Utilisation des corps Radio-Actifs

L’emploi de la radio-activité est la plus récente application des forces physiques à la médecine. On utilise les corps simples – métalloïdes ou métaux – devenus radio-actif et qu’on désigne sous le nom général d’isotopes. L’iode radio-actif en fournit l’exemple le mieux connu.

L’iode apporté à l’organisme est dans sa presque totalité capté par le corps thyroïde qui s’en sert pour former l’hormone thyroïdienne. Suivant les maladies de la glande, cette capture s’effectue en surplus ou insuffisamment ou encore selon un rythme anormal. Ce sont ces modalités de capture que l’iode radio-actif permet d’extérioriser. Cet isotope émet des radiations qu’un appareil spécial, le compteur Geiger, enregistre et dénombre. En appliquant l’appareil devant le corps thyroïde, il devient très facile de savoir de quelle quantité d’iode cette glande est chargée et de mesurer à la fois la vitesse de sa capture et la vitesse de sa disparition. On en tire, pour le diagnostic des affections thyroïdiennes, des renseignements d’une très grande valeur.

medecine

On ne connaît pas encore toutes les applications possibles de cette méthode. Le radio-gallium peut servir à explorer le système osseux et le radio-phosphore les lésions cérébrales. Le radio-fer renseigne sur la vie des globules rouges. Et bien d’autres conquêtes sont à prévoir dans ce domaine. La médecine, maintenant qu’elle est devenue définitivement scientifique, peut profiter de tous les progrès des autres sciences, même les plus nouveaux et les plus subtils.

L’étude clinique des malades a fait depuis la fin du XVIIIè siècle d’extraordinaires progrès. A ces méthodes se sont ajoutées, depuis la fin du XIXè siècle, toutes celles que fournit le laboratoire. On les utilise aujourd’hui tout naturellement et presque par routine ; mais pour les découvrir il a fallu de longues recherches, beaucoup d’ingéniosité, et parfois du génie.

hevesy

C’est en 1923, que Georg von Hevesy découvre la méthode des indicateurs. Mais c’est principalement la découverte de la radioactivité artificielle en 1934 par Irène et Frédéric Joliot-Curie qui a mis à la disposition des médecins et des biologistes une panoplie d’isotopes radioactifs conduisant à l’établissement de diagnostics précis. Les progrès techniques en détection permettent d’enregistrer des rayonnements gamma très peu intenses et de faire des examens délicats sans perturber l’organe observé. Les médecins nucléaires peuvent maintenant choisir les molécules marquées par des radio-isotopes les plus appropriés pour la fonction ou l’organe à explorer. Ces molécules marquées par des radio-isotopes sont appelées traceurs radioactifs ou radiopharmaceutiques. Des progrès spectaculaires ont été réalisés depuis que l’iode-131 a été utilisé pour la première fois à la fin des années quarante pour étudier sa fixation dans la glande thyroïde.

Les applications actuelles sont multiples : scintigraphies osseuses avec des phosphonates marqués au technétium-99m, scintigraphie du myocarde au thallium-201, scintigraphie de la thyroïde à l’iode-123, scintigraphie pulmonaire de ventilation au krypton-81m… Tous ces examens donnent des renseignements irremplaçables pour la thérapie dans de nombreuses circonstances. L’instrument de prédilection de ces techniques est la gamma-caméra dont sont équipés de très nombreux hôpitaux.

On utilise aussi des émetteurs à positons (oxygène, fluor…) qui servent de marqueurs de molécules légères en « tomographie par émission de positons » ou TEP. Cette technique a apporté un nouveau mode d’exploration dans l’étude du cerveau et des maladies cérébrales, sans traumatisme pour la personne. Aujourd’hui, elle révolutionne la cancérologie dans la détection à un stade très précoce des tumeurs ou autres métastases que les autres techniques d’imagerie ne peuvent révéler.

becquerel

Becquerel 1896

La radioactivité fut découverte en 1896 par Henri Becquerel (1852-1908), lors de ses travaux sur la phosphorescence : les matières phosphorescentes émettent de la lumière dans le noir après expositions à la lumière, et Becquerel supposait que la lueur qui se produit dans les tubes cathodiques exposés aux rayons X pouvait être liée au phénomène de phosphorescence. Son expérience consistait à sceller une plaque photographique dans du papier noir et mettre ce paquet en contact avec différents matériaux phosphorescents. Tous ses résultats d’expérience furent négatifs, à l’exception de ceux faisant intervenir des sels d’uranium, lesquels impressionnaient la plaque photographique à travers la couche de papier

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