Les luttes contre la maladie

La lutte contre la maladie apparaît dès l’aube de l’humanité. On possède des documents qui témoignent d’un exercice de la médecine dès le troisième millénaire avant l’ère chrétienne et il est certain que, sous une forme ou sous une autre, diverses pratiques médicales existaient bien antérieurement. C’est donc par cinq ou six mille ans au moins que se compte l’expérience médicale et, s’il y a un fait digne de remarque, c’est que la presque totalité de cet effort fut pratiquement stérile car il fallut attendre les cent cinquante dernières années pour que la médecine apporte à l’humanité souffrante un soulagement… Il y a donc dans cette histoire un immense Moyen Age qui paraît ne pas finir, puis brusquement la brillante Renaissance du XIVè siècle, suivie de l’âge classique qu’est le nôtre depuis le début du XXè siècle. Cette immense stagnation suivie en quelques décennies d’un développement prodigieux est un sujet bien digne de réflexion.

lutte-maladie

Le développement des connaissances humaines obéit en effet à une loi d’accélération progressive dont l’ampleur nous émerveille aujourd’hui. Au début, tout était à faire et pour émerger d’un état voisin de celui des primates, il a fallu d’immenses périodes ténébreuses et presque stériles. Mais chaque progrès obtenu rendant le suivant plus aisé, le développement s’accélère peu à peu, puis se précipite, comme la vitesse d’une pierre roulant sur une pente ; à tel point qu’un jour le problème ne sera peut-être plus de progresser, mais de réglementer la vitesse du progrès. Il ne faut jamais oublier que l’homme a environ six cent mille ans de vis, six mille ans d’histoire et guère plus de deux cents ans de développement scientifique continu. Il y a là de quoi justifier tous les espoirs et peut-être aussi quelques craintes.

A cette loi générale, la médecine a obéi, comme le reste des connaissances humaines. On doit y trouver la preuve qu’elle est liée aux sciences et qu’elle suit bien leur développement. Il fut un temps où c’était un problème classique de discuter si la médecine était un art ou une science. De tels jeux d’esprit ont perdu pour nous beaucoup de leur attrait ; en outre, sous cette forme absolue, le problème est mal posé. La médecine est incontestablement une science, même si elle présente encore des parties obscures. Seule la pratique médicale, qui applique cette science, peut être considérée comme apparentée à un art, du moins dans sa partie comportant des rapports humains.

La médecine est en effet infiniment complexe, car les inconnues et les variables sont chez l’être vivant si nombreuses qu’il est difficile de les considérer toutes et qu’en cette matière la rigueur absolue où se plaisent les mathématiques est presque jours une impossibilité. Le médecin est un « savant » qui vit le plus souvent dans l’incertain, doit admettre cette situation inconfortable et y trouver tout de même une voie vers la vérité. Si l’on en avait le loisir, il serait curieux d’esquisser un parallèle entre l’esprit médical et l’esprit mathématique et d’en montrer les incompatibilités.

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