La place de l’Esprit dans la Médication

 

Aime les plantes, les bêtes et les hommes penche-toi sur leur destin pour voir éclater en eux la puissance magnifique de la vie universelle et divine ; adresse des hymnes d’actions de grâces comme faisait ; Saint François d’Assise, à notre sœur l’eau, à notre frère le feu et à la limpidité des cieux et à la puissance sombre de la montagne. Bientôt, tu communieras délicieusement avec les choses et avec les êtres : Ceux que tu aimes t’aimeront, ils te donneront une part de leur puissance, ils te révéleront leurs secrets. Tu connaîtras la paix du cœur et les joies de l’intelligence, soit que tu frémisses d’un bonheur inouï en regardant l’aurore éveiller la forêt, parce que ton cœur multiplie sa joie des chants d’allégresse de l’oiseau et de l’élan des fleurs vers la lumière, soit que tu découvres, dans la sérénité des méditations, les ressorts cachés qui font mouvoir le monde. Sois simple, pur, confiant et bon comme un disciple de Pythagore ; comprends la nature pour t’efforcer de la suivre ou de l’imiter selon le conseil des alchimistes ; marche vers la vérité comme un enfant vers sa mère, sans t’embarrasser de systèmes préconçus, de préjugés et de fausses croyances.

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Tu trouveras à cette école le bonheur d’abord et l’équilibre de tes facultés, ensuite la connaissance de l’Unité du monde, seule base solide de toute spéculation philosophique. Le Créateur a voulu que l’Univers réalisât le mariage de la Substance et de l’Intelligence ; il l’a construit avec le Nombre, le Poids et la Mesure, comme le rapporte la Tradition, ce qui signifie qu’il a donné une forme concrète à toute pensée et placé l’Esprit au cœur même de la matière, non au dehors, en l’obligeant à se manifester et à comprendre à travers la matière et par son entremise nécessaire. Le Ciel se trouve ainsi enfermé à l’intérieur de la Terre. Si bien que l’obscure matière est le vêtement des splendeurs flamboyantes de l’esprit, sa racine et son aliment tout ensemble, et que les sciences les arts et les actions des hommes apparaissent comme autant de poèmes symboliques où les courbes du réel retracent le jeu des rayons de l’éternité. Poésie signifie création c’est dans l’œuvre des sept jours que jaillit la source vive de l’éternelle poésie.

Si tu sais ne point séparer la poésie de la science et si tu interroges les êtres créés autant avec l’amour de ton cœur qu’avec l’intelligence de ton cerveau, alors tu saisiras comment les vérités naturelles ont été déformées par le matérialisme et par le fanatisme. Celui-là cherche l’explication de la vie dans l’inertie de la mort. Celui-ci croit honorer l’esprit en méprisant la création pour peupler l’espace de la vanité de ses songes. L’un et l’autre s’égarent en ce qu’ils déchirent l’unité essentielle du monde, en ce qu’ils opposent l’un à l’autre la matière et l’esprit qui ne sont pas des principes contraires, mais des aspects et des degrés différents dans la manifestation de l’Etre unique. Rien de ces systèmes imaginaires ne rappelle l’ordre de la nature où la pensée, la substance et la vie apparaissent toujours indissolublement unies.

Pourquoi les vieux maîtres prisaient-ils l’Alchimie et y voyaient-ils une science particulièrement excellente? Ce n’était point que le pouvoir de faire de l’or tentât leur cupidité, ainsi que le disent les ignorants. Leurs préoccupations étaient plus hautes et, s’ils jugeaient l’Art Royal admirable, c’est parce que celui-ci leur découvrait l’union intime du monde physique avec le métaphysique. L’adepte savait ramener les aspects innombrables de la matière à une forme unique et il percevait que cette substance première du monde n’était elle-même qu’un voile de la réalité, une apparence trompeuse, comme la Maya des sages de l’Inde qui pouvait s’analyser en une forme de l’Energie universelle. C’est à ce point précis qu’arrivent les physiciens modernes qui décomposent l’atome en éons et qui se demandent si la matière n’est pas simplement un tourbillon de forces électriques. Cependant, le regard profond de l’hermétiste pénétrait plus loin encore dans les ténèbres du grand Tout : il voyait sous cette énergie le principe organisateur des choses, l’esprit créateur souffle de Dieu et flamme jumelle de son propre esprit : in lumine numen. Qu’il fût donné à l’adepte d’agir sur cette puissance de l’être et, à sa voix, les forces pouvaient s’orienter, les atomes se grouper et la matière se transmuer : cum numine lumen. L’Ecole de la Nature lui avait fait découvrir l’esprit au centre de la lumière astrale ; il imitait la Nature en agissant sur la lumière par la puissance de l’esprit : la science joignait l’initiation spirituelle, et le travail se complétait par la prière…

Extrait de Dr Marc HAVEN, Le Retour à la Terre, Psyché, mai 1913.

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