Gérer la douleur sans médicament

 

Les médicaments ne sont pas la seule solution face à un ventre douloureux, un dos bloqué ou une épaule qui lance. Utiliser la puissance de notre cerveau et apprendre à gérer nos émotions aide à court-circuiter la douleur.

Si le Pr Sarno mise sur les groupes de paroles pour aider ses patients à exprimer leurs émotions refoulées, les consultations antidouleur en France (liste des établissements sur le site du ministère de la Santé) sont de plus en plus nombreuses à s’appuyer sur un soutien psychologique et sur des techniques alternatives.

Objectif : défocaliser la douleur en apprenant à se détendre et en travaillant sur les pensées, les émotions et les images associées à cette douleur. Des hypnothérapeutes ou des sophrologues montrent également des exercices de relaxation et de visualisation pour se charger d’émotions agréables, douces, légères, qu’on pourra réutiliser ensuite de manière autonome à la maison.

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3 exercices pour avoir moins mal

Vous pouvez essayer ces exercices dès que vous sentez la douleur arriver.

  • C’est la base de toutes les méthodes antidouleur. Installez-vous confortablement et prenez conscience de votre corps posé sur le lit ou le fauteuil (ou de vos appuis au sol si vous êtes debout). Respirez tranquillement en sentant votre respiration, sans essayer de la changer ou de la forcer. Pratiquez ensuite un “scanner corporel” : en partant des pieds jusqu’à la tête, ressentez chaque zone du corps en essayant de les relâcher une par une.
  • Le plus simple est de jouer sur la visualisation du froid ou de la chaleur. Par exemple, face à un mal de tête, imaginez-vous passer vos mains dans la neige ou autour d’un verre d’eau glacée puis dites-vous “J’apporte du frais à mon front” en les posant dessus. Même chose en cas de mal de dos, imaginez-vous les mains devant un feu de cheminée, en vous disant “J’apporte de la chaleur à mon dos”. Plus vous visualiserez ces sensations en détail, plus ce sera efficace.
  • Utiliser les couleurs.Vous pouvez aussi modifier la perception de la douleur grâce à la couleur. C’est la technique du gant magique en auto-hypnose : concentrez-vous sur votre main et imaginez-la se teinter d’une couleur agréable qui coupe le corps de la sensation douloureuse (à chacun de trouver celle qui marche le mieux). Il suffit ensuite de passer la main sur la zone où on a mal (tête, ventre, dos…) pour faire diminuer, par suggestion, la sensation douloureuse.

Accepter l’origine psychologique de la douleur

Pour ce médecin américain, spécialiste de la rééducation à l’université de New York, nous aurions tous le pouvoir de guérir une douleur chronique et inexpliquée sans l’aide de médicament. Celle-ci est en réalité une “diversion” créée par notre cerveau afin de le détourner d’émotions auxquelles on a du mal à faire face (traumatisme, stress, honte, culpabilité, tristesse…).

En acceptant l’origine psychologique de la douleur et en identifiant ces émotions refoulées, on commencerait à avoir moins mal puisque cette stratégie d’évitement n’aurait plus de raison d’être.

Un lien corps-esprit

Les spécialistes français reconnaissent volontiers le rôle des émotions dans la douleur lors qu’aucune cause médicale ne réussit à l’expliquer.

Voici un extrait d’interprétation qui nous est fourni par Xavier Bazin du magazine SANTE CORPS ESPRIT https://www.sante-corps-esprit.com/  auquel je suis abonnée !

Médecine chez francesca

Le Dr Sarno explique que dans de très nombreux cas, les douleurs chroniques ne sont pas causées par un problème corporel, elles sont produites par notre cerveau.

Attention : il ne dit pas que les douleurs ne sont pas réelles. Elles s’incarnent bien dans notre corps, dans notre chair. Mais selon lui, elles sont produites non pas par un dysfonctionnement physique (anomalies structurelle de la colonne vertébrale, disque déformé, musculature déficiente etc.) mais par un souci psychologique que le cerveau « répercute » sur le corps via une douleur physique.

Voici comment il formule sa thèse : « Vers 1975, j’ai abouti à la conclusion que la majorité des syndromes douloureux au cou, à l’épaule et au dos, tout comme la douleur associée fréquente dans les jambes et les bras, étaient d’ordre psychologique. Concrètement, des facteurs émotionnels déclenchaient une réaction dans certains tissus du corps qui se manifestaient sous la forme de douleur ou d’autres symptômes neurologiques. »

Et cette thèse serait valide même si vous avez une anomalie structurelle avérée. Car de nombreuses études ont en effet montré que certains patients ayant des déformations graves ne souffrent d’aucune douleur. L’une d’entre elles, parue dans le New England Journal of Medicine, est particulièrement troublante : les chercheurs ont fait passer des IRM lombaires à 98 personnes n’ayant jamais eu mal au bas du dos ou à la jambe. Et ils ont découvert que 74 d’entre eux présentaient une déformation ou une saillie de disques lombaires.

Conclusion logique : ce n’est pas parce que l’on a mal qu’on a forcément une déformation, et ce n’est pas parce qu’on a déformation qu’on a forcément mal.

Pour guérir : abandonner la croyance en une cause « physique » de la douleur

La première étape du « traitement » du Pr Sarno consiste à se persuader que votre douleur chronique a une origine psychologique : « La douleur ne cessera pas tant que vous ne serez pas capable de vous dire : « mon dos est normal, je sais désormais que la douleur est due à un problème somme toute anodin initié par mon cerveau (…) et que les anomalies structurelles trouvées sur une radio, un scanner ou une IRM sont des modifications normales liées à mes activités ou au vieillissement ». Il est vrai que ce n’est pas évident, surtout lorsqu’on découvre effectivement une anomalie, révélée par un scanner ou une IRM.

Difficile, dans ce cas, de se dire qu’il ne s’agit que d’une coïncidence… Mais le jeu en vaut la chandelle. Pour ceux qui y parviennent, la guérison est souvent à portée de main. Chez certains patients, l’effet est même immédiat : « Souvent, il suffit de reconnaître qu’un symptôme est d’origine émotionnelle pour qu’il disparaisse », nous dit le Pr Sarno. Et il le prouve, en publiant le témoignage de nombreuses personnes ayant vu leur douleur s’arrêter, à peine avaient-ils achevé l’un de ses livres.

Mais dans la plupart des cas, cela prend un peu plus de temps, avec un travail d’introspection. Trouver la rage refoulée Le Dr Sarno recommande ainsi à ses patients de réfléchir aux « rages refoulées » qui pourraient causer leurs douleurs. Celles-ci peuvent être de plusieurs sortes : Colère, blessure émotionnelle ou traumatisme pouvant remonter à l’enfance ; Colère provenant de la pression qu’on s’impose à soi-même pour être « parfait » (le perfectionnisme exacerbé est un trait de personnalité qui revient souvent chez ses patients) ; Colère engendré par les pressions de la vie ; Culpabilité, honte, peur, insécurité, vulnérabilité.

En pratique, il recommande de faire une liste, très longue s’il le faut, de toutes les pressions ou contraintes que l’on a subies au cours de notre vie et qui pourraient susciter une forme de rage au fond de nous-mêmes.

Plus étonnant, le Dr Sarno conseille également de « parler à son cerveau » : « Des patients soignés avec succès disent que lorsqu’ils sentaient le signe annonciateur d’une crise, un élancement de douleur, ils se parlaient ou même se criaient dessus et la douleur disparaissait ». Le cœur de sa stratégie est simple : penser « émotionnel » et pas « physique » ; ne plus se focaliser sur la douleur mais sur son origine potentiellement psychologique. Et en accompagnement de ce « traitement », le Dr Sarno conseille de se préserver, chaque jour, une période de méditation. Il insiste enfin pour maintenir un bon niveau d’activité physique, en essayant d’oublier la douleur et de ne pas craindre de malmener un « dos fragile ».

Je crois avoir résumé l’essentiel de la méthode du Dr Sarno, mais si vous voulez l’essayer sérieusement, il est à mon avis indispensable de se procurer son livre : Le meilleur anti-douleur, c’est votre cerveau (je ne touche bien sûr aucune commission). Seul son récit complet, les cas cliniques qu’il décrit ou les détails qu’il offre vous donneront toutes les chances de guérir – et vous permettront de surmonter des doutes bien naturels. Et à propos de récits de guérison, j’aimerais bien que vous me disiez en commentaire de cet article si vous aussi vous avez réussi à surmonter des douleurs ou problèmes de santé par la force de votre mental. X. Bazin

À lire

  • Le meilleur antidouleur, c’est votre cerveau, Pr John Sarno, éd. Thierry Souccar, 18,90 € ; 12,99 € format numérique.
  • Aide-mémoire Sophrologie en 68 notions, Nathalie Baste, éd. Dunod, 28 € ; 18,99 € format numérique.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

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