La cause animale : Entrer en contact avec des forces de l’Univers insoupçonnées

Une chaleur intime se dégage au niveau précis du cœur et l’image d’une sorte de diaphragme qui se dilate en son centre s’impose à nous, balayant tout, pour laisser place à une vague de paix…. Maître-Lièvre s’adresse alors à nous en ces termes :

le lièvre« Vous voici donc enfin, frères humains ! Il y a longtemps, si longtemps que mon poitrail et mon peuple espèrent cette heure. Recueillez, je vous prie, mes pensées…. Elles sont les messagères de toute ma race qui s’adresse à la vôtre. Elles sont un appel à l’écoute, à vous qui si souvent nous croyez aveugle set stupides, inconscients et irréfléchis.  Elles sont aussi un présent pour l’apaisement, un présent pour vous tous que mon peuple craint.

Je sais que l’homme n’est pas uniquement cruauté et mépris. Je sais que certains d’entre vous ont un poitrail qui ressemble au nôtre avec mille flammes roses et blanches qui s’en échappent. Nous vous observons dans les fourrés, lorsque vous parcourez les monts et les champs, et au premier pas que vous faites, vous dévoilez votre être tout entier. Si je vous offre ma demeure (terrier), c’est pour que ceux d’entre vous qui ne respirent pas la cruauté et le mépris rejoignent en pensée les miens durant ces terribles jours de l’année où l’homme déverse le tonnerre sur eux.

Ceci n’est pas la supplique d’un peuple de faibles face à une race de dieux qui maîtrise le feu et cent mille autres choses. C’est l’appel à la simple raison qu’un peuple pacifique lance à un autre peuple qui, croyant dominer le monde, amoindrit chaque jour un peu plus son propre souffle et abîme son corps.

Lorsque, avec vos armes crachant le feu, vous parcourez les garrigues et que vous nous traquez jusque dans nos abris, vous ignorez à quel point nous pleurons sur ce qui vous habite. Ne croyez pas que ce soient nos corps qui tremblent. C’est ce quelque chose en nous sachant capter et lire la flamme qui, en vos yeux, vous consume. Cette dernière n’est pas la flamme de celui qui doit vivre mais celle de celui qui a enraciné en lui le besoin de détruire. Se hausse-t-on en abaissant autrui ? Je vous le dis au nom de mon peuple. En vérité, c’est moins nous que vous faites saigner que cette Force au-dedans de vous dont vous semblez tout ignorer.

Lorsque par les bois et entre les rochers marchent des hommes nimbés d’une coquille de lumière où la grisaille et les rouges paraissent eux-mêmes se livrer un combat, je sais la souffrance que ces hommes portent en eux, au-delà même de celle qu’ils nous infligent. Car j’enseigne à mon peuple que celui qui tue et se repaît de son emprise sur l’autre, a d’abord entrepris de se détruire, d’abîmer son propre poitrail. Avant de faire les victimes que l’on voit, la souffrance ravage celui qui la génère, à son propre insu. J’ai trop bien vu, frères humains, que cette souffrance coule dans les veines de votre race. Aujourd’hui, le signe que je vous adresse au nom de mon peuple est motivé par un espoir, celui de générer un sursaut de paix chez le plus grand nombre de vos semblables. Non seulement pour le genre dont je suis issu, mais pour l’ensemble des êtres non-humains de ce monde.

Cette graine de paix, je suis conscient qu’elle ne pourra pleinement germer que si le souvenir d’un certain Soleil de l’âme est ravivé dans le cœur humain. Elle ne peut en effet venir à maturation si elle est alimentée par la pitié. L’univers de mes frères animaux ne veut pas de la pitié des hommes. Nous avons trop bien qu’un tel sentiment n’a jamais élevé un seul être parce qu’il se gorge en silence des notions d’infériorité et de supériorité.

La pitié n’a jamais été la compassion… et c’est peut-être nous, animaux, qui étrangement en ces jours, visitons plus que l’homme le monde de la compassion… car nous voyons à quel point votre semblable est pris au piège d’un filet de mépris et d’ignorance. Frères de la terre que nous partageons, entendez dans mes paroles une douleur répondant comme un écho à votre propre douleur.

Même si les mots par lesquels mon âme communique avec les vôtres vous semblent parfois teintés de fiel, n’y voyez aucune condamnation, aucun jugement dont je serais l’interprète au nom des miens. Le peuple animal est incapable d’un jugement au sens où le pense le peuple humain. Il ne juge pas. Simplement, il ne comprend pas ce qui, en l’homme, s’acharne à contredire l’ordre supérieur des choses. Alors il fuit ou tente de se défendre pour rétablir l’équilibre qu’il voit menacé. Cette notion d’équilibre est présente en tout cœur animal, voyez-vous. Elle en constitue sans doute le pivot. Elle est une façon de traduire la présence de l’Esprit  universel qui entend prolonger Sa vie à travers lui. Ainsi, elle dépasse infiniment ce que vous appelez vie et mort. C’est par elle que nous acceptons pleinement les deux visages de la Force, lorsque ceux-ci s’inscrivent dans la loi d’harmonie.

le lièvreLa tâche me revient donc de raviver votre mémoire, frères humains. Il me faut ramener celle-ci jusqu’en un temps si lointain que ce monde où nous vivons offrait un autre visage, d’autres courbes, d’autres couleurs. C’était un monde infiniment chaud, un monde où les brumes étendaient souvent leurs bras sur des immensités car, constamment, le Soleil rencontrait l’Eau… Et son rayonnement était tel que la mémoire animale le décrit comme forçant presque les êtres à une incroyable croissance. Ecoutez bien maintenant ce qui était en ces temps… »

Pendant un court instant, nous avons presque envie de dire… « Est-ce bien toi, frère Lièvre, qui t’exprime ainsi ou est-ce un maître de sagesse qui emprunte ta forme » ? quoi qu’il en soit, Maître-Lièvre nous répond :

« Votre question a-t-elle un sens ? La Sagesse n’a pas d’âge, pas de forme. Elle est sœur de la Connaissance et voyage ainsi de moule en moule, d’apparence en apparence. Défaites-vous de cette idée que l’âme animale n’expérimente la Vie qu’en ses manifestations et ses réflexes primaires. Vous n’avez fait que pénétrer sur son seuil… Ainsi, laissez-moi maintenant vous amener dans notre passé commun, si lointain que presque tous en ont perdu la trace consciente…. En ces temps de Soleil et d’Eau, nos deux peuples se côtoyaient sans peur ni agression. Nos apparences respectives étaient autres qu’aujourd’hui. Vos corps étaient plus forts, plus grands et les nôtres se montraient également infiniment plus développés. Une sorte de spontanéité et de simplicité vous habitaient et que, depuis, vous avez perdues. Celles-ci faisaient que vous pouviez plonger en notre conscience et que la vôtre nous était beaucoup plus proche qu’aujourd’hui.

Vous nous saviez issus de la même Force que vous et la réalité de notre âme vous était évidente. En rêve ou tout au moins ce que vous appelez rêve, vous consultiez les plus sages d’entre nous. Car, voyez-vous, de tous temps, le peuple animal dans son ensemble a eu pour mission d’incarner sur Terre, à travers ses capacités, certains grands principes issus de l’Esprit Universel. Ainsi donc, nombre d’entre nous sont des attributs, des représentations de qualités divines qui viennent s’offrir au monde des hommes. Voilà pourquoi votre frère l’animal a souvent été porteur d’un message venu de l’Infini.

Les hommes et les femmes que vous étiez en ce temps-là le savaient. Il en résultait un respect et une complicité mutuels. Parfois, lorsqu’il arrivait que nos âmes ne puissent communiquer, nous nous croisions simplement, sans autre désir que celui de laisser l’autre aller là où il le voulait, sans intention de le dominer ou d’en tirer profit. Et puis, quelque chose se passe… Quelque chose que nous ne vîmes pas arriver mais qui changea la flamme de votre regard. Alors, tous les guides-animaux de ce monde s’assemblèrent dans cet Univers du milieu où l’âme est libre de toute entrave. Partout, leur constat était le même ; un poison lent mais terrible semblait vouloir faner le cœur de l’homme. Ce poison le coupait non seulement d’eaux mais aussi d’avec ses semblables. Il se montrait si subtil, si pernicieux qu’il paraissait ne pas vouloir se contenter de couler dans les veines humaines mais se répandre beaucoup plus loin. Nous ne savions quel visage lui donner… orgueil, envie, jalousie… Et à chaque fois que nous lui en trouvions un possible, c’était comme si son concept prenait naissance en nous et nous fanait aussi un peu. Nous comprîmes vite que toute la race de l’homme était malade et que sa maladie pouvait gagner le monde aussi rapidement que le vent se déplace. C’était une onde toxique qui embrumait le poitrail et qui faisait que rares devenaient les êtres conservant dans leur regard ne fût-ce qu’une étincelle de ce qu’ils avaient été.

Alors, les hommes commencèrent de semer la mort partout où ils posaient le pied… et les guides de nos peuples comprirent qu’il n’y avait que la fuite pour toute réponse. C’est ainsi que le fossé entre ce qui devait devenir deux mondes différents se creusa jour après jour. Lorsque la violence et l’agression sont semées, hélas, on ne les retient pas dans le périmètre d’un champ. Leurs graines s’envolent et s’implantent en chacun. Voilà pourquoi à notre tour, nous fûmes touchés par la maladie. Nous apprîmes les lois de la violence et d’emprise sur autrui, tout d’abord en nous défendant, puis par une sorte d’imitation car il y avait une pulsion qui voyageait d’âme en âme et qu’aucun ne pouvait stopper.

Agencement du monde chez francesca

Un nouvel agencement du monde se mettait en place où chacun se retranchait derrière d’invisibles mais effrayantes barrières. Ce fut le temps où l’humain commença à découvrir qu’il pouvait aimer la chair et en tirer une force insoupçonnée. Alors, son corps et son cœur entrèrent définitivement en mutation, préférant l’amnésie à la lucidité. Il y avait l’homme d’un côté et l’univers de l’autre, qu’il sentait hostile à force de le nourrir de sa propre agressivité. Tout ceci n’est pas un conte, frères humains, et c’est un peu comme cela que demeure en vous une vieille, vieille nostalgie qui vous fait souffrir. Il y a si longtemps que vous êtes pris au collet que vous avez tendu et que vous êtes ligotés dans vos propres pensées… Voilà pourquoi il vous faut maintenant beaucoup de simplicité et d’humilité pour réapprendre à écoute r, à voir, à parler.

Pourtant, sachez-le par ma voix, mon peuple ne cherche pas à donner de leçon au vôtre. S’il le redoute toujours, il en connaît aussi toute la richesse et c’est en cette puissance-là, en celle qui est étouffée, qu’il veut croire malgré tout. La pureté ne disparaît jamais… elle peut juste se laisser recouvrir d’écailles. Ainsi, vous n’accomplirez pas un retour vers votre propre source sans accepter de retrouver en nous les compagnons de route d’autrefois… car nous sommes une des clé par lesquelles votre cœur s’ouvrira ».

…… « Laissez-moi vous dire encore… fait la conscience de l’animal. Laissez-moi vous dire que depuis fort longtemps l’âme animale a compris que tout ce parcours n’est pas une erreur au sens où vous l’entendez. Une chute n’est ni totalement une erreur, ni réellement le fruit d’un oubli de quelque chose. Elle ressemble à un chemin de traverse cahotant ; elle est un méandre de l’âme qui expérimente sa liberté. Vous vous êtes brûlés mais essayons de voir ensemble au-delà de cette brûlure.. En elle, en sa douleur, se cache un maître de sagesse. Et celui-là vous enseigne, nous enseigne, bon gré, mal gré ! Il parle et répète sans cesse sa leçon jusqu’à ce que nous en intégrions les joyaux, les uns après les autres, durant des temps infinis s’il le faut. Avec bon nombre de mes frères, je vois trop bien que si vous êtes les artisans du mal qui asphyxie ce monde, vous pouvez également en devenir les rédempteurs. A chaque fois que l’un de nous meurt sous les coups de l’homme ou est écrasé par son mépris, l’homme lui-même se retranche de la Nature et, ce faisant, se coupe un peu plus de son essence… car la race humaine, voyez-vous est simplement un élément de cette Nature… parmi d’autres.

Que diriez-vous de votre main si, sans cesse, celle-ci frappait et blessait le corps qui l’a générée ?

Apprenez à nous aimer

Elle serait l’instrument d’un lent mais permanent suicide.  Si je vous dis « apprenez à nous aimer« , c’est aussi une manière de vous dire « apprenez à vous aimer« . De vous à nous, de nous à la Création et de la Création à vous il n’y a qu’un pas que le cœur franchit allègrement. Vous vouliez prouver ou vous prouver que vous êtes les maîtres de ce monde. Voilà qui est fait d’une certaine manière. La liberté vous en a été donnée durant des millions d’années. Mais de quelle maitrise s’agit-il ? A chaque fois que votre doigt presse une détente ou qu’un scalpel nous dépèce dans un laboratoire, ce n’est pas de maîtrise dont il est question, mais d’esclavage, car i si la soif de pouvoir est à ce point inextinguible en vous, elle ressemble bien à ce boulet que vous tirez.

Sans doute êtes-vous surpris que l’âme d’un lièvre, au fond de son terrier, puisse ainsi s’exprimer. Dans doute placera-t-on la réalité de mes paroles au rang des fantaisies. En effet, comment un animal pourrait-il à ce point connaître l’univers et le cœur des humains ? Par le seul fait que la Vie n’a pas tout dit à travers votre peuple… et par le fait également que l’Amour fait fleurir une intelligence dont vous n’avez pas idée. Cette intelligence ne nous rendra jamais hommes, certes. Elle fait mieux que cela. Elle transforme notre souffle et lui apprend à être tout simplement… Humain ».

En vérité, l’âme qui vit dans le corps de ce lièvre est en fait une âme humaine. C’est l’âme d’un grand Etre, celle d’un homme qui, parmi les siens, a déjà parcouru un très très long chemin. Les Orientaux diraient qu’elle est celle d’un Boddhisatva, c’est à dire d’un homme qui, libéré des entraves de l’ego, a choisi de demeurer un temps encore sur cette Terre, plutôt que de poursuivre son ascension vers des sphères de Vie plus lumineuses. Cela pour aider ses semblables. Et ses semblables… une âme peut les trouver chez ses plus jeunes frères. C’est une des plus belles preuves d’amour et d’abnégation que l’on puisse imaginer, l’offrande d’une vie pour que toute une espèce croisse un peu plus rapidement.  Cependant, amis humains, n’en déduisez pas que tous les animaux qui sont les guides de leur peuple soient pour autant des Boddihisatvas. Loin s’en faut. Il en est juste quelques centaines de par ce monde. Cela demeure exceptionnel, car jamais une âme humaine, si elle n’est investie d’une semblable mission d’éveil, ne se réincarne dans un corps animal. Dans ces rares cas, le souvenir de son passé humain lui est alors partiellement estompé. Elle se sent animale, porteuse souvent nostalgique de toute la lumière d’un azur incrusté en elle et c’est ainsi, par son intermédiaire, qu’un peuple s’éveille davantage. Mais… dites-moi, lorsque votre grand Frère, à vous les hommes, celui que l’on nomme le Christ, est venu adombrer un corps de chair, il y a quelque deux mille années, n’a-t-il pas agit selon la même loi d’amour ? La conscience de l’homme, dites-moi, n’est-elle pas aujourd’hui encore… animale, face à un tel Etre ? L’Amour absolu fait parfois accepter une prison afin d’ne écarter les barreaux… pour autrui » !  

 Passages du livre : Le peuple animal aux Editions Ada ! Daniel Meurois et Anne Givaudan ont abordé la question d’une manière peu commune. 

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site de Francesca :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

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