Un si joli visage qui disparaît

Catherine est atteinte de la maladie de Rendu-Osler, maladie héréditaire appelée angiomatose hémorragique familiale, rare, mais non exceptionnelle.

Elle se caractérise par l’existence de dilatations situées à la jonction artério-veineuse et disséminées sous la peau, sur les muqueuses et différents organes. Dans la plupart des cas, les premiers signes en sont les saignements de nez, appelés épistaxis, dus à une vasodilatation d’une zone particulière de la muqueuse nasale. S’y associent des télangiectasies, petites taches rouges sur la peau, et parfois des localisations au niveau du foie, des poumons, du cerveau, de la rate. C’est une maladie génétique à dominante autosomique, le gène atteint est porté par l’une des 22 paires de chromosomes communs à l’homme et à la femme ; elle est transmise par n’importe lequel des deux parents à un enfant quel que soit son sexe. C’est pourquoi on retrouve autant d’hommes que de femmes atteints. A chaque naissance, si l’un des deux conjoints est malade et l’autre indemne, la probabilité que l’enfant soit normal et ne transmette pas la maladie est de 50 % et que l’enfant soit malade, idem.

Maladies chez francesca

Si les deux parents sont atteints, ce qui est exceptionnel, le risque est encore plus élevé pour les enfants d’être atteints. C’est une affection évolutive qui, après une période de latence, se confirme et s’aggrave. On distingue trois périodes dans l’évolution de cette maladie :

  • Une période de latence allant jusqu’à la puberté. On retrouve exceptionnellement la notion d’épistaxis (saignements de nez) dans l’enfance.
  • Une période hémorragique pure, période dans laquelle se trouvait Catherine. Ce sont essentiellement des saignements de nez, qui démarrent de façon modérée et s’aggravent petit à petit.

Ils peuvent alors durer de quelques minutes à une demi-heure, se produire de trois à quatre fois par an ou tous les jours, voire plusieurs fois par jour, et leur abondance va de quelques gouttes  à 500 ml. Les facteurs déclenchant sont : choc, effort de blocage des voies respiratoires, mouchage, infection ORL, variation de température, exposition au soleil, hypertension artérielle.

Le diagnostic est difficile à ce moment, car il n’y a pas d’autres signes, les signes sur la peau ne sont pas encore apparus et les examens sont normaux, comme dans le cas de Catherine. Les médecins ne se sentent pas trop concernés et ont tendance à minimiser le problème. Les saignements de nez répétés vont progressivement perturber la vie des gens atteints. Ils peuvent provoquer en plus une fatigue et une dépression. Il n’est pas rare de voir des personnes obligées de s’arrêter de travailler. C’est une maladie qui peut empoissonner l’existence. Il faut se surveiller sans arrêt. Les traitements sont uniquement locaux, du coton aux mèches imbibées de produits antihémorragiques et aux cautérisations locales et répétées, entraînant parfois une brûlure de la cloison nécessitant alors des plasties.

Dans les cas graves, des ligatures vasculaires, la cure-thérapie, l’emboisassions, le laser peuvent être employés. – La troisième période peut commencer à se faire jour vers 20 ou 30 ans, voire plus tard, ou ne jamais exister. C’est la période où les télangiectasies apparaissent sur la peau et les muqueuses ; taches rubis s’effaçant quand on appui dessus. Leur nombre de 10 à 100. Elles siègent électivement au pourtour des lèvres, sur les joues, nez, front, menton, paupières, pulpe digitale et autour des ongles. Cette maladie, comme l’ont démontré de nombreux travaux et thèses effectués depuis des années en collaboration avec des équipes de démographes, d’historiens, de généticiens et de médecins, présente une particularité géographique ; un pourcentage important de malades peut être regroupé dans un cercle de vingt-cinq kilomètres de rayon dont le centre se situe à mi-chemin des villes de Saint-Claude et d’Oyonnax, dans le haut Jura ; ce qui explique que Catherine, originaire du lieu, ait présenté cette maladie.

On trouve d’autres foyers géographiques en Meurthe et Moselle, dans les Deux-Sèvres et dans la région Rhône Alpes. Bien entendu, en fonction des migrations de la population, des familles peuvent être touchées dans tous les coins du pays. De nombreux travaux et recherches sont encore en cours afin de progresser dans le traitement de cette maladie.

chez francesca

Derrière chaque patient nouvellement diagnostiqué, il y a habituellement une famille, et en moyenne trois à quatre sujets malades à prendre en charge. Le médecin généraliste est à même de faire diffuser, par le proposant, l’information sur cette prise en charge et d’orienter les demandes familiales vers les centres de compétence expérimentés, les moins éloignés du domicile. Ce souci d’information figure sur des courriers que les patients peuvent eux-mêmes diffuser au sein de leur famille. La possibilité d’identifier le défaut génétique mutationnel responsable de la maladie, dans plus de 88 % des cas actuellement, permet de décider des patients non convaincus du diagnostic à une surveillance active. Enfin, certains ont un risque de seulement 50 %, du fait de l’hérédité de la maladie et peuvent bénéficier d’un dépistage présymptomatique afin de savoir si la prévention des complications viscérales doit être appliquée. Enfin, l’âge de dépistage doit respecter les précisions du législateur données dans le décret de 2000 et l’arrêté de 2001 concernant les mineurs : il faut envisager avec les parents le bénéfice immédiat de la prise en charge de l’enfant avant d’effectuer une telle recherche. Chaque mesure de dépistage doit être pratiquée par une équipe déclarée auprès du ministère de la santé ayant fait part du projet thérapeutique qui est proposé derrière chacun de ces dépistages présymptomatiques.

Conclusion : Le pronostic de la maladie, nettement amélioré par les mesures de détection, dépend de l’intensité des épistaxis et des éventuelles manifestations viscérales dont la morbidité est forte ; la mortalité n’est encore pas mesurée.

Par Francesca du blog https://medecinehistorique.wordpress.com/

Les différentes techniques de la médecine énergétique

 

Si la description de l’homme énergétique repose sur des notions communes, les points de vue divergent selon les écoles, sur la constitution énergétique de l’être humain, sur la cause des maladies et par conséquent sur les techniques à employer.

TECHNIQUES ENERGETIQUES

Nous vous présentons les principales approches, que ce soit les médecines traditionnelles, comme la médecine chinoise, l’ayurvéda, mais aussi les magnétiseurs ainsi que d’autres techniques arrivées plus récemment. Toutes reposent sur le fait de capter de manière abondante les différentes énergies afin de les distribuer ensuite aux personnes soignées, en reprenant plus ou moins certains des principes des médecines anciennes.

La Médecine Traditionnelle Chinoise

La médecine traditionnelle chinoise (MTC), vieille de 5 000 ans, est aujourd’hui reconnue par la médecine conventionnelle. L’acupuncture est utilisée dans certains hôpitaux pour lutter contre la douleur, pour sevrer du tabac ou pour déclencher des accouchements… La MTC enseigne que l’énergie circule dans le corps humain en suivant un parcours bien défini. Elle emprunte pour cela des méridiens au nombre de douze dans lesquels elle séjourne pendant deux heures par jour à tour de rôle :

_ poumon: 3 à 5 heures (heure solaire) ;

_ gros intestin : 5 à 7 heures ;

_ estomac: 7 à 9 heures ;

_ rate pancréas : 9 à 11 heures;

_ coeur: 11 à 13 heures;

_ intestin grêle : 13 à 15 heures;

_ vessie : 15 à 17 heures;

_ reins : 17 à 19 heures;

_ maître du coeur: 19 à 21 heures;

_ triple réchauffeur : 21 à 23 heures;

_ vésicule biliaire: 23 à 1 heure;

_ foie : 1 à 3 heures.

De plus, selon la saison, certains organes  sont en force alors que d’autres se trouvent en faiblesse suivant la théorie des cinq éléments. Chaque élément correspond à un organe (et méridien) dominant, un sentiment et une saison. Ainsi, le feu correspond à l’été qui est le moment où le cœur est le plus sollicité et à l’origine des sentiments d’amour, de joie, de respect.

LOGIQUE

Dans la même logique on a les associations suivantes :

_ terre-fin d’été : rate-sérénité, équilibre.

_ métal-automne: poumon-courage, honnêteté.

_ eau-hiver: rein-douceur, calme, générosité.

_ bois-printemps : foie-tendresse, gentillesse.

Pour les Chinois, la circulation énergétique est la clé de la santé. L’homme bien portant présente une énergie bien répartie dans son organisme. Elle circule parfaitement dans les méridiens et répond à la loi  des cinq éléments. Lorsqu’une personne est malade, cela signifie qu’il existe quelque part un blocage dans sa circulation énergétique. Celui-ci induit alors des excès énergétiques dans certaines régions du corps et des manques dans d’autres endroits… Ils seront responsables des symptômes présentés par la personne et des maladies.

L’art du thérapeute est de déterminer le lieu du blocage grâce à l’examen des pouls, de la langue, de la peau, des urines… Puis, une fois celui-ci déterminé, l’acupuncture, la  diététique, le massage, le qi gong ou/et les moxas permettront de lever le barrage et de réharmoniser la circulation énergétique dans l’organisme. L’équilibre étant revenu, la personne pourra guérir à la condition qu’elle mette fin aux mauvaises habitudes qui avaient engendré son mal.

Signalons ici que les arts martiaux orientaux, tout comme le taï chi et le qi gong, sont basés sur la circulation de l’énergie du corps qui sera, selon les circonstances, soit relancée pour assurer un bon équilibre et une harmonie dans le corps, soit concentrée dans certaines régions selon les nécessités du combat.

L’ayurvéda

Étymologiquement, ayurvéda vient de ayurvéda qui signifie «vie » et veda «connaissance». Elle serait donc la «connaissance de la vie» et fut mise au point, il y a environ 5 000 ans en Inde. Son but est d’apporter le bien-être afin, selon ce verset sanskrit, «que chaque être humain soit dans une bonne santé, sans souffrance, sans maladie, sur le chemin de l’évolution ». 

CHEZ FRANCESCA

Les êtres humains sont comme des icebergs avec une petite partie de leur conscience et de leur être qui est visible, mais surtout une grande partie qui demeure invisible aux autres ainsi qu’à eux-mêmes. L’ayurvéda a développé l’étude du corps humain en tant qu’ensemble énergétique ainsi que l’étude des forces qui l’animent. Le principe général rejoint celui de la MTC: si l’énergie vitale circule librement et de manière équilibrée dans l’organisme, l’individu est en bonne santé aussi bien physiquement que psychologiquement. La médecine indienne révéla que l’être humain était constitué d’un corps physique que nous voyons et de plusieurs corps énergétiques que nous ne voyons pas (habituellement) et qui entourent le corps physique un peu à la manière de poupées russes. Elle décrit aussi avec beaucoup de détails les chakras par où entre et sort l’énergie, la kundalini qui remonte l’énergie au niveau de la colonne vertébrale et les nadis, cet immense réseau chargé de distribuer l’énergie à travers le corps physique.

Pour l’ayurvéda, il existe une étroite interaction entre le microcosme et le macrocosme.

Tout ce qui est dans l’univers se retrouve dans l’être humain. Celui-ci est donc constitué des cinq éléments fondamentaux de l’univers: l’éther, l’air, le feu, l’eau et la terre. Selon les proportions dont il est constitué, l’individu sera à prédominance Kapha, Pitta ou Vata (les doshas) ce qui indiquera sa nature profonde.

La médecine ayurvédique tient compte aussi d’autres éléments dans son étude de l’être humain comme les 13 agnis (feux), les 7 dhatus (tissus) et les 3 malas (éliminations), afin de déterminer l’état de santé d’une personne. Les soins ont pour but de rééquilibrer la circulation énergétique de la personne et par là son terrain afin qu’elle retrouve la santé du corps comme de l’esprit. Les médecins indiens utilisent pour leurs traitements des conseils diététiques, le jeûne, les épices, les plantes, le yoga, la méditation, les massages, les boissons, les bains…

Le magnétisme

Franz Anton Mesmer (1734-1815) est considéré aujourd’hui comme le père du magnétisme… Il parlait de «magnétisme animal». Il soigna des milliers de malades dans son fameux baquet en y incluant également des techniques inspirées par l’hypnose. Il affirmait que le magnétisme proviendrait d’un fluide magnétique émanant du thérapeute et dirigé par la volonté, vers son malade dans le but de le guérir. Puis, au milieu du XIXe siècle, le baron du Potet expliqua que le fluide en question était une «force vitale comme le principe newtonien d’interaction ou de gravitation universel».

Les êtres humains possèdent de minuscules cristaux de magnétite présents dans certaines régions du corps comme les sourcils, les mains, les genoux, les talons… Ceux-ci permettent de maintenir l’équilibre mais aussi de s’orienter en fonction du champ magnétique terrestre. Les cristaux présents dans les mains seraient particulièrement importants pour transmettre le fluide lors d’une séance de magnétisme. D’ailleurs, le magnétiseur se sert généralement de ses mains ou de ses yeux pour diriger son fluide, tout cela associé à une volonté de faire le bien.

Le souffle aussi est souvent utilisé. Il en existe de deux sortes :

  • Le souffle chaud qui agit rapidement pour soulager les douleurs vives. Il est réalisé en soufflant tout près de la zone à traiter.
  • Le souffle froid, chargé de décongestionner en soufflant à distance sur la zone à traiter mais aussi réveiller, en soufflant sur le front de la personne tout en lui protégeant les yeux avec une main. Il est intéressant de noter que, dans les Évangiles, il est souvent fait état de ce fluide.

MAGNETISME

Le magnétiseur procède aussi par:

  • Imposition des mains: cela consiste à placer les mains directement sur la région ou l’organe malade et à les laisser ainsi pendant 10 à 20 minutes.
  • Passes : il faut commencer par libérer le sujet des fluides négatifs par quelques passes longitudinales (de haut en bas du corps) ou latérales (du milieu du corps vers les côtés). À chaque dégagement, il faut éliminer les fluides négatifs vers le sol. Puis le magnétiseur recharge la partie malade en fluides vitaux par des mouvements circulaires qui lui redonnent force et vie. Pour cela, il pose la main bien ouverte devant le mal et fait des mouvements dans le sens des aiguilles d’une montre et à une distance de 5 à 10 centimètres.
  • Pour terminer, il procède à l’harmonisation des fluides transmis en faisant des passes longitudinales de haut en bas pendant 2 à 3 minutes.

La prière est souvent utilisée pour les soins, comme sainte Odile pour les maladies des yeux, ou sainte Rita dans les cas graves, et bien d’autres saints. La «prière du feu» agit sur les brûlures, les zonas, les coups de soleil… De nombreux recueils de prières sont aujourd’hui proposés. Mais le plus célèbre est celui de l’abbé Julio : «Les grands secrets merveilleux ». Enfin, l’eau magnétisée continuera l’action du magnétiseur après la séance. Elle sera bue régulièrement par le malade afin de poursuivre le soin. Il est également possible de magnétiser du coton ou des bandages entourant une plaie, une zone douloureuse ou malade. Il est important de rappeler que tout le monde peut magnétiser et que tout le monde peut apprendre à effectuer des soins énergétiques. Il n’y a pas de don mais il y a des personnes plus douées que d’autres.

Le reiki

Le reiki est une technique thérapeutique d’origine japonaise basée sur la transmission d’énergie par apposition des mains. Il permet de soulager aussi bien les souffrances physiques que psychologiques. En japonais, «rei» signifie esprit tandis que « ki » vient du chinois « qi » et désigne l’énergie vitale présente en chaque être humain. Le maître reiki est en fait un canal qui capte l’énergie universelle pour la transmettre au patient.

Il se différencie ainsi du magnétiseur qui utilise sa propre énergie. Le père du reiki est un Japonais, le Dr Mikao Usui qui, au début du XXe siècle, trouve des traces de cette technique ancestrale dans les sutras tibétains, les livres sacrés des bouddhistes. Très érudit, il avait non seulement fait des études de médecine et de psychologie mais était également spécialisé en théologie. Devenu moine bouddhiste, il reçoit les bases du reiki lors d’une vision en 1922, au cours d’une retraite spirituelle sur le mont Kurama-Yama au Japon. Il sait dorénavant utiliser concrètement cette technique et consacre le reste de sa vie à soigner les gens tout en transmettant son savoir à des disciples qui diffuseront après sa mort le reiki hors du Japon.

De nombreuses écoles proposent un enseignement pour apprendre à capter et donner l’énergie universelle par imposition des mains afin que chacun puisse pratiquer le reiki sur soi-même et sur les siens.

Les autres thérapies énergétiques

  • La lithothérapie. Le règne minéral au travers des cristaux, de l’argile et des pierres, notamment volcaniques, apporte également une aide précieuse que de nombreux thérapeutes utilisent pour stimuler des chakras, la kundalini, une zone malade… Car chaque pierre présente son énergie propre qui peut venir suppléer aux énergies défaillantes du corps humain comme un quartz rose pour le chakra du coeur, ou un lapis-lazuli pour le chakra de la gorge. Mais il est bien sûr possible de passer des informations au corps et de le faire réagir par de nombreuses autres méthodes:
  • La pensée positive et la visualisation apportent des énergies stimulantes. Il a été ainsi démontré que le bonheur était… contagieux jusqu’au troisième niveau de relation (par exemple, jusqu’aux amis des amis des amis). De même, la prière (effectuée pour des tiers) a démontré son efficacité selon plusieurs études menées notamment dans des services de cardiologie et chez les femmes ayant tenté une fécondation in vitro.
  • La musique ou les couleurs sont des vibrations qui produisent des changements dans l’organisme.
  • La parole et les sons peuvent effectuer des changements énergétiques spectaculaires. Comme le mot hébreu shalom qui est plein de résonance, ou bien le son des bols tibétains qui permet le nettoyage énergétique d’un lieu.
  • La lumière solaire.
  • Les symboles sont aussi chargés d’énergie, tout comme les lettres anciennes (grecques ou hébraïques) qui ont un haut niveau vibratoire. Bien utilisés, ils peuvent réaliser des prouesses.
  • Une information portée par:

– des granules homéopathiques,

– une eau informée : verre d’eau placé au centre d’un cercle tracé sur une feuille de papier et sur laquelle est noté un nom de remède, un mot de détente, un projet…

– un médicament laissé dans sa poche…

Mais d’autres thérapies énergétiques apparaissent actuellement. Elles nous viennent en général des États-Unis et ont la caractéristique d’être très simples dans leur application comme l’Emotional Freedom Technique (EFT), le Tapas Acupressure  Technique (TAT), le ZenSight. Ce sont des techniques de libération émotionnelle obtenues par tapotement sur des points particuliers tout en se concentrant sur le problème à traiter. En fonction de sa personnalité, on choisira telle approche plutôt que telle autre.

pratiques

«Pratiques de Santé» est une publication de la SAS Santé Port-Royal

  • RCS Paris B 434 728 952 • ISSN : 1765-2170

Abonnements à Pratiques de Santé, Service abonnements

18-24 quai de la Marne, 75164 Paris Cedex 19.

livre

À lire

«Le guide de la médecine globale et intégrative », du Dr Luc Bodin. Éditions. Albin Michel.

 

Une médecine d’eau douce

 

Médecins dont les remèdes ne font ni plus de bien ni plus de mal que de l’eau commune

Cette locution proverbiale se prend en mauvaise part. Cependant d’habiles médecins ont exercé leur profession à Paris même, en vrais médecins d’eau douce. Bouvart (mort en 1787) avait ordonné à la vieille comtesse d’Esclignac de boire tous les jours à son lever un verre d’eau fraîche, de prendre une demi-heure après une tasse de chocolat, et après le chocolat un verre d’eau.

Un matin elle ne pensa pas à la première partie de l’ordonnance, et sa distraction dura jusqu’à ce qu’elle eût pris son chocolat et le verre d’eau qui devait le suivre ; tout à coup elle s’aperçut de son oubli, et manda le médecin. Vous avez eu raison de me faire appeler, lui dit le docteur ; il faut que votre chocolat se trouve entre deux eaux : prenez un lavement.

eau douce

Tronchin (mort en 1781) excellait à guérir les vapeurs des femmes ; il leur recommandait l’exercice et la tempérance. Celles qui avaient le courage de suivre ce conseil s’en trouvaient bien : c’était le petit nombre. Quant aux autres malades, il les guérissait ou ne les guérissait pas, en leur faisant avaler des pilules de savon. Il ne connaissait pas de moyens plus efficaces de nettoyer l’estomac.

Nous ne savons à quel médecin appartient l’anecdote suivante. Ce docteur traitait une comtesse pour un rhume.

— Eh bien ! comtesse, lui dit-il, où en sommes-nous aujourd’hui ?

— Voyez, lui répondit-elle en présentant son bras.

Il le prit, et tâta le pouls longtemps, car elle avait le bras fort beau.

— Nous en verrons la fin dans une huitaine, dit-il avec l’air satisfait ; continuez : eau de poulet, nourriture légère, se tenir chaudement, et ne pas sortir.

— Que dites-vous donc là, docteur ? Je compte bien aller ce soir à un concert où doivent chanter mes nièces : j’ai promis ; je serai vêtue chaudement, et je n’aurai qu’un pas à faire de ma voiture à la salle de musique.

— Allez, et revenez tout de suite.

— Quoi ! je ne pourrai pas voir le commencement du bal ?

— Restez-y quelques moments, mais n’en partagez pas les folies.

—Je n’aurai garde ; ni valse, ni gavotte, ni anglaise ; une ou deux contredanses seulement où je ne ferai que marcher.

— J’y consens. Point de souper.

— Mais qu’importe, docteur, que je mange ici ou là mon aile de poulet ?

— Soit. Point de liqueurs au moins.

— Ah ! un verre de punch pour mûrir mon rhume.

—Essayez ; mais ne restez pas trop tard.

La dame dansa beaucoup, soupa bien, but des liqueurs et ne rentra qu’à quatre heures. Elle avoua tout le lendemain au docteur, qui ne la trouva pas plus mal, et en rit beaucoup avec elle.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

 

Ce que la maladie m’a appris

La maladie grave est une crise génératrice de chaos qui peut aussi nous faire avancer. En s’interrogeant sur le sens de leur souffrance, Michèle, Bruno et Patsy ont appris à mieux se connaître et ont trouvé la force de se battre. Une formidable leçon de vie.

4 Nature

La maladie est le plus court chemin pour accéder à soi-même, disait le philosophe Henri Bergson. Elle représente un danger, mais aussi une opportunité de comprendre qui nous sommes et d’évoluer. Dans La maladie a-t-elle un sens ?, Thierry Janssen explore ce besoin universel de trouver une explication cohérente, acceptable à ce qui nous arrive. Le chirurgien et psychothérapeute anime également des ateliers mêlant techniques psychocorporelles et art-thérapie. « J’invite les patients à court-circuiter leur mental, à respirer, à danser, pour reprendre conscience de leur corps, sentir ses limites, explique-t-il. Ensuite, je leur demande de rester dans cette conscience d’eux-mêmes, afin de laisser monter en eux l’information donnée par leurs sensations. Cette information se transforme alors en émotions, qu’ils vont exprimer à travers des dessins ou des sculptures, ce qui les aide à représenter leur maladie, leur souffrance physique et psychologique. Puis je leur propose de dépasser cette vision et de dessiner ou de modeler une représentation d’eux-mêmes débarrassée de la souffrance, en pleine santé. »

Il ne s’agit pas de chercher le sens de la maladie, mais de lui donner du sens, de comprendre notre part de responsabilité inconsciente dans les processus qui rendent malade, afin de pouvoir mieux agir.

Donner du sens à la maladie, c’est agir sur elle

Confrontés à la maladie, nous perdons tous nos repères. Dans son livre, La maladie a-t-elle un sens ?, le psychothérapeute Thierry Janssen nous invite à penser autrement cette épreuve et à retrouver l’espoir qui aide à la guérison.

La maladie est une crise, elle pose des questions : comment, pourquoi je suis malade ? Elle représente à la fois un danger, puisque nous risquons de perdre beaucoup, et une opportunité de comprendre qui nous sommes et d’évoluer. Une invitation à grandir. Confrontés à la maladie, nous perdons nos repères, nous sommes infantilisés. Toutes les cultures de l’humanité proposent des systèmes explicatifs de la maladie pour réorganiser ce chaos. Dans toutes les croyances, on retrouve des notions assez archétypales de la bonne santé : équilibre, harmonie, beauté. Elles insistent aussi sur la responsabilisation collective face à la vie. Cette expérience de chaos agit comme une piqûre de rappel sur notre besoin de sens, fondamental et inhérent à la nature humaine.

Existe-t-il un sens universel à la maladie ?

Non. Il existe au moins trois niveaux de sens, que les Anglo-Saxons expriment très bien en utilisant plusieurs mots pour désigner la maladie. Il y a le sens biologique de l’affection (disease), qui en est l’explication matérielle et organique. S’y ajoute un sens symbolique du malaise (illness), qui est une interprétation subjective que les patients ont besoin d’exprimer. Et, de manière tout aussi importante, il faut considérer le sens collectif de la maladie (sickness), qui décrit la maladie en tant que phénomène culturel et social, et pose une question à l’ensemble de la collectivité

si je change mes habitudes, si je dirige un petit peu le cours des choses, je vais avoir un vrai pouvoir sur ma maladie.

Et ça suffit pour guérir ?

Pas exactement. Les recherches menées en psycho-neuro-immunologie – une discipline qui tente d’établir des liens entre les différentes composantes de la personne – démontrent que l’espoir et les émotions agréables renforcent les mécanismes réparateurs et les défenses immunitaires de l’organisme. Tenir compte de la dimension psychique est indispensable si on veut aider le corps à guérir, à condition de suivre son traitement. Mais il faut résister à la tentation de vouloir faire coïncider absolument le sens symbolique avec le sens biologique, au risque de confondre l’interprétation des symptômes d’une maladie avec ses causes réelles.

coucher soleil

Chaque individu est unique, chaque histoire est particulière. Il convient donc d’aider chaque patient à trouver le sens qu’il souhaite donner à sa souffrance. Au-delà des explications toutes faites, dans le respect de la réalité intime de chacun. La médecine moderne laisse peu de place à ces questions. Un accompagnement psychothérapeutique pourra s’avérer une aide précieuse pour les patients, en complément des traitements classiques. Les émotions positives qui en découleront aideront sans doute à la réussite de ces traitements. Il s’agit d’aider à trouver un équilibre cohérent entre le corps et l’esprit. Car la cohérence est un des piliers fondamentaux de la guérison. Elle implique de (re)trouver l’adéquation entre nos pensées, nos croyances, nos paroles et nos actes. Nous ne devrions pas attendre d’être malades pour penser à cultiver ces principes de bonne santé.

Le retour à la bonne santé passe par la fluidité du corps, souple et en mouvement, associée à la fluidité de l’esprit, capable de se remettre en question et d’évoluer. Pour y parvenir il est indispensable d’avoir confiance en soi et en la vie. Plus on se fait confiance, plus il est aisé de rester fluide. Et plus on est fluide, plus on a tendance à faire confiance. Confiance et fluidité sont alors deux qualités au service de notre cohérence, condition essentielle à l’expression de notre pleine vitalité.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

Comprendre nos émotions face à la maladie

L’annonce d’une maladie grave provoque une succession d’états émotionnels, défenses psychiques face à la peur de mourir. Les identifier se révèle salvateur.

« Ce n’est pas vrai », « C’est injuste », « C’est ma faute », « Cela devait m’arriver », « Je ne m’en sortirai jamais »… L’annonce d’une maladie grave ou handicapante est un authentique traumatisme psychique. Stupeur, incrédulité jusqu’au déni, mais aussi révolte, marchandage, tristesse et dépression parfois se succèdent dans la confusion. Incontrôlables et chaotiques, ces états émotionnels sont des mécanismes de défense du psychisme face à l’« inimaginé », à la douleur, à la peur de la mort. « Ce sont les mêmes réactions que celles à l’œuvre dans le processus du deuil décrit par la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross en 1969, souligne Isabelle Moley-Massol, psychanalyste et psycho-oncologue à l’hôpital Cochin (Paris) et auteure du Malade, la Maladie et les Proches (L’Archipel). Car la maladie oblige aussi au deuil, celui de sa santé et de son identité de bien-portant, des projets de vie et parfois de son avenir. »

rêver

« Mais attention, avertit la spécialiste, ces émotions puissantes ne doivent pas être décryptées comme le “mode d’emploi” d’un parcours psychique obligatoire ou linéaire, comme une série d’étapes qui s’enchaînent chronologiquement. Elles s’enchevêtrent, s’effacent, puis reviennent de façon plus ou moins marquée selon les individus, leur personnalité et le moment où leur vie a basculé. Décrire ces phases permet de mieux appréhender et, surtout, de respecter le vécu psychique du malade. » Le lien d’amour avec lui confère aux proches un rôle essentiel dans l’accompagnement. Mais à cause de ce lien, ils sont eux aussi affectés par les mêmes émotions. Il est difficile, le cheminement de l’esprit blessé en quête de sens.

La sidération

Elle survient dans les instants qui suivent l’annonce. Il s’agit d’un blocage total de l’esprit face à l’intrusion de l’idée de mort. En état de choc, il se déconnecte. Le fonctionnement psychique est suspendu, l’information inouïe n’est pas traitée par les mécanismes cognitifs. Ce moment de stupeur peut ne durer que quelques minutes, il n’en reste que des traces émotionnelles et des sensations éclatées : effroi, chaleur, froid, silence, contractions musculaires ou suées… Ce sont notamment sur ces moments de dépersonnalisation liés aux traumatismes psychiques que travaillent par exemple les thérapeutes spécialistes de l’EMDR.

Le déni

Cette forme d’incrédulité est un mécanisme de protection en bouclier pour dévier la violence du coup. Il fonctionne par clivage : une partie de l’esprit sait, mais l’autre refuse de regarder la réalité en face. Contrairement à la stupeur, il témoigne que l’esprit travaille à « digérer » la nouvelle. Il peut s’agir d’un déni de fond, direct (« Ce n’est pas vrai, pas possible », « Ils se sont trompés »). Ou d’une dénégation indirecte : le malade déplace son anxiété sur ses proches (« Comment vais-je le dire aux enfants, ils vont avoir si peur », « Moi, ça va, mais mon mari, si vous voyiez comme il en souffre ») ; ou sur son travail, les conséquences financières… Il est toujours possible de le rassurer en s’appuyant sur des éléments objectifs (« La Sécurité sociale prendra tout en charge »), mais il est maladroit de vouloir le ramener à ce qui nous semble plus essentiel (« Comment peux-tu penser à ton boulot alors que tu as un cancer, pense plutôt à toi ! »). Car pour lui, l’essentiel, à ce moment-là, c’est justement de ne pas penser à sa maladie.

La culpabilité

Ce sentiment est presque inévitable. Il se présente toujours à un moment ou un autre en réponse à la question du pourquoi : « Pourquoi suis-je malade ? Pourquoi moi ? » La recherche d’une cause, d’une logique s’impose à tous les malades dans leurs tentatives de donner du sens à ce qui leur arrive. Pour pouvoir dire la maladie, il faut réussir à se la raconter, donc trouver rétrospectivement des liens de causalité. Les explications peuvent être très médicales (« J’aurais dû vivre plus sainement, faire plus de sport, me ménager »), et pas forcément fausses d’ailleurs (« J’aurais dû arrêter de fumer »), mais aussi circonstancielles (« Je me suis laissé abattre quand elle m’a quitté »), pour s’inscrire dans l’histoire autant que dans la biologie. Par la culpabilisation, le malade se place au centre de l’événement, c’est une façon de reprendre le contrôle, de chercher une forme de maîtrise sur la maladie. Pour Alain Bouregba, psychanalyste et psychologue conseil auprès de la Ligue contre le cancer, quand le sentiment de culpabilité débouche sur de la dévalorisation personnelle, il devient toxique. Il augmente la souffrance morale et la tentation du renoncement. De la culpabilité à la punition (« Puisque ma maladie est ma faute, que j’en sois puni, et tant pis pour moi »), il peut mener à la dépression.

La révolte

Elle est une extériorisation, une projection du choc. Le malade engage sa quête de sens en dehors de lui ; il veut trouver des causalités extérieures. Il peut s’en prendre à Dieu, même quand il n’y croit pas, quitte d’ailleurs à renforcer ainsi son refus de croire en argumentant qu’un dieu qui a créé la maladie ne peut pas exister. Mais il peut aussi, et l’un n’empêche pas l’autre, s’en prendre à son médecin, à un ancien médicament, à la dégradation de l’environnement. Là non plus, ce n’est pas forcément à tort, il existe effectivement des symptômes que le médecin aurait dû voir, des erreurs médicales, des pollutions toxiques.

Le risque est que la recherche du bouc émissaire amène aussi à se montrer injuste, envers un soignant, un conjoint qui n’aurait pas perçu les premiers signes de la maladie. La colère est cependant une émotion souvent rassurante pour l’entourage, qui peut ainsi se convaincre que la personne est forte, qu’elle a « encore de la ressource », donc qu’elle va mieux se battre, croit-on, contre la maladie. Reste qu’un malade en colère ne souffre pas moins qu’un autre, et il a autant besoin d’être soutenu.

Le combat

Il est une tentative de maîtrise par l’action. Recherches sur Internet, multiplication des consultations et des avis médicaux, le malade veut tout connaître et tout comprendre de ce qui lui arrive. L’activité canalise l’angoisse, un savoir scientifique est opposé à l’irrationalité de la maladie, avec ses hauts et ses bas. Elle est une forme de sublimation, tout comme le fait de chercher une réponse dans la spiritualité, notamment la foi religieuse. Les réponses que se trouvent les malades n’appartiennent qu’à eux et n’ont pas à être discutées par des tiers. Mais là aussi, il ne faut pas croire qu’elles leur épargnent toute angoisse.

Le marchandage

Il consiste à discuter la maladie, à la négocier avec soi-même comme avec les médecins. C’est une façon de faire avec la peur, la douleur physique et morale, ainsi qu’avec les traitements dans tout ce qu’ils peuvent avoir de pénible. Le marchandage permet de nourrir l’espoir et de calmer un peu le tumulte émotionnel.

C’est aussi une tentative de réintroduire du sens et de la maîtrise dans le vécu de la maladie. Mais la stabilité ainsi acquise reste bien fragile, menacée par les rechutes, les poussées douloureuses… Le malade, qui avait négocié plus ou moins consciemment les effets secondaires du traitement en échange de la guérison, n’est jamais loin de la colère ou du désespoir quand la maladie le trahit à nouveau.

paix-fraternite-1

La tristesse

Elle est une compagne habituelle, mais c’est une forme d’acceptation, qui peut également s’assortir de désespoir (« Je vais y passer », « Je n’y arriverai pas »). Quand elle bascule dans un fatalisme, une passivité qui amène le malade à s’immerger ou à se fondre dans la maladie, il y a lieu de craindre la dépression. C’est là que l’entourage, proches et médecins, doit être le plus interventionniste. Le malade dépressif ne doit pas être laissé à cette pathologie supplémentaire. Groupe de parole, thérapie, antidépresseurs s’il le faut, elle doit être prise en charge.

À noter, la dépression due à une maladie grave a ceci de particulier que le malade se convainc qu’il ne pourra plus guérir puisqu’il a perdu le moral. C’est d’ailleurs une des maladresses les plus communes que de dire à une personne malade : « Bats-toi, garde le moral et tu guériras. » Cela revient à le culpabiliser encore plus, en lui attribuant à nouveau une responsabilité dans son état. Or, cette phrase toute faite n’est pas seulement cruelle, elle est aussi fausse. Aucune étude n’a jamais démontré que les malades déprimés avaient moins de chances de guérison que les autres.

Des adresses pour s’entraider

Les associations de patients, toutes maladies confondues, sont environ quatorze mille, et il s’en crée tous les jours. Elles sont recensées sur Internet (annuaire-aas.com).

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

La Mythomanie n’est pas vantardise

On connaît mal la mythomanie : les ouvrages qui l’abordent ne sont pas légions et rarement accessibles au grand public. Du coup, on emploie ce terme à tort pour désigner, par exemple, la vantardise de celui qui nous abreuve de ses imaginaires exploits sportifs, de ses inexistantes performances professionnelles. Ou la tendance de certains à embellir la réalité pour se rendre plus intéressants aux yeux des autres, plus aimables. Mais eux, contrairement au vrai mythomane, savent pertinemment qu’ils mentent et sont prêts à le reconnaître. Ce n’est pas le cas de Jeanne.

MYTHO

D’ailleurs, aucun spécialiste n’est en mesure d’évaluer le degré de lucidité du mythomane. Nous avons tous des fantasmes «mégalos» qui nous permettent de protéger notre narcissisme, notre amour propre, face aux coups durs. Dès qu’un échec nous met le moral au plus bas, immédiatement une issue s’offre à nous : l’imagination. Nous nous voyons en bienfaiteurs de l’humanité, sauvant des êtres en détresse, et suscitant l’admiration de tous, ou bien membres d’une riche famille, d’un clan plus intéressant que le nôtre. Ce sont précisément les images de nos scénarios mégalos les plus courants que véhiculent les affabulations des mythomanes.

Mais généralement, nous savons que nos fantasmes ne sont que des fantasmes, et nous les gardons pour nous (sauf, ponctuellement, quand nous avons envie de paraître, face à un personnage dont nous cherchons l’admiration). Ce n’est pas le cas du mythomane, qui, lui, les vit sans recul.

Deux menteurs peuvent-ils s’entendre ?

Jeanne réussit à s’attirer l’affection d’une vieille dame, Madeleine, fascinée par cette jeune femme qui prétend avoir tourné le dos à une existence aisée pour se consacrer aux êtres souffrants. Elle l’engage pour s’occuper de son petit-fils, Antoine. Lui aussi ment, mais pour mieux escroquer ses semblables, les soulager de leur argent et de leurs bijoux. Deux menteurs peuvent-ils s’entendre ? Si le menteur « normal » – y compris l’escroc – trompe sciemment son interlocuteur, le mythomane se trompe d’abord lui-même : l’autre, en tant qu’individu, compte peu, il n’est que le réceptacle – certes, indispensable – de ses affabulations : même si ses thèmes de prédilection sont de nature à inspirer le respect, l’admiration, ses récits sont d’abord destinés à son propre usage. En fait, il se parle à lui-même.

Une pathologie du narcissisme, c’est-à-dire de l’amour de soi

Une vie de mythomane n’a rien de facile. Pour rester dans son monde fantasmatique, qui la protège de la dureté du réel, Jeanne doit en permanence briser les liens noués à la faveur de son errance mentale et géographique : partir, toujours partir. En effet, le pire, pour un mythomane, est d’être placé face à son mensonge et de perdre ainsi sa raison d’être. C’est pourquoi, lorsqu’il est découvert, le mythomane embraye immédiatement sur une nouvelle affabulation. Mais une part de son psychisme est entamé. Et c’est l’angoisse. De terribles crises d’angoisse, qui conduisent Jeanne tout droit à l’hôpital. Dont elle sort pour poursuivre ailleurs, autrement, la même existence.

Si le mythomane ne supporte pas la réalité telle qu’elle est, c’est d’abord qu’il ne se supporte pas lui-même tel qu’il est. Nous sommes là face à une pathologie du narcissisme, c’est-à-dire de l’amour de soi. « Tout mensonge emporte avec lui un désir, explique le psychanalyste Juan David Nasio en préface de l’ouvrage de Paul Ekman Pourquoi les enfants mentent (Rivages « Psychanalyse », 1991). Celui du mythomane est d’être reconnu… pour ce qu’il n’est pas. » Comme s’il lui fallait se dépeindre sous les traits d’un autre pour s’accorder le droit d’exister.

L’excitante jouissance du mensonge

Les mythomanes se recrutent dans tous les milieux. On observe qu’ils ont souvent eu des parents manipulateurs ou, à l’inverse, très crédules. Et qu’ils ont généralement très tôt souffert d’un manque de soutien psychologique – un père ou une mère absent(e), ou trop préoccupé(e) par ses problèmes ou un autre de ses enfants. D’où une précoce et intense solitude intérieure, qui les poursuit et que leur vie imaginaire s’efforce de combler. Mais l’attitude des parents n’est pas seule en cause : bien qu’aimé, le jeune mythomane a été insatisfait de son sort ; il aurait voulu avoir plus d’amour, des parents plus prestigieux.

Les psychothérapies qui viennent à bout des symptômes névrotiques sont rarement aussi efficaces concernant la mythomanie. Pour une bonne raison : si le mythomane est amené à en suivre une, c’est presque toujours à la demande de son entourage, inquiet pour lui, fatigué de ses frasques, de ses errances. Or, pour qu’une thérapie fonctionne, il est nécessaire que la personne qui présente des symptômes soit demandeuse. Lorsqu’il est pris d’angoisse – c’est-à-dire quand sa machine à fabuler se grippe –, le mythomane peut être tenté d’entamer un travail sur lui-même Mais dès que l’angoisse s’apaise, il part. Dans son inconscient, il préfère l’excitante jouissance du mensonge au plaisir tranquille de la réalité ordinaire. De plus, une thérapie est une rencontre avec la vérité, perspective plutôt inintéressante pour un être qui fuit le vrai.

crâne et cerveau

Authentique guérison ?

Le mythomane est pourtant un habitué des services psychiatriques des hôpitaux. A cause de ses crises d’angoisse, qui l’y amènent en urgence, mais aussi parce qu’il arrive que ses mensonges le mettent en difficulté avec la loi et qu’il soit déclaré irresponsable. On le soigne alors avec des médicaments qui l’abrutissent. « Quand elle est à l’hôpital, ma fille a enfin l’air d’une personne normale. Parce qu’elle ne dit rien », explique, dans le film, la mère de Jeanne. Oui, la mythomanie peut faire place au mutisme, mais ne débouche pour ainsi dire jamais sur une authentique guérison. Difficile dans ces conditions de conseiller l’entourage d’un mythomane quant à l’attitude à adopter. Le suivre systématiquement dans ses mensonges, pour ne pas le heurter, ne l’aide pas : cela contribue à l’enfermer dans son monde imaginaire. Les dénoncer pour le forcer à accepter la réalité est inefficace : il a trop besoin de la fuir, c’est pour lui une question de survie. On reste donc très démuni devant cette pathologie – heureusement rare. En fait, face à la mythomanie d’un proche, il appartient à chacun d’« inventer » l’attitude adéquate. Sans hésiter à se faire conseiller par un psychiatre.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le Site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

L’intelligence pourvoit à la réparation du corps

Le gardien du corps :  Beaucoup de gens sont frappés de maladie sans même en rien savoir, parce que l’Intelligence entre en activité rapidement et sans effort afin de pourvoir à la défense et à la restauration du corps. Par exemple, chez un grand nombre de personnes, une tuberculose se développe à une certaine période de leur vie, mais elles ignorent toujours qu’elles l’ont ou l’ont eue. La personne en qui traîne un rhume opiniâtre pendant deux longs mois a fort probablement une tuberculose naissante. Le poumon a été envahi par le bacille de la tuberculose qui a trouvé là un endroit où se fixer et commence à se multiplier. Si l’on n’a pas assez de calcium, de phosphore et d’autres matériaux de réparation dans le sang, le cas progressera sans doute en une tuberculose active. Si l’on a suffisamment de minéraux et de vitamine D, l’Intelligence fera appel aux forces réparatrices du corps afin qu’elles fassent affluer leurs réserves vers la région envahie du poumon.

animée.gif

Ces troupes réparatrices se mettent immédiatement à construire un mur de calcium autour du point affecté, le séparant sévèrement du reste du poumon et enfermant les bacilles à l’intérieur, ce qui équivaut pratiquement à une prison. Après la mort, des dissections révèlent très fréquemment ces cicatrices tuberculeuses chez des personnes ayant vécu jusqu’à un âge avancé et n’ayant jamais imaginé que seule fois en avoir souffert. Ce principe de guérison opérant en dehors de notre conscience devient une arme forte entre les mains de celui qui en a reconnu la vérité et qui apprend comment le mettre en mouvement.

Observons la façon dont l’Intelligence protège le corps en cas d’appendicite. Nous possédons tous une membrane séreuse appelée omentum, ou grand tablier, suspendue dans la cavité abdominale. Il est pareil, par sa dimension et sa forme, à ces minuscules tabliers portés par les serveuses dans les salons de thé. Quand l’appendice suit une inflammation grave et est sur le point d’être perforé, il n’est pas rare que ce tablier l’enveloppe et se plisse en un sac hermétiquement clos. De cette façon, si l’appendice se rompait, le pu ne pourrait s’échapper dans la cavité abdominale et provoquer une péritonite. Chaque chirurgien ayant une assez longue pratique a rencontré un ou plusieurs cas de ce genre, et lorsque cela lui arrive, il abandonne ce cas à lui-même avec une prière de reconnaissance, parce qu’il sait que cette matière purulente dans le sac sera absorbée en temps voulu et neutralisée par la nature.

On peut de même constater le merveilleux travail de l’Intelligence universelle lorsqu’on s’est fait une coupure au doigt. C’est pour nous une petite chose et nous ne la craignons pas, sachant que le sang s’arrêtera très vite de couler. Mais réalisons-nous qu’il y a là une intervention directe de l’Intelligence qu’il est tout à fait en dehors du pouvoir de l’homme de reproduire ? Cette coupure nous tuerait si, pour guérir, elle était abandonnée au seul art de l’homme. Aucun homme vivant ne sait comment faire croître une cellule nouvelle partie de rien pour guérir une blessure. Dans une opération chirurgicale le médecin peut accomplir la tâche mécanique d’enlever un organe. Ensuite il recoud le patient – autre tâche mécanique – et là s’arrête son travail, les cellules se réunissent à nouveau pour cicatriser. Seule l’Intelligence fait que ces cellules se reforment et se rejoignent en vue de la restauration cutanée.

Mais retournons à la guérison de la coupure au doigt. Certaines personnes hémophiles ont un sang qui ne veut pas se coaguler parce que différentes substances lui font défaut. Cela signifie qu’une coupure continue à saigner, ce qui est naturellement fort dangereux. Tout le savoir de la science a échoué jusqu’à présent dans ses efforts pour reproduire ces substances absentes, bien que certaines familles royales aient offert pour cela des fortunes fabuleuses. Cependant, journellement, pour tous les autres hommes, l’Intelligence pourvoit aisément à la réparation des coupures. Une certaine substance est maintenue en solution dans le sang aussi longtemps que celui-ci n’entre pas en contact avec l’air extérieur. Quand survient une coupure et que le sang commence à couler à l’extérieur, entrant ainsi en contact avec l’air, cette substance change de forme et produit des fils ou bâtonnets minuscules qui ressemblent quelque peu à des cheveux ébouriffés. Ces fils et bâtonnets forment un réseau dans la blessure et prennent au piège les globules blancs, qui graduellement, se constituent en caillot jusqu’à ce que soit formée une croûte qui isole efficacement la blessure, mise ainsi à l’abri de l’air. En même temps, d’autres globules blancs sont entraînés vers la coupure par le flux sanguin, quelques-uns pour s’engager dans les travaux de réparation et de reconstruction, d’autres pour dévorer toutes bactéries qui pourraient envahir la blessure. Des substances nutritives sont dirigées vers ce point et de nouvelles cellules sont construites afin de remplacer celles qui furent détruites par la coupure.

Les nouvelles cellules sont reformées du fond de la blessure, sous la protection de la croûte. Si l’on arrache la croûte avant que la reconstruction entière ne soit achevée, la coupure saigne à nouveau et le processus complet se répétera ; formation du caillot, de la croûte, et ainsi de suite de façon à ce que la réparation puisse être terminée selon le plan de l’Esprit placé devant l’Intelligence opérant dans le corps.

balance

Il n’y a pas de maladie incurable 

L’homme se glorifie de son savoir, et il en a le droit. C’est à grands pas qu’il a acquis la connaissance de son corps, mais il est loin de connaître la réponse au problème de la vie. Il ne sait pas comment former une nouvelle cellule dans cette coupure, mais une Intelligence plus grande le fait rapidement. Voici pourquoi, lorsque l’homme dit que tel ou tel état est incurable, il parle d’après son propre savoir limité.

Dans le traitement mental, nous sommes allés plus loin, nous reposant sur cette grande Intelligence cosmique dont nous arrivons à comprendre la Loi de guérison. Nous voyons ainsi des cas désespérés, condamnés par le médecin expérimenté, guéris complètement et définitivement par cette Intelligence lorsqu’elle est dirigée par la personne qui comprend la Loi selon laquelle elle opère. Nous disons donc qu’il n’y a pas de maladies incurables mais des gens incurables. Ceux qui insistent sur le fait « que les médecins ont tout essayé, qu’il est inutile de rien tenter d’autre », sont inguérissables. En revanche, ceux qui acceptent mentalement la vérité qu’avec Dieu (l’Intelligence) toutes choses sont possibles sont des gens guérissables.

L’Intelligence accomplit un prétendu miracle en réparant un os cassé. Tout ce que l’homme peut faire dans ce sas est d’accomplir certains actes mécaniques. Le savoir du médecin est inappréciable lorsqu’il s’agit de réduire une fracture et de soutenir l’os par une éclisse ou un plâtre, mais il lui faut s’arrêter là. Il sait – et il est très franc en le reconnaissant – qu’il n’a pas encore acquis la connaissance nécessaire dans l’art de réparer pour savoir comment faire pousser l’os de façon à rétablir son unité. Mais voyez comment l’Intelligence vient à son secours.

Lorsqu’un os est fracturé par un coup, la contusion des tissus attire le sang vers cet endroit, formant une enflure. Avec ce flux de sang, des substances nutritives et réparatrices sont portées rapidement au siège de la blessure. Pendant ce temps, les fibres périostales déchirées commencent à se transformer en un cartilage qui est le précurseur de l’os. L’Intelligence se prépare ainsi à accélérer, avec des matériaux qu’elle a à sa portée, le processus de construction de nouvelles cellules osseuses. Une espèce de ciment est déversé pour souder les pointes de l’os cassé après que le médecin les a remises en place. Ensuite, le patient gardant le membre au repos, l’Intelligence produit des substances toutes neuves là où il convient, et bientôt le membre va mieux qu’auparavant. Si l’Intelligence divine peut faire cela, elle peut faire tout ce que nous désirons la voir faire. En outre, elle exécute tout cela silencieusement, aisément, sans effort et sans agitation.

La force affluant en un corps malade peut guérir tout état pathologique. L’homme s’affole alors que l’Intelligence est toujours sûre d’elle-même. Elle sait comment réparer tout ce qui va mal dans le corps, comment construire n’importe quelle espèce de cellule, comment rétablir des fonctions perdues, comment arracher une personne du bord de la tombe… avec une dépense d’énergie ne dépassant pas celle déployée par un homme pour soulever un fétu de paille. En réalité, cette dépense est encore moindre, car l’Intelligence n’est jamais consciente d’effort ou de tension. Toutes ces activités variées mises en œuvre, toute cette Intelligence qui sait exactement que faire et comment faire furent employées à construire cet univers, à le maintenir et le régler, à y conserver la vie, à continuer à l’entretenir depuis des temps immémoriaux ; cependant, cette Force et cette Intelligence n’ont ni diminué ni faibli, nulle division ne les épuisa. Elles sont toutes autour de nous et en nous à ce moment même, prêtes à se mettre en mouvement silencieusement en notre faveur, dès que nous aurons cessé d’obstruer ce flux par nos propres barricades mentales.

Voyons comment travaille l’Intelligence dans les larges blessures accompagnées d’une perte de sang importante. La quantité totale du sang dans notre corps diminuant par suite du traumatisme, la tension dans les artères baisse automatiquement ; c’est pourquoi les vaisseaux sanguins se contractent afin de maintenir la tension artérielle normale. En même temps, les divers tissus du corps cèdent de l’eau qui se fraye rapidement un chemin jusque dans le système circulatoire, ramenant ainsi le volume total du sang à la normale. Le transfert d’eau des tissus dans le sang cause une soif extrême, raison pour laquelle un blessé demande à boire lorsqu’il y eut déperdition de sang. L’intelligence cherche ainsi à rétablir dans le corps l’état normal.

Mais dans un tel cas il y a également une perte considérable de globules rouges. L’eau restaure le volume, mais non la qualité de sang ; c’est pourquoi la moelle rouge des os et d’autres parties du corps, servant de réserves commencent à déverser des quantités supranormales de globules rouges jusqu’à ce que le sang ait été ramené à sa qualité normale. C’est ainsi que par une série de mesures promptes et sûres, l’Intelligence résidant dans le corps entre en activité afin de sauver ce dernier, aussi rapidement que possible. Une fois de plus, nous voyons une action intelligente, compétente, qui va bien au-delà de l’art et du savoir des esprits les mieux préparés. C’est l’Intelligence dont nous usons dans la guérison mentale et spirituelle.

Docteur Frederick Bailes

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/