SANTE ou MALADIE : nous déterminons notre vie

 

Qu’y a-t-il pour déjeuner? Que me réserve la vie?

Vous reconnaîtrez sans doute que vous créez quotidiennement votre vie, et ce, d’innombrables façons. Lorsque le réveille-matin se met à sonner, vous décidez si vous allez vous lever ou non. Vous choisissez ensuite les vêtements vous allez porter, ce que vous allez manger au petit déjeuner, ou vous décidez peut-être même de ne rien manger.

Puis, chaque fois que vous croisez quelqu’un durant la journée, que ce soit à la maison, au travail ou sur l’autoroute, vous décidez comment vous allez vous comporter envers cette personne. Vos intentions pour la journée – ou votre décision de ne pas avoir d’intentions précises, mais de vous laisser simplement flotter au gré de vos envies et des événements – influent sur ce que vous faites et sur ce qui vous arrive. D’un point de vue plus large, la trajectoire de toute votre existence est déterminée par vos choix.

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Mais la question demeure: dans quelle mesure tout cela contribue-t-il à façonner votre existence? La rencontre fortuite avec la femme de vos rêves est-elle due à vos choix? Avez-vous vraiment choisi d’avoir un patron tyrannique? Est-ce grâce à vous-même si vous avez gagné à la loterie? Et, au fait, vous façonnez la vie de qui au juste? La question peut sembler idiote, mais il est intéressant de se demander qui est exactement ce  » je  » lorsque vous dites: « Je crée ma propre réalité. » La réponse à cette fascinante question jettera un peu de lumière sur tout ce sujet de la création. Qui suis-je? Revenons aux grandes questions.

ramanaLe sage indien Ramana Maharshi a construit tout son enseignement autour de celle-là. Selon lui, un examen minutieux de cette question peut mener directement à l’illumination. Mais laissons de côté l’illumination pour l’instant et limitons-nous à l’acte de création. Selon Fred Alan Wolf, « ce qu’il faut tout d’abord réaliser, c’est que l’idée que nous créons notre propre réalité est probablement erronée si nous entendons par ce « nous » cette personne égotiste qui, en nous, pensons-nous, mène le bal. Ce n’est sans doute pas cet aspect de nous qui crée la réalité « .

Mais cela soulève une autre question:  » Alors, qui l’a créé?  » Assurément, lorsque vous commandez votre première tasse de café, le matin, il est assez évident que c’est votre personnalité égotiste qui a décidé de prendre ce double cappucino, et non votre moi transcendant et immortel. Et quand un arbre atterrit sur votre rutilante voiture neuve, votre personnalité n’y est absolument pour rien. La plupart des gens rejettent l’idée qu’ils sont responsables de la création de leur réalité lorsque survient dans leur vie quelque chose qu’ils n’auraient jamais voulu voir se produire. « Jamais je ne créerais une pareille chose! » C’est vrai; jamais leur personnalité ne le ferait.

Mais, ainsi que l’affirment toutes les traditions spirituelles, notre être comporte plusieurs dimensions. Cette schizophrénie divine porte de nombreuses étiquettes: l’ego versus le véritable moi, la personnalité versus la divinité intérieure, le fils de l’homme versus le fils de Dieu, le corps mortel versus l’âme immortelle; mais, essentiellement, elle implique qu’il existe différents niveaux d’être à partir desquels vous pouvez créer. Le but de l’illumination est de dissiper cette fragmentation du moi et de créer à partir d’une unique source. Il s’agit donc d’élargir notre conscience jusqu’à ce que nous soyons pleinement conscients de toutes nos créations. Accepter la responsabilité de ce que nous créons constitue un outil extraordinaire pour faciliter cette expansion de la conscience, car, si cette responsabilité existe, c’est une partie de nousmêmes que nous rejetons ou nions chaque fois que nous refusons d’admettre le rôle que nous jouons dans la création de la réalité. Alors, la fragmentation continue.

 En fait, selon les sages illuminés, la partie spirituelle de notre être crée ces réalités dans le seul but de devenir complète. Pour évoluer, nous devons faire l’expérience de certaines choses qui ne sont pas nécessairement le premier choix de notre ego/personnalité.

C’est ce qui s’appelle le karma: nous avons créé, dans un passé récent ou lointain, toutes les conditions auxquelles nous faisons face dans cette vie-ci. Mais de quelle façon les karmas de toutes les personnes vivant dans le monde sont-ils en interaction? Comment tout cela s’harmonise-t-il? Comment sont orchestrées toutes ces « coïncidences » heureuses (ou malheureuses) qui sont des signes avant-coureurs d’un nouveau monde? Qui fait fonctionner l’ordinateur qui gère tout cela pour plus de six milliards d’humains?

Comment cela fonctionne-t-il ? C’est l’univers lui-même qui est l’ordinateur. Voilà la non-dualité. Tout est interconnecté et enchevêtré de telle sorte que tout est raccroché à tout et est créé à partir de tout ce qui est. L’univers ne réagit pas à nous; il est nous. Selon le modèle dualiste du karma, si je frappe quelqu’un, quelqu’un d’autre me frappera en retour.

Cette manière de concevoir le phénomène est entièrement fondée sur le modèle newtonien de cause et d’effet. Mais si l’on aborde la chose à partir du modèle non dualiste de l’enchevêtrement de tout, on aura une vision fort différente du karma. On comprendra alors que l’idée d’une action ou d’une pensée (qui sont la même « chose ») surgit dans une partie de ma conscience et qu’une certaine fréquence ou vibration y est associée. En accomplissant l’action, j’adhère à cette réalité, de sorte que je suis désormais relié à l’univers par cette fréquence ou cette vibration. Tout ce qui vibre à cette même fréquence dans l’univers y répondra et se reflétera ensuite dans ma réalité.

boule de lumière

[ C’est le principe sur lequel sont fondées la transmission et la réception d’ondes radio, rendues possibles lorsque le transmetteur et le récepteur syntonisent la même fréquence. ] Il s’ensuit que tout ce qui se trouve dans notre vie – les gens, les lieux, les époques et les événements – n’est rien d’autre que le reflet de notre signature vibratoire. Selon Ramtha, « tout ce qui existe dans votre vie est en résonance spécifique avec qui vous êtes ». Par conséquent, si vous voulez connaître la réponse à la question « Qui suis-je? », il vous suffit de regarder autour de vous.

L’univers vous la fournit constamment. L’ennui, c’est que les parties cachées et refoulées de notre être sont également reflétées, et nous les refoulons parce que nous ne les aimons pas. Ce sont ces reflets qui nous font dire: « Jamais je ne créerais une telle chose. » Et c’est ce qui nous est reflété encore et encore jusqu’à ce que nous le comprenions. C’est la roue du karma, le grand manège de la vie. Ou encore, ainsi qu’un professeur de philosophie l’a déjà affirmé: « La vie est un sandwich à la merde et chaque jour nous en prenons une bouchée. » Voilà le langage des vraies victimes.

Se percevoir comme une victime, c’est peut-être la pire forme de refus de l’idée que nous créons notre propre réalité. Et cela arrive constamment. Ainsi, la victime dira: « Cette situation-là m’est tombée dessus. C’est injuste et injustifié. » Comme corollaires, elle ajoutera : « Pauvre de moi. L’univers est injuste. Le karma s’applique de façon arbitraire et aléatoire. » Le désavantage, c’est que l’on souscrit alors à l’idée que nous ne créons pas notre réalité (nous renonçons donc à ce pouvoir), et la leçon nous sera répétée à maintes et maintes reprises. Cela entraîne aussi une fragmentation de la réalité, puisque nous éliminons alors de la création le créateur.

Au lieu de demander à l’univers de vous prouver que c’est bien vous qui créez la réalité, afin de pouvoir rester assis entre deux chaises et d’accepter ou de rejeter ce qui se passe, vous considérez comme allant de soi que vous créez vous-même votre vie et ses événements, et vous cherchez à comprendre ce qu’ils vous réflètent.

Voilà en quoi consiste le revirement. Il ne s’agit pas de chercher à comprendre le sens philosophique ou cosmique de tel ou tel événement, mais plutôt de chercher à saisir ce qu’il révèle sur vous-même, sur votre création ou sur ce que vous niez dans votre vie. Désirez-vous changer des choses dans votre existence? Effectuez ce revirement et observez bien toutes les transformations qui se produiront « Les gens attribuent toujours aux circonstances de leur vie ce qu’ils sont devenus, affirme le dramaturge britannique George Bernard Shaw. Je ne crois pas qu’elles soient en cause. Les gens qui réussissent tout en ce monde sont ceux qui recherchent les circonstances qu’ils désirent et qui les créent eux-mêmes s’ils n’ont pu les trouver. »

Autrement dit, au lieu de dicter toutes les étapes du changement de pH de l’eau, comme le réarrangement des liens chimiques, l’échange d’ions et ainsi de suite, les méditateurs impliqués dans les expériences du docteur Tiller se sont focalisés sur le résultat souhaité et ont laissé toute la latitude à l’univers en ce qui concerne les détails.

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Le docteur Goswami compare les possibilités offertes dans la vie d’un individu aux ondes de probabilité d’un électron qui se dispersent. Cela signifie que les options de votre vie sont aussi « réelles » que les ondes prédites par l’équation de Schrodinger.

 Stuart Hameroff pousse ce concept un peu plus loin: Chaque pensée consciente peut être considérée comme un choix, une superposition quantique s’effondrant pour devenir un choix donné. Supposons, par exemple, que vous regardez le menu d’un restaurant en essayant de décider si vous prendrez des crevettes, des pâtes ou bien du thon. Imaginez que vous avez une superposition quantique de toutes ces possibilités coexistant simultanément. Vous pouvez même vous projeter en pensée dans l’avenir quelques instants afin de goûter à ces différents mets. Ensuite vous décidez: « Ah! Je vais prendre du spaghetti. »

Extraits de livre : QUE SAIT-ON VRAIMENT DE LA RÉALITÉ, p. 108-117. Editions Ariane, 2006.

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