L’autoguérison pour la médecine du 3e millénaire

 

Alors que les pouvoirs publics se mobilisent pour tenter d’enrayer la « prolifération des médecines douces », celles-ci organisaient le 3e colloque Écomédecine les 26 et 27 octobre 2012. Encourager, favoriser et accompagner la guérison du malade par lui-même, telle pourrait être la philosophie guidant les praticiens des médecines humanistes.

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Daniel Kieffer, président de la Fenahman.
Photo : Jean-Luc Martin-Lagardette.

« Combattre la maladie, ce que fait la médecine allopathique, ce n’est pas la même chose que de s’occuper de la santé, comme le font les naturopathes, soutient Daniel Kieffer, président de la Fédération française de naturopathie (Fenahman). Nous n’opposons pas un remède à un mal, nous cherchons à renforcer la vitalité propre de l’individu, à restaurer son homéostasie (1). D’où notre investissement, également, pour la prévention primaire active, dans notre rôle d’éducateurs de santé, en amont même de la maladie. »

Intervenant le 27 octobre à Paris au colloque sur le rôle et les enjeux de l’Écomédecine, Daniel Kieffer a précisé que la naturopathie moderne, dont les racines remontent à Hippocrate, le père de la médecine, a été redécouverte il y a 115 ans aux États-Unis. Et qu’elle s’est depuis fortement professionnalisée. En près de 20 ans, les cursus dispensés dans les écoles (une quinzaine au total) sont passés de 800 heures à 1 600 heures (4 400 heures en crédit européen, selon les accords de Bologne qui permettent de prendre en compte le travail personnel des élèves). Avec beaucoup de pratique clinique, une forte déontologie et le serment. Un cinquième des étudiants viennent des milieux médicaux et paramédicaux ».

Les approches dans ce domaine étant multiples et diverses, se pose la question de leur validité. Le gouvernement veut faire croire qu’elles sont des « portes d’entrée pour les groupes à caractère sectaire ». Un processus d’analyse de ces disciplines non conventionnelles a commencé, sous la responsabilité de la direction générale de la santé. Aujourd’hui, seules trois évaluations ont été conduites par le Groupe d’appui technique sur les pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique (GATPNCVT), sur les 400 pratiques recensées.

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Ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain

Nicole Reilkoff ND Naturopathie, par Aok Palad CC BY 2.0

La méthode est-elle la bonne ? Au sein de ce groupe d’appui ne figurent que des représentants de la médecine académique, donc étant juges et parties dans la controverse « médecine conventionnelle/médecine non conventionnelle », et des administrations ou des institutions de « police », comme la Miviludes, l’Ordre des médecins, le ministère de la justice et l’Oclaesp (Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique).

autoguérison

Il est vrai que certaines pratiques peuvent être étonnantes aux yeux du public. Les magnétiseurs, par exemple, ou les chamans, très à la mode aujourd’hui. Des dérives peuvent exister, comme dans la plupart des métiers. « Mais il ne faudrait pas non plus jeter le bébé avec l’eau du bain, avertit Jean-Pierre Guillaume, médecin ostéopathe. Beaucoup de ces pratiques ont de vrais résultats. La science devrait en tenir compte et les regarder avec une certaine bienveillance ».

Des  cliniques privées pluridisciplinaires 

« En outre, ajoute D. Kieffer, l’évaluation des médecines non conventionnelles ne peut se faire dans le même cadre méthodologique que la médecine classique. Si on peut comparer les médicaments et les plantes selon des protocoles semblables ou proches, on ne peut étudier les approches naturopathiques de la même manière. On ne peut pas tester la prévention « en double aveugle » ! Il faudrait, par exemple, confier ces évaluations à des spécialistes opérant avec des échelles du bien-être. Il faudrait tenir compte des effets de ces méthodes sur le sommeil, la digestion, le moral, la résistance aux maladies en hiver, l’économie en consultations et en produits médicaux, etc.

« Plus le malade est actif et responsable de sa santé, moins on a besoin de médecins. La personne qui s’implique dans sa santé a davantage besoin d’accompagnants, qui encouragent ses capacités d’autoguérison», pense le président de la Fenahman. Qui ajoute : « Nous nous plaçons en partenaires complémentaires de la médecine classique, non en opposants ni en remplaçants. Dans cette optique, des cliniques privées pluridisciplinaires commencent à apparaître en France : c’est une des  voies de l’avenir. »

  • Capacité d’un organisme à maintenir l’équilibre de ses constantes biologiques.

> Un exemple de centre de ressources multidisciplinaires, celui d’Aix-en-Provence, premier centre d’accompagnement thérapeutique consacré aux patients atteints de cancer et leur entourage, qui fête sa première année d’existence.

> L’enregistrement des conférences sera disponible sur le site difproductions.

Ce contenu a été publié dans Médecine douce, Santé par Jean-Luc Martin-Lagardette

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