JENNER Edouard   ou le principe de vaccination

Edouard Jenner est né le 17 mai 1749 à Berkeley dans le Gloucestershire. Il fit ses études médicales sous la direction du grand chirurgien Hunter puis, sans briguer de hauts postes officiels, il se contenta d’exercer la médecine dans sa petite bille natale. C’était un esprit observateur passionné par les phénomènes de la nature, et on lui doit un essai sur les mœurs du coucou qui fut à l’époque, très apprécié.

jenner

L’origine de cette première vaccination est, comme celle de l’inoculation, très ancienne et d’origine populaire. Elle était probablement pratiquée depuis longtemps en Chine et aux Indes. Dans les pays occidentaux, bien des campagnards avaient remarqué que si l’on contractait quelques pustules au contact des vaches – c’est ce que l’on appelait la picote – on pouvait traverser impunément les épidémies de variole. Certains paysans avaient même pour les protéger, inoculer la vaccine à leurs enfants ; on cite ainsi Benjamin Jesty dans le Dorchestershire en 1774 et Plett dans le Holstein en 1791. Cette prescience d’une grande découverte par des êtres simples peu cultivés, mais bons observateurs, se rencontre parfois dans l’histoire des sciences. C’est ainsi par exemple qu’on fait honneur à juste titre au géologue suisse Agassiz d’avoir établi la doctrine des grandes extensions glaciaires bien loin des limites des appareils actuels ; cette grande conception, basée sur l’existence de roches façonnées par les glaces dans les vallées et même dans les plaines, avait été suggérée à l’ingénieur Venetz et grâce à lui à Agassiz, par un chasseur de Val de Bagnes. De même, les conversations de Jenner avec les paysans de son comté ont bien probablement contribué  à orienter son esprit ; mais il fallait un génie pour en tirer parti.

Après avoir longtemps hésité, Jenner prit du vaccin à une laitière nommée Sarah Nems et l’inocula à un jeune garçon de huit ans, James Phipps. Ceci se passait le 14 mai 1796 ; c’est là une des grandes dates de la médecine et qui fit voisiner dans notre mémoire avec celle où Pasteur vaccina pour la première fois contre la rage le jeune Joseph Meister.

Édouard Jenner diffuse avec courage le principe de la vaccination dans le public, en encourageant la vaccination de masse. Ses opposants contestent l’inocuité de sa méthode ou même parfois dénoncent la prétention de vouloir contrarier les desseins de la providence.

Il publie à ses frais : An inquiry into the causes and effects of the variolae vaccina (Enquête sur les causes et les effets de la vaccine de la variole) et jette les bases de l’immunologie appliquée à la variole. Il se satisfait d’une approche empirique et ne se soucie pas d’aller plus avant dans la compréhension du phénomène. Il appelle «virus» le facteur mystérieux de la vaccine (d’après un mot latin qui signifie poison).

Quittant son village natal de Berkeley, dans le Gloucestershire, le médecin se rend ensuite à Londres où il vaccine gratuitement des centaines de sujets. Bientôt ruiné, il revient exercer la médecine à Berkeley où il finit honorablement sa vie.

Entre temps, la pratique de la vaccination se répand très vite en Europe et en Amérique, contribuant au recul des épidémies.

À Boston, aux États-Unis, un disciple enthousiaste, le médecin Benjamin Waterhouse, vaccine sa propre famille dès juillet 1800. L’année suivante, il convainc le président Thomas Jefferson d’en faire autant.

À ce jour, les grandes campagnes de vaccination contre la variole ont pratiquement éliminé ce virus de la surface de la terre.

Bref, un tel état d’esprit que celui de JENNER était énormément favorable à l’étude des faits d’observation populaire. Et c’est ainsi que peu à peu naquit en lui le désir de provoquer chez l’homme la maladie vaccinale et de voir si elle rendait véritablement réfractaire à la variole. On n’avait jusque-là que des présomptions basées sur un nombre d’observations forcément très restreint.

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La maison de Jenner est aujourd’hui un petit musée de logement où sont exposées, entre autres, les cornes de la vache Blossom. La maison est située au village de Berkeley dans le Gloucestershire.

 En 1980, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré que la variole était une maladie éradiquée. Ce résultat était le fruit d’une coordination des efforts de santé publique accomplis par de nombreuses personnes. Selon l’OMS, la vaccination a été une composante de ce succès dans quelques pays, mais ce sont les mesures de surveillance active et d’endiguement qui furent « en mesure de réaliser l’éradication dans un délai relativement bref », pour l’Inde par exemple. Bien que le virus ait été déclaré éradiqué, des échantillons sont conservés dans certains laboratoires du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) d’Atlanta (Georgie) aux États-Unis, et du State Research Center of Virology and Biotechnology (VECTOR) à l’oblast de Koltsovo à Novossibirsk, en Russie.

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