Découverte de l’Endoscopie

Les diverses explorations se pratiquant à la surface extérieure du corps, les médecins ont voulu aller plus loin et accéder à une connaissance directe des diverses cavités et des divers appareils de l’organisme. C’est par l’examen gynécologique que cette évolution a commencé. Toute la médecine antique s’est préoccupée des maladies de l’appareil génital féminin et Hippocrate connaît les positons défectueuses de l’utérus, ses ulcérations, ses suppurations. Cela suppose déjà des possibilités d’exploration mais on est très mal renseigné sur l’origine de ces procédés. Le toucher vaginal est probablement antérieur aux descriptions qu’en font Arétée et Celse. Quant au spéculum, il est décrit pour la première fois au VIIè siècle dans la chirurgie de Paul  d’Egine qui lui donne le nom de dioptre. C’est déjà un instrument perfectionné avec deux valves qu’un aide fait ouvrir ou refermer à l’aide d’une vis. Il est certain que les Romains le connaissaient depuis longtemps puisqu’on en a trouvé dans les ruines de Pompei.

outils-medecine

Les Arabes ont également utilisé le spéculum, mais d’après la description d’Albucasis, il semble ne s’agir que d’un tube rigide en bois ou en métal, ne permettant pas la dilatation du vagin.

Au Moyen Age, le spéculum paraît avoir été peu employé. A partir du XVIè siècle le spéculum à plusieurs branches est de nouveau mentionné et Ambroise Paré en conseille fréquemment l’emploi. Choses curieuse, cet instrument si utile fut à peu près complètement abandonné pendant les deux siècles suivants et dut être presque réinventé par Récamier en 1812 ; ce fut d’abord un simple cylindre creux par lequel Récamier éclairait le col de l’utérus à l’aide d’une bougie. Cet appareil primitif fut très rapidement amélioré jusqu’à prendre l’aspect qu’il présente aujourd’hui.

speculum

L’exploration des conduits plus étroits et plus profonds posait un nouveau problème. Il fallait y faire pénétrer des tubes minces et munis d’un système d’éclairage puissant. Les premiers endoscopes – c’est le nom général donné à ces instruments – ont été inventés en 1853 par Désormaux. Limités d’abord à l’urètre, à la vessie, à l’utérus, des perfectionnements techniques successifs ont permis de les étendre à tous les conduits de l’organisme ; on peut aujourd’hui voir directement ce qui se passe dans l’œsophage et l’estomac, dans la trachée et les bronches, dans le rectum et même ans la cavité abdominale. Si ces explorations sont parfois un peu pénibles pour le patient, cet inconvénient est largement compensé par la précision qu’elles donnent au diagnostic et par sa précocité. Des lésions naissantes peuvent être ainsi reconnues, à une époque où tous les procédés d’investigation classique restent muets. Et un traitement efficace est souvent la conséquence de ce diagnostic tôt posé.

Dans cette exploration directe profonde, il faut faire une place au laryngoscope inventé à Paris en 1855 par le professeur de chant Manuel Garcia et surtout à l’admirable instrument qu’est l’optalmoscope, imaginé par le grand physicien allemand Helmhjoltz dont le livre paru en 1851.

auscultation

Ici, grâce à un savant jeu de lentilles, c’est la membrane interne de l’œil dont l’image se trouve projetée à l’extérieur, devenant ainsi immédiatement accessible. Les aspects du fond de l’œil ainsi obtenus, la mesure de la tension artérielle rendu possible jusque dans les artères de la rétine, donnent des renseignements précieux dans de nombreuses affections. Restaient les parenchymes pleins, sans conduits extérieurs, comme le foie par exemple, et qui semblaient définitivement à l’abri de toute investigation. Là aussi l’ingéniosité de l’homme est venue à bout de l’obstacle.

On pratique aujourd’hui dans ces organes des ponctions à l’aide d’une aiguille ou d’un trocart et l’on examine au microscope, après un traitement convenable, les fragments de tissus ainsi retirés. C’est là une sorte d’autopsie sur le vivant, surtout si l’on prend ce mot dans son sens originel qui ne signifie nullement ouverture des cadavres, mais examen direct. Chez les anciens grecs, autopsie et expérience étaient les modes de l’examen personnel et l’opposaient à tradition qui est la simple acceptation des opinions antérieures.

Ces ponctions d’organes se pratiquent surtout au niveau de la moelle osseuse, du foie, des ganglions, de la rate, du testicule, du corps thyroïde. Elles permettent la constatation directe de lésions anatomiques qui n’ont parfois pas encore d’expression clinique ; elles donnent ainsi des renseignements toujours utiles et quelquefois indispensables pour porter un diagnostic et instituer un traitement. Cette visualisation des organes internes a été portée à un haut degré de puissance par la découverte des rayons X.

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