Ce que la maladie m’a appris

La maladie grave est une crise génératrice de chaos qui peut aussi nous faire avancer. En s’interrogeant sur le sens de leur souffrance, Michèle, Bruno et Patsy ont appris à mieux se connaître et ont trouvé la force de se battre. Une formidable leçon de vie.

4 Nature

La maladie est le plus court chemin pour accéder à soi-même, disait le philosophe Henri Bergson. Elle représente un danger, mais aussi une opportunité de comprendre qui nous sommes et d’évoluer. Dans La maladie a-t-elle un sens ?, Thierry Janssen explore ce besoin universel de trouver une explication cohérente, acceptable à ce qui nous arrive. Le chirurgien et psychothérapeute anime également des ateliers mêlant techniques psychocorporelles et art-thérapie. « J’invite les patients à court-circuiter leur mental, à respirer, à danser, pour reprendre conscience de leur corps, sentir ses limites, explique-t-il. Ensuite, je leur demande de rester dans cette conscience d’eux-mêmes, afin de laisser monter en eux l’information donnée par leurs sensations. Cette information se transforme alors en émotions, qu’ils vont exprimer à travers des dessins ou des sculptures, ce qui les aide à représenter leur maladie, leur souffrance physique et psychologique. Puis je leur propose de dépasser cette vision et de dessiner ou de modeler une représentation d’eux-mêmes débarrassée de la souffrance, en pleine santé. »

Il ne s’agit pas de chercher le sens de la maladie, mais de lui donner du sens, de comprendre notre part de responsabilité inconsciente dans les processus qui rendent malade, afin de pouvoir mieux agir.

Donner du sens à la maladie, c’est agir sur elle

Confrontés à la maladie, nous perdons tous nos repères. Dans son livre, La maladie a-t-elle un sens ?, le psychothérapeute Thierry Janssen nous invite à penser autrement cette épreuve et à retrouver l’espoir qui aide à la guérison.

La maladie est une crise, elle pose des questions : comment, pourquoi je suis malade ? Elle représente à la fois un danger, puisque nous risquons de perdre beaucoup, et une opportunité de comprendre qui nous sommes et d’évoluer. Une invitation à grandir. Confrontés à la maladie, nous perdons nos repères, nous sommes infantilisés. Toutes les cultures de l’humanité proposent des systèmes explicatifs de la maladie pour réorganiser ce chaos. Dans toutes les croyances, on retrouve des notions assez archétypales de la bonne santé : équilibre, harmonie, beauté. Elles insistent aussi sur la responsabilisation collective face à la vie. Cette expérience de chaos agit comme une piqûre de rappel sur notre besoin de sens, fondamental et inhérent à la nature humaine.

Existe-t-il un sens universel à la maladie ?

Non. Il existe au moins trois niveaux de sens, que les Anglo-Saxons expriment très bien en utilisant plusieurs mots pour désigner la maladie. Il y a le sens biologique de l’affection (disease), qui en est l’explication matérielle et organique. S’y ajoute un sens symbolique du malaise (illness), qui est une interprétation subjective que les patients ont besoin d’exprimer. Et, de manière tout aussi importante, il faut considérer le sens collectif de la maladie (sickness), qui décrit la maladie en tant que phénomène culturel et social, et pose une question à l’ensemble de la collectivité

si je change mes habitudes, si je dirige un petit peu le cours des choses, je vais avoir un vrai pouvoir sur ma maladie.

Et ça suffit pour guérir ?

Pas exactement. Les recherches menées en psycho-neuro-immunologie – une discipline qui tente d’établir des liens entre les différentes composantes de la personne – démontrent que l’espoir et les émotions agréables renforcent les mécanismes réparateurs et les défenses immunitaires de l’organisme. Tenir compte de la dimension psychique est indispensable si on veut aider le corps à guérir, à condition de suivre son traitement. Mais il faut résister à la tentation de vouloir faire coïncider absolument le sens symbolique avec le sens biologique, au risque de confondre l’interprétation des symptômes d’une maladie avec ses causes réelles.

coucher soleil

Chaque individu est unique, chaque histoire est particulière. Il convient donc d’aider chaque patient à trouver le sens qu’il souhaite donner à sa souffrance. Au-delà des explications toutes faites, dans le respect de la réalité intime de chacun. La médecine moderne laisse peu de place à ces questions. Un accompagnement psychothérapeutique pourra s’avérer une aide précieuse pour les patients, en complément des traitements classiques. Les émotions positives qui en découleront aideront sans doute à la réussite de ces traitements. Il s’agit d’aider à trouver un équilibre cohérent entre le corps et l’esprit. Car la cohérence est un des piliers fondamentaux de la guérison. Elle implique de (re)trouver l’adéquation entre nos pensées, nos croyances, nos paroles et nos actes. Nous ne devrions pas attendre d’être malades pour penser à cultiver ces principes de bonne santé.

Le retour à la bonne santé passe par la fluidité du corps, souple et en mouvement, associée à la fluidité de l’esprit, capable de se remettre en question et d’évoluer. Pour y parvenir il est indispensable d’avoir confiance en soi et en la vie. Plus on se fait confiance, plus il est aisé de rester fluide. Et plus on est fluide, plus on a tendance à faire confiance. Confiance et fluidité sont alors deux qualités au service de notre cohérence, condition essentielle à l’expression de notre pleine vitalité.

Vous pouvez partager ce texte à condition d’en respecter l’intégralité et de citer les sources et le site :  https://medecinehistorique.wordpress.com/

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