTC), vieille de 5 000 ans, est aujourd’hui reconnue par la médecine conventionnelle. L’acupuncture est utilisée dans certains hôpitaux pour lutter contre la douleur, pour sevrer du tabac ou pour déclencher des accouchements… La MTC enseigne que l’énergie circule dans le corps humain en suivant un parcours bien défini. Elle emprunte pour cela des méridiens au nombre de douze dans lesquels elle séjourne pendant deux heures par jour à tour de rôle :

_ poumon: 3 à 5 heures (heure solaire) ;

_ gros intestin : 5 à 7 heures ;

_ estomac: 7 à 9 heures ;

_ rate pancréas : 9 à 11 heures;

_ coeur: 11 à 13 heures;

_ intestin grêle : 13 à 15 heures;

_ vessie : 15 à 17 heures;

_ reins : 17 à 19 heures;

_ maître du coeur: 19 à 21 heures;

_ triple réchauffeur : 21 à 23 heures;

_ vésicule biliaire: 23 à 1 heure;

_ foie : 1 à 3 heures.

De plus, selon la saison, certains organes  sont en force alors que d’autres se trouvent en faiblesse suivant la théorie des cinq éléments. Chaque élément correspond à un organe (et méridien) dominant, un sentiment et une saison. Ainsi, le feu correspond à l’été qui est le moment où le cœur est le plus sollicité et à l’origine des sentiments d’amour, de joie, de respect.

LOGIQUE

Dans la même logique on a les associations suivantes :

_ terre-fin d’été : rate-sérénité, équilibre.

_ métal-automne: poumon-courage, honnêteté.

_ eau-hiver: rein-douceur, calme, générosité.

_ bois-printemps : foie-tendresse, gentillesse.

Pour les Chinois, la circulation énergétique est la clé de la santé. L’homme bien portant présente une énergie bien répartie dans son organisme. Elle circule parfaitement dans les méridiens et répond à la loi  des cinq éléments. Lorsqu’une personne est malade, cela signifie qu’il existe quelque part un blocage dans sa circulation énergétique. Celui-ci induit alors des excès énergétiques dans certaines régions du corps et des manques dans d’autres endroits… Ils seront responsables des symptômes présentés par la personne et des maladies.

L’art du thérapeute est de déterminer le lieu du blocage grâce à l’examen des pouls, de la langue, de la peau, des urines… Puis, une fois celui-ci déterminé, l’acupuncture, la  diététique, le massage, le qi gong ou/et les moxas permettront de lever le barrage et de réharmoniser la circulation énergétique dans l’organisme. L’équilibre étant revenu, la personne pourra guérir à la condition qu’elle mette fin aux mauvaises habitudes qui avaient engendré son mal.

Signalons ici que les arts martiaux orientaux, tout comme le taï chi et le qi gong, sont basés sur la circulation de l’énergie du corps qui sera, selon les circonstances, soit relancée pour assurer un bon équilibre et une harmonie dans le corps, soit concentrée dans certaines régions selon les nécessités du combat.

L’ayurvéda

Étymologiquement, ayurvéda vient de ayurvéda qui signifie «vie » et veda «connaissance». Elle serait donc la «connaissance de la vie» et fut mise au point, il y a environ 5 000 ans en Inde. Son but est d’apporter le bien-être afin, selon ce verset sanskrit, «que chaque être humain soit dans une bonne santé, sans souffrance, sans maladie, sur le chemin de l’évolution ». 

CHEZ FRANCESCA

Les êtres humains sont comme des icebergs avec une petite partie de leur conscience et de leur être qui est visible, mais surtout une grande partie qui demeure invisible aux autres ainsi qu’à eux-mêmes. L’ayurvéda a développé l’étude du corps humain en tant qu’ensemble énergétique ainsi que l’étude des forces qui l’animent. Le principe général rejoint celui de la MTC: si l’énergie vitale circule librement et de manière équilibrée dans l’organisme, l’individu est en bonne santé aussi bien physiquement que psychologiquement. La médecine indienne révéla que l’être humain était constitué d’un corps physique que nous voyons et de plusieurs corps énergétiques que nous ne voyons pas (habituellement) et qui entourent le corps physique un peu à la manière de poupées russes. Elle décrit aussi avec beaucoup de détails les chakras par où entre et sort l’énergie, la kundalini qui remonte l’énergie au niveau de la colonne vertébrale et les nadis, cet immense réseau chargé de distribuer l’énergie à travers le corps physique.

Pour l’ayurvéda, il existe une étroite interaction entre le microcosme et le macrocosme.

Tout ce qui est dans l’univers se retrouve dans l’être humain. Celui-ci est donc constitué des cinq éléments fondamentaux de l’univers: l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre. Selon les proportions dont il est constitué, l’individu sera à prédominance Kapha, Pitta ou Vata (les doshas) ce qui indiquera sa nature profonde.

La médecine ayurvédique tient compte aussi d’autres éléments dans son étude de l’être humain comme les 13 agnis (feux), les 7 dhatus (tissus) et les 3 malas (éliminations), afin de déterminer l’état de santé d’une personne. Les soins ont pour but de rééquilibrer la circulation énergétique de la personne et par là son terrain afin qu’elle retrouve la santé du corps comme de l’esprit. Les médecins indiens utilisent pour leurs traitements des conseils diététiques, le jeûne, les épices, les plantes, le yoga, la méditation, les massages, les boissons, les bains…

Le magnétisme

Franz Anton Mesmer (1734-1815) est considéré aujourd’hui comme le père du magnétisme… Il parlait de «magnétisme animal». Il soigna des milliers de malades dans son fameux baquet en y incluant également des techniques inspirées par l’hypnose. Il affirmait que le magnétisme proviendrait d’un fluide magnétique émanant du thérapeute et dirigé par la volonté, vers son malade dans le but de le guérir. Puis, au milieu du XIXe siècle, le baron du Potet expliqua que le fluide en question était une «force vitale comme le principe newtonien d’interaction ou de gravitation universel».

Les êtres humains possèdent de minuscules cristaux de magnétite présents dans certaines régions du corps comme les sourcils, les mains, les genoux, les talons… Ceux-ci permettent de maintenir l’équilibre mais aussi de s’orienter en fonction du champ magnétique terrestre. Les cristaux présents dans les mains seraient particulièrement importants pour transmettre le fluide lors d’une séance de magnétisme. D’ailleurs, le magnétiseur se sert généralement de ses mains ou de ses yeux pour diriger son fluide, tout cela associé à une volonté de faire le bien.

Le souffle aussi est souvent utilisé. Il en existe de deux sortes :

  • Le souffle chaud qui agit rapidement pour soulager les douleurs vives. Il est réalisé en soufflant tout près de la zone à traiter.
  • Le souffle froid, chargé de décongestionner en soufflant à distance sur la zone à traiter mais aussi réveiller, en soufflant sur le front de la personne tout en lui protégeant les yeux avec une main. Il est intéressant de noter que, dans les Évangiles, il est souvent fait état de ce fluide.

MAGNETISME

Le magnétiseur procède aussi par:

  • Imposition des mains: cela consiste à placer les mains directement sur la région ou l’organe malade et à les laisser ainsi pendant 10 à 20 minutes.
  • Passes : il faut commencer par libérer le sujet des fluides négatifs par quelques passes longitudinales (de haut en bas du corps) ou latérales (du milieu du corps vers les côtés). À chaque dégagement, il faut éliminer les fluides négatifs vers le sol. Puis le magnétiseur recharge la partie malade en fluides vitaux par des mouvements circulaires qui lui redonnent force et vie. Pour cela, il pose la main bien ouverte devant le mal et fait des mouvements dans le sens des aiguilles d’une montre et à une distance de 5 à 10 centimètres.
  • Pour terminer, il procède à l’harmonisation des fluides transmis en faisant des passes longitudinales de haut en bas pendant 2 à 3 minutes.

La prière est souvent utilisée pour les soins, comme sainte Odile pour les maladies des yeux, ou sainte Rita dans les cas graves, et bien d’autres saints. La «prière du feu» agit sur les brûlures, les zonas, les coups de soleil… De nombreux recueils de prières sont aujourd’hui proposés. Mais le plus célèbre est celui de l’abbé Julio : «Les grands secrets merveilleux ». Enfin, l’eau magnétisée continuera l’action du magnétiseur après la séance. Elle sera bue régulièrement par le malade afin de poursuivre le soin. Il est également possible de magnétiser du coton ou des bandages entourant une plaie, une zone douloureuse ou malade. Il est important de rappeler que tout le monde peut magnétiser et que tout le monde peut apprendre à effectuer des soins énergétiques. Il n’y a pas de don mais il y a des personnes plus douées que d’autres.

Le reiki

Le reiki est une technique thérapeutique d’origine japonaise basée sur la transmission d’énergie par apposition des mains. Il permet de soulager aussi bien les souffrances physiques que psychologiques. En japonais, «rei» signifie esprit tandis que « ki » vient du chinois « qi » et désigne l’énergie vitale présente en chaque être humain. Le maître reiki est en fait un canal qui capte l’énergie universelle pour la transmettre au patient.

Il se différencie ainsi du magnétiseur qui utilise sa propre énergie. Le père du reiki est un Japonais, le Dr Mikao Usui qui, au début du XXe siècle, trouve des traces de cette technique ancestrale dans les sutras tibétains, les livres sacrés des bouddhistes. Très érudit, il avait non seulement fait des études de médecine et de psychologie mais était également spécialisé en théologie. Devenu moine bouddhiste, il reçoit les bases du reiki lors d’une vision en 1922, au cours d’une retraite spirituelle sur le mont Kurama-Yama au Japon. Il sait dorénavant utiliser concrètement cette technique et consacre le reste de sa vie à soigner les gens tout en transmettant son savoir à des disciples qui diffuseront après sa mort le reiki hors du Japon.

De nombreuses écoles proposent un enseignement pour apprendre à capter et donner l’énergie universelle par imposition des mains afin que chacun puisse pratiquer le reiki sur soi-même et sur les siens.

Les autres thérapies énergétiques

  • La lithothérapie. Le règne minéral au travers des cristaux, de l’argile et des pierres, notamment volcaniques, apporte également une aide précieuse que de nombreux thérapeutes utilisent pour stimuler des chakras, la kundalini, une zone malade… Car chaque pierre présente son énergie propre qui peut venir suppléer aux énergies défaillantes du corps humain comme un quartz rose pour le chakra du coeur, ou un lapis-lazuli pour le chakra de la gorge. Mais il est bien sûr possible de passer des informations au corps et de le faire réagir par de nombreuses autres méthodes:
  • La pensée positive et la visualisation apportent des énergies stimulantes. Il a été ainsi démontré que le bonheur était… contagieux jusqu’au troisième niveau de relation (par exemple, jusqu’aux amis des amis des amis). De même, la prière (effectuée pour des tiers) a démontré son efficacité selon plusieurs études menées notamment dans des services de cardiologie et chez les femmes ayant tenté une fécondation in vitro.
  • La musique ou les couleurs sont des vibrations qui produisent des changements dans l’organisme.
  • La parole et les sons peuvent effectuer des changements énergétiques spectaculaires. Comme le mot hébreu shalom qui est plein de résonance, ou bien le son des bols tibétains qui permet le nettoyage énergétique d’un lieu.
  • La lumière solaire.
  • Les symboles sont aussi chargés d’énergie, tout comme les lettres anciennes (grecques ou hébraïques) qui ont un haut niveau vibratoire. Bien utilisés, ils peuvent réaliser des prouesses.
  • Une information portée par:

– des granules homéopathiques,

– une eau informée : verre d’eau placé au centre d’un cercle tracé sur une feuille de papier et sur laquelle est noté un nom de remède, un mot de détente, un projet…

– un médicament laissé dans sa poche…

Mais d’autres thérapies énergétiques apparaissent actuellement. Elles nous viennent en général des États-Unis et ont la caractéristique d’être très simples dans leur application comme l’Emotional Freedom Technique (EFT), le Tapas Acupressure  Technique (TAT), le ZenSight. Ce sont des techniques de libération émotionnelle obtenues par tapotement sur des points particuliers tout en se concentrant sur le problème à traiter. En fonction de sa personnalité, on choisira telle approche plutôt que telle autre.

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«Pratiques de Santé» est une publication de la SAS Santé Port-Royal

  • RCS Paris B 434 728 952 • ISSN : 1765-2170

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livre

À lire

«Le guide de la médecine globale et intégrative », du Dr Luc Bodin. Éditions. Albin Michel.

 

Une médecine d’eau douce

 

Médecins dont les remèdes ne font ni plus de bien ni plus de mal que de l’eau commune

Cette locution proverbiale se prend en mauvaise part. Cependant d’habiles médecins ont exercé leur profession à Paris même, en vrais médecins d’eau douce. Bouvart (mort en 1787) avait ordonné à la vieille comtesse d’Esclignac de boire tous les jours à son lever un verre d’eau fraîche, de prendre une demi-heure après une tasse de chocolat, et après le chocolat un verre d’eau.

Un matin elle ne pensa pas à la première partie de l’ordonnance, et sa distraction dura jusqu’à ce qu’elle eût pris son chocolat et le verre d’eau qui devait le suivre ; tout à coup elle s’aperçut de son oubli, et manda le médecin. Vous avez eu raison de me faire appeler, lui dit le docteur ; il faut que votre chocolat se trouve entre deux eaux : prenez un lavement.

eau douce

Tronchin (mort en 1781) excellait à guérir les vapeurs des femmes ; il leur recommandait l’exercice et la tempérance. Celles qui avaient le courage de suivre ce conseil s’en trouvaient bien : c’était le petit nombre. Quant aux autres malades, il les guérissait ou ne les guérissait pas, en leur faisant avaler des pilules de savon. Il ne connaissait pas de moyens plus efficaces de nettoyer l’estomac.

Nous ne savons à quel médecin appartient l’anecdote suivante. Ce docteur traitait une comtesse pour un rhume.

— Eh bien ! comtesse, lui dit-il, où en sommes-nous aujourd’hui ?

— Voyez, lui répondit-elle en présentant son bras.

Il le prit, et tâta le pouls longtemps, car elle avait le bras fort beau.

— Nous en verrons la fin dans une huitaine, dit-il avec l’air satisfait ; continuez : eau de poulet, nourriture légère, se tenir chaudement, et ne pas sortir.

— Que dites-vous donc là, docteur ? Je compte bien aller ce soir à un concert où doivent chanter mes nièces : j’ai promis ; je serai vêtue chaudement, et je n’aurai qu’un pas à faire de ma voiture à la salle de musique.

— Allez, et revenez tout de suite.

— Quoi ! je ne pourrai pas voir le commencement du bal ?

— Restez-y quelques moments, mais n’en partagez pas les folies.

—Je n’aurai garde ; ni valse, ni gavotte, ni anglaise ; une ou deux contredanses seulement où je ne ferai que marcher.

— J’y consens. Point de souper.

— Mais qu’importe, docteur, que je mange ici ou là mon aile de poulet ?

— Soit. Point de liqueurs au moins.

— Ah ! un verre de punch pour mûrir mon rhume.

—Essayez ; mais ne restez pas trop tard.

La dame dansa beaucoup, soupa bien, but des liqueurs et ne rentra qu’à quatre heures. Elle avoua tout le lendemain au docteur, qui ne la trouva pas plus mal, et en rit beaucoup avec elle.

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Ce que la maladie m’a appris

La maladie grave est une crise génératrice de chaos qui peut aussi nous faire avancer. En s’interrogeant sur le sens de leur souffrance, Michèle, Bruno et Patsy ont appris à mieux se connaître et ont trouvé la force de se battre. Une formidable leçon de vie.

4 Nature

La maladie est le plus court chemin pour accéder à soi-même, disait le philosophe Henri Bergson. Elle représente un danger, mais aussi une opportunité de comprendre qui nous sommes et d’évoluer. Dans La maladie a-t-elle un sens ?, Thierry Janssen explore ce besoin universel de trouver une explication cohérente, acceptable à ce qui nous arrive. Le chirurgien et psychothérapeute anime également des ateliers mêlant techniques psychocorporelles et art-thérapie. « J’invite les patients à court-circuiter leur mental, à respirer, à danser, pour reprendre conscience de leur corps, sentir ses limites, explique-t-il. Ensuite, je leur demande de rester dans cette conscience d’eux-mêmes, afin de laisser monter en eux l’information donnée par leurs sensations. Cette information se transforme alors en émotions, qu’ils vont exprimer à travers des dessins ou des sculptures, ce qui les aide à représenter leur maladie, leur souffrance physique et psychologique. Puis je leur propose de dépasser cette vision et de dessiner ou de modeler une représentation d’eux-mêmes débarrassée de la souffrance, en pleine santé. »

Il ne s’agit pas de chercher le sens de la maladie, mais de lui donner du sens, de comprendre notre part de responsabilité inconsciente dans les processus qui rendent malade, afin de pouvoir mieux agir.

Donner du sens à la maladie, c’est agir sur elle

Confrontés à la maladie, nous perdons tous nos repères. Dans son livre, La maladie a-t-elle un sens ?, le psychothérapeute Thierry Janssen nous invite à penser autrement cette épreuve et à retrouver l’espoir qui aide à la guérison.

La maladie est une crise, elle pose des questions : comment, pourquoi je suis malade ? Elle représente à la fois un danger, puisque nous risquons de perdre beaucoup, et une opportunité de comprendre qui nous sommes et d’évoluer. Une invitation à grandir. Confrontés à la maladie, nous perdons nos repères, nous sommes infantilisés. Toutes les cultures de l’humanité proposent des systèmes explicatifs de la maladie pour réorganiser ce chaos. Dans toutes les croyances, on retrouve des notions assez archétypales de la bonne santé : équilibre, harmonie, beauté. Elles insistent aussi sur la responsabilisation collective face à la vie. Cette expérience de chaos agit comme une piqûre de rappel sur notre besoin de sens, fondamental et inhérent à la nature humaine.

Existe-t-il un sens universel à la maladie ?

Non. Il existe au moins trois niveaux de sens, que les Anglo-Saxons expriment très bien en utilisant plusieurs mots pour désigner la maladie. Il y a le sens biologique de l’affection (disease), qui en est l’explication matérielle et organique. S’y ajoute un sens symbolique du malaise (illness), qui est une interprétation subjective que les patients ont besoin d’exprimer. Et, de manière tout aussi importante, il faut considérer le sens collectif de la maladie (sickness), qui décrit la maladie en tant que phénomène culturel et social, et pose une question à l’ensemble de la collectivité

si je change mes habitudes, si je dirige un petit peu le cours des choses, je vais avoir un vrai pouvoir sur ma maladie.

Et ça suffit pour guérir ?

Pas exactement. Les recherches menées en psycho-neuro-immunologie – une discipline qui tente d’établir des liens entre les différentes composantes de la personne – démontrent que l’espoir et les émotions agréables renforcent les mécanismes réparateurs et les défenses immunitaires de l’organisme. Tenir compte de la dimension psychique est indispensable si on veut aider le corps à guérir, à condition de suivre son traitement. Mais il faut résister à la tentation de vouloir faire coïncider absolument le sens symbolique avec le sens biologique, au risque de confondre l’interprétation des symptômes d’une maladie avec ses causes réelles.

coucher soleil

Chaque individu est unique, chaque histoire est particulière. Il convient donc d’aider chaque patient à trouver le sens qu’il souhaite donner à sa souffrance. Au-delà des explications toutes faites, dans le respect de la réalité intime de chacun. La médecine moderne laisse peu de place à ces questions. Un accompagnement psychothérapeutique pourra s’avérer une aide précieuse pour les patients, en complément des traitements classiques. Les émotions positives qui en découleront aideront sans doute à la réussite de ces traitements. Il s’agit d’aider à trouver un équilibre cohérent entre le corps et l’esprit. Car la cohérence est un des piliers fondamentaux de la guérison. Elle implique de (re)trouver l’adéquation entre nos pensées, nos croyances, nos paroles et nos actes. Nous ne devrions pas attendre d’être malades pour penser à cultiver ces principes de bonne santé.

Le retour à la bonne santé passe par la fluidité du corps, souple et en mouvement, associée à la fluidité de l’esprit, capable de se remettre en question et d’évoluer. Pour y parvenir il est indispensable d’avoir confiance en soi et en la vie. Plus on se fait confiance, plus il est aisé de rester fluide. Et plus on est fluide, plus on a tendance à faire confiance. Confiance et fluidité sont alors deux qualités au service de notre cohérence, condition essentielle à l’expression de notre pleine vitalité.

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Comprendre nos émotions face à la maladie

L’annonce d’une maladie grave provoque une succession d’états émotionnels, défenses psychiques face à la peur de mourir. Les identifier se révèle salvateur.

« Ce n’est pas vrai », « C’est injuste », « C’est ma faute », « Cela devait m’arriver », « Je ne m’en sortirai jamais »… L’annonce d’une maladie grave ou handicapante est un authentique traumatisme psychique. Stupeur, incrédulité jusqu’au déni, mais aussi révolte, marchandage, tristesse et dépression parfois se succèdent dans la confusion. Incontrôlables et chaotiques, ces états émotionnels sont des mécanismes de défense du psychisme face à l’« inimaginé », à la douleur, à la peur de la mort. « Ce sont les mêmes réactions que celles à l’œuvre dans le processus du deuil décrit par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross en 1969, souligne Isabelle Moley-Massol, psychanalyste et psycho-oncologue à l’hôpital Cochin (Paris) et auteure du Malade, la Maladie et les Proches (L’Archipel). Car la maladie oblige aussi au deuil, celui de sa santé et de son identité de bien-portant, des projets de vie et parfois de son avenir. »

rêver

« Mais attention, avertit la spécialiste, ces émotions puissantes ne doivent pas être décryptées comme le “mode d’emploi” d’un parcours psychique obligatoire ou linéaire, comme une série d’étapes qui s’enchaînent chronologiquement. Elles s’enchevêtrent, s’effacent, puis reviennent de façon plus ou moins marquée selon les individus, leur personnalité et le moment où leur vie a basculé. Décrire ces phases permet de mieux appréhender et, surtout, de respecter le vécu psychique du malade. » Le lien d’amour avec lui confère aux proches un rôle essentiel dans l’accompagnement. Mais à cause de ce lien, ils sont eux aussi affectés par les mêmes émotions. Il est difficile, le cheminement de l’esprit blessé en quête de sens.

La sidération

Elle survient dans les instants qui suivent l’annonce. Il s’agit d’un blocage total de l’esprit face à l’intrusion de l’idée de mort. En état de choc, il se déconnecte. Le fonctionnement psychique est suspendu, l’information inouïe n’est pas traitée par les mécanismes cognitifs. Ce moment de stupeur peut ne durer que quelques minutes, il n’en reste que des traces émotionnelles et des sensations éclatées : effroi, chaleur, froid, silence, contractions musculaires ou suées… Ce sont notamment sur ces moments de dépersonnalisation liés aux traumatismes psychiques que travaillent par exemple les thérapeutes spécialistes de l’EMDR.

Le déni

Cette forme d’incrédulité est un mécanisme de protection en bouclier pour dévier la violence du coup. Il fonctionne par clivage : une partie de l’esprit sait, mais l’autre refuse de regarder la réalité en face. Contrairement à la stupeur, il témoigne que l’esprit travaille à « digérer » la nouvelle. Il peut s’agir d’un déni de fond, direct (« Ce n’est pas vrai, pas possible », « Ils se sont trompés »). Ou d’une dénégation indirecte : le malade déplace son anxiété sur ses proches (« Comment vais-je le dire aux enfants, ils vont avoir si peur », « Moi, ça va, mais mon mari, si vous voyiez comme il en souffre ») ; ou sur son travail, les conséquences financières… Il est toujours possible de le rassurer en s’appuyant sur des éléments objectifs (« La Sécurité sociale prendra tout en charge »), mais il est maladroit de vouloir le ramener à ce qui nous semble plus essentiel (« Comment peux-tu penser à ton boulot alors que tu as un cancer, pense plutôt à toi ! »). Car pour lui, l’essentiel, à ce moment-là, c’est justement de ne pas penser à sa maladie.

La culpabilité

Ce sentiment est presque inévitable. Il se présente toujours à un moment ou un autre en réponse à la question du pourquoi : « Pourquoi suis-je malade ? Pourquoi moi ? » La recherche d’une cause, d’une logique s’impose à tous les malades dans leurs tentatives de donner du sens à ce qui leur arrive. Pour pouvoir dire la maladie, il faut réussir à se la raconter, donc trouver rétrospectivement des liens de causalité. Les explications peuvent être très médicales (« J’aurais dû vivre plus sainement, faire plus de sport, me ménager »), et pas forcément fausses d’ailleurs (« J’aurais dû arrêter de fumer »), mais aussi circonstancielles (« Je me suis laissé abattre quand elle m’a quitté »), pour s’inscrire dans l’histoire autant que dans la biologie. Par la culpabilisation, le malade se place au centre de l’événement, c’est une façon de reprendre le contrôle, de chercher une forme de maîtrise sur la maladie. Pour Alain Bouregba, psychanalyste et psychologue conseil auprès de la Ligue contre le cancer, quand le sentiment de culpabilité débouche sur de la dévalorisation personnelle, il devient toxique. Il augmente la souffrance morale et la tentation du renoncement. De la culpabilité à la punition (« Puisque ma maladie est ma faute, que j’en sois puni, et tant pis pour moi »), il peut mener à la dépression.

La révolte

Elle est une extériorisation, une projection du choc. Le malade engage sa quête de sens en dehors de lui ; il veut trouver des causalités extérieures. Il peut s’en prendre à Dieu, même quand il n’y croit pas, quitte d’ailleurs à renforcer ainsi son refus de croire en argumentant qu’un dieu qui a créé la maladie ne peut pas exister. Mais il peut aussi, et l’un n’empêche pas l’autre, s’en prendre à son médecin, à un ancien médicament, à la dégradation de l’environnement. Là non plus, ce n’est pas forcément à tort, il existe effectivement des symptômes que le médecin aurait dû voir, des erreurs médicales, des pollutions toxiques.

Le risque est que la recherche du bouc émissaire amène aussi à se montrer injuste, envers un soignant, un conjoint qui n’aurait pas perçu les premiers signes de la maladie. La colère est cependant une émotion souvent rassurante pour l’entourage, qui peut ainsi se convaincre que la personne est forte, qu’elle a « encore de la ressource », donc qu’elle va mieux se battre, croit-on, contre la maladie. Reste qu’un malade en colère ne souffre pas moins qu’un autre, et il a autant besoin d’être soutenu.

Le combat

Il est une tentative de maîtrise par l’action. Recherches sur Internet, multiplication des consultations et des avis médicaux, le malade veut tout connaître et tout comprendre de ce qui lui arrive. L’activité canalise l’angoisse, un savoir scientifique est opposé à l’irrationalité de la maladie, avec ses hauts et ses bas. Elle est une forme de sublimation, tout comme le fait de chercher une réponse dans la spiritualité, notamment la foi religieuse. Les réponses que se trouvent les malades n’appartiennent qu’à eux et n’ont pas à être discutées par des tiers. Mais là aussi, il ne faut pas croire qu’elles leur épargnent toute angoisse.

Le marchandage

Il consiste à discuter la maladie, à la négocier avec soi-même comme avec les médecins. C’est une façon de faire avec la peur, la douleur physique et morale, ainsi qu’avec les traitements dans tout ce qu’ils peuvent avoir de pénible. Le marchandage permet de nourrir l’espoir et de calmer un peu le tumulte émotionnel.

C’est aussi une tentative de réintroduire du sens et de la maîtrise dans le vécu de la maladie. Mais la stabilité ainsi acquise reste bien fragile, menacée par les rechutes, les poussées douloureuses… Le malade, qui avait négocié plus ou moins consciemment les effets secondaires du traitement en échange de la guérison, n’est jamais loin de la colère ou du désespoir quand la maladie le trahit à nouveau.

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La tristesse

Elle est une compagne habituelle, mais c’est une forme d’acceptation, qui peut également s’assortir de désespoir (« Je vais y passer », « Je n’y arriverai pas »). Quand elle bascule dans un fatalisme, une passivité qui amène le malade à s’immerger ou à se fondre dans la maladie, il y a lieu de craindre la dépression. C’est là que l’entourage, proches et médecins, doit être le plus interventionniste. Le malade dépressif ne doit pas être laissé à cette pathologie supplémentaire. Groupe de parole, thérapie, antidépresseurs s’il le faut, elle doit être prise en charge.

À noter, la dépression due à une maladie grave a ceci de particulier que le malade se convainc qu’il ne pourra plus guérir puisqu’il a perdu le moral. C’est d’ailleurs une des maladresses les plus communes que de dire à une personne malade : « Bats-toi, garde le moral et tu guériras. » Cela revient à le culpabiliser encore plus, en lui attribuant à nouveau une responsabilité dans son état. Or, cette phrase toute faite n’est pas seulement cruelle, elle est aussi fausse. Aucune étude n’a jamais démontré que les malades déprimés avaient moins de chances de guérison que les autres.

Des adresses pour s’entraider

Les associations de patients, toutes maladies confondues, sont environ quatorze mille, et il s’en crée tous les jours. Elles sont recensées sur Internet (annuaire-aas.com).

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