Faire face aux émotions avant qu’il ne soit trop tard

A l’école on apprend l’histoire, la géographie, les mathématiques, le français, le dessin et  la gymnastique … Qu’apprend-on sur l’affectivité ? Rien. Rien sur comment intervenir quand un conflit se déclenche dans un ascenseur. Rien sur le deuil, rien sur la maîtrise de la peur, rien sur l’expression saine de la colère.

Quatre-vingt -dix pour cent de notre vie quotidienne est passée sous silence. Ne serait-il pas aussi utile de recevoir quelques notions sur la conscience de soi et le décodage des émotions, que de connaître les rois de France et 1515 ?

L'évolution

Pour réussir, le Quotient Intellectuel ne suffit pas, nous le vivons tous, dans l’école ou dans l’entreprise ; ce qui fait la différence, ce ne sont pas seulement nos compétences techniques, mais nos capacités à gérer nos affects et à communiquer. Il y a des lois dans la communication, des connaissances qu’on peut acquérir, des savoir-faire à maîtriser, des savoir-être à épanouir. Le langage des émotions a une grammaire. Animer une réunion, perler en public, vaincre la timidité, répondre à l’agressivité, s’affirmer, donner un avis, écouter, comprendre les réactions d’autrui, pleurer, motiver une équipe et se motiver soi-même, accueillir des émotions, faire face à l’adversité et au changement, résoudre des conflits…

Dans le cadre de la formation continue, les séminaires de relations humaines offrent aujourd’hui de multiples occasions de nourrir ses compétences relationnelles. Mais chaque fois, les stagiaires demandes : « Pourquoi n’enseigne-t-on pas cela à l’école » ?

Peut-être parce que, si le savoir en lui-même est aussi ancien que l’homme, son organisation est relativement nouvelle, tout au moins en Occident. Peut-être aussi parce qu’un certain nombre de gens ne veulent pas apprendre ce qu’ils considèrent comme inné. Pour eux, la relation, c’est comme marcher ou respirer, ça ne s’éduque pas. Ils veulent rester « naturels ». L’intelligence des rapports sociaux ne serait-elle pas à mettre sur le même plan que les autres formes d’intelligence ?

Il n’y a pas une intelligence, mais plusieurs.

On peut en dénombrer sept (la liste n’est pas exhaustive). Aux intelligences verbale et logico-mathématique  déjà reconnues par le QI, on ajoute les intelligences spatiale, musicale, kinesthésique, interpersonnelle et intrapersonnelle.

L’intelligence de l’espace, la faculté à se représenter en trois dimensions, à s’orienter, est utile aux marins, ingénieurs, chirurgiens, sculpteurs, peintre s, architectes… L’intelligence musicale repose sur l’exercice  de l’oreille et du rythme. L’intelligence kinesthésique est l’intelligence du corps, celle que maîtrisent les danseurs, athlètes, chirurgiens et artisans. On définit l’intelligence interpersonnelle comme la capacité à comprendre les autres et à travailler avec eux. L’intelligence intrapersonnelle correspond à « la faculté de se forme rune représentation de soi précise et fidèle, et de l’utiliser efficacement dans la vie ».

L’intelligence émotionnelle, selon Daniel Goleman, recouvre des compétences telles que : la capacité de se motiver et de persévérer malgré l’adversité et les frustrations ; le contrôle de ses impulsions, et la capacité de différer une satisfaction ; la capacité de réguler son humeur et d’empêcher la détresse d’altérer ses facultés de raisonnement ; l’empathie ; l’espoir. Elle englobe donc les intelligences inter et intrapersonnelles d’Howard Gardner.

Tout un chacun a eu l’habitude de la rencontrer sous le vocable « intelligence du coeur ». Mais souvent confondue avec une certaine naïveté et inconscience des « réalités de ce monde », elle était réservée ‘paradoxalement) aux prélats, aux simples d’esprit et aux grands sage s, aux femmes ou aux poètes. Aujourd’hui, elle devient une dimension essentielle de la réussite et du bonheur.

énergie chez francesca

Comment définir l’intelligence du cœur ? 

On la reconnaît immédiatement en ce qu’elle met en contact avec ce qu’il y a d’humain en soi. Celui qui  est habité par elle pénètre au-delà de la surface des choses, il écoute les motivations profondes.

Ce n’est pas la raison qui guide le monde, ce sont les émotions. Il est temps de s’en préoccuper. A l’intelligence de la tête, joignons celle du cœur. La démocratie est à ce prix.

Les émotions qu’on ne veut pas écouter prennent le pouvoir….  La raison seule ne peut leur faire obstacle. Ils séduisent parce qu’ils offrent l’union contre le méchant, un sentiment de fraternité aux dépens d’un mouton noir, une revalorisation personnelle au prix de la dévalorisation d’autrui.

On parle de la violence extrême des banlieues, on parle des gamins qui pour une paire de bottes ou un blouson, assassinent leur copain. On parle beaucoup de ces pulsions qui débordent, car elles inquiètent. En revanche, on ne parle pas du revers de la médaille, de toutes ces émotions qui ne s’expriment pas, qui se soumettent et se retournent vers l’intérieur. Solitude, dépression, angoisse, sont pourtant le log quotidien de beaucoup d’entre nous. Un Français sur dix est dépressif.

Faute de gérer adéquatement nos émotions, véritables infirmes relationnels, nous nous heurtons les uns aux autres. Consommation médicale impressionnante, abus de tabac et d’alcool, difficultés à communiquer, solitude croissante, racisme et exclusion… sont des symptômes d’une maladie sociale. 

Qu’est est le sens de la vie ? 

Nous éludons la question en nous évadant dans les hypermarchés, dans le travail ou sur le PC. « Une vie de dingue » dit-on avant de se remettre sous perfusion télévisuelle.

L’angoisse fait marcher le commerce. Les laboratoires pharmaceutiques sont les grands gagnants de cette course à l’exploitation de la détresse émotionnelle et relationnelle.  Cent vingt millions de boîtes de tranquillisants, somnifères et antidépresseurs sont vendues chaque année. C’est le deuxième poste de remboursement de l’assurance maladie derrière les antibiotiques. Il est urgent d’apprendre à faire face à nos émotions.  Le sentiment de sécurité, puisé hier dans les traditions, l’appartenance à un groupe, une famille ou à une entreprise, doit désormais se trouver en soi.

Seul l’accès à nos émotions vraies peut nous permettre de répondre aux défis que nous propose notre société et sa complexité.

Extrait du livre : L’INTELLIGENCE DU CŒUR

Vous pouvez reproduire librement cet article et le retransmettre, A la condition que vous  Respectiez le lien de l’auteur  Francesca : https://medecinehistorique.wordpress.com/

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