La Condamine (Charles Marie de)

Né le 27 janvier 1701 à Paris et mort le 4 février 1774 à Paris, est un explorateur et un scientifique français, astronome et encyclopédiste du xviiie siècle. Il a acquis une notoriété particulière en tant que défenseur engagé dans l’inoculation contre la variole. Durant toute la dernière partie de sa vie, La Condamine fait campagne pour l’inoculation contre la petite vérole (ou variolisation), maladie qui l’a contaminé étant enfant.

la-condamine

Fils de Charles de La Condamine, receveur des finances en la généralité de Moulins, et de Louise Marguerite de Chourses, Charles Marie de La Condamine naît le 27 janvier 1701 à Paris. Il fait ses études au collège Louis-le-Grand où il est formé aux humanités et aux mathématiques. Il s’engage dans l’armée, participe à la guerre contre l’Espagne (1719) puis à son retour, entre en relation avec des cercles scientifiques à Paris.

Il est nommé adjoint chimiste à l’Académie des sciences le 12 décembre 1730. En mai 1731, il embarque sur un navire de la Compagnie du Levant, séjourne cinq mois à Constantinople. De retour à Paris il présente à l’Académie le 12 novembre 1732, ses « Observations mathématiques et physiques faites dans un voyage du Levant en 1731 et 1732 ». 

Il est désigné pour participer au voyage au Pérou, expédition ayant pour objectif de vérifier l’hypothèse de Newton relative à l’aplatissement de la Terre dans les régions polaires et de résoudre la controverse parmi les savants français sur ce sujet. Maupertuis, Clairaut et Le Monnier se rendent en Laponie pour mesurer plusieurs degrés du méridien sur le cercle arctique tandis que Godin, Bouguer et La Condamine sont envoyés au Pérou pour faire les mêmes mesures dans la région de l’équateur. 


La Condamine embarque avec ses deux compagnons et le botaniste 
Joseph de Jussieu le 16 mai 1735 à la Rochelle. Après des arrêts en Martinique, Saint-Domingue et Carthagène, ils arrivent à Panama le 29 décembre 1735, puis à Manta, port de la province de Quito le 10 mars 1736. De Manta, La Condamine prend un chemin séparé et ne rejoint Godin et Bouguer à Quito que le 4 juin 1736. 
L’arc méridien qui avait été choisi passait par une haute vallée perpendiculaire à l’équateur, s’étendant de Quito, au nord, à Cuenca, au sud. Les académiciens commencent leur mesure de la base de la triangulation dans la plaine de Yaruqui (3 octobre-3 novembre 1736). Ils retournent à Quito en décembre. Les subsides attendus de Paris n’arrivent pas. La Condamine qui avait prévu des lettres de change sur une banque de Lima, offre son aide. Il se rend à Lima le 28 février 1737 et prolonge son voyage pour observer l’
arbre à quinquina mal connu des Européens. Il retourne à Quito le 20 juin 1737. Godin refusant de communiquer ses résultats à ses collègues, La Condamine et Bouguer collaborent. Les mesures géométriques de l’arc méridien prises dans un environnement montagneux et une région difficile se terminent en août 1739. Il restait à faire des mesures astronomiques des deux extrémités de l’arc. L’incompréhension entre les académiciens se durcit, Godin continue à travailler seul. Quant à Bouguer, vérifiant un calcul de La Condamine en décembre 1741 et y décelant une erreur, il la corrige ce qui déclenche une dispute entre les deux hommes. Désormais, les deux hommes travaillent séparément. Les travaux sont achevés en 1743. 


La Condamine choisit de rentrer par la rivière Amazone en mai 1743, route la plus longue et la plus dangereuse. Il atteint l’Atlantique à Para le 19 septembre 1743, fait des observations astronomiques et topographiques et s’intéresse au quinquina et au caoutchouc. Il arrive à Cayenne en Guyane le 25 février 1744. Ne trouvant pas de bateau qui se rende en France, il doit rester cinq mois. Il fait beaucoup d’observations sur la physique, l’histoire naturelle et l’ethnologie. Quittant Cayenne en août 1744, il arrive à Amsterdam le 30 novembre 1744, est à Paris en février 1745, rapportant avec lui de nombreuses notes, des spécimens d’histoire naturelle et divers objets d’art qu’il donne à Buffon. 


Le résultat scientifique de l’expédition est clair, la Terre est en effet un sphéroïde aplati aux pôles comme l’avait énoncé Newton. La Condamine et Bouguer ne parviennent pas à s’entendre pour une publication commune. La mort de Bouguer en 1758 met fin à leur querelle. Godin pour sa part meurt en 1760. La Condamine, en partie en raison de son excellent naturel et de son don pour l’écriture, bénéficie du crédit de l’expédition quoique moins talentueux que Godin pour l’astronomie et que Bouguer pour les mathématiques.

Dans sa jeunesse La Condamine avait contracté la petite vérole. Il prend part au débat sur l’inoculation et joue un rôle pour répandre l’opération. La clarté et l’élégance de son style l’aident. Il présente plusieurs mémoires à l’Académie des sciences et défend ses idées avec passion.

Membre de l’Académie des sciences depuis 1730, il devient associé étranger des académies de Londres, Berlin, Saint-Pétersbourg et Bologne. Il est élu à l’Académie française le 29 novembre 1760.

En août 1756, il se marie avec sa jeune nièce, Charlotte Bouzier d’Estouilly, avec dispense du Pape. La Condamine avait beaucoup d’amis. Le plus proche fut Maupertuis qui lui légua ses papiers. La Condamine meurt à Paris le 4 février 1774, des suites d’une opération d’une hernie.

Éloge par Grandjean de Fouchy

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