PRECIEUSES REPONSES A DES QUESTIONS ESSENTIELLES QUE LES HUMAINS QUI AIMENT LES ANIMAUX SE POSENT


Puissent ces lignes être accueillies avec le même bonheur que celui qu’elles ont fait naître en nous, en se précipitant sous notre plume…. D’après le livre de Daniel Meurois : le Peuple animal ….

« Amis, dont j’ignore tout, voici quelque temps que je vous devine à mes côtés. Parfois … lorsque je suis seul et lorsque le vent dirige mes pas vers une direction nouvelle, je vous sens. Il y a peu de jours encore, je ne savais si vous étiez de mon peuple ou de celui des hommes. Au fond de mon sommeil je percevais deux boules de feu qui venaient me visiter. Les âmes de mon peuple parties avant les autres vers le Centre de l’Univers agissent parfois de la sorte. J’ai pensé à elles et j’ai cru que mon départ était proche car la terre que je foule ne me semble pas totalement mienne. Elle ne nourrit pas mon âme selon ses besoins. Je ne sais pas y puiser la force qu’y trouvent mes semblables. Elle ne me parle plus de la même façon qu’à eux. Alors j’attends quelque chose de l’homme mais trop de choses se cachent derrière ses yeux et que je ne comprends pas.

cause animaleAujourd’hui, je sais un peu plus qui vous êtes car une lumière m’a montré vos visages et a chassé toute crainte. C’est elle qui me fait m’adresser à vous du fond de mon sommeil. Elle me murmure des images que j’ignore parfois et des sensations que vous seuls comprenez… Je ne vous vois pas mais je vous devine proches. Je sais que vous m’entendez et aussi qu’il faut que  je vous parle de mon peuple, peut-être de moi également. Mon peuple… quel est-il au juste ? Peut-être tout ce qui n’a pas visage d’homme… car tout me parle, car j’entends tout me murmurer la Vie. Tout sauf l’homme, l’homme qui pourtant m’attire, qui me comprend si peu, si me veut mais en même temps me refuse.

Au coeur de mon peuple, chez ceux qui volent, ceux qui rampent et parfois aussi ceux qui nagent, on dit beaucoup de choses de l’homme. Ce qu’on raconte de lui, ce qu’on voit de lui est si multiple, si contradictoire que nul ne sait. Alors, parmi nous, il y a un peu… les fidèles, ceux qui craignent l’humain… et les traîtres, ceux qui, comme moi, espèrent en lui et font confiance.

Ceux-là, je peux vous le dire, sont mal en ce monde car toute leur vie est un pari, un espoir souvent déçu. Je n’ai pas choisi le camp dans lequel je me trouve aujourd’hui. Aucun de nous ne l’a choisi. Je me souviens de la grande cage dans laquelle je suis né. Dès que des mains humaines y apparaissaient, il fallait que je me glisse vers elles dont j’ignorais même la provenance. Quel était le corps dont elles étaient le prolongement, le regard qui les animait ? Tout cela était tellement lointain pour moi ! Elles étaient juste quelque chose qui pouvait me tirer vers le haut et que je devais rechercher. Bien après, j’ai vu qu’elles appartenaient à une âme qui avait de la beauté. C’est cela qui importe pour nous, pour tous ceux de mon espèce… la grandeur de l’âme. Le reste, nous ne le percevons pas, nous l’ignorons. La dimension d’un corps, son apparence, tout cela en réalité nous échappent la plupart du temps. Ce sont les dégagements lumineux d’une présence qui comptent… qu’ils proviennent d’un humain, d’un de nos semblables, d’un arbre ou même d’un endroit du sol.

Ainsi, chez nous, lorsqu’il y a un combat, la taille de l’adversaire intervient peu. Seule parvient à nous effrayer la force du rayon lumineux qui jaillit en avant de sa poitrine et qu’une odeur confirme. Cette odeur-là raconte les intentions de l’autre, son histoire et le but qu’il s’est fixé. Ce but est comme une qualité à développer et contre laquelle nul ne peut rien. Ce peut être la qualité patience, la qualité observation, garde, domination, méfiance, don, tendresse et bien d’autres encore. Pouvez-vous comprendre cela ?

animaux chez francescaNous ne dissocions pas ce que nous voyons du monde et ce que nous n’en voyons pas. Nous sommes comme cela. Il n’y a pas de frontières. Peut-être est-ce cela qui nous rend parfois si stupide à vos yeux. Nous ne sommes pas dupes des opinions que vous portez sur nous et du peu de chances que vous nous laissez pour comprendre les situations… vos situations. La famille dans laquelle je vivais était unie et bonne envers ses membres, mais pour elle je n’étais qu’un chien… et j’ai très vite su qu’un chien, un chat ou un hamster était avant tout un jouet pour les enfants, un objet que l’on pouvait ranger au garage dès que l ‘on en avait assez, qui n’avait pas souvent froid et jamais sommeil. Humilité. C’est ce qui vient en ce moment à travers moi.

Une vieille chatte a vécu dans notre maison pendant quelque temps ; je ne saisissais pas toujours le sens de ce qu’elle me disait mais nous avions de longs contacts par les yeux. Pendant  ceux-ci, elle inscrivait en moi des images de sa race. Un jour, je l’ai trouvée allongée dans le ruisseau, non loin de la maison. La vie qui l’avait habitée était encore là, tout près. Elle m’a demandé de rentrer dans notre jardinet et d’aller dormir dans un coin tranquille. Il est facile pour nous de dormir lorsque nous le décidons. Nous savons le faire très souvent, lorsque nous avons mal ou lorsque nous sommes tristes. Moi, je n’étais pas triste, mais j’ai obéi à la chatte. Dès que mes yeux se sont fermés, elle est venue me rejoindre dans la lumière où je l’avais aperçue l’instant auparavant. Alors, elle m’a emmené avec elle. Il y a eu un vent de clarté et j’ai reconnu le pays du rêve où j’allais souvent. Tout y était vrai, je sentais toutes les herbes que je voulais. Il n’y avait pas d’hommes, seulement ceux de notre peuple dont beaucoup que je ne connaissais pas. Tout me paraissait si naturel… peut-être n’avais-je jamais habité ailleurs que dans cet endroit avec sa lumière rose… Peut-être que j’imaginais l’existence de l’homme et que celui-ci n’avait jamais eu de consistance.

Soudain, tout cela a disparu… il n’y a plus eu de lumière. Quelque chose est venu me frapper la tête. C’était un ballon avec lequel jouaient les enfants. Alors j’ai fait un bond et j’ai voulu moi aussi jouer avec eux. Tout est simple pour nous. Depuis, j’ai bien appris que cela ne l’était pas pour les hommes. Pour eux, le jeu se mesure…

La chatte est revenue me voir plusieurs fois pendant que je dormais. Elle ne disait rien mais je voyais que tout était bien parce que ses yeux pétillaient été qu’elle voulait se frotter contre moi… comme autrefois. Le jour où les hommes ont mis sa forme dans la terre du jardin, les enfants ont pleuré. Je n’ai pas compris du tout. Depuis, il me semble deviner ce que pensent les humains dans ces moments-là. Il y a de la division dans leur cœur. Peut-être ne savent-ils pas qui ils sont… Une âme-oiseau m’a dit qu’ils avaient besoin d’aide, que c’était ce qui se racontait à travers tout notre peuple et que celui-ci était partagé quant à l’attitude à adopter à son égard. Cette compréhension mûrit en moi depuis que je vis seul. Je vois tant d’hommes différents et presque tous ont un visage de souffrance. Parfois, je crains même de capturer cette souffrance en mon cœur et de ne plus m’en défaire. Manque d’amour… C’est une maladie. La maladie de ceux qui se croient plus forts, plus intelligents. J’ai rencontré un de mes frères qui essaie de soigner cela. L’Esprit de Vie lui a dit que c’était son rôle. Il habite avec un homme qui n’aime pas ses semblables. Il est venu à ses côtés pour que son cœur ne se dessèche pas et que la lumière continue de s’en écouler un peu.

C’est lui, l’Esprit de Vie qui m’a appris que nous avions souvent une tâche à remplir auprès de vous, humains, mais qu’il était difficile que vous l’admettiez. Aujourd’hui, je sais que ma sœur la chatte s’en est allée pour qu’une souffrance ne s’abatte pas sur un des enfants de la famille. Son départ était un des buts de sa vie. On me dit que vous pouvez comprendre tout ceci.

Lorsqu’un choc, une douleur doivent survenir quelque part, nous le savons toujours quelque temps à l’avance. Nous voyons une lumière sombre se former en un lieu. Nous ignorons souvent d’où elle vient mais les plus anciens d’entre nous enseignent qu’elle sort de l’être qui doit subir le choc et qu’elle va empoissonner un endroit précis. Elle est semblable à une colère de l’être envers lui-même. Dans notre peuple, nous ne savons pas bien ce que cela peut signifier, mais nous le constatons pour les hommes. L’Esprit de Vie peut parfois nous demander de prendre sur nous la Lumière Sombre destinée à un humain que nous aimons. Nous acceptons alors que le choc soit reporté sur nous et que la force vitale abandonne notre forme. Ce n’est pas un devoir, mais un amour qui nous pousse à faire cela. Vous vous en rendez si peu compte… et cela nous peine. Une voix me murmure que vous ignorez les liens qui vous unissent à nous, que nous revenons vous voir sous des formes différents de vie ne vie… et même plusieurs fois dans la même vie.

Il n’y a pas de mystère à cela. Seulement une logique. Je sais que si vous nous appelez vraiment, nous revenons et qu’alors il faut juste apprendre à nous reconnaître.

Aucun d’entre nous n’est exactement semblables à un autre, savez-vous. Lorsque j’étais encore avec ma mère, pour moi aussi tous les humains étaient identiques. Tout ce qui, pour vous, est important et vous différencie ne comptait pas à mes yeux. Ce que vous mettez sur votre forme, ou ce que vous accrochez à vos oreilles par exemple capte très peu notre attention. C’est comme si nous voyions au travers et il y a toujours un temps de notre vie où nous essayons d’apprendre vos points de différence. On m’a dit que vous ignorez que vous projetez beaucoup de choses autour de vous. Est-ce vrai ? Pourtant, toutes ces projections sont pour nous le moyen le plus sûr de vous reconnaître… avec votre voix. C’est cela qui se grave chez la majorité d’entre nous, une certaine qualité de lumière et le son, souvent même des sons que vous paraissez ne pas entendre. Des sons qui circulent dans le sol ou que les plantes nous transmettent.

Si l’un de nous ou même  un homme a peur ou souffre quelque part, il n’est pas rare que les arbres ou les fleurs le disent, parfois loin, autour d’eux. Car les arbres savent frémir et crier. Je sais maintenant que jamais ils ne sont indifférents à la souffrance, que celle-ci soit issue de leur peuple ou d’un autre. Toute douleur, toute crainte se propage par leurs veines et leurs feuilles à la surface de la terre et mange un peu de leur force. C’est quelque fois pour cette raison que vous nous entendez pleurer ou adopter une attitude qui vous semble illogique. C’est parce que vous n’avez appris ni à écouter ni à regarder. Cela aussi pour nous est une maladie et nombreux sont ceux qui m’ont averti : plus je vivrais avec l’homme plus cette maladie me gagnerait. Ceux-là m’ont appris qu’il existe quelque part d’immenses terres où mes frères animaux refusent violemment tout contact pacifique avec l’humain. Ils le font à cause de cette maladie et aussi en raison d’un vieux souvenir que je n’ai pas compris. De ce fait, ils considèrent tout le peuple des hommes comme un peuple de créatures inférieures, dangereuses, et dont il faut fuir même les plus paisibles. Je sais qu’il y a parmi eux de jeunes frères, mais aussi de beaucoup plus vieux ressemblant à des rochers qui ne bougent jamais. Ceux-là veulent garder l’ancienne culture de leur race. Ils le doivent… car en parlant aisément à la terre et aux plantes, ils entretiennent… un équilibre dont j’ignore tout moi-même.

esprit de vieL’Esprit de Vie qui les habite circule sans cesse entre leur cœur et celui du sol. Il se renforce depuis si longtemps que l’on dit qu’il donnera peut-être un jour naissance à un peuple très fort et à une terre très pure. Mais c’est un monde différent du mien. Ce sont les âmes-oiseaux qui colportent ces choses. Je crois qu’elles peuvent entendre et parler beaucoup de langues-images de ce monde. Souvent, elles viennent jouer avec nous au-dessus des maisons et elles nous disent ainsi ce qu’elles savent. Lorsque l’une commence par une image, la seconde continue par une autre et ainsi de suite.

Chacune d’elles est détentrice, de la même histoire mais toutes obéissent à une volonté commune. Je les sais très organisées e telles nous apprennent plus de choses qu’aucun de nos autres frères. C’est vers elles que je me tourne souvent lorsque  je ne sais plus où ma route est inscrite. Elles savent toujours où sont l’eau et la nourriture, même à de très longues distances. Tout cela est écrit en elles. Elles connaissent les routes que racontent la couleur des arbres et les lumières qui montent de la terre. Seules ces routes-là comptent pour elles.

J’ignore où la mienne va me mener. J’ai seulement deux regards ou trois inscrits en moi. Ils sont présents depuis toujours et il faut que je les rejoigne. Je crois que près d’eux il y a beaucoup d’eau. Mes frères et moi vivons tous de cette façon… maintenant, nous comprenons les notions de hier et de demain même si notre existence n’est pas dirigée par elles. Nous sommes habitués par les idées, des situations, des êtres, des formes qu’il nous faut rejoindre et que nous devons reconnaître quelque part. Demain n’est pas important. Ce qui l’est, c’est la fore que nous donnent ces idées, ces situations, ces présences. Nous vivons avec elles et elles sont notre chemin. Si elles donnent l’amour, alors demain ou hier ne signifient plus rien. Nous en perdons le sens car tout devient pleinement un jeu. Dès cet instant, nous oublions toute tristesse et toute souffrance car la notion, sans doute humaine, du temps s’enfuit immédiatement de nous. Il n’y a plus de désir donc plus de peur… La peur naît souvent d’un désir inassouvi de maîtriser la seconde et l’heure qui viennent. Vous nous asservissez lorsque vous nous apprenez le temps et vous nous l’apprenez dès que nous vous approchons, dès que nous absorbons vos odeurs.  Souvent, nous percevons en celles-ci des inquiétudes, comme de fortes pluies ou de violents orages prêts à s’abattre sur vous. Pour moi, cela demeure un mystère. Comment peut-on régner sur ce monde et émettre de telles odeurs de crainte et de peine ? Les âmes-oiseaux disent que notre peuple est parfait en ce qu’il est, tandis que le vôtre ne l’est toujours pas. Elles disent qu’il ne peut pas l’être parce qu’il ne sait pas jouer. Je crois qu’elles disent vrai car j’ai souvent vu que dans les yeux humains tout paraît grave et pesé.

Peut-être ignorez-vous que la forme que vous habitez est un jeu proposé par votre âme ? On me dit de vous poser la question clairement. Simplicité. Si l’intelligence est dans la complexité qui vous habite, peut-être n’est-elle pas l’intelligence…. Peut-être y a-t-il un autre nom à découvrir.

Parfois, l’Esprit de Vie qui nous anime nous dit de prendre un peu de votre tristesse et de cet étrange poids qui vous charge. Cela, nous n’avons pas toujours besoin de le décider. C’est une sorte de porte qui s’ouvre en nous, un réflexe de partage… et nous absorbons un peu de ce qui est lourd pour votre âme. Alors vous vous étonnez d’une fièvre qui nous abat, de terribles démangeaisons qui nous tourmentent et du pelage que nous perdons. Dans ces moments-là, il y a comme une boue grise, un peu collante, qui se développe à la surface de notre échine. Nous n’y pouvons rien, il y a quelque chose dans notre cœur qui trouve une logique à cela.

oiseau volLes âmes-oiseaux qui vivent près de vous, dans vos maisons, acceptent aussi cette souffrance, mais le plus souvent elles ne peuvent demeurer dans leur corps… Seuls nos frères les chats, voyez-vous, savent se guérir de ceux de vos maux qu’ils absorbent. Il y a dans leur salive une lumière dissolvante pour la matière poisseuse qui se colle sur leur pelage. Vous les voyez sans cesse se laver… Cela en est la raison principale. Ils savent faire fondre les déchets issus de l’angoisse de votre monde. C’est leur secret. C’est aussi une partie d leur force. Très peu dans l’ensemble de notre peuple partagent cette connaissance. Ceux qui la possèdent en sont très fiers. Ma sœur la chatte, pourtant si proche de mon cœur, portait également en elle-même cette fierté. Cela la rendait parfois inaccessible. Je la voyais alors habitée par une sorte de clarté qui la mettait… en dehors du monde, au-delà du peuple des hommes, mais aussi au-delà du peuple animal. C’était une étrange supériorité.

Les humains, je crois, voient en cela un mépris. Cependant ce n’en est pas un. C’est un jeu. Un jeu qui permet de voir le monde de très loin, de ne pas tomber dans ses filets et dans la maladie des hommes. Parfois, ce jeu nous fait peur à nous aussi parce que nos frères les chats ne se déplacent pas suivant les mêmes lois que les nôtres. Ils ne vont pas d’un point à un autre au gré des perceptions de leur âme, mais selon les nécessités d’un autre monde dans lequel ils vivent tout autant que sur Terre. Je sais qu’ils se rendent sans cesse dans ce pays au Centre de l’Univers que nous rejoignons après notre départ de ce monde. Ils y vivent autant que sur cette Terre Exil. C’est la notion qui jaillit en moi. C’est celle que mon amie la chatte essayait de m’expliquer. Elle racontait que son peuple était là contre son gré parce que l’Esprit de Vie avait obscurci sa conscience pour une raison très ancienne que l’on ignorait… mais qu’il fallait accepter car c’était pour l’Amour. Le peuple chat, disait-elle, devait aider le peuple humain à son insu et apprendre lui-même la compassion. Certains chats refusent cela et ne parlent qu’aux arbres. Ils sont alors très durs et très puissants. L’ensemble de mon peuple ne les aime pas car on les dit rebelles à l’ordre du monde. Ceux-là font du tort à leur race car leur orgueil s’étend sur leurs semblables.

parler aux arbres

Moi aussi je parle aux arbres parfois. J’ai mis longtemps à comprendre que vous ignoriez une chose aussi naturelle. Il n’y a rien à expliquer pourtant ; cela se fait tout seul. Ce sont les battements de leur cœur qui s’expriment en nous. Ils nous communiquent des idées, des images de lumière qui viennent de très loin. Souvent, il y a un seul cœur pour plusieurs arbres tandis que d’autres en possèdent un pour eux seuls. Alors, ce sont toujours de très gros arbres et chaque chose autour d’eux paraît leur obéir, les aimer et être aimée d’eux. Dans mon peuple, nous les recherchons toujours parce que la terre qui se trouve à leur pied nous guérit de beaucoup de maux. Elle est si forte que parfois nous nous échappons et nous nous battons pour y être seuls, nous y allonger, nous y rouler et nous y endormir. Il y a toujours quelque chose pour jouer près de ces arbres. J’y ai souvent vu de petites boules velues courir sur l’herbe avec moi. Elles parlent tellement vite que je ne les comprends pas. Elles aiment se cacher dans la mousse et aussi dans les racines. Parfois, elles arrivent tant à leur ressembler qu’elles disparaissent. Alors, seule l’odeur qu’elles dégagent permet de les retrouver. C’est une odeur qui stimule notre aboiement.

Il vous arrive, à vous les hommes, d’éprouver une irrésistible envie de chanter, c’est la même chose que nous vivons dans ce cas. Il faut que nous communiquions quelque chose au monde, à la nature, parce que notre jeu devient alors très beau, très sacré. Dans ces instants-là, c’est une joie profonde qui nous gagne et il nous est difficile d’accepter que vous ne la compreniez pas, parce que tout, autour de vous, bondit de plaisir sans que vous le voyiez.

On m’a dit que, de temps à autre, vous tentez de retrouver l’Esprit de Vie dans de grandes maisons faites pour cela. Comment cela se peut-il ? Cet Esprit est présent dans le jeu, au fond des forêts, près des arbres et sur la terre sèche des montagnes. C’est là que tous mes frères animaux le trouvent. Pourquoi donc ne l’y sentez-vous pas ? Il parle dans le vent.. C’est si facile. Mon amie la chatte disait que vous emplissez trop votre cœur de vos propres paroles, que vous n’y laissez pas de place pour le chant du vent et pour les étincelles de Vie qui se déplacent partout sur les rochers et dans les buissons. Je crois qu’elle avait raison. Peut-être est-ce là ce qui vous rend si malheureux… car aucun de mes frères ne parvient à vous voir libres de tout fardeau.

Comment se fait-il que nous vous sentions si grands, si puissants ? Vous faites naître chez ceux qui vous observent un étrange sentiment d’amour et de répulsion. Une voix en moi affirme que vous n’avez pas encore choisi votre route. Simplicité et humilité. Peut-être vous faut-il un peu du contenu de notre cœur… On me dit aussi que c’est pour cela que je vous parle. Etre soi, cela est-il si difficile ?

Lorsqu’il y a de la bonté quelque part, je la sens. Nous la sentons tous, même si elle est dissimulée par beaucoup de choses. Alors, nous ne pouvons nous empêcher d’y répondre, bien qu’elle ne nous soit pas adressée et qu’elle continue de se cacher. Souvent, cela nous rend plus faibles à vos yeux parce que plus naïfs quant à vos intentions du moment. Cette notion est nouvelle pour moi. Je découvre que le mensonge peut exister à travers l’homme et que c’est pour cela aussi que la majorité de mes frères animaux vous fuient. Nous voyons de la bonté dans la plupart des cœurs mais celle-ci parvient rarement jusqu’au bout des mains. C’est une énigme qui s’est révélée à moi il y a peu de temps et qui me tourmente. Elle extrait de moi un sentiment nouveau. Méfiance… mais la méfiance ne me va pas puisqu’il faut que je m’approche des hommes, puisque c’est inscrit en moi.

Nous sommes nombreux à vouloir tenter le rapprochement, de plus en plus nombreux… et cela fait naître une division qui n’avait jamais existé dans tout notre peuple. Vous nous offrez le doute… le choix. Probablement est-ce l’Esprit de Vie qui le veut ainsi. Veut-il que nous vous ressemblions ? Veut-il que nous apprenions le calcul et la dissimulation ?

Tout au long de mon chemin, près de vos habitations, il m’est arrivé à deux reprises de découvrir de grandes maisons où vous semblez gardez prisonniers des milliers d’âmes de mon peuple. Je dis mon peuple, car tout ce qui n’est pas homme nous paraît être du même sang, bien qu’il  ait des inimitiés et des luttes. Il y avait un nuage gris au-dessus de ces maisons. C’est lui qui m’a attiré… mais c’est lui aussi qui me disait de partir car il dégageait une odeur de souffrance. C’était une odeur nouvelle pour moi. Il fallait que je comprenne… Derrière les murs j’ai vu alors une multitude de poules dans des espaces si petits que je n’ai pas su tout de suite ce que cela signifiait. Tout était si lourd qu’il me semblait que leurs âmes n’étaient pas là. Tout se brouillait. Des images de peur, inconnues, se précipitaient derrière mes yeux. Je n’ai pu demeurer à là longtemps car on m’a chassé avec des cailloux, mais j’ai suffisamment vu comment l’homme savait  tuer l’amour, comment il savait faire sortir la vie des corps. Ceux de mon espèce ont peu de contacts avec la race des poules mais ils la respectent même s’ils s’en nourrissent parfois, car chacun sait que l’Esprit de Vie n’a pas de visage et qu’il se glisse partout. Nous pouvons manger un corps mais nous savons que nous ne mangeons pas une âme. J’ai donc vu que le peuple humain cherche parfois à manger les âmes animales. Je ne peux comprendre autrement ce que j’ai vu. L’homme ne répugne pas à manger la douleur de l’âme animale. Il ne voit que des formes que l’on peut attacher, que l’on peut prendre et laisser. Lorsque l’image de ces grandes maison revient me visiter je ne peux m’en libérer facilement. Alors, je n’entends plus le langage de la terre, des plantes et des rochers, tout se ternit en moi.

Une force me dit, dans ces moments-là, de trouver de la voue et de m’y rouler. Cela nous donne toujours de la vigueur et cela nous lave aussi des poids douloureux qui viennent parfois nous habiter. Dès que la terre se met à vivre sur nous, nous redevenons un peu plus nous-mêmes, plus fort s, plus loin du doute. Lorsque j’avais des maîtres, j’ai rapidement compris que ce contact avec la terre ne leur plaisait pas. Aujourd’hui, il me semble qu’on attendait de mi une sorte de honte ou de repentir à chaque fois que je m’enduisais l’échine d’un peu de boue… mais la honte de quoi ?

C’est un sentiment que nous ignorons si vous ne nous l’enseignez pas ! Nous sommes habités par une dignité dont les rouages vous sont étrangers. Elle n’est basée ni sur vos règles, ni sur vos conceptions, car nous sommes entiers et vrais dans ce que nous montrons de nous. Nous n’avons pas d’écailles à enlever ou à mettre pour paraître dignes puisque notre fierté réside simplement dans le fait d’être ce que nous sommes.

Ni la maladie, ni ce qui vous paraît être la saleté ne nous en prive aux yeux de nos semblables. Quant à la beauté et à la laideur, je commence seulement à deviner ce que cela signifie pour vous. Les âmes-oiseaux m’ont aidé à pénétrer ces notions. A vrai dire, de telles notions sont étrangères à la majorité des membres de notre peuple. Nous ne parvenons à distinguer clairement que la douceur ou la rudesse d’une âme par l’odeur et la lumière qu’elle dégage. Quant au reste, je sens seulement ce que cela veut peut-être dire pour vous et cela m’étonne. Il y a des formes, des apparences qui nous surprennent, qui nous inquiètent parfois, mais guère plus. Ce sont celles qui ne sont pas conformes à nos habitudes, qui dispersent nos points de repère. Ce qui nous fait peur, c’est ce dont nous ne comprenons pas la raison. Nous avons besoin de nos habitudes. Chacun fonctionne ainsi dans mon peuple. Cela nous renforce.

oiseau vol« Organisation », disent les âmes-oiseaux, cela construit notre âme.

Aujourd’hui, je n’ai pas d’homme pour traverser ma vie, pour me donner des habitudes, alors quelque force en moi me suggère une routine comme si ce besoin était inscrit très profondément dans mon cœur par exemple, il faut que je me réveille chaque jour avant le soleil et que je gratte le sol ; il faut aussi que je recueille le parfum de certaines plantes et que j’essaie de le garder sur moi. Cela me renforce et me sécurise parfois, lorsque ma route ne s’inscrit plus nettement sous mes pattes. Ainsi, j’arrive mieux à la retrouver, à m’en souvenir. Il faut que tout soit simple. C’est comme cela que nous vivons… »

La communication avec l’Ame-Guide a cessé brusquement !

Vous pouvez reproduire cet article et le retransmettre, à la condition que vous ne le modifiez pas et que vous Respectiez la source du  blog de Francesca à cette adresse https://medecinehistorique.wordpress.com/

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