Paracelse et la Médecine

24 septembre 1541 : mort de l’alchimiste
et astrologue Paracelse

paracels

Philippe-Auréole-Théophraste Paracelse, dont le véritable nom était Bombast de Hohenheim, naquit, en 1493, dans une petite ville voisine de Zurich. Son père, qui exerçait l’art de guérir, et qui possédait une belle bibliothèque, l’initia de bonne heure aux mystères de l’alchimie, de l’astrologie et de la médecine. Quelques ecclésiastiques, entre autres le célèbre abbé Tritheim, prirent part aussi à son éducation. Il fréquenta ensuite les universités d’Allemagne, d’Italie et de France, mais donna peu d’attention à l’étude, car ses ouvrages nous le montrent ignorant jusqu’aux premiers éléments des connaissances les plus vulgaires ; lui-même nous apprend qu’il n’aimait pas les livres et qu’il avait les langues en horreur.

 Mais il travailla longtemps chez le riche Fugger pour apprendre de lui le secret du grand-œuvre. Au sortir des écoles publiques, il entreprit une longue suite de voyages, observant partout les merveilles de la nature, et ne négligeant aucune occasion de s’instruire, mais mettant peu de discernement dans le choix de ses sources, puisqu’il n’accueillait pas moins les notions vagues fournies par les magiciens, les bourreaux, les vieilles femmes et les bohémiens, que les lumières qu’il puisait dans ses rapports avec les médecins. En 1526, il obtint une chaire à Bâle. La méthode nouvelle qu’il suivit dans l’exposition de la théorie et la pratique de l’art, ses manières singulières, son ton emphatique, et plus encore l’usage qu’il introduisit de faire les cours en langue vulgaire, attirèrent une foule de disciples à ses leçons.

paracelse

Une espèce d’autodafé public qu’il fit des livres d’Avicenne et de Galien, et la haine qu’il avait inspirée à tous les médecins, contribuèrent peut-être plus encore que son ivrognerie et sa vie ordurière, à le rabaisser dans l’opinion publique. Un procès scandaleux qu’il perdit contre un de ses malades, et à l’occasion duquel il s’oublia jusqu’à tenir les propos les plus injurieux contre les magistrats, vint encore aggraver sa position, et le mettre clans la nécessité de quitter Bâle en toute diligence.

Il se rendit d’abord à Colmar, où il recommença la vie de théosophe ambulant, qu’il avait menée dans sa jeunesse. Après avoir parcouru une partie de l’Allemagne, il s’arrêta enfin à Salzbourg, où il mourut, et où l’on voit encore une inscription sur la maison qu’il habita. Ainsi périt, à quarante-huit ans, celui qui prétendait avoir le secret de prolonger la vie humaine pendant plusieurs siècles.

Paracelse a été jugé très diversement. Les uns l’ont traité avec le plus grand mépris, tandis que d’autres lui ont prodigué l’éloge. On doit se défier également de ceux qui l’ont poursuivi avec l’acharnement de la passion, et de ceux qui ont dénaturé les faits afin de présenter son savoir et son caractère sous un jour favorable. Pour prendre une idée juste de cet homme extraordinaire, il faut se rappeler que l’astrologie et l’alchimie régnaient alors, et qu’une foule d’illuminés et de fanatiques s’étaient emparés des esprits, en Allemagne surtout.

Ce fut en caressant les faiblesses et les travers de ses contemporains que Paracelse parvint à opérer une révolution qui fait époque dans l’histoire de la médecine. Il était impossible de ne pas réussir en parlant le langage du peuple, en dépréciant les études qui effrayent tant de têtes paresseuses, en employant une foule de termes mystiques qui font d’autant plus d’impression sur la multitude qu’ils sont moins intelligibles.

Quant à sa doctrine médicale, si l’on peut donner ce nom à des principes décousus, on la caractérise assez bien à grands traits, en disant que, dominé par le mysticisme, et partant de l’idée que la Bible conduit à toutes les vérités, il établit que c’est dans ce livre qu’on doit chercher la clef de la théorie des maladies, et que celui qui obéit aveuglément à la volonté de Dieu peut guérir tous les maux et prolonger sa propre vie à volonté. Sa physiologie reposait sur l’application des lois de la cabale à la démonstration des fonctions du corps de l’homme, ce qui suffit pour faire prévoir qu’elle se composait d’un amas confus d’idées incohérentes.

Sa pathologie n’était pas moins absurde, et se fondait également sur la magie. Attribuant les maladies à cinq causes générales qui se rattachaient au système astrologique, il enseignait qu’au lieu d’observer les symptômes, on doit consulter les astres pour découvrir la nature des causes efficientes. De même, en thérapeutique, sa théorie était toute cabalistique, et il recommandait, avant d’user d’un médicament, d’observer l’influence des constellations, pour découvrir si elle devait être ou non favorable. Comptant sur l’efficacité de ses arcanes et de ses paroles magiques, il allait même jusqu’à rejeter l’usage des instruments tranchants et de tout l’arsenal de la chirurgie.

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3 commentaires sur « Paracelse et la Médecine »

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