La thérapeutique du 20ème Siècle

Le scepticisme des thérapeutes du XIXè siècle n’a plus cours aujourd’hui ; il serait plutôt remplacé par le défaut inverse ; une trop grande confiance, de la part des malades comme du médecin, dans la vertu des remèdes, conduisant à un abus de prescriptions qui est certainement une des fautes dont la médecine moderne devra se corriger. Ce changement d’attitude traduit les immenses progrès accomplis depuis plus de cinquante ans et surtout à partir de la fin de la Première Guerre mondiale. Dans presque tous les domaines de la pathologie on possède des médications qui ont entièrement transformé l’art de guérir.

Les exemples les plus caractéristiques dans les différents domaines de la thérapeutique :

THERAPEUTIQUE BIOLOGIQUE

La découverte, à la fin du XIXè siècle, de la vaccination et de la sérothérapie avait fait naître d’immenses espoirs ; il semblait alors possible de prévenir ou de guérir toutes les maladies infectieuses, c’est-à-dire les principales pourvoyeuses de la mortalité.

LES SEROTHERAPIES. Dès la découverte de la sérothérapie antidiphtérique, on cherche de tous côtés de nouvelles applications de ce grand principe. Behring et Katasato, en même temps que l’antitoxine diphtérique, avaient préparé en 1890 une antitoxine tétanique. Mais à l’inverse de son prédécesseur, le sérum antitétanique se montra très peu actif contre la maladie déclarée. En revanche, Roux et Vaillard en 1893 chez l’homme, Nocard en 1894 chez les animaux, mirent en évidence le pouvoir préventif du sérum lorsqu’il est appliqué dès que se produit la plaie tétanigène. Les choses se déroulent un peu comme pour la rage ; à la vérité il s’agit d’une immunisation active dans le cas de la rage et passive pour le cas du tétanos ; mais dans les deux cas, la médication n’est vraiment utile que pendant la période d’incubation, période dont le début ne peut généralement pas passer inaperçu, marqué qu’il est par la morsure ou le traumatisme.

Un sérum antiméningococcique fut préparé en 1906 par Jochmann ; mais c’est surtout Flexner qui de 1907 à 1913 réalisa la sérothérapie contre le méningocoque. Les résultats furent d’abord très remarquables. Mais l’histoire ultérieure illustre bien les difficultés auxquelles peut se heurter la sérothérapie.

LES VACCINATIONS

Les deux grandes méthodes – sérothérapie et vaccination – issues des découvertes pastoriennes se sont développées parallèlement. En ce qui concerne la vaccination, on a d’abord cherché à appliquer à diverses maladies infectieuses la méthode des virus atténués, telle que l’avait imaginée Pasteur ; ces recherches ont conduit à deux découvertes, la vaccination contre la fièvre typhoïde et la vaccination contre la fièvre typhoïde et la vaccination contre la tuberculose.

vaccination

La vaccination par les toxines microbiennes.

A travers de ces grands exemples, divers autres vaccins ont été préparés parmi lesquels il faut citer particulièrement ceux qui permettent de lutter contre la peste, la fièvre jaune, le typhus exanthématique et plus récemment la coqueluche, la rougeole, la poliomyélite, la grippe, etc. mais cette méthode de vaccination a ses inconvénients, surtout si l’on emploi des virus encore vivants et atténués par divers procédés. Méthode compliquée et nécessitant une surveillance permanente des cultures. La tragédie de Lübeck fournit de ce danger un exemple éclatant. On sait que de nombreux enfants vaccinés à Lübeck entre février et avril 1930 moururent rapidement de tuberculose à point de départ intestinal ; la culture vaccinale avait été fournie par l’Institut Pasteur et s’était montrée inoffensive en France. Malheureusement, comme le prouva l’enquête poursuivie par les autorités allemandes, cette culture avait été contaminée, au cours des repiquages, par une souche virulente, responsable des accidents mortels.

LA THERAPEUTIQUE CHIMIQUE

Elle a connu un extraordinaire essor, depuis le début du XXè siècle. On a appris ainsi à reproduire synthétiquement les éléments actifs des plantes et l’on a de même opéré la synthèse de diverses hormones. Et surtout on a, de toutes parts, créé de toutes pièces des médicaments n’ayant aucun équivalent naturel. Une des caractéristiques de l’époque moderne et que l’homme n’est plus, pour se soigner, uniquement tributaire de la nature, mais invente et fabrique lui-même ses remèdes : il est de moins en moins l’obligé de Centaure Chiron et de plus en plus ingénieux. Si l’on veut mesurer l’importance de cette révolution, il suffit de consulter le Codex de 1908 et les formulaires qu’il a inspirés jusque dans les années qui ont suivi la première Guerre ; la plupart des produits qui y figurent sont tombés en désuétude, remplacés par tous ceux auxquels l’homme a donné la vie. A mesure qu’on a multiplié ces nouveaux corps on s’est familiarisé avec une de leurs propriétés les plus curieuses ; c’est que leur action sur l’organisme est étroitement liée à leur structure chimique : il suffit parfois de déplacer un atome d’oxygène ou d’hydrogène pour changer totalement les propriétés thérapeutiques. On songe vraiment à une clé qui cesse d’ouvrir une serrure mais peut en ouvrir une autre dès qu’on en modifie un peu le profil. Et, de même qu’on peut fabriquer une infinité de clés différentes, on peut imaginer une infinité de corps qui, grâce à des différences parfois minimes de structure, permettent des applications thérapeutiques nouvelles.

therapie-vegetale

LA THERAPEUTIQUE VEGETALE : antibiotiques

De vieilles croyances populaires attribuaient depuis longtemps aux champignons et aux moisissures le pouvoir de guérir les plaies. Le Theatrum botanicum de John Parkinson, paru à Londres en 1640, vante un unguentum sympathicum dans la composition duquel entrent des moisissures prélevées sur de vieux crânes conservés dans les ossuaires ; l’auteur ajoute, il est vrai – ce qui marque bien la différence des temps – qu’il faut choisir les crânes de sujets qui ont été perdus ou exécutés pour des crimes.  On trouve même des allusions précises au pénicillum. Townsend raconte que lorsqu’il était étudiant en botanique à Cambridge, le garçon de laboratoire ramassait les échantillons de pénicillium glaucum laissés par les étudiants, disant que dans sa famille, on l’employait depuis longtemps pour guérir les plaies infectées. La découverte de la pénicilline aurait d’ailleurs pu être faite dès 1876 par le grand physicien Tyndall.

La pénicilline : de nombreux travaux d’approche précédèrent les grandes découvertes. Avant Fleming, l’action inhibant de divers pénicillium avait déjà été remarquée. En 1896, Gosio étudiant la pellagre isola d’une variété de pénicillium qui souillait le maïs une substance cristalline capable d’inhibe le bacille du charbon. La pénicilline s’est montrée active contre de nombreux microbes usuels, notamment le pneumocoque, le streptocoque, le staphylocoque, le méningocoque ; elle a permis de guérir la plupart des affections pulmonaires aiguës, les méningites aiguës diverses, certaines septicémies particulièrement graves ou habituellement mortelles comme les endocardites dues au streptocoque viridans. C’est encore maintenant le plus actif et le plus maniable des antibiotiques. Mais d’autres micro-organismes lui échappent, notamment le microbe de la tuberculose et divers bacilles dont le plus important, au point de vue pratique, est celui de la fièvre typhoïde. Et est enfin tout à fait inactive vis-à-vis des divers virus. Insuffisances palliées par la découverte de toute une série de produits nouveaux, fournis non plus par les vrais champignons que sont les pénicilliums, mais par des organes difficiles à classer, intermédiaires entre les champignons et les bactéries, les actinomycèdes ou streptothrix.

La streptomycine : comme Fleming pour la pénicilline, Waksman eut des prédécesseurs. Ces recherches naquirent de l’étude des sols et de leurs bactéries. Ce sont les substances inhibitrices que Walsman isole avec Woordruf en 1940 ; étudiant pour cela quelques milliers d’actinomycètes et quelques centaines de champignons divers. Mais les premiers corps étaient ou peu actifs ou trop toxique s ; et c’est seulement en 1943 que le streptomyces griseus le récompensa de son travail en lui donnant la streptomycine dont il annonça la découverte avec Schatz et Bugie, en janvier 1944. Pour la première fois les médecins se sont libérés de leur impuissance séculaire face à la terrible maladie. Et les résultats les plus beaux ont été obtenus dans les formes les plus graves, dans les tuberculoses aiguës et dans les méningites tuberculeuses dont on n’avait jusqu’alors jamais vu guérir un seul cas. Ceux qui ont assisté dans les Sociétés savantes à la présentation d’enfants parfaitement bien portants, et qui auraient dû mourir, n’oublieront pas leur émotion profonde devant ces miracles de la science.

Autres antibiotiques : C’est encore aux actinomycètes que l’on doit les trois antibiotiques qui forment, avec les deux précédents, ce qu’on pourrait appeler les cinq grands.

La renaissance des thérapeutiques végétales ne s’est pas bornée aux antibiotiques. On s’est aperçu, dans ces dernières années, qu’il y avait plus de plantes guérisseuses sur la terre et sous le ciel que n’en rêvait notre science. C’est ainsi qu’une plante des Indes, la rauwalfia serpentina a fourni le meilleur remède contre l’hypertension artérielle. C’est ainsi encore, et sans multiplier les exemples, qu’on a pu extraire d’une plante égyptienne, l’amni visnaga, divers corps que, d’après son nom arabe, l’on a baptisé khellines et qui activent la circulation coronaire. Il est bien probable que nous ne sommes pas encore au bout de notre dette envers les plantes.

Travaux de recherche de Francesca http://devantsoi.forumgratuit.org/

sur le Blog   https://medecinehistorique.wordpress.com/

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s