Souffrir pour être belle, beau … ou pas

 

L’épilation ne nous a pas attendus pour rentrer dans l’histoire. En effet, près de 2000 ans avant notre ère, l’épilation était déjà en vigueur chez les rois et les reines.

Les méthodes d’épilation utilisées allaient alors du « brûlage » des poils à l’aide de coquilles de noix incandescentes, à l’arrachage par l’application d’une préparation à base de résine de pin, en passant par l’épilation des sourcils au sang de chauve-souris. Toutes ces recettes perdureront jusqu’au Moyen Age.

BELLE ET BEAU

Avec la fin de la première guerre mondiale, une véritable révolution se fit jour dans les moeurs : pour la première fois peut-être depuis plusieurs millénaires, la mode allait enfin libérer le corps de la femme de son carcan social et moral. Les décolletés s’élargissent, les bras se dénudent puis les robes et les jupes se raccourcissent progressivement. C’est alors une seconde accélération du développement de la pratique de l’épilation… Désormais, la chasse au poil est ouverte et l’absence de pilosité est perçue, à tort ou à raison, comme un critère majeur de séduction et d’hygiène, aussi bien par la gente féminine que masculine.

EPILATION

Aujourd’hui, par souci de propreté et de raffinement, il est « indispensable »  d’avoir des jambes lisses et nettes hiver comme été, sous peine d’être montrées du doigt. A un moment donné, les pâtes ou les crèmes dépilatoires s’adressaient exclusivement aux femmes dont le système pileux était important, alors que l’emploi d’eau additionnée de savon suffisait à celles dont les jambes était couvert d’un duvet fin et soyeux. Aujourd’hui, tout s’épile : les bras, le visage et la lèvre supérieur, les sourcils, le pubis, l’anus etc….

La décoloration n’en reste pas moins valable, l’emploi en guise de solution décolorante un mélange d’eau oxygénée avec quelques gouttes d’ammoniaque, ce procédé affaiblissant les duvets trop épais. Le mélange préparé par la plupart des esthéticiennes donne des résultats vraiment spectaculaires :

1 cuillerée à café d’eau oxygénée à 20 volumes + 1goutte d’ammoniaque + 2 cuillerées à café de talc. La pâte ainsi obtenue enrobe bien le poil. L’étaler à la spatule, laisser 5 mn, rincer à l’eau tiède puis talquer.

Des « bons » et des « mauvais » poils

Mais comme tout n’est pas si mal fait dans la nature, les endroits où l’animal humain a toujours des poils, sont plutôt bien choisis, nous assurant aussi quelques avantages. Sur le caillou, d’abord. Les cheveux, c’est beau -peut-être parce que c’est le seul endroit où on les accepte (?) Si les hommes sont souvent jugés moins beaux que les femmes, ce n’est pas parce qu’elles sont des femmes et qu’ils sont des hommes. C’est parce que la construction sociale nous fait avoir des cheveux longs, leur fait avoir des cheveux courts. Et de plus en plus courts. Jusqu’à nous montrer des crânes chauves pas toujours bien proportionnés. Les cheveux adoucissent le visage, détournent l’attention des imperfections, et nous rendent un peu moins nu(e)s et pourtant ce sont des poils.

Mais le poil, ça n’est pas que beau nous dit-on. C’est aussi protecteur. Sous les bras, d’abord. Les aisselles sont des zones sensibles du corps humain, et propices aux irritations. Le poil y fait rempart. Pourtant, depuis quelques décennies, il a totalement disparu, au profit de produits déodorants, souvent nocifs, mais enrichissants… pour l’industrie.

La beauté, c’est aussi une norme, de ce qui nous excite. Or la présence du poil, c’est signe qu’on est adulte. Ou, en tout cas, l’inverse évoque le corps de l’enfant. Alors non seulement, c’est plus agréable, mais c’est aussi plus attirant. Parce que cela n’évoque pas un âge qui n’a pas de place dans une sexualité libre…

EPILE

Tout cela n’est que souffrances totalement inutiles…. 

Et puis, les hommes et les femmes ont du poil aux pattes. Et du poil aux bras, parfois. Mais depuis l’invasion des images -fixes et animées- on a créé la femme à vendre, anorexique et totalement épilée au prix de souffrances totalement inutiles. Les marchands de l’image, les publicitaires, les pornographes, s’en sont emparés, et on voudrait nous faire croire qu’une femme ne peut pas être désirable si elle a des poils. De plus en plus, il semblerait qu’il faille aussi que les hommes doivent cacher ces poils que nous ne saurions voir. Bientôt, au lieu de se battre contre le diktat de l’épilation intégrale des femmes, il y en a qui vont même réclamer qu’ils se rasent le torse, peut-être ? Et même le sexe, peut-être un jour ? Mais qui se permettrait de décider cela pour eux ? Qui se permet de décider cela pour elles ? Des « spécialistes du sexe autoproclamé(e)s », marques, magazines, qui servent des intérêts économiques ? écrit Sandrine Goldschmidt

La gynécologue Hélène Jacquemin-Le Vern a tenu à expliquer le problème aux jeunes femmes dans Le Nouvel Obs en ces termes : « C’est un fléau auquel j’ai affaire tous les jours dans mon cabinet. Nombreuses sont mes patientes qui ont de réelles irritations lors de la repousse de leurs poils, ou des boutons. C’est une contrainte épouvantable : les femmes ont mal pendant l’épilation, ça les irrite pendant deux jours, elles sont bien pendant 3-4 jours, puis ça commence à gratter, à repousser… et il faut tout recommencer » !

Bien des femmes s’épilent de cette façon pensant que cela plait aux hommes…or, selon de récents sondages, seulement 12 % d’entre eux aiment vraiment ce type d’épilation…les autres, la grande majorité donc, préfère largement lorsqu’il y a davantage de poils ! Pourquoi s’infliger de telles douleurs à la repousse et de tels problèmes de poils incarnés pour rien ?

On a tendance à penser que les poils ne servent à rien or, ils ont bel et bien une utilité… les poils de notre sexe servent à nous protéger des infections. Ils font barrière pour les muqueuses afin d’éviter les infections…cela parait pourtant si logique ! Les poils permettent également de protéger la peau des frottements avec les sous-vêtements, surtout sur les peaux fragiles !

Sachez qu’une femme dépense en moyenne 12 000 euros pour s’épiler tout au long de sa vie… un sacré budget ! Avec une épilation plus légère, vous feriez donc de sacrés économies… Mais au-delà de ça, les médecins s’inquiètent des dérives liées à l’épilation intégrale. En effet, bien des femmes seraient tenter d’aller jusqu’à la nymphoplastie, une pratique chirurgicale qui consiste à se faire refaire le vagin et notamment les lèvres :

 « Maintenant que les femmes s’épilent, elles ont un meilleur aperçu du volume de leurs petites lèvres, qui sont à l’intérieur, plus fines et moins charnues que les grandes lèvres, mais qui dépassent. Les femmes se comparent aux actrices porno, mais le font également entre elles. Certaines viennent me dire : ‘Je suis la seule à avoir d’aussi grandes lèvres, ce n’est pas normal ‘. Or, si : l’anatomie est faite ainsi. »  raconte Hélène Jacquemin-Le Vern.

>> Lire aussi: Epilation féminine: cinq idées reçues sur les poils sous les bras

Vous pouvez reproduire librement cet article et le retransmettre, A la condition que vous  Respectiez le lien de l’auteur  Francesca : https://medecinehistorique.wordpress.com/

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