Le point de vue des philosophes sur la médecine

Beaucoup de philosophes ont cherché à ramener la matière et l’univers à l’Unité ou, tout au moins, à l’action d’un petit nombre de forces.

Thalès considérait l’au comme le principe de toutes choses ; ce furent successivement l’air pour Anaximène et le feu pour Héraclite. Finalement la théorie se fixa avec Pythagore et Empédocle sur la notion de quatre principes essentiels l’air, l’eau, la terre et le feu, auxquels correspondent quatre qualités premières, le chaud, le froid, le sec et l’humide ; Peut-être cette théorie a-t-elle été influencée par les conceptions mathématico-métaphysiques de Pythagore et de son école. Pour eux en effet, le nombre 4 a une valeur particulière d’ordre et de justice parce que c’est le premier nombre carré.

 chiffre4

Par ailleurs, le nombre 3 a également une valeur symbolique ; il représente le mariage puisqu’il est la somme du premier pair et du premier impair ; il serait en quelque sorte le symbole de l’hétérogène, tandis que le nombre 4, produit de la multiplication de 2 par lui-même, serait une image de l’homogénéité. De là, la valeur attribuée au nombre 7 qui additionne les propriétés de 4 à celles de 3. Ces spéculations primitives nous intéressent ici parce qu’elles ont eu une certaine influence sur la notion des jours critiques au cours des maladies.

La pensée grecque a eu une conception, malgré tout grandiose, de l’Unité de l’Univers. Les philosophes ont postulé que, si le monde est un macrocosme, tous les microcosmes dot il est la somme doivent obéir aux mêmes lois ; et en particulier le microcosme Humain. Au Vè siècle, les théories de Pythagore et d’Empédocle seront ainsi transposées sur le plan de la physiologie et de la pathologie ; elles vont inspirer non seulement la médecine hippocratique, mais toute la science médicale de l’Antiquité et du Moyen Age.

Quelles que soient l’admiration et la reconnaissance que l’on ait pour ces hommes, leur immense effort n’a toutefois conduit ni à l’individualisation des maladies, ni à la découverte de leurs causes, ni aux moyens de les traiter. Il est probable d’ailleurs qu’à cette époque lointaine il ne pouvait guère en être autrement et que, dans l’obscure forêt des faits pathologiques, les premiers déplacements devaient forcément conserver un caractère superficiel. Ce qu’il faut donc chercher dans la collection hippocratique, ce sont de nombres matériaux pour un temple, mais un temple qui ne s’élèvera qu’après bien des siècles d’hésitations et d’erreurs.

A côté de ce premier catalogue de faits cliniques, la médecine hippocratique a eu le grand mérite d’apercevoir des règles d’hygiène qui sont encore valables aujourd’hui. Le célèbre traité De l’air, des eaux et des lieux, le traité Des vents indiquent d’une façon remarquable le danger des milieux souillés et les règles de propreté nécessaires pour éviter les maladies.

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