La vision de Van HELMONT Jean-Baptiste

 

 Jean-Baptiste van Helmont croyait fermement en l’alchimie ; il avait certains penchants mystiques et croyait à la pierre philosophale. Il respecta l’enseignement de William Harvey et celui de Galilée. Observateur minutieux et expérimentateur précis, ses apports furent finalement importants dans les domaines de la chimie et de la physiologie. Il découvrit l’existence des gaz vers 1610.

HELMONT

Van HELMONT Né à Bruxelles (Belgique) en 1579, d’origine noble, Jean-Baptiste Van Helmont décrocha son diplôme de philosophie à l’âge de 17 ans à l’Université du duché de Brabant (devenue l’Université catholique de Louvain). Il se tourna vers l’astronomie, l’algèbre, la géométrie euclidienne. Il suivit par ailleurs au collège des jésuites de Louvain les cours du professeur Martín Antonio Delrío (1551-1608), qui publia un traité sur la magie, le Disquisitionem magicarum.

À la suite d’une vision, il réalisa qu’il avait emprunté une mauvaise voie. Il lut les mystiques rhénans : Thomas a Kempis et Jean Tauler. En même temps, il étudia la médecine par les herbes de Matthioli, de Dioscoride, puis la médecine galénique, inspirée d’Hippocrate et d’Avicenne. En 1599, il obtint son diplôme de docteur en médecine mais il lisait Paracelse, et se mit à pratiquer une médecine « iatrochimique » toute opposée dans ses principes au galénisme de la Faculté. Il exerça dans toute l’Europe : Suisse et Italie (1599-1605), France et Angleterre (1602-1605). Il épousa Margarita van Ranst en 1609, dont il eut quatre filles puis un fils, François-Mercure. De 1609 à 1619 il se consacra à la méditation et à la recherche, surtout en pyrotechnie : il s’appelait lui-même Philosophus per ignem (philosophe par le feu).

À la suite d’une nouvelle expérience spirituelle, il se crut adeptus naturae, initié aux secrets de la nature. En 1618, il appela son fils « François-Mercure », car il pensait avoir obtenu de l’or à partir du mercure, grâce à une transmutation alchimique.

En 1617, J.-B. Van Helmont publia De magnetica vulnerum curatione, ce qui ouvrit une controverse avec Rudolf Goclenius le Jeune (1572-1621) et Jean Roberti. Goclenius (1608), en paracelsien, croit à la guérison magnétique des blessures : tout corps vivant possède un magnétisme animal propre, une force qui peut être utilisée, notamment à des fins thérapeutiques, par exemple l’onguent armaire (armarium) permet de soigner par l’arme qui a occasionné une blessure. Le jésuite Jean Roberti (1617) le réfute et l’accuse de superstition. J.-B. Van Helmont critique les deux et les jésuites en général. Il est mis en examen par l’Inquisition en 1634, jusqu’en 1636. Interrogé sur la kabbale, il répondit qu’il savait que les rabbins employaient cet art pour l’intelligence des mystères de leur foi, mais que les chrétiens n’en avaient pas besoin : les écrits de Reuchlin et Ricius lui avaient appris que ce n’était que fables et vaines tortures de l’esprit.

Jean-Baptiste Van Helmont mourut à Bruxelles en 1644.

VAN HELMONT

Chef de file des iatro-chimistes, il unit, comme Paracelse, un esprit génial à une imagination désordonnée et souvent fumeuse.  C’est un non-conformiste, toujours plus ou moins en lutte avec les écoles officielles. Il mène une vie errante à travers toute l’Europe, pratiquant la chimie et l’alchimie,  la fois pour elles-mêmes et dans leurs applications au traitement des maladies.  L’œuvre chimique de Van Helmont est importante.  Il a étudié le gaz, notamment l’acide carbonique et pressenti le mécanisme de la combustion.

En physiologie il a décrit la présence dans l‘estomac d’un acide et d’un ferment. C’est un précurseur de la chimie biologique moderne, puisqu’il a fait des analyses du sang et des urines, démontrant dans celui-là la présence de sel, dans celles-ci la présence de sel et d’ammoniaque.  Il a contribué à ruiner la vieille théorie d’Hippocrate et de Galien en montrant que l’air, la terre, l’eau et le feu sont des substances complexes et non pas des éléments. Mais les éléments qu’il leur a substitué, suivant en cela la doctrine des alchimistes, s’ils ont certes une existence plus réelle, ne représentent pourtant qu’une grande erreur physiologique ; pour Van Helmont, en effet, il n’y a que trois éléments fondamentaux qui sont : le sel, le soufre et le mercure, noms qui ne sont d’ailleurs pas pris dans leur acception actuelle. 

Toute cette partie de l’œuvre de Van Helmont mérite notre admiration ; il a, d’une façon plus précise que Paracelse, compris l’importance de la chimie pour le fonctionnement normal et pathologique de l’organisme humain, ouvrant ainsi une voie dont nous savons combien elle devait être féconde. 

Quelques préparations médicinales, obtenues en .opérant sur les fossiles, les animaux et les végétaux, lui parurent renfermer les vertus suffisantes pour composer sa panacée. Ces succès rendirent à Van Helmont son ancienne passion pour la médecine : mais c’était une médecine nouvelle et toute de sa création ; il s’intitula Medicus per ignem, faisant allusion par-là à la source d’où sortaient ses remèdes. Van Helmont s’étant alors marié avec une demoiselle noble, se retira dans la petite ville de Vilvorde, à deux lieues de Bruxelles. Là, renfermé dans son laboratoire, il s’occupa de ses travaux chimiques jusqu’à la fin de ses jours, se vantant d’avoir trouvé le moyen de prolonger la vie et la santé ; écrivant des théories extravagantes sur l’organisation intellectuelle et physique du genre humain, sur les causes et le traitement de nos maladies.

Van Helmont ne connaissait point les principes élémentaires de la chimie, science alors encore au berceau : il ignorait même l’art de manipuler ; en sorte que son noviciat dans ses expériences fut long et qu’il y courut souvent risque de perdre la vie, au milieu des explosions, des expansions gazeuses qui s’opèrent inopinément pour l’ignorant qui, procédant au hasard, ne les saurait prévoir. Ce chimiste finit cependant par devenir un habile manipulateur, et découvrir l’huile de soufre per campanum, le laudanum de Paracelse, l’esprit de corne de cerf, celui de sang humain, le sel volatil huileux, et beaucoup d’autres préparations chimiques, qui, selon lui, devaient remplacer les remèdes galéniques.

Ce fut l’époque où il prit à tâche de renverser les doctrines admises par les écoles. Plusieurs des critiques de Van Helmont étaient sans doute fondées ; mais ce qu’il proposait à son tour était moins raisonnable encore. Ce n’est pas ici le lieu d’exposer les rêveries de Van Helmont sur le duumvirat et l’archée, deux puissances qui, à l’en croire, se partagent le corps humain.

En dépit de tout ceci, il vit mourir ses quatre enfants et sa femme, sans pouvoir les sauver : lui-même, il périt à soixante-sept ans, martyr de sa doctrine ; atteint d’une violente pleurésie, il avait refusé obstinément de se faire saigner. Van Helmont était un homme d’honneur, et de bonne foi : sa fin le prouve. Il ne voulut jamais accepter les offres brillantes des empereurs Rodolphe II, Mathias et Ferdinand II, qui firent tous leurs efforts pour l’attirer à Vienne.

SOURCE / https://medecinehistorique.wordpress.com/

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