Se confronter au GRAND VIVANT

 

Par la réalisation de sa véritable individualité, chaque être humain est appelé à jouer le rôle que la Totalité universelle lui assigne. Il doit être comme une fenêtre ouverte, ici, en « surface » où s’exprime en lui et par lui l’infinitude du champ de conscience universel. Il est dès lors un membre actif du « Corps cosmique ».  Nous avons insisté à maintes reprises sur la vision de la nouvelle physique quantique et de la biologie systémique évoquée par Fr. Capra, David Bohm et plusieurs savants tels E. Jantch. Ceux-ci considèrent la Totalité-Une de l’Univers comme l’unité organique d’un seul et même « Grand Vivant » suprêmement substantiel.

 

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Le corps cosmique du Grand Vivant s’exprime à travers les membres innombrables que sont les véritables individus, libérés de leur égo. Le rôle de chaque unicité individuelle peut être comparé à celui que jouent les notes particulières dans la Grande Symphonie universelle. Ce rapprochement n’est d’ailleurs pas nouveau.

Chaque note possède sa singularité propre se traduisant par un son restant toujours unique mais vibrant et se renouvelant sans cesse parce qu’il s’accorde aux rythmes toujours changeants du Grand Vivant. Il est à remarquer que sans le recours au jeu des notes innombrables et différentes qui la constituent, la symphonie ne pourrait exister. Un rapport identique existe entre les parties et le Tout, entre les individus et l’Universel. La notion de Corps Cosmique évoquée dans les sagesses antiques, tel le Dharma Kaya dans le Védanta ou le Corps de Bouddha dans le bouddhisme ou « le Corps de Christ » dans l’ésotérisme chrétien se trouve curieusement mise en évidence par la nouvelle physique quantique. Fr. Capra le souligne dans le « Tao de la Physique » où il écrit  : « L’expérience du Corps est en fait soulignée dans bien des traditions orientales et est considérée comme la clef de l’expérience mystique du monde. »

Lorsque nous sommes en bonne santé, nous ne sentons aucune fragmentation de notre corps mais le percevons comme un tout unifié, et cette conscience engendre un sentiment de bien-être et de bonheur. De façon semblable, le mystique perçoit l’intégralité de l’Univers comme un prolongement du corps. » La notion de « corporéité cosmique » est évoquée par le Lama Govinda qui déclare que pour « l’homme éveillé, dont la conscience embrasse l’Univers, l’Univers devient son corps, tandis que son corps physique devient une manifestation de l’esprit universel et sa vision intérieure, une expression de la Réalité Suprême ».

Les physiciens d’avant-garde, tels David Bohm et Fr. Capra, considèrent que l’essence ultime de la matière est le lieu de la plus haute concentration d’énergie. La nouvelle physique quantique enseigne que seuls les champs sont substantiels, et que, par contraste, la matière qui nous est familière — et qui pour nous est le symbole de la substantialité — est presque insubstantielle. La notion de la corporéité cosmique qui vient d’être évoquée, associée aux enseignements de la Bhagavad Gîta, nous suggère une image un peu simpliste. Nous citons à ce propos les versets de la Bhagavad Gîta : « Treizième dialogue » : « CELA a des mains et des pieds, des yeux et des têtes, des oreilles et des bouches partout. CELA réside dans le monde et embrasse toutes choses ».

« Rayonnant de toutes les facultés des sens sans en avoir aucun; détaché de tout, libéré des qualités. IL perçoit les qualités».

« A l’extérieur et au-dedans de tous les êtres, immobile et mobile, d’une subtilité imperceptible, tout près et bien loin de nous est CELA ».

« Indivisible, IL réside dans tous les êtres comme s’il était partagé. IL est CE qui soutient tous les êtres. IL absorbe et IL génère ».

« CELA, Lumière des lumières est, dit-on, par-delà les ténèbres. C’est la Sagesse et l’objet de la Sagesse que peut connaître la Sagesse qui réside dans le cœur de chacun».

Le Corps Cosmique du Grand Vivant possède des milliards de membres que sont tous les êtres humains. Il a des milliards de pieds, de jambes, d’oreilles et d’yeux. Un de nos instructeurs chinois le comparaît à un immense myriapode, sorte de millepatte géant se mouvant à l’aide de ses milliards de pseudopodes. Sans eux, il ne peut avancer. Chaque être réalisant parfaitement son individualité permet à la Totalité universelle de s’exprimer dans la souplesse que lui suggère l’Holomouvement.

En revanche, l’être humain prisonnier de son égoïsme et identifié à son image résiste à l’impulsion créatrice. En conclusion, nous avons un rôle à jouer. L’adéquacité de notre comportement dans une présence au Présent toujours renouvelé nous permet d’être une articulation parfaite, dans le temps et l’espace de CELA, de la Totalité-Une qui est au-delà du temps et de l’espace parce qu’Elle est à la fois immanente et transcendante. Le dépassement de l’égo n’est donc pas une annihilation mais une Plénitude. Ceci a été admirablement exposé par John Blofeld: « Le Tao transcende à la fois le fini et l’infini.

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Puisque le Tao est tout et que rien ne lui est extérieur, lorsqu’un être finit par laisser tomber l’illusion d’une existence séparée, il n’est pas perdu dans le Tao comme une goutte de rosée qui se fond dans la mer. Plongez le fini dans l’infini, et bien qu’il ne reste qu’un, le fini, loin d’en être diminué, assume la stature de l’Infini ». « Ceux qui ne sont que logiciens n’approuveront pas mais si vous percevez la signification cachée, vous rirez de leurs arguties. Votre perception vous mettra face à face avec le véritable secret chéri par tous les Sages accomplis; un secret vaste, glorieux, à peine concevable.

L’esprit de celui qui revient à la Source devient la Source. Votre esprit, par exemple, est destiné à devenir l’Univers ». La nature exacte des rapports entre l’individu véritable et la totalité universelle permet de donner la seule réponse valable au problème de la mort. Celui-ci ne s’éclaircit vraiment qu’à partir du moment où nous avons pu discerner les parts respectives du « résiduel » et du « vivant » dans le corps cosmique. La compréhension du rapport exact existant entre le « résiduel » et le « vivant », entre le Passé et le Présent intemporel entraîne une métamorphose complète de notre approche du problème de la mort.

Celui-ci ne nous suggère plus le climat d’angoisse et souvent de drame qui est généralement prédominant. Précisons cependant que la dédramatisation du problème de la mort ne peut être atteinte par une compréhension se limitant au niveau intellectuel et verbal. Il s’agit d’un problème fondamental dont la solution requiert une méditation approfondie, un « penser-sentir » intuitif et un silence intérieur capables de nous délivrer des perpétuelles auto-occupations de l’égo. L’attitude intérieure correcte et dédramatisée du problème de la mort ainsi que les rapports entre la conscience personnelle familière et la conscience cosmique sont exposés de façon très claire ne laissant subsister aucune ambiguïté par Renée Weber.

Extrait du livre : L’arbre de vie cosmique et ses fleurs de Robert LINSSEN – Editions « Etre Libre » 1987

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