L’histoire d’une mort en sursis

 

 

Le cas de Jacques Brunet n’est pas un cas unique. Il y aurait beaucoup d’individus déclarés morts et enterrés alors qu’ils ne l’étaient pas réellement. On ose même parler de 4 % de la population enterrée, chiffre peut-être excessif mais témoignant bien d’un véritable phénomène. On décrit des cas célèbres dans la littérature et même plus proches  de nous.

mort

Certains fossoyeurs admettent que, lorsqu’ils rouvrent des cercueils, ils trouvent parfois des mains rongées alors que le reste du squelette est intact. Ces mains sont rongées par la folle tentative de déchirer, griffer, mordre, casser le cercueil quand le sujet enterre vivant se réveille et s’aperçoit de l’épouvantable sort qui l’attend. Un cas célèbre rapporte qu’une femme morte en fin de grossesse fut enterrée et que l’on entendit des bruits venant de sa tombe. On ouvrit le cercueil et on découvrit que la malheureuse avait accouché. Malheureusement, son bébé et elle avaient succombé à l’asphyxie.

Une autre histoire : un homme de 50 ans fut enterré à la suite d’une mort par infarctus. Il se réveilla de son coma quelques heures après l’enterrement. Frappant des coups dans le cercueil, il fut entendu par une femme passant à côté qui appela le fossoyeur, lequel le délivra.

Comment peut-on déclarer mort quelqu’un qui ne l’est pas réellement ? Jacques Brunet avait pris de nombreux comprimés de barbituriques associés à de grandes quantités de whisky. Ce mélange mortel l’a mis en hypothermie, état de quasi-hibernation qui a trompé les médecins. Les médicaments ingurgités ont entraîné un effet dépresseur sur le système nerveux central, effet augmenté par l’alcool et entraînant une diminution extrême de la fréquence cardiaque et respiratoire tout en préservant les cellules cérébrales.

L’hypothermie permet en effet aux cellules de travailler au ralenti, d’avoir moins besoin d’oxygène, car leur métabolisme est diminué. Quelques mouvements respiratoires suffiront pour se maintenir en vie. C’est l’équivalent de l’hibernation que pratiquent les ours ou les marmottes, qui s’endorment plusieurs mois l’hiver, sans mourir, leurs cellules ayant besoin de moins d’oxygène. C’est un état de mort apparente que les médecins constatent. En fait, ces gens-là sont dans un état de quasi-hibernation avec une respiration très, très faible, parfois imperceptible, trompant tout le monde.

Mais que faire pour que ces cas, qui semblent encore fréquents, ne se répètent pas trop longtemps ?

  • Il faudrait que les corps ne soient pas enterrés trop vite, augmenter l’exposition du corps, le garder plus longtemps si la maladie, la température ambiante, l’état de décomposition du corps le permettent.
  • Faire systématiquement un électrocardiogramme (ECG), un électro-encéphalogramme (EEG) en sachant que, dans notre cas, un EEG plat n’aurait pas été significatif de mort cérébrale.
  • vérifier les réflexes pupillaires ;
  • épreuve d’Icare : injecter une solution fluorescente en intraveineuse et vérifier qu’il n’y ait pas de fluorescence des conjonctives.
  • fabriquer des cercueils avec des systèmes qui permettraient de signaler aux alentours que l’on n’est pas mort (signal lumineux, sonore, cloche…)

mort en sursis

Suite à une enquête effectuée avec le Dr Pierre-François Laterre chef du service des soins intensifs aux cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles (Belgique) et président de la Société de réanimation de langue française, voici quelques réponses pour nous éclairer ….

Combien de temps peut-on rester « mort-vivant » ?

Tout dépend des cas. Ce qui est sûr, c’est qu’une personne ne peut pas rester dans cet état indéfiniment sans respiration ni battement de cœur. Sinon, on aurait déjà réussi à conserver les corps grâce au froid ! D’une façon générale, le cœur peut rester environ 15-20 minutes sans activité, et autant de temps en phase de réanimation, c’est-à-dire lorsqu’on entreprend une ventilation artificielle et un massage cardiaque. En hypothermie, les besoins des cellules sont moindres, donc on peut rester plus longtemps en vie « dormante » avant de mourir. Mais on dispose de peu de données à ce sujet.

Dans la plupart des cas, on constate que les personnes ne survivent pas à cette renaissance. Pourquoi ?

Lorsque le sang se remet à circuler, il irrigue des tissus qui ont souvent été victimes de manque d’oxygène (on parle de lésions d’ischémie reperfusion). Le sang rencontre ainsi des tissus détruits qui vont s’activer et se débarrasser des éléments endommagés. Ces cellules créent une réaction inflammatoire en chaîne au sein de l’organisme. La personne décède ensuite de défaillance d’organes car les dégâts systémiques sont trop lourds, en particulier au niveau cérébral. C’est le cas des personnes piégées longtemps à haute altitude. Elles entrent en phase d’hypothermie, deviennent inconscientes et peuvent rester plusieurs heures ainsi, en vie. Mais les tissus se nécrosent, le froid provoque des gelures et les cellules, gorgées d’eau, finissent par éclater. La durée de cette phase détermine l’étendue des dégâts.

Peut-on imaginer que des gens soient morts une deuxième fois dans leur cercueil, après avoir recouvré la vie mais sans possibilité de sortir ?

En 2014, avec les moyens dont on dispose, cette idée ne me paraît pas plausible. Pour une raison simple, d’ailleurs : il faut souvent un délai d’un à plusieurs jours entre la constatation de la mort et l’enterrement. Cela laisse au corps le temps de se réveiller.

Par Francesca du blog https://medecinehistorique.wordpress.com/

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