La connaissance de l’appareil circulatoire

Cette connaissance se complète par la découverte des chylifères. Hérophile le savait jadis décrits chez la chèvre, mais nul ne s’en souvenait plus. Le 23 Juillet 1622, le Crémonais Aselli, en disséquant un chien, découvre un réseau blanc qui serpente sur les intestins et le mésentère ; il court chercher deux de ses amis anatomistes mais, lorsqu’ils arrivent, le réseau a disparu. Le lendemain, Aselli ouvre un second chine, mais ne trouve plus trace du réseau lacté. D’autres eussent abandonné. Mais Aselli songe que le phénomène est peut-être lié à la digestion, car son nouveau chien était à jeun. Il sacrifie alors un troisième animal après un copieux repas et il retrouve son réseau. C’est vraiment là le type d’un travail expérimental, avec ses difficultés, ses déceptions, et les joies qu’il réserve aux chercheurs persévérants.

Aselli pensa que ces vaisseaux lactés aboutissaient au foie pour lui fournir le matériel de fabrication du sang. Cette opinion fut acceptée par Harvey qui commit-là une de ses rares erreurs.

pecquet-et-sevigne

Pour avoir une description exacte des chylifères il faut attendre les travaux de Pecquet, le médecin de Fouquet et de Madame de Sévigné qui, en 1647, décrivit non seulement la citerne qui porte son nom, mais aussi le canal thoracique et son abouchement dans la veine sous-clavière gauche. La victime de toutes ces recherches fut le foie, que l’on cessa définitivement de considérer comme le créateur du sang. La réaction dépassa même le but, puisque en 1655, Bartholin fit plaisamment l’oraison funèbre du foie en disant que « son empire était mort« . L’organe devait en appeler de cette mise en non-activité.

L’étude physiologique du système nerveux est surtout centrée à cette époque sur le problème de l’irritabilité, c’est à dire la faculté pour les divers tissus de se contracter et de se dilater. Ce phénomène a été décrit à partir de 1654 par Glisson qui lui a donné son nom. Il a ensuite été étudié dans la première moitié du XVIIIè siècle par le Bernois von Haller qui l’a bien distingué de l’élasticité : « J’appelle, dit-il, partie irritable celle qui devient plus courte quand quelque corps étranger la couche un peu fortement ».

L’irritabilité sera un grand thème de discussions pendant toute la fin du siècle et elle servira de base aux théories de Broussais.

Haller s’est intéressé à toutes les parties de la physiologie et a commencé à publier en 1757, sous le titre d’Elementa Physiologiae corporis humani le premier grand traité de physiologie qui comprendre huit gros volumes.

haller

Il est juste, même dans une histoire rapide des sciences médicales, de faire sa place à Haller qui, compte tenu de la différence des temps, est un esprit de la même famille que Claude Bernard. A côté de lui, on doit encore citer son élève Zimmermann qui fit paraître de 1763 à 1767, dans l’esprit de son maître, deux volumes sur l’Expérience en Médecine.

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