LES CHEMINS DE L’EVOLUTION

 

 Un homme était dans un jardin. « La colline au bout de mon champ me fascine, se dit-il, je vais monter dessus ». Il se mit en chemin, gravit la colline, regarda l’horizon, regarda le soleil et son champ tout en bas. « Je vois le monde, dit-il, je sais tout ». Alors, il vit venir vers lui des formes, des êtres à sa ressemblance. « Je suis toi » dirent-ils. Mais ils n’étaient pas lui, il savait bien. Il savait bien qu’ils n’étaient pas comme lui. Ils disaient « En plus de cette colline, il y a d’autres montagnes, il y a d’autres sommets qu’il faut gravir encore. Tu ne vois pas le monde, tu n’en vois qu’un aspect. Tu vois cette montagne, là-bas, il te faut la gravir à ton tour, et puis d’autres encore après celle-là; et même de là-haut, tu ne verras pas le monde. Mais gravis-la toujours ».

L'évolution

Il réfléchit longtemps, il réfléchit beaucoup : « Si je monte par là, je ne verrai plus mon champ, ni mon jardin et la colline ressemblera à un gros tas de cailloux, peut-être. Ma maison, la verrai-je toujours? Le soleil aura-t-il toujours ce même aspect de fleur orangée? Si je quitte ce point, verrais-je encore le monde »? Il se mit en chemin néanmoins, après beaucoup d’hésitations, prenant son temps, s’arrêtant en parcours, retournant sur ses pas, puis repartant. Curieux ?

Peut-être. Avide de savoir? Sans doute. De se donner raison ? à lui ? Peut-être aux autres. Les premiers contreforts de la montagne, il les gravit. Arrivé tout en haut, se retournant, il dit : « Ma maison, là-bas est toute petite. Je la devine et mon champ forme un tapis doré. Le Soleil a changé de place, le ciel a changé de lumière. Ça y est, je vois le monde! Je n’ai rien perdu en somme, même si c’est différent ».

Alors ils revinrent vers lui : « Tu vois, il faut monter plus haut. Regarde autour de toi, ce massif montagneux, ce pic enneigé qui rejoint le soleil, l’aigle en haut des montagnes l’a gravi avant toi; tu ne vois pas le monde encore, et pas plus de là-haut; mais tu sauras davantage ce qu’il en est du monde. Monte encore ». Il savait bien lui, qu’ils n’étaient pas lui, quoiqu’ils disent. Et à quoi bon monter si ce n’est pas le monde que l’on voit de là-haut; oui, à quoi bon monter, il était bien ici! Il était au sommet sur un sommet, il voyait encore quelque chose qu’il reconnaissait. Quelle sécurité! Là-haut, c’est la solitude. Qu’ai-je à faire avec l’aigle et ces gens qui se disent être moi ? Ce sont des étrangers. Qu’ai-je à faire avec eux?

Néanmoins, poursuivant son chemin, il monte et monte encore, de plus en plus haut et de plus en plus loin. Non, bien sûr, il ne voit pas le monde, mais il voit des montagnes, il voit des collines, il voit des vallons, il voit des cours d’eau, et il voit le Soleil, toujours plus grand, toujours plus beau, et une autre lumière. Il sent le souffle d’air, sa vision le fascine. « Ça y est, je vois le monde! Ils avaient tort là-haut! Je sais que je vois le monde ». Mais quelque chose en lui cette fois lui dit : « Monte encore, tu n’auras pas fini; le monde, le monde n’a pas les frontières que tu lui as mises; il te faudra cette vie, d’autres vies, bien des vies, et jamais tu ne verras le monde, car le monde, tu le crées au fur et à mesure que tu montes; le monde, avec toi, s’agrandit, plus tu montes, plus ton regard s’ouvre. Tu crées le monde à chaque pas que tu fais, à chaque regard que tu portes. Jamais tu ne verras le monde, car il est infini. Monte encore, tu n’as pas perdu ta maison, tu ne la vois plus certes, elle est intégrée dans le paysage ».

Cette voix intérieure, il la reconnaît. Il sait que c’est la sienne, il sait qu’en lui est sa maison, en lui sont tous les paysages. Alors il se repose un instant, content, heureux. Il pense à ceux qui sont en bas et qui croient voir le monde, heureux mais limités, insatisfaits, toujours. Il projette vers eux sa pensée et transmet son message à son tour : « Non, vous ne voyez pas le monde, montez, montez encore plus haut les premiers contreforts de la montagne, ce pic enneigé, et ne vous arrêtez pas. Toujours il faut monter ».

C’est cela l’évolution. Chaque palier a son importance, et ceux qui montent à la colline et ceux qui montent à la montagne ne suivent pas forcément le même sentier, mais ils montent à leur pas et découvrent chacun à leur tour, à leur niveau, un aspect de ce paysage dont chaque regard contribuera à former un tout, un tout harmonieux, un ensemble de connaissances, un ensemble de compréhension, qui sont nécessaires pour tous, comme pour chaque âme. Il ne faut pas craindre de monter. On ne perd rien, on intègre tout, rien n’est à rejeter. Plus on monte, plus on emmène avec soi son paysage, les êtres aimés. Il ne faut pas craindre de monter. Il ne faut pas, non plus, se retourner pour regarder trop souvent en arrière. Ce n’est pas bon de tergiverser. Dans l’espace, et l’espace n’est pas le ciel étoilé, c’est tout un ensemble de choses, tout un ensemble d’autres choses, le ciel étoilé est dimensions, fréquence, états de la lumière, états de la matière, qui sont une seule et même chose à des degrés divers. Dans l’espace existe toute une hiérarchie, toute une chaîne d’Amour qui, du haut jusqu’en bas, travaille à hisser les êtres, à leur montrer le chemin, à leur montrer la lumière.

Imaginez que l’on fait pour vous, avec ses mains un escalier. Il ne faut pas rester sur la première marche, il faut voir les autres mains, les autres marches. Si vous restez en bas, vous ne montez pas, mais ceux qui sont derrière attendent votre place il faut hisser les autres en se hissant soi-même. Vous la voyez, vous la connaissez cette chaîne d’Amour, chaque être a un nom, est identifié par vous bien que le nom n’ait aucune importance. Le nom, c’est une façon, sur ce plan de la Terre, de se reconnaître les uns les autres parce que vous ne savez pas encore saisir les différences vibratoires qui caractérisent chaque être, chaque âme, chaque conscience, chaque lumière.

Un jour viendra, vous saurez qui est qui, rien qu’à sa vibration, rien qu’à la nuance de son Amour, rien qu’à la couleur de son caractère. Vous ne limiterez plus personne par un nom formel, vous saurez ce qu’est le nom; c’est une musique, c’est un son limité dans votre espace à quelques lettres, à une forme, mais le nom, c’est tout autre chose. Si je dis par exemple « Jean » il y a plus que « Jean », il y a la vibration engendrée par chaque lettre, il y a le relief du son prononcé, du son émis, il y a ce que Jean signifie pour vous, il y a le rapport que vous faites avec le nom de Jean et les personnes que vous connaissez, porteuses de ce nom, tout un ensemble de choses en vérité qui font bien plus que les lettres et le son.

Oui, vous nous connaîtrez tout autrement. Il suffit pour cela que vous laissiez jaillir de vous toute votre lumière, que vous montiez sur vos montagnes, et qu’en même temps vous saisissiez, vous perceviez cette immense chaîne d’Amour à sa juste valeur, à sa juste mesure, et que vous n’ayez pas peur de monter plus haut.

Nous descendons vers vous aussi bas que nous le pouvons, aussi près de vous que nous le pouvons, et puis progressivement nous nous éloignons de vous pour que vous nous suiviez, non pas aveuglément, non pas pour être ce que nous sommes, mais pour que vous puissiez être vous, en vous élevant de niveau en niveau, en vous dépliant, en vous ouvrant, en vous épanouissant. C’est la chaîne d’Amour. Qu’avez-vous à craindre de monter ?

Quand vous montez, vous montez tous les autres avec vous, vous ne laissez personne en arrière, simplement vous passez devant, et ceux qui sont passés devant vous auparavant vont vous suivre à présent. D’autres sont devant vous, vous passerez devant, et ainsi à tour de rôle. Regardez ce mouvement, on dirait une danse. En fait, c’est une danse, l’évolution. On vous l’a souvent dit : Qu’avez-vous à craindre de monter? Ne rejetez pas vos valeurs, faites-les tinter comme le cristal, déployez-vous, expansez-vous, ne restez pas dans votre jardin, ne restez pas sur votre colline, allez toujours plus loin, vous emportez le monde avec vous et vous le créez de plus, au fur et à mesure de votre ascension. Vous n’êtes pas prêts d’avoir fini et d’arriver, comme le croyaient les anciens, au bout du monde.

Depuis quand montez-vous ainsi, et quand vous arrêterez-vous? Il n’y a pas de limite. Bien des fois déjà, vous avez hésité au cours de vies passées. Vous vous êtes arrêtés en disant : « Je vois le monde ». Il a bien fallu continuer. C’est un appel en l’être. C’est un instinct profond. Qu’avez-vous à craindre de monter? Vous ne laisserez personne en arrière. Rappelez-vous ce mouvement, passez devant, d’autres vont passer devant vous, il y aura toujours cet aller/retour. Vous savez, le petit chien qui part devant son maître, dans la promenade, et qui revient en arrière, et qui tourne autour de son maître, et qui repart, et qui fait ce manège bien souvent sans être jamais fatigué. Vous faites la même chose.

chemin d'évolution

Vous devez faire la même chose car vous ne travaillez pas uniquement pour vous. Vous travaillez pour l’unité, vous travaillez pour l’univers, vous êtes des parties constituantes de cet univers sans fin, des cellules irremplaçables. Si vous vous opposez de vous-mêmes à ce mouvement, vous allez vous figer, vous allez vous faire mal et faire bien du mal à d’autres que vous connaissez ou que vous ne connaissez pas; mais la différence n’existe pas dans l’univers.

Vous êtes, tous, tous, solidaires à un point que vous n’avez jamais pensé.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

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