L’origine de la première vaccination

La carrière de l’inoculation a été rapidement arrêtée par la découverte de JENNER, la vaccination.

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L’origine de cette première vaccination est, comme celle de l’inoculation, très ancienne et d’origine populaire. Elle était probablement pratiquée depuis longtemps en Chine et aux Indes. Dans les pays occidentaux, bien des campagnards avaient remarqué que si l’on contractait quelques pustules au contact des vaches – c’est ce que l’on appelait la picote – on pouvait traverser impunément les épidémies de variole. Certains paysans avaient même pour les protéger, inoculer la vaccine à leurs enfants ; on cite ainsi Benjamin Jesty dans le Dorchestershire en 1774 et Plett dans le Holstein en 1791. Cette prescience d’une grande découverte par des êtres simples peu cultivés, mais bons observateurs, se rencontre parfois dans l’histoire des sciences. C’est ainsi par exemple qu’on fait honneur à juste titre au géologue suisse Agassiz d’avoir établi la doctrine des grandes extensions glaciaires bien loin des limites des appareils actuels ; cette grande conception, basée sur l’existence de roches façonnées par les glaces dans les vallées et même dans les plaines, avait été suggérée à l’ingénieur Venetz et grâce à lui à Agassiz, par un chasseur de Val de Bagnes. De même, les conversations de Jenner avec les paysans de son comté ont bien probablement contribué  à orienter son esprit ; mais il fallait un génie pour en tirer parti.

On raconte aussi qu’un Français, Rabaut-Pommier, frère du futur conventionnel Rabaut-Saint-Etienne aurait, en 1781, à Montpellier, dit au chirurgien anglais Pew qu’il serait probablement avantageux d’inoculer à l’homme la picote des vaches qui est constamment sans danger. Tout cela montre qu’une grande découverte naît rarement toute seule et que, d’ordinaire elle est déjà dans l’air comme on dit. Le mérite de Jenner n’en est en rien diminué.

La diffusion de la vaccination dans le continent se fit difficilement en raison de l’état de guerre qui régnait alors en Europe. Pourtant le livre de Jenner fut commenté en français dès 1800 par le médecin Genevois Odier. Il était alors très difficile de se procurer du vaccin et de la conserver. Pour l’expédier on en imprégnait des fils de lin ou des morceaux de toile, procédés dont on aperçoit immédiatement l’insuffisance ; pour trouver une méthode pratique de conservation il faut attendre Bretonneau qui, en 1810 préconisa l’usage des tubes capillaires dont nous nous servons encore aujourd’hui. Les premiers essais en France furent faits à Paris et à Boulogne sur Mer au début du XIXè siècle. Napoléon fit vacciner son armée en 1805, et le roi de Rome en 1811. Une curieuse ordonnance de sa sœur Elisa Bonaparte rendit la vaccination obligatoire dans les Etats de Piombino et de Lucques, et cela dans un délai de trois jours.

Le développement de la vaccine en France doit beaucoup au duc de La Rochefoucauld-Liancourt connu pour sa participation à tant d’œuvres philanthropiques ; Rentré de Londres après l’émigration, il créa une société pour la propagation de l’inoculation vaccinale à qui l’on doit une série de travaux remarquables sur les divers problèmes posés par la vaccination.

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Au début on vaccina d’homme à homme sans passer par la vache chez qui la maladie spontanée n’était tout de même pas très fréquente. Mais ce vaccin « humanisé » perdait peu à peu ses propriétés et l’on courait par ailleurs le risque de voir se développer une syphilis vaccinale. La vaccination humaine fut donc remplacée, surtout à partir de 1840, par la vaccination animale qui nécessite des centres d’élevage capables de fournir des quantités suffisantes de vaccin prélevé sur des vaches ou des génisses directement inoculées. Ces centres existent aujourd’hui ans tous les pays ; ils témoignent de l’extraordinaire développement de la vaccination, surtout si l’on songe qu’à l’origine il y a eu l’acte d’un médecin de campagne isolé et sans grand renom qui, après de longues méditations, a donné à James Phipps, la picote de Sarah Nelms, et, ce jour là condamné à mort une des maladies les plus meurtrières parmi celles qui ont désolé l’humanité.

Après ce coup d’éclat il faut attendre la révolution pastorienne pour que la thérapeutique fasse un nouveau bond. Dans cette espace de près d’un siècle la médecine aura surtout pour tâche d’isoler, dans l’amas confus des états morbides, les grandes maladies autonomes dont, au début du XIXè siècle, presque aune n’était encore séparée des maladies voisines.

Cette identification repose à la fois sur les symptômes observés pendant la vie et sur les lésions constatées après la mort. C’est la double base sur laquelle seule pouvait, à cette époque, s’établir l’état-civil des diverses maladies. Aujourd’hui que la cause de très nombreuses affections est connue, les médecins peuvent bien souvent compléter ce tableau et lui donner un plus grand caractère de certitude. Mais ce progrès n’a modifié que dans une assez faible mesure les résultats acquis par la confrontation des symptômes et des lésions.

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