L’Histoire du Sirop miraculeux du docteur Chabert

 En 1853, le sirop du docteur Chabert est présenté comme employé avec succès dans les maladies de poumons, les gastrites et les affections de poitrine, et passe pour fortifier les organes digestifs et posséder la propriété, par ses vertus laxatives et sudorifiques, de rétablir tous les désordres de notre être

Dans un état moyen de santé, ce sirop ne se prend que sept heures au moins après son repas. Quand on en fait usage, quatre, cinq ou même six heures après avoir mangé, il peut arriver qu’il occasionne quelque perturbation dans l’économie animale. Dans ce cas, une seconde potion, prise à moindre dose, quelques heures après, répare instantanément les désordres que la première semblait avoir causés. Un moyen sûr de reconnaître si ce sirop a trouvé le mécanisme digestif dans un état qui convienne à son ingestion, c’est de n’éprouver aucune répugnance à prendre une nouvelle dose, et de ne pas sentir, après l’avoir pris, l’effet d’un poids pesant sur l’estomac.

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La meilleure manière de faire usage de ce médicament est de le prendre par doses d’une cuillerée à bouche, étendue dans un verre d’eau, en mettant une heure d’intervalle entre chaque potion. Les personnes auxquelles il serait plus agréable de le prendre pur, pourraient se l’administrer ainsi et avaler ensuite un verre d’eau y qui ne doit jamais être froide, et, si l’on transpire, il est souvent bon de la faire tiédir. Il convient, quand on commence à employer ce sirop, d’en prendre plusieurs doses, pour en obtenir l’effet purgatif qui est de la plus grande importance. Si pourtant, dans une maladie trop intense, on ne pouvait obtenir ce résultat, ce qui arriverait très rarement en répétant plusieurs fois les potions, on aurait recours aux lavements, de manière qu’il pût séjourner dans les intestins. Ce mode donnera, dans certains cas, au malade, un très prompt soulagement.

Ce remède produit son effet purgatif tant que l’état maladif le requiert ; aussitôt que le malade n’en a plus besoin, cet effet cessera, et le sirop n’en continue pas moins, par ses autres vertus sécrétoires, à agir de manière à amener la guérison complète. Il est bon, quand on doit l’employer un certain temps, de prendre une double potion, tous les deux ou trois jours, afin de le faire opérer laxativement. Si on éprouve de la faim, on ne doit pas s’en préoccuper ; la potion tient lieu d’un repas, et l’on est sûr de voir la faim disparaître aussitôt qu’elle est prise ; il serait à désirer au contraire qu’on se trouvât toujours dans cette disposition ; aussi, selon qu’on aura un estomac plus paresseux, il conviendra de mettre d’autant plus de temps entre les repas et l’heure à laquelle on prendra cette potion ; l’autre se prendra le matin, deux ou trois heures avant le déjeuner.

Les doses que l’on doit prendre peuvent être facilement réglées par la personne qui en fait usage, car si elle a une indisposition alarmante, elle en prendra jusqu’à ce qu’il ait agi purgativement en observant une diète sévère, même de plusieurs jours, si l’état de maladie l’exige. Elle se rappellera que le sucre contenu dans le médicament la nourrira suffisamment, et que, lorsque l’appétit se fera sentir, c’est quelle sera en voie de guérison ; elle pourra alors presque toujours prendre sans danger quelques aliments légers. Il conviendra de continuer ce régime trois ou quatre jours, après qu’on a cessé de prendre le remède. Si quelque temps après avoir pris ce sirop, il ne produisait pas l’effet qu’on doit en attendre, il faudrait se reposer quelques jours et recommencer ensuite pendant une quinzaine, en suivant toujours le régime prescrit, et continuer ainsi jusqu’à ce qu’on se trouve dans un état de parfaite santé ; on ne saurait trop persévérer, alors même qu’on éprouve du mieux et qu’on se pense guéri, surtout si l’on suppose que le mal a une vieille origine.

On peut compter sur une parfaite guérison aussitôt qu’il a produit du mieux et qu’on a la persévérance de le prendre assez longtemps et convenablement, en se rappelant qu’il est toujours de la plus haute importance de le faire agir purgativement tous les deux ou trois jours ; ce qu’on obtient en en prenant deux potions le soir en se couchant, toujours sept heures, au moins, après avoir mangé et à une heure de distance, et deux autres le matin en observant les mêmes intervalles ; on peut déjeuner deux ou trois heures après l’avoir pris.

RECETTE pour la composition du sirop

  • Jalap pulvérisé : 28 grammes
  • Anis pulvérisé : 6 gr. 30 c.

Faites macérer pendant 4 jours, dans :

  • Alcool : 200 grammes

recettte

Agitez souvent pendant la macération

  • Salsepareille hachée : 200 grammes
  • Rhubarbe pulvérisée : 50 grammes
  • Aristoloche pulvérisée : 37 gr. 50 c.
  • Sonine pulvérisée : 30 grammes.

Faites une décoction avec la quantité d’eau nécessaire (environ 4 litres) pour qu’elle puisse bouillir deux heures et à la fin ajoutez à la décoction :

  • Follicules de séné pallhe : 100 grammes
  • Sassafras : 100 grammes.

Après avoir laissé infuser quelque temps ces deux substances dans la décoction, passez avec expression, mettez le résidu dans un litre d’eau ; passez avec expression afin de ne rien perdre de la décoction et remettez dans la bassine, en ajoutant :

  • Cassonade : 2 000 grammes
  • Miel vierge : 400 grammes.

Faites bouillir jusqu’à consistance de sirop très rapprochée, laissez refroidir et mettez en bouteilles ; divisez l’infusion alcoolique après l’avoir filtrée, en autant de doses que vous avez de bouteilles de sirop, et mettez exactement chaque dose avec chaque bouteille au moyen d’une cuiller dans un vase. Il importe beaucoup que l’amalgame soit bien fait. On aura soin de toujours agiter la bouteille lorsqu’on voudra faire usage du sirop.

AVIS IMPORTANT
Lorsqu’on fait usage du sirop du docteur Chabert, il faut s’abstenir d’aliments, qui contrarient les effets de ce remède et peuvent le rendre plutôt nuisible que salutaire. Tels sont particulièrement le LAIT, le CAFÉ, le THÉ, le VIN, tous les ACIDES, les ASTRINGENTS et les CRUDITÉS, qui, souvent, lorsqu’on les ingère pendant l’usage du sirop, peuvent occasionner des gastrites, donnant ainsi au médicament un effet diamétralement opposé à celui qu’il doit produire, étant un spécifique sûr pour ces guérisons.

recueil

D’après le « Recueil de notices sur le sirop du docteur Chabert », paru en 1853 

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