Le quinquina de nos Ancêtres

Conservés au Muséum d’histoire naturelle de Paris, ces spécimens de quinquina ont été prélevés au Pérou lors de l’expédition de La Condamine  en 1735.

C’est au début du XVIIe siècle que les jésuites découvrent, au Pérou, les vertus contre la fièvre d’une écorce d’un grand arbre appelé arbol de las calenturas. Quand ils s’en retournent à Rome, ils prennent soin d’en emporter avec eux pour guérir les fièvres dues à la malaria, un mal alors largement répandu en Europe.

Quelques années plus tard, le médecin anglais Robert Talbor fait fortune en vendant une préparation secrète à base de quinquina dans toute l’Europe, soignant le roi Charles II d’Angleterre et Louis XIV. Malgré ce succès phénoménal, les arbres à l’écorce miraculeuse restent inconnus des botanistes européens. En 1735, le jeune Joseph de Jussieu, appartenant à une grande famille de botanistes, accompagne Charles Marie de La Condamine envoyé mesurer un arc de méridien à proximité de l’Équateur.

quinquina

Les plus vieux spécimens de quinquina au monde, collectés par Jussieu
© Anne-Sophie Jahn / Le Point.fr

Le jeune homme découvre les arbres à quinquina, les décrit et en prélève des échantillons, ceux qui figurent aujourd’hui dans l’Herbier du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Ils nous sont présentés dans la vidéo par Thomas Haevermans, chargé de mission à l’Herbier du Muséum. Pour la petite histoire, ce pauvre de Jussieu, qui est tombé malade au Pérou, confie ses notes à de La Condamine qui les modifie et se les approprie lors de son retour en France. La communication qu’il en fait à l’Académie des sciences servira au grand Linné pour créer le genre nouveau Cinchona. Ce n’est que bien des décennies plus tard que le mérite de la découverte du quinquina sera réattribué au jeune botaniste français.

Il faut dire que le malheureux de Jussieu restera trente-six ans en Amérique du Sud, avant de revenir à Paris ayant perdu la quasi-totalité de ses notes et collections. Il profitera de son long séjour pour continuer à herboriser (il aurait découvert la coca et le caoutchouc), mais aussi pour soigner gratuitement les Indiens de la variole et pour fonder un hôpital pour les mineurs du Potosi. Un grand homme trop méconnu.

Frédéric Lewino et Anne-Sophie Jahn
Le Point

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